Aujourd’hui, Jack Parker vous parle de Stand By Me, un film qui la rend nostalgique d’une drôle de manière : en lui faisant regretter une enfance de petit garçon qu’elle n’a jamais vécue.
Stand By Me est un film de Rob Reiner, sorti en 1986, et adapté d’une nouvelle de Stephen King, Le Corps. Il raconte l’histoire de quatre jeunes garçons partis à la recherche du cadavre d’un enfant disparu quelques semaines plus tôt. Mais Stand By Me n’est pas un thriller ou un film d’horreur, l’histoire du cadavre n’est qu’un prétexte pour envoyer les quatre camarades errer dans la campagne et nous permettre de passer quelques jours avec eux.
Gordie, Teddy, Vern et Chris sont interprétés par Wil Wheaton, Corey Feldman, Jerry O’Connell et River Phoenix. Quatre acteurs qui ont eu des parcours plutôt différents en grandissant, ce qui rend le film plus puissant encore, 26 ans plus tard.
- Wil Wheaton est devenu Wesley Crusher dans Star Trek : Nouvelle Génération, avant d’incarner son propre rôle dans quelques épisodes de The Big Bang Theory.
- Corey Feldman a eu une adolescence plutôt compliquée – il s’est longtemps battu contre une addiction tenace et a récemment parlé des attouchements qu’il a subi quand il était gamin (il n’était d’ailleurs pas le seul). Une pratique qui, selon lui, était très courante à Hollywood lorsqu’il était enfant (et encore aujourd’hui ?).
- Jerry O’Connell a connu la gloire dans la série Sliders, dans le rôle de Quinn Mallory.
- Quant à River Phoenix, il est mort à 23 ans d’une overdose devant une boîte de nuit.
Dans Stand By Me, ils n’étaient tous que des gamins, avec des vies pas très joyeuses, mais on pouvait encore s’imaginer que tout irait bien, après, plus tard – au moins dans cette histoire-là. Aujourd’hui, je ne peux plus regarder ce film sans passer du rire aux larmes toutes les huit minutes.
Corey Feldman dans le rôle de Teddy Duchamp, qui vit avec un père violent qui lui a cramé l’oreille mais qu’il est prêt à défendre, coûte que coûte, si on fait l’erreur de lui manquer de respect. Jerry O’Connell dans le rôle de Vern, un petit gros un peu naïf, peureux et douillet, qui se fait gentiment vanner par ses potes à longueur de temps. River Phoenix dans le rôle de Chris, le petit dur à tête d’ange, au coeur de guimauve et au tempérament de leader. Et Wil Wheaton, dans le rôle de Gordie, le mignon, l’adorable petit Gordie, que ses parents ont complètement délaissé depuis la mort de son grand frère.
Quatre gamins aux vies médiocres, qui ne peuvent compter que les uns sur les autres. Mis de côté par leurs parents, martyrisés par leurs grands frères et leurs potes débiles, ils ne sont à l’abri du monde extérieur que lorsqu’ils sont réunis. Mais en plus d’être un excellent film que tout le monde devrait voir au moins une fois (j’insiste) (non mais vraiment, j’insiste), Stand By Me a le pouvoir de vous rendre terriblement nostalgique.
Pire encore que la nostalgie pure et dure qui vous ramène à vos vieux souvenirs d’enfance enfouis, Stand By Me vous plonge dans une sorte de mélancolie bercée de regrets. Les vies menées par ces quatre gamins n’ont rien d’enviable, mais leur amitié, ce qu’ils partagent et les liens qui les unissent ont quelque chose d’authentique, de touchant.
Du coup, on se retrouve tiraillé entre l’envie de retrouver notre propre enfance, et celle de s’en recréer une de toutes pièces, dans un autre monde, une autre époque, un autre corps. Stand By Me me rappelle toutes les choses que je n’ai pas vécues, à l’époque où je rêvais d’être un petit garçon dans un autre monde, parce que ma vie à moi ne me suffisait pas. Encore aujourd’hui, je suis une éternelle frustrée qui aimerait vivre 150 vies – mais je me contente d’y rêver en vivant la mienne à moitié.
Heureusement, il est toujours possible de se rattraper. Il y a deux ans, les gens se sont moqués de moi quand j’ai dit que j’allais passer la nuit dans les bois avec mon meilleur ami pour Halloween, mais ce n’était qu’une énième façon pour moi de rattraper mon enfance par le col, pour m’offrir des heures sup’.
