Monica Lewinsky t’encourage à te surnommer sale pute sur les réseaux sociaux

Et c'est pour la bonne cause !

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Monica Lewinksy, activiste et personnalité publique américaine, a changé de nom sur les réseaux sociaux.

Merci de l’appeler désormais « Monica Chunky Slut Stalker That Woman Lewinsky » ou en français :

« Cette bonne femme de salope enrobée de Monica Lewinksy ».

Fleuri non ?

Si elle a changé son nom sur Twitter, c’est dans le cadre d’une campagne de sensibilisation contre le harcèlement pour laquelle elle s’engage publiquement : #DefyTheName.

Monica Lewinsky, activiste anti-harcèlement engagée

Monica Lewinsky, stagiaire à la Maison Blanche ente 1995 et 1997, a été la femme plus détestée de l’Amérique pour avoir fait une fellation à Bill Clinton, à l’époque président des États-Unis.

Depuis, elle a mis sa notoriété au service de la sensibilisation contre le harcèlement et l’humiliation publique.

Dans ce spot de publicité institutionnelle, plusieurs personnalités publiques inspirantes apparaissent à l’écran dans des moments où le monde reconnaît leur talent et leur succès.

Seul problème, leur nom a quelque peu changé : comme pour Monica Lewinksy sur Internet, des *noms d’oiseaux* ont été ajouté à leur blase.

Alan Cumming devient l’inutile Alan Cumming, John Oliver est connu comme une pathétique et stupide salope, Lena Dunham est surnommée la grosse débile geignarde

J’en passe et des meilleures.

Ces insultes leur ont été réellement adressées sur les réseaux sociaux ou dans leur quotidien.

Pourtant, ces personnes incarnent des modèles de réussite contemporains.

Les insultes ne définissent pas qui tu es

Le message de cette campagne : les injures des harceleurs ne nous définissent pas.

Tous ces individus ne se sont pas laissé abattre par des mots haineux et décourageants. Leur succès est un gros doigt à ces rageux qui ont tenté de le déstabiliser.

Évidemment, c’est plus simple à dire qu’à faire.

Si une telle campagne est diffusée aux États-Unis, c’est pour montrer à quel point le problème est de grande ampleur.

Même les personnalités reconnues par la société et les institutions subissent du harcèlement en ligne ou dans la vraie vie.

Il est urgent que chacun et chacune d’entre nous se responsabilise face à ce fléau.

À lire aussi : La meilleure solution contre le cyberharcèlement ? C’est toi

Ce n’est pas sain, ni normal qu’autant de gens s’insultent aussi violemment et de manière aussi chronophage sur les réseaux sociaux.

Tu peux changer les choses, derrière ton écran

Donc la prochaine fois que tu vois un tweet dégradant, une vidéo offensante qui cible une personne ou un groupe, ou une photo qui fait du tort à quelqu’un, tu peux agir.

Tu peux signaler ou envoyer un mail à la plateforme sur laquelle tu constates un fait de harcèlement.

Et toi aussi, tu peux prendre garde à ce que tu postes sur Internet : la colère n’excuse pas tout, et notamment les insultes. Tu peux exprimer un désaccord ou ta désapprobation sans avoir à insulter l’auteur·e des propos qui te hérissent le poil.

Le fait d’être derrière un écran ne favorise pas l’empathie et pourtant, ce sont des humains qui liront ce que tu écriras ou diras sur les réseaux sociaux.

Tu peux participer à #DefyTheName toi aussi en changeant ton pseudo avec des injures qui t’ont été adressées.

C’est une façon de montrer au monde que de nombreuses personnes sont touchées par le harcèlement et qu’il est temps que cela cesse.

Qui est Monica Lewinsky ?

En 1998, Monica Lewinsky est devenue une femme haïe par la société américaine pour avoir fait une fellation à Bill Clinton lorsqu’il était le président des États-Unis.

Ce qui a choqué à cette époque, c’est l’adultère dont a fait preuve Bill Clinton, marié à Hillary Clinton.

De plus, il a juré devant tous les citoyens américains n’avoir jamais eu de relations sexuelles extra-conjuguales avec Monica Lewinsky.

Cette dernière est donc passée pour une menteuse et manipulatrice.

Évidemment, personne ne s’est dit que Bill CLinton, président du monde libre (tout de même), aurait pû jouer voire abuser de son pouvoir pour inciter une stagiaire à pratiquer un acte sexuel.

À lire aussi : L’affaire Harvey Weinstein, vers la fin de l’impunité des agresseurs sexuels ?

Pendant que tout le monde criait au scandale, Monica Lewinksy a été insultée, harcelée et humiliée publiquement.

Sa réputation était fait : « salope enrobée », comme elle le reprend aujourd’hui dans #DefyTheName.

En 2015, l’activiste anti-harcèlement américaine a participé à une conférence Ted où elle raconte son histoire.

C’est passionnant et empouvoirant.

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JulietteGee


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Commentaires
  • Chat-au-Chocolat
    Chat-au-Chocolat, Le 12 octobre 2018 à 18h01

    Moi non plus je ne vois pas l'intérêt de se "réapproprier" des termes sexistes et insultants. Encore une fois, c'est à la victime de se démerder, de composer avec les insultes et de se débrouiller pour en tirer quelque chose de ""positif"", pendant que l'agresseur reste bien tranquille dans son coin, sans subir ni réprobation ni punition pour son acte. Et le système sexiste continue son petit bonhomme de chemin.
    Non, je n'ai aucune envie de me réapproprier ce genre de terme, aucune envie de me qualifier de "salope" ou de "sale pute", des termes injurieux et à forte connotation sexiste, qui supposent que la sexualité féminine est sale et/ou honteuse. Par contre, je milite pour l'abolition de ces insultes. Donc thanks but no thanks :queen:

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