Jean-Luc Mélenchon, sacrément odieux face à une journaliste toulousaine

Jean-Luc Mélenchon s'est ouvertement moqué de l'accent d'une journaliste toulousaine. De quoi cette discrimination est-elle le nom ?

Jean-Luc Mélenchon, sacrément odieux face à une journaliste toulousaine
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Résumé des épisodes précédents : le domicile de Jean-Luc Mélenchon a fait l’objet d’une perquisition, ordonnée par le Parquet de Paris. Le siège de la France Insoumise devait subir le même sort, mais son charismatique dirigeant a tapé un scandale suffisamment violent pour que l’opération de police soit interrompue.

Mélenchon lui-même avait pris l’initiative de diffuser sa perquisition sur Facebook Live : plus tard, au QG de la France Insoumise, des caméras étaient présentes pour immortaliser la scène indigne d’un représentant de la Nation :

« Je suis sacré ! Je suis la République ! »

L’intégralité de la séquence est à revoir sur MyTF1.

Sacré, enfin surtout sacrément odieux face à Véronique Gaurel, une journaliste de France 3 d’origine toulousaine, qui à l’image des forces de l’ordre venues perquisitionner le domicile du sénateur, ne faisait que son travail.

Voyez plutôt l’extrait isolé par BFM TV :

« Et alors ? Qu’esseuh queuh ça veut direuh ? Qu’est-ce que ça veut dire ? »

Ah, il se reprend et répète la question SANS se moquer de l’accent de la journaliste. C’est fort loyal… (bof).

« C’est quoi, votre question, madame ? Je ne comprends pas ce que vous voulez dire ? »

Ok, soyons fair play : écoute Jean-Luc, la dame te demande si tu as a des commentaires à faire à propos de l’enquête préliminaire sur de présumés emplois fictifs d’assistants parlementaires européens qui a été ouverte contre la France Insoumise ?

Et si elle te pose la question, c’est parce que tu avais BEAUCOUP de commentaires à faire quand c’était le Front National qui faisait l’objet d’une enquête similaire, pour les mêmes faits. D’ailleurs la légende raconte que c’est le FN — pardon, le « Rassemblement National » qui a balancé les mecs de la France Insoumise, quand le parti de Le Pen s’est fait prendre pour les mêmes motifs. C’est de bonne guerre, je trouve.

Bref, qu’est-ce qui n’était pas clair dans la question de la journaliste ? Apparemment, le contexte :

« Quelle époque ? Y a 6 mois ? Qu’est-ce que c’était y a 6 mois, excusez-moi je ne m’en rappelle pas. »

Ah mais pas de souci JLM, regarde, t’avais fait un loooong post sur ta page Facebook en juillet 2017 pour fustiger les « dénonciations calomnieuses » relayées par les médias.

Quand Jean-Luc Mélenchon fustigeait des « dénonciations calomnieuses »

Du coup c’était pas si calomnieux faut croire, puisque te voilà perquisitionné pour ces mêmes motifs que tu balayais de mépris dans ce post.

On y est : le FN se fait prendre à Bruxelles, en profite pour balancer la France Insoumise pour les mêmes faits, tu déments avec véhémence, et un an et demi plus tard, à ton tour d’être perquisitionné.

Et donc la journaliste te demande si tu as de nouveaux commentaires à faire à ce propos, rapport que tu étais plutôt prolixe par le passé.

« Quelqu’un a-t-il une question en français ? »

Bon mais nous n’aurons jamais le fin mot du fond de sa pensée, car dans l’extrait ci-dessus linké, Jean-Luc Mélenchon s’exclame :

« Vous dites n’importe quoi. Quelqu’un a-t-il une question en français ? »

Sérieusement ? Allons. Certains accents peuvent être difficilement compréhensibles, je le conçois. Mais la diction de cette journaliste est irréprochable, on l’entend clairement alors même qu’elle n’a pas de micro, contrairement à Jean-Luc Mélenchon dont le mépris résonne avec fracas sur la scène.

La République et le peuple ONT mille accents

J’ai été sidérée par cette scène. J’aurais pu m’attendre à un tel mépris de la part d’une personnalité ostensiblement indifférente au peuple, à sa culture, et surtout à sa diversité.

Mais Mélenchon, à la tête de la France Insoumise, se pose en représentant du peuple, en défenseur du peuple face à « la finance », face « aux puissants ».

Je l’ai toujours entendu dénoncer le mépris « des élites » vis-à-vis du peuple, des cultures populaires. Le voir mépriser ouvertement un accent provincial est un véritable choc, pour moi.

