« Premier Vote », la série de documentaire qui donne la parole aux jeunes

Quelles sont nos attentes, nos interrogations, nos craintes ? La collection documentaire « Premier Vote » se propose de répondre à ces questions, au cours de treize films.

« Premier Vote », la série de documentaire qui donne la parole aux jeunes

Je suis une primo-votante. Je n’ai jamais voté à une élection présidentielle, parce qu’en 2012, j’étais trop jeune.

En réalité, j’ai déjà voté pour un certain nombre d’élections qui ne sont pas négligeables, des européennes, aux départementales, en passant par les régionales et les primaires. Mais c’est vrai : ce sera mon premier bulletin présidentiel.

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« Premier vote », prendre le pouls d’une génération

C’est toute une génération qui est pour la première fois impliquée dans le choix du ou de la futur•e chef•fe de l’Etat. Cette génération, treize documentaires en prennent le pouls, chacun dans une région française.

Peut-être avez-vous déjà pu regarder l’épisode qui concerne votre région, sur France 3 ce dimanche 12 mars ? Sinon, la collection « Premier Vote » sera disponible sur Pluzz (le site de replay de France TV) pendant trois mois, jusqu’à la Présidentielle.

Chacun a été réalisé par une personne originaire de la région – à l’exception de celui des Hauts de Seine qui est le fruit du travail de Matthias Thery, déjà à l’origine de « La sociologue et l’Ourson », un film pour comprendre ce qui a traversé la France au moment des débats sur le mariage pour tous.

Quasiment aucune consigne n’a été donnée pour la série de documentaires, mis à part le fait qu’il fallait qu’il fasse figurer trois jeunes primo-votants. La façon de les choisir ? Libre. Le lieu exact ? Libre. Le format ? Libre. L’histoire qui nous est contée ? Evidemment libre.

Une jeunesse hétéroclite

Au final, on obtient des portraits croisés d’une jeunesse de France qui apparaît diverse, variée, hétérogène. Partout, on trouve des jeunes aux points de vue divergents, qui se confrontent et qui discutent.

Il y a ceux qui hésitent à tirer leur candidat au sort, celles qui pensent voter FN parce que c’est une femme, ceux qui militent au jour le jour…

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Le manque de représentation, un problème chronique

Mais si tous ces jeunes s’affrontent sur un certain nombre de sujets, il y a en a un qui les réunit davantage : le manque de représentation. Lorsque Maxime Ruszniewski, co-producteur de la collection « Premier vote » m’explique, c’est le constat qu’il fait :

« Ce qui revient très souvent, c’est qu’ils ne se sentent pas représentés : les jeunes n’existent pas en politique. Marion Maréchal Le Pen est la seule à avoir moins de trente ans. »

Et d’ailleurs, ça se ressent dans les micro-trottoirs qui complètent les documentaires. La collection « Premier Vote » s’est en effet enrichie de pastilles variées : des personnalités qui nous racontent leur premier vote, des jeunes qui répondent à un questionnaire rapide…

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Le making-off de ces micro-trottoirs sur la question des trois mots qui représentent le mieux la classe politique française à ce sujet là est d’ailleurs édifiant :

Place aux jeunes (et aux femmes !)

Le message est-il clair ? On voudrait un peu de place, svp. À la fois parmi les élus, et sur les plateaux télé et autres émissions politiques. Nous aussi, on a des choses à dire !

Toutes les vidéos disponibles de
Premier Vote, par régions !

 

Considérant la jeunesse, de Mathias Théry — Hauts-de-France

À voir sur PLUZZ !

Amiens, en 2017.

Marie, étudiante en sciences politiques, interroge dans la rue des jeunes de son âge sur leur rapport à la politique. Si la plupart d’entre eux disent n’avoir aucun intérêt pour le sujet, quelques uns font exception, comme Bastien, militant au Front National, et Julie, jeune salariée d’une association dont le but est d’éveiller la conscience citoyenne des jeunes.

Ils confrontent leur vision du monde, leur rapport à l’autorité, aux valeurs qui leurs sont chères et aux libertés fondamentales.

Le mâle alpha, Dorine Brun — Auvergne-Rhône-Alpes

Saillans, dans la Drôme, en 2017. Elies, 18 ans, est le jeune animateur d’une radio locale, Radio Saint Ferreol.

