Une slameuse indienne se moque des clichés sur les règles

Une slameuse a publié une vidéo pour délivrer un message aux Indien•ne•s : avoir ses règles n'est pas sale !

Rene Sharayana Verma slame sur les principaux stéréotypes négatifs autour des règles, afin de les déconstruire, dans une vidéo postée sur YouTube.

En Inde, beaucoup de personnes cultivent l’idée selon laquelle les menstruations seraient sales et que les femmes devraient se sentir honteuses durant cette période. La slameuse est connue dans le pays grâce à des précédentes vidéos ou elles se battait déjà contre le sexisme.

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Cité par L’Obs, Rene s’exprime de façon claire et argumentée sur cet évènement naturel qui ne devrait plus être considéré comme une maladie :

« J’aimerais pouvoir retourner à l’époque de mes premières règles / me regarder dans le miroir et dire « Je ne suis pas déprimée » / je ne le suis que quand on se plaint de mes sautes d’humeurs ou qu’on me parle d’impureté / je ne suis pas déprimée […] / je peux sortir, faire du vélo, de la randonnée, et aimer qui je veux / je ne suis pas déprimée / je n’ai pas honte de mes règles […] »

La vidéo intitulée Poetry slam #ImNotDown (#JeNeSuisPasDéprimée) fait suite à une publicité pour des serviettes hygiéniques qui s’interrogeait sur l’expression utilisée à tort par de nombreuses Indiennes – « I’m down » — quand elles ont leurs règles.

La publicité poussait à s’interroger sur le sens de cette expression et à se défaire des stéréotypes.

D’après L’Obs, en Inde, les règles sont considérées comme quelque chose de si impur que dans les zones les plus reculées, les femmes sont exclues de leur village pendant cette période. Le message de la slameuse est donc nécessaire dans un pays où les mensutrations sont considérées comme un handicap pour des femmes auxquelles on interdit parfois certaines activités plusieurs jours par mois.

La vidéo a beaucoup fait parler d’elle et le hashtag #ImNotDownSlam est aujourd’hui en top 3 des plus partagés dans en Inde !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • The-spare-key
    The-spare-key, Le 22 juin 2015 à 10h52

    Pendant mon stage en Inde, j'ai travaillé avec une association qui faisait des serviettes hygiéniques lavables pour les femmes de milieux défavorisés et du coup je me suis un peu penchée sur le sujet : traditionnellement les femmes utilisent des morceaux de vieux saris qu'elles plient pour absorber, et ensuite elles les brûlent et les enfouissent. Le problème c'est que les serviettes hygiéniques sont arrivées (subventionnées par le gouvernement indien) mais que comme c'est toujours considéré comme impur, eh bien les filles du pensionnat avec lequel je travaillais sortaient la nuit pour brûler ou enterrer leur serviette, sachant qu'en plus ça contient plein de produits chimiques, etc. Donc c'est dangereux pour les femmes et ça crée une quantité de déchets énorme. Certaines ONG ont travaillé avec des villages très reculés pour fournir des cups aux femmes mais le problème c'est que tous les dispositifs internes sont très mal vus, surtout pour les adolescentes (parce que mettre un tampon ou une cup équivaut à perdre sa virginité). L'entreprise que j'avais contacté fabriquait des serviettes hygiéniques à partir de coton issu de vieux morceaux de sari, comme la tradition, et de coton recyclé pour les couches absorbantes. Elle avait même développé un modèle plié qui ressemblait à ce que les femmes indiennes confectionnaient elles-mêmes traditionnellement. Elle employait des "self-help groups" (des groupes de femmes issues de milieux très défavorisés qui bénéficient d'un programme de micro-crédit mis en place par le gouvernement indien) pour coudre les serviettes et avait lancé un programme "pad for pad" qui permettait de fournir gratuitement des serviettes hygiéniques aux jeunes filles pauvres en passant par les écoles ou les internats, c'est celui que j'avais mis en place avec mon pensionnat, et l'association avait aussi envoyé une femme pour donner un cours sur la puberté, etc. C'était super intéressant et ça permettait de comprendre pas mal de choses : les filles étaient très gênées de toucher les protections (propres hein) et se lançaient, mais en même temps elles avaient énormément de questions.

    Désolée pour le gros pavé mais je voulais rebondir sur ce chouette article. ^^ (Ah, l'asso s'appelle EcoFemme et sur leur site il y a plein de liens intéressants sur les règles, le problème des protections hygiéniques en Inde, etc., si vous voulez allez voir.)

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