Ces objets du passé devenus symboliques

Certains objets, qui existent ou sont portés disparus, nous ramènent quelques années en arrière tant ils nous rappellent notre enfance. Pour le meilleur et (un peu) pour le pire.

Ces objets du passé devenus symboliques

Qu’on ait aimé être enfant/adolescent ou pas, il faut bien avouer que tout n’était pas toujours rose. Alors attention, il ne sera dans cet article à aucun moment question du premier râteau ou du premier baiser plus baveux qu’un oeuf à la coque. Il sera question de détails purement matériels qui étaient plus ou moins relous à gérer au jour le jour. D’objets sans lesquels notre quotidien en temps qu’enfant aurait été bien différent. Peut-être mieux. Ceci dit, voyons le bon côté des choses : ce sont les petites adversités de tous les jours qui nous rendent chaque minute un peu plus fortes, telles des roseaux qui plient mais ne cassent jamais. Ou des bulles de chewing-gum qui gonflent sans jamais claquer et t’en mettre partout sur le nez. Quoiqu’il en soit, ces objets sont surtout absolument symboliques de notre enfance.

Ficelle pour gants

Souviens-toi, c’était hier – mais un hier d’il y a longtemps, où on payait encore en francs. Il faisait froid et avant de sortir profiter de la récréation après cette dure moitié de matinée de petite section de maternelles, tu enfilais ton manteau (probablement en l’étalant par terre, en enfilant les manches et en le retournant au-dessus de ta tête). Oui mais voilà. Un tout petit bout de tissu obstruait par la suite légèrement tes mouvements. Pas suffisamment pour te faire pleurer, mais assez pour te gêner un peu. Frustrant. Ce petit bout de tissu, c’était tout simplement la fine ficelle qui reliait tes deux gants. Le but du jeu, c’était de pas les perdre. Le prix à payer, c’était une ficelle à faire passer dans tes manches et que tu sentais parfois s’appuyer sur ton dos, comme une laisse que toi seule pouvait contrôler.

C’est comme si toutes les journées d’hiver, un petit détail gênant venait te rappeler mit index accusateur que t’avais qu’à être moins étourdie, sale gosse.

Le broc d’eau de la cantine et les verres qui vont avec

J’ai toujours détesté manger à la cantine. C’était à mes yeux le summum du dégueu, derrière la fois où Aymeric avait mangé un ver de terre pour impressionner sa copine en moyenne section. Et pour moi – outre l’odeur de vieux chou-fleur tout sec – la cantine se caractérisait par deux accessoires : le broc d’eau en inox et les verres Duralex qui allaient avec. Des verres avec des chiffres lisibles au fond qui étaient censés dire notre âge. Tous. Les. Midis. On faisait le tour de notre âge du jour. C’était chiant. Drôle une fois mais chiant le reste du temps.

Cette blague récurrente m’a personnellement profondément déprimée, parce que cette petite boutade me rappelait systématiquement qu’on s’apprêtait à manger des aliments avec un goût de plastique qu’on attendait dans le tumulte des couverts martelés sur la table. C’est simple, quand j’associe tous ces éléments dans mon esprit, je sens mon estomac trembler.

Et en plus, avec le temps, ça reste aussi pourri la cantine.

La corde à sauter et l’élastique

Entre deux parties de balle au prisonnier et de chat perché, il fallait bien s’occuper. Entre deux vagues de fashionitude type billes ou Pogs (quand on en avait marre de se faire chourer ses Kini préférés), aussi. Alors comme beaucoup, j’ai cédé à la mode de la corde à sauter et de l’élastique (celui que deux personnes tenaient avec leurs pieds pendant qu’une troisième sautait d’un côté et de l’autre).

Résultat : je sais pas toi mais j’ai pour ma part quelques superbes cicatrices sur les genoux tellement je me suis ramassée en bondissant comme un cabri. Mais surtout, l’une des pires humiliations de ma vie en a découlé : un jour que je courais en faisant de la corde à sauter, je suis tombée en me râpant le visage par terre sur un ou deux mètres. Pendant deux semaines, j’ai eu une croûte sur la face. Une croûte placé d’une façon particulière, en plein sillon labio-nasal.

Une croûte en forme de moustache d’Hitler. Voilàv oilà.

Les ballons McDo

Mes parents tentaient de me déreloutiser en m’apprenant à me responsabiliser sur des petits trucs. Ainsi, quand je demandais un de ces ballons en libre-service qu’il y avait dans certains restaurants plus ou moins rapides, je me faisais répondre « Si tu le prends, c’est toi qui le portes ». Sûre de mon choix, je décidais toujours d’en choisir un, parce que dis donc, des ballons gratuits, ça se refuse pas.

Bah oui mais à quoi ça sert un ballon ? À rien. C’est un bout de plastique avec lequel on peut rien faire. Que la vérité soit dite : rien n’est plus con qu’un ballon. Et quand tu as dit « Je le prends je le porte », tu te retrouves à porter un truc qui ne t’amuse même pas. Le ballon de baudruche, en fait, c’est comme porter des faux-cils avec des lunettes de soleil : ça sert à rien mais ça dérange un peu.

Ça. Ne sert. À rien.

Les bouboules dans les piscines à boules

La piscine à boules, c’était cool. Probablement peu hygiénique, mais c’était cool. Quand j’allais manger au fast-food ou dans n’importe quel restaurant qui proposait ce service pour les enfants, j’allais toujours y faire un petit plongeon. C’était pratique : si les autres gosses ne me revenaient pas, je n’avais qu’à me baisser pour me cacher et me faufiler jusqu’à la sortie. La piscine à boules, c’était trop cool. Du moins, ça aurait pu l’être vraiment si chacune des balles ne sentaient pas le pied. Si tu es de ceux qui pensent que les enfants sentent bons et frais, souviens-toi de cette odeur de munster qu’on aurait oublié dans un tupperware en plein soleil. Souviens-toi, et dis adieu à tes idées reçues.

L’ardoise Velleda

Déjà, l’ardoise Velleda rappelle l’école primaire, le réveil trop tôt le matin et autres joyeusetés. Cet objet reste ma plus grosse souffrance matérielle de toute ma scolarité (pire encore que la fois où je me suis légèrement empalé le compas dans la paume en fouillant dans ma trousse). Pourquoi ? Parce que la sortir de la case sous ma table signifiait « C’est l’heure du calcul mental », que j’ai toujours détesté ça et qu’en plus, j’avais les doigts tout noirs après utilisation rapport à la poussière dégagée par la petite brosse pour l’essuyer. Et on s’en mettait partout sur le visage, ça démangeait et ça sentait le vieux feutre. Re. Lou.

Et toi, quels sont ces objets qui t’ont marquée, et pas forcément dans le bon sens du terme (tu peux aussi parler de la calculatrice Casio Fx 92 pour les petits traumatismes scolaires un peu plus rapprochés dans le temps) ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • MésangeBleue
    MésangeBleue, Le 3 janvier 2016 à 20h17

    Moi je garde un souvenir frustré de l'élastique car les autres filles décidaient toujours que je devais faire "poteau" (une des 2 qui tiennent l'élastique avec leurs pieds) alors que j'avais trop envie de sauter moi aussi:annoyed: ...coucou la fille qui ose pas s'affirmer:ninja:

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