Rétrospective mode sur les traces des « Drôles de dames »

Cette semaine Cherrycordia vous emmène sur les traces des « Drôles de dames » piquer des détails de leur allure seventies !

Rétrospective mode sur les traces des « Drôles de dames »

Comme l’a annoncé Juliette récemment, les années 70 sont au cœur des défilés 2015-2016 et devraient très vite envahir nos placards d’hiver. La nouvelle ne m’a pas enthousiasmée… Amoureuse du minimalisme graphique façon « Swinging London » ou du chic androgyne de Yves Saint-Laurent dans les sixties, je n’ai jamais été très inspirée par les années disco : pour moi il y a trop de kitsch, trop de clinquant, juste trop !

À lire aussi : Les tendances mode automne/hiver 2015-2016

Puis elles sont réapparues dans ma vie, après quinze ans d’absence : les « Drôles de dames » ou sous leur nom original « Charlie’s Angels ». Et je ne parle pas ici des multiples remakes empreints de latex et pantalons taille basse — coucou le début des années 2000 — je fais référence à la toute première version apparue sur les écrans de 1976 à 1981. Ambiance brushing XXL, maquillage aux teintes automnales et allure cavalière Ralph Lauren : nous plongeons au cœur de l’Amérique BCBG des années 70 !

Détectives privées endossant de multiples fonctions pour s’infiltrer dans des enquêtes, les Drôles de dames sont peut-être moins armées de technologie que James Bond mais elles ne craignent pas la baston. Six actrices ont endossé un rôle de Drôles de dames au fil des années, mais les plus célèbres restent les premières à savoir Farrah Fawcett, Jacklyn Smith, Kate Jackson et Cheryl Ladd. Elles suivent les directives de Charlie, un patron mystérieux au visage inconnu dont on sait qu’il aime les yachts et le champagne. Chaque épisode est introduit par le message suivant :

« Il était une fois trois filles superbes qui avaient décidé de s’engager dans la police. Mais on les avait cantonnées dans des travaux bien peu passionnants. Alors moi, Charlie, je les ai sorties de ce cauchemar pour les engager. Et je ne le regrette pas, car ce sont vraiment de Drôles de dames. »

On remarque quelques points négatifs donc sur le concept de la série où – comble d’originalité – le patron est un homme, et pas n’importe quel homme attention, un sauveur ! On reste également sur notre faim niveau diversité devant ces trois femmes blanches au corps filiforme… On aurait aimé voir des morphologies plus variées et des ethnies différentes, surtout dans un pays composé de migrants comme les États-Unis. À la place, nous avons trois copies de Barbie parfaitement conformes aux diktats de l’époque.

Charlie le dit lui-même : « trois filles superbes » comme si c’était un critère d’embauche ! Elles sont diplômées, maitrisent les armes et l’art du combat, mettent leur vie en danger, endossent des identités et métiers multiples mais surtout, n’oublions pas de bien souligner qu’elles sont belles…

À lire aussi : « Quelle place pour les femmes dans l’industrie des séries en France ? », une conférence enrichissante

Oui, mais forcément, il y a aussi des points positifs. Si les premières images du générique les montrent coincées dans des jobs administratifs, dès lors que la voix Charlie parle du recrutement, on les voit en pleine action, alternant combats et courses poursuites. Malgré des relents de sexisme, on démontre quand même que ces femmes ont un fort potentiel qui mérite d’être développé et utilisé, au même titre que des hommes.

En effet, il n’y a rien qu’elles ne sachent faire et ça fait quand même plaisir à voir. Drôles de dames est une série ancienne et on ne s’attend pas à ce qu’elle soit parfaite quand on voit les combats qui persistent à l’heure actuelle contre le sexisme, les diktats et les discriminations, mais on peut quand même en retenir les aspects encourageants. Ces femmes sont indépendantes, fortes et ont quartier libre pour mener à bien leurs enquêtes car Charlie leur voue une confiance absolue, un symbole fort pour l’époque.

En outre, elles assurent chaque mission avec une classe et une élégance époustouflantes. Rien n’est laissé au hasard, des ongles de pieds à la pointe de cheveux : chaque look est coordonné et chic mais jamais rasoir. Chapeau au styliste pour son œil avisé, et pas n’importe quel styliste : Jean-Charles de Castelbajac. Quels détails pouvons-nous donc piquer à ce designer de génie pour nous créer une allure seventies et devenir nous aussi de drôles de dames ?

À lire aussi : Jean-Charles de Castelbajac – Un créateur en 5 minutes

Du satin flashy

charlie-angels-satin

Les années 70 sont des années de lumière, de scintillant et sans complexes quand il s’agit de se vêtir telle une boule à facettes. Régulièrement, les trois détectives apparaissent à l’écran avec des chemises et des robes de satin, généralement aux couleurs éclatantes.

Ce qui apporte le soupçon de charme et contrebalance le kitsch, c’est la coupe : blouses amples drapées ou ceinturées pour une élégance faussement nonchalante, ou blouson sportif boutonné et cintré en mode plus urbain. Le choix du satin et des couleurs flashy a le mérite de donner une touche de fantaisie à n’importe quel pantalon classique tout en rehaussant le teint : effet bonne mine garanti !

charlie-angels-satin-2

On shoppe. (via)

Le pull à col roulé

C’est sur Kate Jackson, alias Sabrina, qu’on repère le plus souvent le pull à col roulé. Assorti d’un pantalon évasé ou d’une jupe à mi-mollets, toujours taille haute bien entendu, c’est le vêtement-clé pour se créer un look à la fois classe et décontracté, sans oublier le confort. Point de collier ou de chichis, une jolie ceinture suffira amplement.

charlie-angels-sabrina

Ce style récurrent chez la détective Sabrina colle bien à sa personnalité simple et terre à terre, sans fioritures. Au travail comme dans la rue, le pull à col roulé assure toujours un sans-faute et nous protège envers et contre tous les courants d’air.

