Sister Sister – C’est quoi le bonheur ?

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Mathilde a 18 ans, a été stagiaire chez mad, Clémence a 30 ans et est rédac cheffe de madmoiZelle. Elles se retrouvent pour discuter de leur perception du bonheur. L'une est plutôt sceptique alors que l'autre en a une conception très particulière.

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Fab

Fab est le créateur et le patron de madmoiZelle.com, lancé le 1er octobre 2005 dans son grenier. Il aime mener de très longues interviews et aider des jeunes-qui-n'en-veulent à percer.

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Commentaires
  • Spill
    Spill, Le 7 février 2018 à 11h27

    Merci aussi pour la richesse de cet échange sur ce sujet très vaste mais passionnant ! Globalement je partage plutôt le point de vue de Clémence même si je peux totalement comprendre celui de Mathilde, j'ai l'impression de m'entendre il y a quelques années !

    Pour moi le bonheur ne se résume pas en l'accumulation d'états de joie, mais relève plutôt d'une démarche, d'une intention, plutôt que d'un état d'esprit. Et encore moins d'un état permanent pour les mêmes raisons qui ont été soulignées dans le podcast (enfin, si, mais pas dans le sens "la vie me sourit tous le temps et je ne ressens jamais d'émotions négatives", on est d'accord, ça serait clairement ennuyant). Et pour des raisons évidentes, le bonheur ne vient surement pas non plus de la possession d'objets matériels selon moi.

    A mon sens la notion de bonheur est forcément liée à la notion d'acceptation : de soi, des autres, de la vie en général (ça rejoint un peu "l'état de sérénité" dont parlait Clémence). Ça ne veut pas dire qu'il faut forcément s'accepter à 100% pour être heureux ou avoir une confiance en soi au top niveau par exemple, mais je pense qu'il faut être dans un état d'esprit d'acceptation de nos imperfections et de nos vulnérabilités. Pareil pour nos relations avec les autres, ne pas être perpétuellement dans un état de frustration ou de rejet vis à vis de la façon dont les gens se comportent ou communiquent avec nous ("pourquoi les autres ne font pas exactement ce que j'attend d'eux ?", "pourquoi les gens ne voient pas de problème à agir de telle manière alors que moi ça me blesse/frustre?"), mais être dans une démarche d'acceptation des autres dans toute leur complexité, même quand ils font des choses qui ne nous plaisent pas (ça n'empêche pas de chercher à améliorer les choses).
    Et je pense qu'on peut élargir ça à toutes les circonstances de vie de manière générale. Pour moi le bonheur surgit d'un état d'acceptation d'émotions négatives, de moments difficiles. Je pense qu'il est possible d'être "heureux" même dans des moments difficiles où tout nous pousserait pourtant à nous laisser se noyer dans des émotions négatives : d'abord par la prise en compte et l'acceptation de ces émotions négatives justement, mais aussi par la pratique de la gratitude vis à vis du moment présent.
    Du coup pour moi le bonheur ne serait pas forcément lié à des émotions positives (à mon sens il faut vraiment distinguer l'émotion de joie et le bonheur, qui relève plus d'une démarche, c'est pour ça que je disais que pour moi il ne se résume pas à l'accumulation d'états de joie), et pourrait s'apparenter à une forme de "sagesse", qui se développe avec le temps et la pratique.
    Je rejoins Clémence aussi sur le fait que la méditation (notamment la méditation pleine conscience) aide beaucoup à tout ça. Il m'est arrivé plusieurs fois durant mes séances de méditation de me sentir vraiment très bien, très sereine, alors que pourtant j'étais dans des périodes où je ressentais pas mal de difficultés ou j'avais l'impression d'avoir beaucoup de "problèmes".



    Je conseille vraiment ce TED talk qui m'avait un peu bouleversée, et où il y est expliqué qu'on ne peut pas atteindre un état stable de bonheur tant que notre bonheur repose sur des circonstances extérieures. C'est clairement une conception très bouddhiste du bonheur, mais personnellement ça me parle beaucoup.