Jean-Luc Mélenchon est d’ailleurs allé se présenter aux élections à Marseille. On ne parle pas français non plus à Marseille, c’est ça ? Ou alors l’accent marseillais serait plus « français » et plus compréhensible que l’accent toulousain ? On est sûr de ça ?

De quoi la discrimination aux accents est-elle le nom ?

C’est d’autant plus paradoxal que cette discrimination contre les accents régionaux, provinciaux, existe bel et bien.

Philippe Blanchet, professeur de sociolinguistique à Rennes, est spécialiste des variétés du français. C’est à lui que l’on doit le concept de « glottophobie » : la discrimination linguistique, liée à la manière dont on s’exprime.

Et c’est un fait, les accents locaux sont attachés à toute une série de stéréotypes et de préjugés… Les accents du Sud transpirent l’été, les vacances, la paresse pour qui voit ces régions à travers des souvenirs de voyage.

Pour d’autres, bien sûr, c’est la maison, tout simplement. Et ce sont alors les Parisiens qui semblent avoir un langage plat et monotone. Question de point de vue.

Nos accents font partie de nos histoires

Il y a belle lurette que j’ai abandonné mon ACcent LOrrain, qui ressort spontanément lorsque j’ai ma grand-mère au téléphone.

Mais je me suis inquiétée pour l’employabilité de mon frère, lorsqu’il me racontait ses recherches d’emploi sur Paris avec notre accent provincial à couper au couteau.

Il s’exprimait très bien, très clairement, aucun souci. Mais comme cette journaliste toulousaine, son origine était clairement identifiable.

Quelques mois plus tard, lui aussi avait chassé la Lorraine de son langage…

La faute et le mépris de Jean-Luc Mélenchon

Cette séquence où Jean-Luc Mélenchon moque et méprise une journaliste à cause de son accent, je la trouve particulièrement violente.

La question était posée en FRANÇAIS, avec un accent toulousain ça reste du français. Avec l’accent marseillais c’est du français, avec l’accent corse ou l’accent du nord, ça reste toujours du français.

La France est plurielle, le français est une langue VIVANTE, qui appartient à toutes celles et ceux qui le parlent, et le colorent de leurs origines multiples.

Donc sur ce coup, effectivement M. Mélenchon : « vous dites n’importe quoi. »

Et toi, as-tu un accent ? As-tu déjà été moquée ou critiquée à cause de ton accent ? Viens témoigner dans les commentaires !

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Clemence Bodoc

Clémence Bodoc a été jeune cadre dynamique dans une autre vie, avant de rejoindre la Team madmoiZelle. Elle s’intéresse à l’actualité et à l’écologie, aime la politique et les débats de société. Grande fan de sport (mais surtout à la télévision), et de cinéma (mais seulement en VO), son nom de scout est dinde gloussante azurée. Elle ne mord pas mais elle rit très fort.

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Commentaires
  • Lady Stardust
    Lady Stardust, Le 25 octobre 2018 à 15h54

    @Arwene quand j'ai donné une indication de tarif (cf Le Monde) pour une minute de sous-titrage c'était 5 euros brut.
    Donc même 200 euros brut la minute, euh...

    Pour Soundcloud Chikirou estime que 19 audios c'est 3-4 jours de travail. Soit. Par contre ça a été facturé plus de 4000 euros. Pour 3-4 jours de taf donc. Brut ou net ça reste hallucinant comme montant, et ce même si y'a des pros de l'audiovisuel derrière (j'avais lu que les tarifs des monteurs étaient autour de 250 euros par jour).

    (Sachant que y'a pas forcément besoin d'un pro de la post-prod pour couper des audios sur Audacity, je peux en témoigner...)

    Franchement la surfacturation est assez évidente...
    D'autant plus que Chikirou est impliquée dans une affaire assez similaire pour Le Media... elle a attribué en tant que co-directrice des contrats de prestation à sa société qui ne comprend qu'un seul employé: elle-même (sympa le principe de signer à soi-même des chèques avec l'argent de ta boîte...).

    D'ailleurs cette nouvelle histoire m'a appris qu'elle est chargé de la campagne des Européennes : :ko:
    Comme quoi tu peux avoir failli couler le média de ton parti (ok c'est pas officiellement LE média de la FI mais bon quand même), faillite évitée non pas de son fait mais parce qu'ils ont bloqué son 2ème chèque (heureusement!), et te voir attribuer de nouveau des fonctions importantes... (le tout qui sera de nouveau payé à Médiascop? :shifty:).
    Je plains les "socios" du Media et les militants FI franchement :erf:

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