Trois grands mystères historiques… jamais élucidés #2

Que raconte le manuscrit de Voynich ? Et le disque de Phaistos ? Et pourquoi n’a-t-on toujours pas réussi à déchiffrer tous ces mystères laissés par l’Histoire ?!

Trois grands mystères historiques… jamais élucidés #2

Vous pensez bien que nous n’avons pas fini de faire le tour de tous ces mystères de l’Histoire qui laissent encore les archéologues pantois (et nous avec). Leurs étagères poussiéreuses regorgent d’objets mystérieux et de manuscrits impénétrables, qui répugnent encore à dévoiler leurs secrets… Le monde héberge toujours en son sein des grottes oubliées là depuis la nuit des temps… Des glyphes, peut-être d’origine extraterrestre, recouvrent leurs murs, et…

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Comment ça, « c’est cliché » ? Oh bah écoutez, si vous n’avez pas l’âme de romantiques (rome antique, aha), je ne peux rien pour vous. Mais soit : cette nouvelle édition des mystères historiques jamais élucidés est garantie sans artefacts occultes ni nazis qui fondent, et encore moins d’archéologues qui se battent au lasso ou tirent sur des momies vivantes. Ce sera moins fun, mais tant pis. Vous l’avez voulu.

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C’est dommage, on était bien.

Et pour combler le tout, il s’agit là d’une édition spéciale « langages archaïques jamais déchiffrés ». Ohlala c’est d’un ennui… Mais d’un ennui… (non)

Le manuscrit de Voynich, savoir ancestral ou foutage de gueule ?

Ah, le fameux manuscrit de Voynich. Il a su faire parler de lui, ce manuscrit diabolique de 234 pages ! Et pour cause : son écriture aux allures d’alphabet elfique, aussi bien que ses enluminures probablement dessinées sous l’emprise d’une substance interdite, continuent de laisser perplexes pléthore de linguistes et cryptologues depuis des siècles. Le monstre.

Qu’est-il ? Que nous veut-il ? Qui l’a écrit, et qu’a-t-il fumé ? Ne vous fiez-pas aux quelques gros titres qui annoncent, de temps en temps, que les secrets du manuscrit de Voynich ont été révélés. On vous ment, les enfants, et ces questions demeurent aujourd’hui sans réponses. Côté théories en tous genres, en revanche…

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Feuilletez l’intégralité du manuscrit ici, mes bons-nes ami-e-s !

Mais commençons par ce que nous savons. Si les dernières datations effectuées sur ce vieux bouquin le font remonter au XVe siècle, on ne sait guère ce qu’il a bien pu faire de sa vie entre cette période, et le moment où l’antiquaire Wilfrid Voynich l’a racheté à une communauté jésuite en Italie, en 1912. Quelques mentions dans certains documents depuis le XVIIe, tout au plus… En mode « hé, j’ai trouvé un vieux livre chelou… » et voilà.

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Et non, les jésuites ne savaient pas trop non plus d’où ils le sortaient. Vous savez ce que c’est : on accumule du bordel au fil des années, et puis paf ! Un jour, un antiquaire y retrouve un manuscrit ancien qui vaut le PIB du Népal, et on finit sa vie aux Bahamas. Vis ta vie de jésuite.

Bref. Ce brave Wilfrid en a profité pour s’octroyer la découverte, et donner son nom à ce fabuleux grimoire, qui ne ressemble à aucun autre. Pensez : 240 pages recouvertes d’une écriture indéchiffrable et indéchiffrée, de plantes inconnues, de dames qui se baignent dans des mares, de monstres bizarres… On aimerait bien savoir de quoi parle ce truc, mais on n’y arrive pas.

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Mais je… que faites-vous ? Arrêtez.

Alors on a pensé aux aliens (évidemment). On a pensé à un traité d’alchimie ou n’importe quel type d’ouvrage savant, dont l’auteur aurait recours au fameux système d’alphabet crypté pour que son savoir ne tombe pas entre les mains de n’importe qui. Et surtout, on a pensé au foutage de gueule monumental. Et si ce manuscrit n’était qu’un vaste canular, orchestré par un petit rigolo talentueux du XVe siècle ?

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Peut-être que John Dee ou Roger Bacon avaient un sens de l’humour douteux, hein.