À lire aussi : Les 10 Hits de la Fauchée #122 – Des pulls doux et chauds pour l’hiver

La panoplie ranch

Des tons d’automne et de terre, un pantalon patte d’éléphants ceinturé à la taille et une chemise épaisse de popeline rentrée à l‘intérieur : il n’est jamais trop tard pour être une cowgirl, même sans cheval.

droles-dames-trio

Confortable, facile et idéal pour mettre les courbes en valeur, ce look moins girly mais efficace peut se porter en toute occasion. N’oubliez surtout pas le col pelle à tarte pour garder l’esprit disco ! Pour une pointe de coquetterie supplémentaire, on peut nouer le bas de la chemise à la taille comme Cheryl Ladd.

Du jean et encore du jean

Il a déjà réinvesti nos placards cet été ; c’est le grand retour du jean et ça tombe bien. Que ce soit en pantalon, chemise, veste ou salopette, le denim est un indispensable de nos trois détectives.

droles-dames-jean

En bas porté avec un petit sweater coloré pour les moments décontractés ou en haut accessoirisant une tenue sobre, il reste une valeur sûre et indémodable pour rendre une tenue plus moderne, tant que la coupe est impeccable.

À lire aussi : Histoire de la mode — Le jean

Le tailleur ton sur ton

droles-dames-tailleur
Nul besoin d’être du troisième âge ou de travailler dans une banque pour revêtir un ensemble tailleur ! Pour éviter l’aspect trop strict, vous pouvez le choisir ample, avec un long blazer droit et une simple blouse. Pour la touche suprême, on peut ajouter une longue écharpe de soie.

L’astuce est de combiner des vêtements ton sur ton et d’apporter le dynamisme et la fluidité au look à travers les différentes textures et le contraste entre mat et brillant. Au travail ou en cocktail, facile de se démarquer. Au pire, c’est plus facile pour le tri du linge à laver !

Farrah, la chérie de l’Amérique

Large sourire Colgate, crinière blonde de lionne coiffée en flick et mensurations faisant concurrence à Elle McPherson, Farrah Fawcett est le fantasme américain de son époque. Elle combine un physique de poupée et un style simple et sportif. Elle évoque ainsi la typique « girl next door », la fille cool et sympathique que tout le monde aimerait connaître.

Sa tenue fétiche : un jean flare taille haute et foncé, une paire de baskets et un pull court aux tons chauds pour apporter de la couleur. Un look sportif souvent parsemé de zip, jusque sur ses maillots !

drôles de dames farrah fawcett

Autrefois mannequin, Farrah a tout de suite crevé l’écran dans Drôles de dames et fait exploser l’audimat. Sa sensualité naturelle et son attitude accessible ont fait fondre le cœur des Américains et fait la fortune des coiffeurs avec toutes les clientes souhaitant le flick wig de Farrah.

En conclusion…

De nombreux remakes de Drôles de dames ont été lancés avec les années, à la télévision comme au cinéma, mais ils n’ont jamais décollé. Les nouvelles actrices plus déshabillées n’ont pas su éclipser les originales, et pour cause : ces  détectives ne sont pas de simples jolies femmes habillées sexy ! Leur truc en plus, c’est justement le naturel, les détails subtils. Des chemises confortables mais déboutonnées un bouton plus bas, des cols roulés moelleux mais portés sans soutien-gorge, de simples petits pulls sportifs et colorés qui dévoilent légèrement le ventre ou des blouses amples et classiques mais qui brillent de mille feux…

Les actrices de Drôles de dames ont toujours été bien mises en valeur, leurs courbes et attributs soulignés mais sans démesure. Leurs looks ont été soigneusement élaborés par Jean-Charles de Castelbajac qui confesse avoir été immédiatement envoûté par Farrah Fawcett lors de leur première rencontre tant elle irradiait de fraicheur et de charisme. À l’époque très inspiré par le style sportswear américain, le styliste en a repris les codes mais en version rétrécie : mini polos, mini jupes… Il voulait quelque chose de cool sans pour autant altérer le sex-appeal, et c’est un pari réussi.

Quarante ans plus tard, les anges de Charlie restent des icônes de style et continuent d’inspirer les créateurs qui veulent réinstaurer les codes seventies au travers de femmes fortes et autonomes. Je soupçonne même Tsukasa Hōjō, le créateur du manga Cat’s Eye sorti au début des années 80, de s’en être inspiré pour créer ses trois héroïnes glamour et badass !

cats-eye

Jusqu’ici je n’en ai aucune preuve, mais chaque fois que je regarde leurs tenues scintillantes de voleuses et leurs petits pulls sportifs, je maintiens qu’il pourrait bien avoir été un fan… Après tout, qui pourrait leur résister ?

À lire aussi : L’évolution de la photographie de mode

Cet article t'a plu ? Tu aimes madmoiZelle.com ?
Tu peux désormais nous soutenir financièrement en nous donnant des sous !
Big up
Viens apporter ta pierre aux 2 commentaires !

Voici le dernier commentaire en date :

  • Naelia
    Naelia, Le 20 septembre 2015 à 11h53

    ça pourrait être cool si PLL partait sur cette vibe là

Lire l'intégralité des 2 commentaires

(attention, tu dois être connectée pour participer — tu peux nous rejoindre ici !)