Mon dimanche à Rock en Seine

Rock en Seine est le dernier festival de l’été, il clôture en beauté la saison des concerts depuis maintenant 8 ans dans le parc National de Saint-Cloud. En grande curieuse parisienne et fan hystérique d’Arcade Fire, dernier groupe à se produire sur la grande scène, je ne pouvais PAS ne pas y faire un tour. […]

Mon dimanche à Rock en Seine

Rock en Seine est le dernier festival de l’été, il clôture en beauté la saison des concerts depuis maintenant 8 ans dans le parc National de Saint-Cloud. En grande curieuse parisienne et fan hystérique d’Arcade Fire, dernier groupe à se produire sur la grande scène, je ne pouvais PAS ne pas y faire un tour.

Cette année, pas de séparation d’Oasis sur scène, pas de faux-plan de Amy Winehouse. Non cette année les problèmes viennent… du ciel. Mais avant d’en venir là, petit retour sur une journée forte en émotions.

The Temper Trap a ouvert le bal vers 15h. Ce groupe australien a été propulsé sur le devant de la scène cette année grâce au titre Sweet disposition qui accompagne Joseph Gordon Lewitt et Zooey Deschanel dans leurs 500 jours ensemble. Petit groupe ma foi fort sympathique, même si Dougy Mandagi (le chanteur) daigne à peine regarder le public. On se demande si il s’en tamponne complètement, si il est juste très intimidé, ou s’il est tellement possédé par sa musique qu’il oublie les quelques milliers de personnes qui le regardent.

temper trap

Le groupe Eels a suivi, avec ses musiciens embarbichés et enlunettés très « Sebastien Tellier style ». Un groupe qui a plus de bouteille que le premier, et qui prend carrément son pied sur scène. Le chanteur, « E « , a une voix rocailleuse et profonde qui nous rappelle celle de Tom Waits. Entre deux chansons au rock survitaminé les Eels nous bercent avec quelques ballades. On voyage dans l’Amérique profonde avec un rock aux influences folk et country.

Après une bonne heure d’attente, serrés comme des sardines, on peut enfin applaudir Beirut. Zach Condon débarque sur scène avec ses copains, ses cuivres, un sourire communicatif et un français impeccable. Il nous régale avec Nantes, le tube du groupe, que tout le monde entonne en chœur. S’en suivent des mélodies joyeuses et harmonieuses, à l’image de ce groupe décidément fort sympathique. Le son n’est pas excellent, on aimerait entendre un peu plus la voix de Zach, mais l’ambiance est bien là et le gros costaud tatoué de la sécurité se surprend lui-même à taper du pied.

beirut

Il fait pas très chaud à Sant-Cloud, mais on compte bien sur les Ting Tings pour nous réchauffer et nous faire danser. Jules De Martino et Katie White arrivent dans leurs combinaisons de pompistes rouge et font monter la température avec We walk. Le public est surexcité. Pour ma part, j’essaie juste de ne pas me faire piétiner et de garder mes bras en l’air pour réceptionner les courageux slameurs. Le concert est décevant : après trois groupes aux tendances rock et folk, ce duo électro vient comme un cheveu sur la soupe. La basse est saturée, on n’entend pas la voix de Katie (ce qui ne l’empêche pas de se prendre pour Lady Gaga). La foule devient incontrôlable, et moi je n’ai qu’une envie c’est de leur crier Shut up and let me go. Mais je me contrôle, parce qu’après c’est…

Arcade Fire. Le groupe le plus attendu par les festivaliers : les fans sont là, avec leurs t-shirt The Suburbs à taper des mains et à hurler les « wooohooohooo » de Wake up en attendant l’arrivée sur scène des Canadiens. Lorsqu’ils débarquent, la foule est en délire. C’est mon 4ème concert du groupe, et la première fois pourtant que je vois un public enjoué et ému à ce point. L’écoute du dernier album n’a pas été zappée, puisque tout le monde connaît les paroles de Ready to start. Les Arcade Fire ont l’air tout content de l’euphorie générale, et c’est même avec un franc sourire que Win Butler chante Modern Man, alors qu’il est plutôt connu pour son regard ultra sérieux et son air torturé. Grosse surprise, deux membres de Beirut se pointent sur scène pour accompagner le groupe pendant Ocean of noise, armés de leurs trompettes. On dirait un peu deux hobbits au milieu d’une réunion de magiciens, mais le résultat est grandiose.

arcade fire rock en seine

C’est là que le ciel entre en jeu, tout d’abord en nous envoyant une petite bruine pas bien méchante, qui se transforme rapidement en grosse averse… La magie opère. Pour les gens normaux l’équation « pluie + concert » = grosse déception. Mais avec Arcade Fire, la pluie vient sublimer le spectacle. Win Butler lève les mains au ciel, il saute sur l’ampli situé devant lui et hurle le refrain de We used to wait, trempé jusqu’aux os, accompagné par le public complètement hypnotisé. Les frissons sont là, mais ce n’est pas le froid qui les provoque. A la fin de la chanson, il faut se rendre à l’évidence, le concert doit s’arrêter « pour éviter que les musiciens ne s’électrocutent » explique Win. En effet, ce serait dommage.

Le groupe s’éclipse, puis, sous les cris du public, revient pour une dernière chanson. Les instruments sont tous recouverts de bâches, il ne reste que 4 micros sur la scène… Ce n’est pas un problème pour nos magiciens préférés. Une guitare sèche contre le micro, un air improvisé au piano, un gros tambour, les trompettes des gars de Beirut, des voix, plein de voix… Après quelques accords maladroits, la joyeuse bande trouve son tempo, et nous offre un Wake up magistral, fait de bric et de broc, unique.

arcade fire rock en seine 2

Au final, peu de gens sont déçus d’avoir loupé la fin du concert, car Arcade Fire nous a donné un moment de grâce, unique et magique. Pour la forme, on reste quand même à crier pendant une bonne demie heure, on se dit que ça leur mettra du baume au cœur. Ils avait d’air tellement contents de jouer pour nous.

Ce concert confirme ce que la presse se tue à dire depuis des mois : Arcade Fire est un des meilleurs groupes de rock du siècle, en passe de devenir une légende. Tout les gens qui étaient trempés hier soir et qui, comme moi, ont probablement une grosse crève aujourd’hui (je pense à vous les gars) pourront se la péter dans 20 ans en disant : « le concert mythique d’Arcade Fire sous la pluie ? J’y étais ».

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Caciara
    Caciara, Le 8 septembre 2010 à 15h38

    c'est vrai que c'était magique ! pendant wake up, on avait tellement froid (déjà trempées jusqu'aux os!!) qu'on dansait avec des inconnus autour de nous et on se réchauffaient les uns les autres !
    J'aurais bien profité 1/2h de + , mais cette pluie a comme rassemblé tout le monde :)

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