Aujourd’hui, il reçoit deux garçons de son âge et les interroge sur leur rapport à la politique. Alexandre est un jeune militant Républicain qui a décidé de s’engager pour François Fillon.

Alex étudie la biodiversité et rêve d’une société plus juste et plus soucieuse de son environnement.

À leur contact, Elies s’interroge sur ce qu’est un bon chef.

L’effet boomerang, de Natacha Sautereau — Occitanie

Albi, en 2017.

Nathanaël, jeune militant socialiste, défend le bilan du quinquennat de Hollande et mobilise les électeurs locaux en vue des élections présidentielles qui approchent.

Etienne remet en cause la Ve République et pense que seule la philosophie peut nous permettre d’accéder à un monde plus juste. Jordan s’occupe de sa mère malade et de ses quatre frères et sœurs et n’a pas le temps de penser à la politique.

Tous concentrent tous leurs efforts dans une cause qui leur est chère – mais sont-ils rétribués du prix de leur effort ?

La politique des clics, de Benoit Felici — Nouvelle-Aquitaine

À voir sur PLUZZ !

Bordeaux, en 2017.

Manon, étudiante en journalisme, enquête sur l’influence des réseaux sociaux dans le contexte d’une élection présidentielle.

Emilie, étudiante également, milite pour Emmanuel Macron, dans la rue, sur twitter et sur facebook, où elle échange avec les électeurs potentiels du mouvement « En Marche ».

Sylvain, attaché à la confidentialité des données et à la neutralité du net, se méfie des algorithmes destinés à influencer les intentions de vote des internautes. Internet et les réseaux sociaux sont-ils en train de modifier nos pratiques démocratiques ?

Enfants de la République, de Jonathan Riquebourg — Bourgogne-Franche-Comté

Besançon et ses environs, en 2017.

Aline est une jeune gitane qui travaille sur les marchés et qui préfère se battre pour les siens que d’aller voter.

Hasni est étudiant, musulman et militant au Parti Communiste.

Affiliée au Parti Socialiste, Elise est la plus jeune conseillère régionale de la Bourgogne-Franche-Comté. Qu’ils s’en rendent compte ou non, ils évoluent tous dans des environnements sociaux de plus en plus hermétiques.

La démocratie peut-elle survivre aux communautarismes ?

Les jeunes travailleurs, de Nicolas Boulenger — Normandie

Caen, en 2017.

Sandy élevée dans une famille d’accueil est aujourd’hui auxiliaire de vie à domicile et se bat pour accéder à une formation d’infirmière.

Clément cherche un stage dans la restauration après différents échecs d’insertion professionnelle.

Liviou, d’origine roumaine et handicapé léger est manutentionnaire.

Tous les trois vivent dans un foyer de jeunes travailleurs. A l’aube de l’élection présidentielle, ils se retrouvent dans la salle commune du foyer pour échanger sur les programmes des candidats.

Du revenu universel proposé par Benoît Hamon, à la fermeture des frontières préconisée par le projet frontiste, ils s’interrogent sur le candidat qui leur promettra à chacun une vie meilleure. Comment éviter le repli sur soi quand on a si peur pour son propre avenir ?

Le goût des idées, de Zouhair Chebbale — Grand-Est

Strasbourg, en 2017.

Maxence est pâtissier dans un restaurant gastronomique et brigue le poste d’assistant parlementaire au sein du parti Unser Land. Convaincu que la fusion des régions françaises fait ombrage à la singularité et à la renommée internationale de l’Alsace, il regrette qu’aucun candidat ne remette en cause le nouveau découpage territorial, et ne sait pour qui il ira voter.

Céline, étudiante, activiste politique et musulmane pratiquante sait déjà qu’elle choisira le vote blanc. Elle ne croit plus à la Vème République et prône la fin du règne des élites.

Alix étudiante à Sciences Po, européaniste convaincue, pense que seul le système politique actuel peut faire face à une économie capitaliste et mondialisée.

Ensemble ils interrogent la légitimité des hommes politiques pour nous représenter ?

Ping Pong, de Céline Thiou — Centre-Val de Loire

Tours, en 2017.

Sannah championne de tennis de table, Maeva caissière à temps partiel au Mac Do et Clémence sont en terminale dans le même lycée. A l’aube de l’élection présidentielle, elles se confrontent, échangent et tentent ensemble de définir ce qui distingue la gauche de la droite.