Le disque de Phaistos, le CD-Rom de l’Antiquité

Le disque de Phaistos, lui, pèse un peu plus dans le game de l’authenticité (comme on dit chez les jeunes). Certes, certains chercheurs avancent qu’il s’agit-là d’un faux, d’un objet créé au XXe siècle qui se rit de nous et de nos rêves de découvertes. Mais il est plus probable que ces théories soient nées de leur frustration tandis qu’ils tentaient de déchiffrer la bête.

Car ce petit objet, qui ne dépasse pas les 16 centimètres de diamètre pour 20 millimètres d’épaisseur, est un disque recouvert de 241 signes imprimés dans l’argile de façon à former une spirale. Et des deux côtés, sinon c’est pas drôle. Parmi tous ces signes, issus d’une langue inconnue, 45 sont différents, faisant s’arracher les cheveux à bien des linguistes depuis qu’il a été découvert en 1908. Soit plus d’un siècle, car le temps passe bien vite, ma bonne dame.

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Non, personne n’a réussi à traduire ni comprendre la signification du disque nommé après le palais minoen de Phaistos, en Crète, où il a été découvert. Bien sûr, il y a des théories, ne serait-ce que parce que tout le monde a une théorie sur tout. Mais le véritable problème, c’est qu’à ce jour, aucun objet similaire n’a jamais été trouvé, qui aurait servi d’élément de comparaison.

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En attendant, on improvise. À quoi pouvait bien servir ce disque, et quel message conserve-t-il depuis… 4000 ans ? Tout à fait, l’objet de perplexité daterait de -2000/-1700, et plus précisément de l’âge de bronze minoen. Et pourtant, on a beau le savoir, il demeure impossible de déterminer précisément l’origine de ce drôle de langage. Est-ce une langue sémitique, ou indo-européenne ? Et puis, est-ce seulement un texte disant quelque chose ? Et si c’était juste des dessins, bon sang de bonsoir ?!

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Bon, c’est joli quand même…

Calmons-nous. Fin 2014, deux chercheurs, Gareth Owens et John Coleman, sont arrivés à une conclusion intéressante et crédible concernant le fameux disque. Notez bien qu’ils ne l’ont pas sortie de leur chapeau : au bout de six de travail acharné sur le sujet, nos deux compères étaient tellement intimes avec le disque de Phaistos qu’ils le surnommaient le « premier CD-Rom minoen ». Rapport que le texte avait été gravé dessus. Vous l’avez ? Bon.

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En s’appuyant sur d’autres travaux sur d’autres systèmes d’écriture prises de tête (mais déchiffrés) tels que le Linéaire B, ils sont parvenus à la conclusion… que le disque de Phaistos pourrait être une prière à la déesse-mère, qui pesait encore dans l’Antiquité. Après, c’est ce qu’ils ont déduit après avoir traduit un symbole revenant à plusieurs reprises par… « mère ».

Affaire à suivre ?

Le rongo-rongo et les pétroglyphes obscurs de l’île de Pâques

Quand on veut parler de mystères historiques, il y a forcément un moment où l’on fait cap sur l’île de Pâques. Peu de lieux compilent autant d’énigmes à la fois, et là, c’est carrément une île entière. Vous connaissez peut-être les énormes statues de l’île de Pâques, les Moaïs, dont on se demande comment et pourquoi des gens se seraient empoisonnés la vie à en déplacer et dresser autant.

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D’accord, ça rajoute du cachet, mais quand même.

Mais ce ne sont pas les statues qui nous intéressent aujourd’hui. Certain-e-s d’entre vous ont probablement déjà tout lu sur le sujet, de la théorie des aliens (encore eux) aux diverses techniques qui auraient pu permettre de déplacer ces pierres de plusieurs tonnes. Non, aujourd’hui, on va se pencher sur un autre mystère que nous ont laissés les premières civilisations autochtones : l’écriture.

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Et niveau écriture, ils nous ont laissé la dose. J’imagine que si les autochtones n’avaient pas été colonisés à la sauvage au fil des siècles, sans que personne ne s’intéresse à leur culture, on ne se retrouveraient pas comme des andouilles, aujourd’hui, devant tous ces symboles extraordinaires.

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Mais voilà, on a d’un côté des tablettes en bois recouvertes d’un système de signes que l’on a rebaptisé le « rongo-rongo »… et de l’autre, des pétroglyphes, des signes encore différents, gravés dans la pierre. Et c’est l’angoisse ! Parce qu’on ne comprend pas ou, quand on croit comprendre, on préfèrerait ne pas comprendre. C’est-à-dire que les pétroglyphes pourraient être des hymnes ou récits mythologiques, et que certains symboles rapprochés (oiseau-pénis-poisson-vulve-humain)… Pourraient vouloir dire « les oiseaux ont copulé avec les poissons et ainsi ont été engendrés les premiers hommes ».

