Pourquoi les avocats défendent-ils des « monstres » ?

C'est la question à laquelle répond la dernière vidéo de la chaîne YouTube de vulgarisation juridique Angle Droit, en lice pour le concours des Pouces d'Or des Internettes.

Pourquoi les avocats défendent-ils des « monstres » ?

Comme moi, tu as peut être été marqué·e par une des dernières grosses affaires médiatisées : l’affaire Jawad, l’affaire Fiona, ou l’affaire Maëlys par exemple. Affaires barbares, qui ont soulevé le cœur et les tripes de bien des Français.

Personnellement j’ai été particulièrement choquée par la façon dont a été traitée l’affaire Maëlys et le procès de Nordhal Lelandais dans les médias.

Et cette vidéo d’Angle Droit met le doigt sur tout ce qui me rebute dans notre utilisation des réseaux sociaux.

Comment peut-on défendre un « monstre » ?

Dans cette vidéo, Angle Droit passe en revue tout ce qui fait que cette question n’a pas lieu d’être dans un cadre juridique.

Pour commencer, elle replace l’article 9 de Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen de 1989 à sa juste place, article qui stipule que « Tout individu est présumé innocent, jusqu’à ce qu’il ait été déclaré coupable ».

Ce que tout le monde sur les réseaux sociaux a l’air d’oublier.

Et surtout, elle démontre pourquoi il est important que tout individu ait le droit à une défense, et à un procès équitable, droit fondamental qui s’applique en France à tous les individus.

Et ce même si la twittosphère estime que quelqu’un est coupable, ou innocent.

Les réseaux sociaux, ce tribunal populaire

Lors de l’affaire Maëlys par exemple, bien avant qu’un quelconque jugement ait été prononcé, l’opinion publique s’était comme saisie du procès, jugeant qu’il était évident que Nordhal Lelandais était coupable, et traitant son avocat Alain Jacubowicz comme un complice.

Sauf que si l’affect, les émotions et la sensibilité de tout un chacun devaient être le moteur principal des décisions de justice, les procès seraient loin d’être impartiaux. Et c’est bien pour cela que juge et victime ne peuvent être incarnés par la même personne.

Angle Droit le dit très bien : avant d’influencer ou de donner son avis à chaud sur une affaire de justice, il serait bon de se demander si l’on a tous les éléments à sa disposition pour le faire.

Et surtout, si notre avis et notre participation au déferlement médiatique qui s’acharne contre les avocats pénalistes et le ou les accusé·es ne va pas influencer négativement le procès.

Et elle donne l’exemple concret de l’histoire de Patrick Dils, victime de la plus grosse erreur judiciaire française, qui l’a fait endurer 15 ans de prison pour un crime qu’il n’avait pas commis.

Les criminels sont-ils des « monstres » ?

Et c’est bien l’ouverture de cette vidéo d’Angle Droit qui a le plus fait danser la salsa à mon moi intérieur.

Qui sommes-nous pour juger de qui est un monstre, ou qui ne l’est pas ? Qui sommes-nous pour décréter que les criminels, peu importe le crime qu’ils ont commis, ne sont plus des humains mais une espèce bien loin de nous et des rebuts de la société ?

Comment réagirions-nous si nous étions, nous-même, ou un proche, embarqué dans un tel procès ?

Que serions-nous aujourd’hui si nous avions grandi dans le même cadre de vie que ces criminels ?

Mais avant de tout spoiler je te laisse regarder cette si juste vidéo d’Angle Droit, disponible juste en dessous !

Et j’ai très envie d’avoir ton avis sur la question en commentaires !

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Commentaires
  • Skippy01
    Skippy01, Le 9 août 2018 à 16h37

    Je pense aussi au cas de l'avocate du documentaire «L'avocate du diable», dont Mad avait parlé et qui affirmait le plus naturellement du monde qu'elle avait incité son client à mentir pour qu'il puisse s'en tirer. Comme quoi, les histoires d'avocats prêts à faire des manœuvres douteuses pour permettre à leur clien de s'en sortir ne sont pas tout à fait un mythe.

    Autre cas: dans une vidéo consacrée à la sidération psychique (et également publiée sur mad), on pouvait voir des coupures de journaux où des violeurs avaient été acquittés avec pour seule justification «la victime ne s'est pas défendue, donc c'est pas un viol», un peu comme si les magistrats ignoraient (volontairement ?) le principe de la sidération psychique.

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