Le rugby – Les madmoiZelles et leur sport

Le rugby est un sport où règnent beaucoup de clichés en ce qui concerne la pratique des femmes. "Butors", "armoires à glace", "bonhommes"... beaucoup de clichés qui sont faux et deux madmoiZelles nous le prouvent en nous parlant de ce sport !

Le rugby – Les madmoiZelles et leur sport

Il existe de nombreuses variantes du rugby, où le nombre de joueurs par équipe est différent. Il y a :

  • le rugby à 15 et ses variantes (dont le rugby à 7 qui deviendra sport olympique en 2016, le rugby à 9 pratiqué par les enfants)
  • le rugby à 13 et ses variantes
  • le rugby sans contact (comme dans le beach rugby)
  • le rugby handisport (à 15 ou à 13 joueurs)

Chaque équipe doit tenter de marquer le plus points en plaquant le ballon dans la zone adverse, ce qui rapporte 5 points. Quand un plaquage est réussi, il y a ensuite transformation : le joueur doit envoyer le ballon avec le pied entre les deux poteaux de but afin de faire gagner 2 points supplémentaires à son équipe. D’autres buts peuvent être marqués au pied, suite à une faute d’un-e joueu-r-se sur un de ses adversaires, un hors-jeu, un plaquage non réglementaire…

Ce qui fait la particularité du rugby, c’est que le ballon doit se déplacer vers l’arrière. En effet, un joueur ne peut pas faire de passe à un coéquipier qui se trouve devant lui. Et si pendant une action, un joueur fait malencontreusement tomber le ballon devant lui, il y a faute, on appelle ça un en-avant (plus de détails ici).

Le moment le plus connu en rugby est bien sûr la mêlée : elle intervient pour sanctionner une petite faute, dont l’en-avant expliqué ci-dessus. Des joueu-r-se-s de chaque équipe forment deux blocs et se rentrent gentiment dedans, pendant que le ballon est introduit au milieu. Les joueu-r-se-s doivent pousser leurs adversaires pour s’emparer du ballon et continuer le jeu.

Un match classique se déroule en deux mi-temps de 40 minutes chacune et l’équipe qui gagne est bien sûr celle qui a plus grand nombre de points ! Impossible d’avoir un match nul, il peut y avoir prolongation de quelques minutes pour départager. Pour connaître toutes les subtilités des règles du rugby (et il y en a !), rendez-vous sur le site de la Fédération Française de Rugby qui vous explique tout !

Majoritairement, le rugby est pratiqué par des hommes. Catégorisé comme étant un sport un peu violent, rentre-dedans, plein de sueur et de gros muscles, peu de femmes osent s’y aventurer et quand elles le font, elles se retrouvent face à une flopée de clichés. Pourtant il existe bel et bien une pratique féminine du rugby et nos madmoiZelles sont là pour le prouver !

Qu’en disent les madmoiZelles qui pratiquent ?

Pour témoigner aujourd’hui : Angélina, 26 ans, 9 ans de pratique, licenciée au club du SA Verdun et Klervi, 23 ans, 4 ans de pratique, joue dans l’équipe des Raph’ales, l’équipe féminine de rugby de Rouen Business School.

>> Quelles sont selon toi les qualités essentielles à la pratique du rugby ?

– Angélina : « Être « casse-cou » et ne pas craindre de se faire un peu mal ! De toute façon, même si c’est le cas, on nous apprend dès le début à chuter correctement ainsi qu’à plaquer sans se faire mal ! Et le fair-play est très important aussi. »

>> Que recherches-tu dans la pratique du rugby ? Qu’est-ce qui te plaît le plus ? Et au contraire, quelles sont les petits contraintes liées à une pratique régulière ?

– Angélina : « Pour moi à la base, le rugby est un moyen de me maintenir en forme. Comme je suis un peu feignante à l’idée d’aller courir toute seule ou autres, le fait d’être en équipe et de voir les co-équipières se dépenser et se surpasser, ça motive à faire pareil !

Ce qui me plaît le plus, c’est la bonne entente qu’il y a entre nous ! Sans cela, j’avoue que je ne ferai pas de vieux os dans l’équipe… J’ai déjà joué contre des équipes fortes, mais où l’on voyait qu’il y avait une certaine pression entre les joueuses, encouragée par le coach. Et quelques années plus tard, on apprenait la disparition totale de l’équipe ! Alors que la mienne perdure dans le temps, puisqu’elle fut créée en 2001 ! »