Sannah élevée dans une famille de gauche prône le partage et la préservation de l’environnement.

Maeva, en rébellion face à ses parents tentés par le vote frontiste, voudrait réduire les écarts entre les plus aisés et les plus défavorisés.

Clémence, imprégnée des valeurs de la droite, explique aux deux autres que le partage des richesses n’est peut-être pas le système le plus juste.

Comment s’opère la prise de conscience politique quand on a 17 ans ? Comment se forger sa propre opinion : avec ou contre ses parents ?

L’étincelle, de Lauriane Lagarde — Bretagne

Saint Malo, en 2017.

Pour encourager la jeunesse à ne pas déserter la municipalité vieillissante, le Maire a décidé de créer le premier Conseil Municipal des Jeunes.

Quand ils se retrouvent aux réunions hebdomadaires, Erwan jeune militant républicain, Cohen encarté communiste et Adel indécis, proposent aux élus des projets locaux pour améliorer la vie de leurs concitoyens.

Cette expérience concrète de la démocratie participative fait naître entre eux des liens forts, mais aussi d’inévitables conflits. Quelle flamme animent ces trois jeunes dans leur engagement politique et citoyen ? Est il réellement possible de mettre ses convictions de côté ?

Les uns, les autres, les à peu près, de Raphaele Benisty — Paris, Ile-de-France

Stains, en 2017.

Sarah est en terminale mais se voit déjà occuper un poste central au Parti Républicain. Élevée dans une famille de gauche, elle mise tout sur la valeur travail et l’économie libérale.

Neguine danse, chante, monte sur les planches. Elle a participé au mouvement Nuit Debout et aux manifs mariage pour tous. Pour elle l’engagement politique est quotidien.

Larissa prépare le bac et le concours d’entrée à Sciences Po. Elle est pourtant assez détachée des enjeux politiques et espère surtout avoir un jour un salaire confortable.

Portrait d’une génération plus raisonnable qu’idéaliste, de trois très jeunes femmes qui s’efforcent de faire les meilleurs choix pour leur avenir.

Familles politiques, de Jan Sitta — Provence-Alpes et Côte d’Azur

Nice, en 2017.

Marie, issue d’une famille bien ancrée à droite, fait ses premiers pas en politique. Elle s’engage pour le mouvement d’Emmanuel Macron qui incarne pour elle le renouvellement d’une classe politique en bout de course.

Bryan, lui, vient de prendre la tête de la jeunesse frontiste du département (FNJ). Brillant étudiant, il jongle entre sa khâgne et ses nouvelles responsabilités dans le parti, encouragé par des parents admiratifs et soucieux de son rythme effréné.

De son côté, Nassim reste loin des partis et tente avec ses moyens de sensibiliser les jeunes de son quartier à la citoyenneté à l’aube d’un scrutin présidentiel pour lequel il n’a pas encore arrêté son choix.

3 parcours, 3 engagements, 3 familles politiques.

Retrouvez tous les débats qui suivent la diffusion de Premier Vote à la télé sur PLUZZ !Clique sur ce lien !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Sinae
    Sinae, Le 14 mars 2017 à 10h35

    Oulala encore un alsacien qui se plaint d'être réuni avec les régions "pauvres" d'à côté! Eh oui mon gars on va pourrir ton image !
    Qu'est-ce qu'il faut pas entendre... déjà que le film à été fait à Strasbourg et que c'est déjà la capitale européenne...

    Je m'égare hum hum, mais bon la particularité de l'Alsace va pas disparaître comme ça, et puis je trouve que ce genre de propos n'a rien à voir avec des actions politiques et que c'est juste de la fierté mal placée.

    L'initiative est pas mal sinon. Mais par contre c'est pas trop représentatif des jeunes en général. Les jeunes à fond dans un parti c'est ultra rare et en général ils passent pour des illuminés (coucou mon ancien camarade de classe qui militait à fond pour le dupont-aignan et qui nous faisait bien rire avec ses tracs). Et puis à 18 ans je pense pas qu'on ait suffisamment une idée claire de ce qu'est la politique, à moins d'être vraiment engagé (je le sais puisqu'en 2012 je votais aussi pour la première fois).

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