La séance psy qui m’a réappris à respirer – Carnet de rupture #9

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Alors qu'elle ne savait plus comment se remettre de sa rupture, Audrey s'est vue proposer une séance psy spéciale qui lui a permis de commencer, enfin, à sortir la tête de l'eau.

La séance psy qui m’a réappris à respirer – Carnet de rupture #9
Le Carnet de RuptureDans Carnet de Rupture, Audrey, une lectrice de madmoiZelle, raconte la fin de son histoire d’amour, à cœur ouvert.

Une histoire d’amour, mais aussi d’infidélité, et de reconstruction.

Après Pourquoi j’ai raconté mon histoire sur madmoiZelle, voici le neuvième épisode de cette série, à lire sur madmoiZelle.

Il y a quelques temps, je me suis effondrée dans le cabinet de ma psy.

Depuis plusieurs semaines, j’avais l’impression de suffoquer. Je me levais le matin avec un brouillard dans la tête, je m’endormais le soir avec un poids dans l’estomac.

Les journées passaient les unes après les autres, lentement, elles n’avaient pas de saveur.

La déprime après la rupture

Quand je partageais des moments avec des amis, j’écoutais sans être là, sans savoir pour autant où mes pensées voguaient.

Je ne m’étais jamais sentie aussi mal. Je n’étais plus moi et je ne me reconnaissais pas. J’avais la sensation que jamais je ne sortirai de cette tristesse plombante, de ce malaise profond, de cette déprime inéluctable.

Je n’ai jamais été vraiment déprimée dans ma vie. J’ai vécu des périodes difficiles, des épisodes de doute, de mal-être, de tristesse profonde… mais je ne m’étais jamais dit en me levant le matin « Je n’ai pas de raison de vivre ».

Quand ma psy m’a demandé ce jour-là « Comment ça va aujourd’hui ? », j’ai craqué.

Ça ne va pas. Ça ne va pas du tout. Je ne vais jamais réussir à m’en sortir et j’ai l’impression que cette fois, vous ne pouvez pas m’aider. Quelque chose en moi s’est brisé et on n’arrivera jamais à le réparer, c’est foutu, je suis foutue.

Je vous propose qu’on essaie une autre méthode thérapeutique. Vous avez déjà entendu parler de l’ICV ?

L’ICV, une méthode pour dépasser les chocs émotionnels traumatiques

Non, je n’en ai pas entendu parler. Mais je suis cassée, vous ne pouvez rien pour moi.

Quand on vit un choc émotionnel traumatique, il arrive que le cerveau ne soit plus capable de remettre les événements dans l’ordre.

On a alors l’impression que le choc est arrivé juste hier et les émotions qui y sont associées sont alors d’une puissance constante. Votre vie tourne alors autour de ces événements.

En séance d’Intégration du Cycle de la Vie, on vient remettre les événements dans une frise chronologique pour leur donner un début et une fin, et surtout, pour donner un début et une fin aux émotions qui y sont associées.

C’est vrai, j’ai l’impression d’avoir mal comme si plusieurs mois ne s’étaient pas écoulés, comme si le choc, c’était hier.

Je vous propose de nous revoir la semaine prochaine et la suivante pour faire 2 séances d’une heure avec cette méthode, elle devrait vous soulager.

J’étais sceptique. Comment deux simples séances pouvaient me sortir du marasme dans lequel baignait mon cœur ?

La semaine suivante, j’appréhendais la séance. J’attendais qu’elle fasse des miracles et je craignais que ça ne mène à rien, que je reste indéfiniment encroûtée dans mon mal-être.

Comment ma séance d’ICV s’est déroulée

Quand la dépression m’a frappée, j’ai eu l’impression d’être bétonnée dans la tristesse, que j’étais biologiquement déterminée à me sentir mal.

— Comment allez-vous aujourd’hui ?

— J’appréhende un peu, mais je crois que j’ai aussi hâte de commencer.

— Alors je vous propose qu’on démarre la séance ICV.

L’idée, c’est de repasser ensemble le film des événements de ces derniers mois pour les replacer dans une chronologie et lisser les sentiments, les émotions qui y sont associés.

Pendant cette première séance, nous allons revenir sur les derniers mois de votre relation et pendant la deuxième séance, nous referons la chronologie de votre relation depuis le début.

Pour commencer, installez-vous confortablement dans votre fauteuil, fermez les yeux. Prenez quelques respirations profondes… Et rouvrez les yeux. Avez-vous un souvenir quelques jours avant les événements ?

— Mmh. Oui, je me revois en train de préparer les vacances avec mon compagnon dans mon salon. Je me dis à ce moment-là que j’ai hâte de partager du temps avec lui.

— Maintenant, un souvenir pendant votre voyage.

Les souvenirs ont du mal à remonter, j’ai l’impression que mon cerveau a complètement bloqué ce passé et je ne repense qu’aux événements négatifs.

Après plusieurs secondes de concentration, j’arrive à retrouver un souvenir.

— Je nous revois en vacances, en train de boire un café juste avant une pièce de théâtre à laquelle je rêve d’assister depuis plusieurs années.

— Un souvenir lié au moment où les incidents ont commencé.