– Klervi : « Ce qui me plaît, c’est de pouvoir me défouler, et surtout, surtout, de m’amuser. Parce que se retrouver sens dessus dessous, la tête à des endroits improbables, ça crée une promiscuité et des situations cocasses que même un Twister ne permet pas, et surtout parce que les filles qui font du rugby sont souvent vraiment drôles. Comme la poule ou l’œuf, je ne sais pas quel est le lien de cause à effet entre le rugby féminin et l’humour, mais c’est un fait, 100% certifié !« 

– Angélina : « La contrainte la plus courante, c’est le temps bien sûr. Lorsqu’il pleut, qu’il vente et qu’il fait froid, aller cavaler sur un terrain n’est pas évident, mais on se fout un « coup de pied aux fesses » et on y va, sinon ça ne sert à rien de jouer au rugby ! Une autre contrainte vient parfois du boulot : certaines joueuses sont aides-soignantes, infirmières, militaires ou kinésithérapeutes et ça pose parfois problème au niveau des emplois du temps ! »

Les Raph’ales, l’équipe de Klervi (qui est tout en bas à gauche)

>> Quel poste occupes-tu au sein de ton équipe ? Quel est ton rôle ?

– Angélina : « Jouant du rugby à 7, je peux aller à tous les postes, que se soit avant, demi de mêlée, 3/4 ou ailière ! Dans cette version il faut juste « avoir des cannes » comme on dit dans notre jargon, et une bonne vision du jeu ! »

– Klervi : « Je suis avant, le poste où on va « au contact » (délicieuse façon de dire que je suis censée être le « cerbère » de l’équipe, et que je ne dois laisser passer personne). Ça veut dire que j’ai parfois quelques bleus mais je n’échangerais ma place pour rien au monde ! »

>> Quelles sont les valeurs que t’a enseigné la pratique du rugby ?

– Angélina : « Le plus primordial : LE RESPECT ! Le respect vis-à-vis de l’arbitre et de son arbitrage, des co-équipières, des adversaires, du coach et du public ! En retour on en attend de même. Déjà que le rugby est un sport de contact qui peut être violent, il ne faut pas en rajouter ! »

– Klervi : « Je pense qu’il n’y a pas de meilleur sport pour créer un esprit d’équipe. Parfois, l’intensité sportive est telle que l’on pourrait se laisser aller à la fatigue et la lassitude, mais on est une équipe et on ne peut pas laisser tomber les autres, on se soutient mutuellement et on parvient à aller jusqu’au bout de notre action. Et quand on perd un ballon que récupère l’équipe adverse, nous assumons collectivement et nous nous encourageons les unes les autres, sans rancœur. »

>> Quelle est l’équipe de rugby que tu admires le plus et pourquoi ?

– Angélina : « L’équipe que je supporte le plus est le Stade Toulousain, on y trouve de très bons joueurs tels que Thierry Dusautoir, un excellent avant 3ème ligne aile, Maxime Médard à l’arrière et j’en passe ! Et puis mon équipe a les mêmes couleurs (le rouge et le noir) ! »

L’équipe d’Angélina

>> Abordons la questions qui pique : les filles dans le rugby ? Pourquoi tant de préjugés ? Pourquoi ce sport n’attire pas beaucoup de filles ? Comment sont perçues les rugbywomen par les hommes ?

– Angélina : « Il y a un stéréotype très ancré qui nous décrit comme étant des camionneuses à la coupe garçonne ! C’est bien évidemment tout le contraire ! Cela nous empêche pas d’être hyper féminines et cela se voit sur le terrain avec par exemple des excentricités vestimentaires dans la tenue de sport comme dans la coiffure, il arrive parfois que certaines filles soient maquillées pour jouer ! Dans le jeu, on est moins « spectaculaires », on joue plus dans la subtilité et la technique. »

– Klervi : « Il ne faut pas se leurrer : le rugby féminin est un sport qui véhicule encore beaucoup trop de clichés. On nous voit violentes, masculines, on s’imagine que nous sommes toutes des armoires à glaces. Et pourtant, il y a tous les gabarits et tous les caractères ! Une de nos ailières est par exemple une ancienne gymnaste : silhouette longiligne, loin d’être massive ! Le rugby fait aussi peur car les filles imaginent qu’elles vont se blesser et repartir avec des bleus et des fractures. C’est certain que les probabilités d’être un peu secouée sont plus fortes quand on fait du rugby que du bridge. Mais, aussi surprenant que ça puisse paraître, je m’en suis sortie de ces 4 ans de pratique avec seulement quelques bleus de temps en temps. »

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Ani-legna
    Ani-legna, Le 28 septembre 2012 à 17h01

    Hello !!!

    Et bien je vois que la photo rend pas mal → c'est GENIAL !!! OOOOWWWWIIIEUUUHHHHH !!!! :cheer:

    Sinon, ça fait plaisir de pouvoir mettre les points sur les "i" de temps en temps !!! =D

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