En Pologne, l’accès à la pilule du lendemain sera restreint

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Le parlement polonais a voté une loi limitant l'accès à la pilule du lendemain au sein du pays. Une nouvelle offensive contre les droits des femmes...

En Pologne, l’accès à la pilule du lendemain sera restreint

En Pologne, la pilule du lendemain ne sera désormais accessible que sur prescription médicale.

C’est le parlement qui a voté la loi limitant l’accès à cette contraception d’urgence mercredi 24 mai. Elle ne devrait pas susciter d’opposition ni au Sénat où le parti conservateur a la majorité, ni auprès du président Andrzej Duda.

C’est un recul des droits des femmes pour ce pays, dont le gouvernement précédent avait rendu l’accès possible sans ordonnance. 

La restriction de l’accès à la pilule du lendemain aura des conséquences

Une telle restriction peut être lourde de conséquences : pour une efficacité maximale, il faut prendre la pilule du lendemain le plus rapidement possible après le rapport à risque.

Demander de passer par une prescription médicale peut faire perdre de précieuses heures, voire même des journées.

En février dernier, une membre de la Fédération pour la cause des femmes et du planning familial, Katarzyna Labedz, avait été interrogée par l’AFP. Ses propos ont été relayés par Science et Avenir.

Pour elle, ce projet limite les droits des femmes en matière de reproduction. Et la peur ne s’arrête pas là.

« Nous craignons qu’il ne s’agisse là d’une mesure restrictive de plus et qu’il n’y en ait d’autres prochainement ! »

Après la pilule du lendemain, de nouvelles restrictions ?

En octobre 2016, ce même gouvernement avait tenté d’interdire le droit à l’avortement, sauf s’il mettait en danger la vie de la mère.

Heureusement, un fort mouvement auquel avaient participé près de 100 000 personnes dans le pays avait permis de faire rejeter ce projet de loi.

Commentaires
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  • Freehug
    Freehug, Le 1 juin 2017 à 6h53

    @Ocytocine. : ben c'est vrai que pour le coup, en terme de politique nataliste, les autres pays européens peuvent s'inspirer de la France... C'est un des seuls sinon le seul à atteindre le taux de renouvellement des populations, il me semble. J'ai pu lire que ce taux était gonflé par les populations immigrées; je sais bien ce qu'en pense l'extrême-droite mais pour moi c'est une des choses dont il faut s'inspirer, s'ouvrir à l'immigration qui est une richesse économique (notamment). En plus des aides financières et médicales.

    @Amandine Lévy : il faudrait que tu expliques en quoi c'est irresponsable d'avoir accès à la contraception d'urgence. N'utiliser que ça, c'est pas terrible, certes (et j'utiliserais même pas le mot irresponsable). Mais y avoir accès ? Non parce qu'une consultation médicale n'est ni gratuite ni forcément remboursée en Pologne, en admettant qu'on ait accès à un médecin qui accepte de la prescrire, et ça fait perdre un temps précieux qui diminue l'efficacité de la molécule. De fait, cette loi interdit à beaucoup de femmes polonaises l'accès à la contraception d'urgence.

    - Les effets chimiques délétères dont tu parles n'existent selon aucune étude sérieuse. Liens ici, ici et ici. La contraception d'urgence n'est dangereuse QUE pour celles qui ont certaines pathologies bien précises et peu répandues. Sinon, les effets secondaires sont ponctuels et pas systématiques, ça ne laisse aucune séquelle dans l'immense majorité des cas. On peut même prendre du Norlevo en étant enceinte sans risque pour la grossesse. Le risque quand on en prend trop souvent c'est surtout que ça fout le bordel dans ton cycle et que c'est d'autant plus difficile de s'y retrouver.

    - En admettant que les femmes qui tombent enceintes accidentellement ont fait quelque chose de mal (ce n'est pas mon avis), il existe en droit le concept de proportion entre la faute commise et la sanction. En fait pour toute punition, ça va de soi de l'adapter à la faute. Exemple : tu ne prives pas ton enfant pendant un an de sorties et d'argent de poche s'il a cassé une assiette, c'est disproportionné. Tu vas plutôt lui demander de ramasser (enfin je sais pas ça paraît logique). Du coup, une grossesse forcée, ça te paraît pas totalement disproportionné comme punition pour "avoir fait preuve d'irresponsabilité" ? Sachant que l'enfant qui va naître n'aura rien demandé, lui ?. Devoir se déplacer à la pharmacie, payer (pour les majeures), avaler le comprimé et supporter les éventuels effets secondaires ponctuels, c'est pas suffisant pour un oubli de capote/une erreur de contraception ? Là encore, en supposant que c'est une faute. Il faudrait vraiment que tu expliques pourquoi tu penses ça.

    - Si beaucoup d'adolescentes n'utilisent que la contraception d'urgence, ce n'est majoritairement pas par ignorance ou je-m'en-foutisme. Comme me l'a expliqué une connaissance qui travaille au Planning Familial, et comme j'ai pu le constater moi-même en travaillant avec des ados, la raison est toute autre. Leurs familles refusent qu'elles aient des relations sexuelles et contrôlent leurs affaires à la recherche de contraceptifs quels qu'ils soient. Elles contrôlent également les remboursements médicaux, car souvent une ado dépend de la sécu/mutuelle de ses parents puisque mineure (et même après). Donc elles ne peuvent pas se faire poser de stérilet en douce (en admettant qu'elles sachent que ça existe, et qu'elles trouvent un médecin prêt à le poser sur une ado, bonne chance). À partir de là, soit elles ont un.e ami.e aux parents plus progressistes chez qui cacher la fameuse pilule/capote/whatever, et qui lui emmène tous les jours (compliqué). Soit le petit ami paie les préservatifs s'il peut (c'est cher, et faut encore que ça craque pas). Soit elles s'abstiennent (compliqué, et scandaleux quand c'est pas un choix). Soit c'est la pilule "du lendemain". Tu ajoutes à ça qu'elles sont pas forcément bien renseignées - les pharmaciens sont pas tous safe, c'est le moins qu'on puisse dire, que la contraception d'urgence n'est pas fiable à 100%. Voilà, il y a les belles théories sur les vilaines irresponsables et il y a la réalité : les avortements et la contraception d'urgence servent très majoritairement en cas d'erreur de contraception, d'accident de contraception, ou de situation impossible pour vivre sereinement sa sexualité. J'en ai marre qu'on nous sorte toujours l'exemple de femmes qui les enchaîneraient en toute connaissance de cause et qu'on n'a jamais vues s'exprimer, même anonymement (c'est toujours untel ou unetelle qui connaît une fille qui).

    - UNE FEMME QUI NE PEUT PAS AVORTER AVORTE QUAND MÊME. Je sais que tu n'as rien dit contre l'avortement, je dépasse un peu ton propos pour parler en général. Donc la question c'est, est-ce qu'on essaie de leur éviter ça avec le maximum de solutions contraceptives (dont celle d'urgence), tout en leur assurant une intervention médicale sûre si grossesse non désirée il y a malgré tout, soit on les laisse crever si elles n'ont pas les moyens d'aller à l'étranger.

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