Bon. Je regarde mes sushis autrement, je vous avoue.

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… papa ?

Passé ce détail perturbant, toutes ces traces écrites laissées par les premières civilisations sont plutôt poétiques. Il y a des animaux, des plantes, des spirales, des gens, des bites Un truc super mignon, quoi. Mais il n’empêche que si on suppose qu’il s’agit là de récits mythologiques ou généalogiques gravés dans le bois ou dans la pierre, les ordinateurs les plus puissants ont été incapables de les déchiffrer.

Bravo les oiseaux-pénis, quoi.

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À bientôt pour de nouveaux mystères historiques jamais résolus !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Gadda
    Gadda, Le 5 août 2015 à 17h17

    @Narcissa : j'ai fait de la linguistique, mais malheureusement ça ne m'aide pas à savoir comment ils font. Voici donc ce que j'ai lu, mais ce n'est sûrement pas exhaustif, c'est surtout ce que j'ai lu en m'intéressant au manuscrit de Voynich, donc si une Madz s'y connaît mieux, ce serait cool :ninja:

    D'abord, il y a un gros travail de repérage des glyphes, pour savoir le nombre de signes utilisés. À partir de là, on peut voir si des règles phonétiques et orthographiques apparaissent, comme par exemple des caractères qui apparaissent dans chaque mot, des caractères qui ne vont jamais apparaître avant ou après tel mot, les caractères qui sont toujours écrits ensemble, etc.
    Ils vérifient aussi l'ordre et la direction dans laquelle les lettres sont tracées et leur fluidité : si ce n'est pas fluide, ça peut vouloir dire que la personne ne comprenait pas ce qu'elle écrivait. La disposition des lignes peut aussi montrer s'il s'agissait d'un copiste professionnel ou non (dans le cas du manuscrit de Voynich, ce n'est probablement pas le cas car il y a des endroits où les lignes tombent, ou le texte est rétréci, etc). Cette étape permet aussi de voir si une ou plusieurs personnes ont écrit le livre.

    Il existe plusieurs méthodes pour déchiffre un texte. D'après ce que j'ai compris on peut faire une analyse fréquentielle (elle est utilisée pour décrypter certains messages car elle permet de voir la fréquence à laquelle telle lettre ou tel caractère apparaît dans un message), qui va permettre de voir si le texte s'apparente à une langue naturelle ou pas. Il y a aussi une loi, la loi de Zipf, qui détermine la fréquence des mots dans un texte, et l'utilisation d'un algorithme qui s'appelle l'entropie et qui permet de définir en bits la quantité d'informations dans un texte ou un mot (le manuscrit de Voynich a des informations de 10 bits, comme les textes anglais ou latins), mais je ne comprends pas bien comment ça marche.

    Il existe aussi plusieurs techniques de cryptage "classiques" : remplacer une lettre par un chiffre ou une lettre par une autre (dans le cas du manuscrit de Voynich, on a pensé à des caractères polyalphabétiques), le chiffrement par dictionnaire (chaque mot veut dire quelque chose pour la personne qui possède la grille de décodage adéquate, mais c'était surtout utilisé pour les messages courts), ou la sténographie (le sens est découvert avec des détails minimes, comme la deuxième lettre de chaque mot, etc.).

    Après, pour un texte aussi ancien, les linguistes vont aussi vérifier si les langues de l'époque avaient des similitudes (le tibétain, le chinois, etc.), auquel cas ça pourrait être un livre écrit dans ce mélange de langues, ou encore des signes inconnus utilisés pour reproduire phonétiquement une langue orale.

    Quant à savoir s'ils ne se trompent pas, je suppose que c'est le talent !

    À mon avis, c'est surtout qu'on avait affaire à un mec fou (génie ? Les deux vont souvent ensemble ^^) qui s'est créé un monde avec une langue qui n'existe pas, des plantes qui n'existent pas, des femmes qui se baignent dans des tuyaux et qui s'est bien marré à faire ça :sushi:

    (et moi j'attends toujours de savoir ce qui est dit dans le manuscrit d'Atlantide)

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