(la meilleure scène du monde qui fout une pression de bâtssssard)
Chaque nouveau visionnage de Stand By Me me replonge dans cet état de mélancolie profonde, je revis mon enfance à travers celle des personnages, réfléchis à des moyens de rattraper le temps “perdu”. Le film me permet de prolonger cette période décidément trop courte, pendant laquelle on ne pense qu’à une chose – grandir. Quelle connerie.
Des peurs de l’enfance, aux peurs de l’après, en passant par l’insouciance, l’insolence et la rage de vivre, Stand By Me fait partie des films qui définissent parfaitement cet état de flottement jouissif et terrifiant qui caractérise le passage de l’enfance à l’adolescence. Tout est sur le point de changer, d’un instant à l’autre on peut tout perdre, tout oublier – on se force alors à profiter de chaque minute qui passe, pour avoir au moins quelques souvenirs agréables à se remémorer quand tout aura basculé.








Le 02 juillet 2012 à 15:38
J'ai vu le film quand j'avais 13-14 ans, il m'a marqué (surtout pour la scène des sangsues). Il n'y a pas longtemps j'ai lu la nouvelle de Stephen King et ça m'a donné envie de revoir le film…me dites pas qu'il est passé à la télé et que je l'ai loupé ?Le 02 juillet 2012 à 15:44
Hier sur TCM, j'étais un peu la seule sur Twitter à avoir cette chaine haha.
Le 02 juillet 2012 à 15:52
Oh purée j'ai trop la haine de l'avoir raté hier!Le 02 juillet 2012 à 16:01
Je viens d'aller voir sur le site les prochaines diffusions :
- le 05/07/2012 à 17:30
- le 10/07/2012 à 15:30
- le 15/07/2012 à 19:10
Je programme mon magnétoscope (enfin ma box mais ça sonne moins bien…)
Le 02 juillet 2012 à 17:54
Pareil la scene des sangsues m'a marqué.
Entre ca et le film "My girl", mon coeur balance.Ca fait tellement longtemps que je l'ai pas vu Stand by me. Puis la chanson c'est la préféré de mon papa alors
Le 02 juillet 2012 à 18:48
Je l'ai vu hier sur TCM pour la première fois et je dois dire que j'ai adoré, j'aurais pas cru car je suis du genre à détester tout ce que les autres aiment et en prime, je pense encore le revoir vu qu'il va passer en multidiffusionLe 02 juillet 2012 à 19:19
Ouf, pas de regret alors, je ne pense pas avoir cette chaîne !
Le 03 juillet 2012 à 11:10
Comme vous la scène des sangsues m'avait traumatisée à l'époque.
Sinon je partage ton avis @Jack, ce film m'a beaucoup marquée pourtant je l'ai vu quand j'étais vraiment jeune (je devais avoir 10/11 ans il me semble).
Je pense que ça avait du chambouler quelque chose dans ma petite tête d'enfant. Il fait partie des films qui m'ont marquée petite tout comme Virgin Suicide et ce film dont j'ai oublié le nom avec une petite fille rousse qui se fait enlever et dont les avis de recherche sont publiés sur des boîtes de lait.
Ce que tu dis à propos de la nostalgie ça me fait penser à une discussion que j'avais eue un jour avec ma maman où elle m'avait dit que la musique avait le don de nous rendre nostalgique d'époques que l'on n'a pas connues. Finalement c'est vrai pour certains films aussi et sans doute pour d'autres formes d'art également.
Le 03 juillet 2012 à 19:47
Dès que j'ai vu le nom de River Phénix j'ai eu envie de réagir…Je l'ai vu dans un film absolument génialissime: "A bout de course". C'était un grand pote a Johnny Depp et je crois que l'overdose qu'il a faite c'était en sortant d'une boite de nuit qui appartenait a Johnny Depp…
Le film a l'air très bien en tout cas!
Le 26 février 2013 à 12:07
Bon, merci pour cet article, ce film a l'air d'être vraiment bien ! Je cours louer la cassette dans mon vidéoclub et je rev… oh, wait.Au passage, je n'aurais JAMAIS reconnu Jerry O'Connell si vous ne me l'aviez pas dit