— …dans la chambre d’hôtel, le dernier soir. Il me dit que quelque chose ne va pas, qu’il attend plus de passion, que ça ne passe pas.

— Un autre souvenir ?

— Je pleure toute la nuit, je me rends compte que notre relation ne sera plus jamais comme avant. Je ne comprends pas ce qu’il se passe.

— Un autre souvenir ?

— J’en parle à des amis, je cherche à comprendre où mon compagnon en est, si c’est réparable.

— Un autre souvenir ?

— Nous sommes dans le salon, son téléphone vibre sur la table alors que nous parlons de nous séparer, de faire une pause. Je vois la photo de profil de Lola, je demande ce qu’il se passe avec elle.

— Un autre souvenir ?

Répéter les souvenirs pour les remettre dans l’ordre

Au bout d’une vingtaine de photographies du passé, nous arrivons au moment présent. Elle clôt en me demandant un souvenir agréable du jour-même ou de la veille.

— Très bien. Ça va ? Bien.

Maintenant, je vais vous répéter ces souvenirs les uns après les autres et je vais vous demander de vous connecter à chacun d’eux, en vous concentrant dessus.

Lorsque vous serez connectée au souvenir, faites-moi un signe de la main, je passerai au suivant.

Je ferme les yeux, me réinstalle dans le fauteuil, prends quelques respirations profondes et le ride commence.

Vous êtes en train de préparer les vacances avec votre compagnon dans le salon. Vous avez hâte de partager du temps avec lui.

Je fronce les sourcils et me concentre sur l’impatience que j’ai ressentie ce jour-là. Je lève la main.

Vous êtes en train de boire un café juste avant la pièce de théâtre, vous avez hâte d’y assister.

Je lève la main.

Vous êtes dans la chambre d’hôtel le dernier soir. Il vous dit que quelque chose ne va pas, qu’il attend plus de passion, que ça ne passe pas.

Mon cœur se dérobe et tombe dans mon estomac, je me mets à pleurer mais garde les yeux fermés. Je lève la main.

Vous pleurez toute la nuit…

Avec ce protocole, j’étais remontée dans le rollercoaster des mauvais souvenirs. À la fin, je me sens au plus mal, je suis fatiguée, j’ai une boule dans la gorge.

Ça va ?

Je lui dis tout ça.

C’est normal. Tous ces souvenirs sont difficiles. Ce que vous avez vécu est l’équivalent d’un deuil.

Vous faites le deuil de votre ex-compagnon. Mais vous allez voir, ça va aller. On continue. Je vais vous répéter ces souvenirs encore une fois et je vous demande de vous y reconnecter une nouvelle fois.

Répéter les souvenirs pour lisser les sentiments

Je ferme les yeux.

Vous êtes en train de préparer les vacances avec votre compagnon…

À la fin, elle me demande de nouveau comment ça va, je pleure toujours. Puis elle répète l’opération. 3 fois, 4 fois.

Au bout de la 5ème fois, je ne fronce plus les sourcils.

Au bout de la 7ème fois, je n’ai plus envie de pleurer au début des souvenirs.

Au bout de la 10ème fois, je n’ai plus de boule dans la gorge.

À la 11ème, elle me propose de nous arrêter là et me demande : ça va ?

J’ai l’impression que le manège des émotions s’est transformé en une autoroute toute droite. Mes sentiments sont lissés, égaux. Je suis épuisée, j’ai envie de dormir.

Je quitte la séance, concentrée pour mettre un pied devant l’autre et avec un nouveau rendez-vous la semaine suivante.

Plusieurs heures après, je me scanne et je me demande : ça y est, c’est fini ? J’ai l’impression que c’est fini. Je ne sais pas si à ce moment-là, je mets fin à la tristesse… ou à ma relation.

Je me suis réveillée après un mauvais rêve

Mais je me répète ça : c’est fini. Mon cerveau a relié les points. J’ai du mal à y croire et j’attends la séance suivante pour confirmer cette sensation.

Mon bilan à séance +1 semaine est plein de positif. Depuis quelques jours, j’ai remis le nez dans le boulot, j’y vais avec plus d’entrain. J’ai repris contact avec des amis et je ne pense plus aux derniers mois comme si j’étais rentrée d’une guerre.

La 2ème séance d’ICV revient sur l’ensemble de ma relation avec mon compagnon et confirme les effets de la 1ère.

Un mois après ces 2 rendez-vous, je crois que j’ai cicatrisé alors que je ne pensais pas qu’une autre vie était possible. J’ai parlé de cette méthode avec plusieurs proches et tous sont sidérés :

Si j’avais connu ce protocole à telle période de ma vie, ça m’aurait tellement aidé.

Aujourd’hui, j’ai l’impression que les événements que j’ai vécus ces derniers mois n’étaient qu’un mauvais rêve et que je viens de me réveiller.

Voilà pourquoi j’ai eu envie de vous en parler ici, parce que je crois qu’une thérapie peut sans doute vous aider à sortir la tête de l’eau, si vous ressentez la même chose que moi.

À suivre dans le Carnet de Rupture

Le Carnet de Rupture ne paraîtra plus chaque mardi.

Mais Audrey reviendra un jour avec un nouvel épisode… peut-être final, qui sait ? À suivre !

Une madmoiZelle


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