Le sourire : live experience

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais en ces temps joyeux de prémices printaniers, tout le monde sourit (et tant mieux). A croire que c’est communicatif : l’hiver a été rude, nos manteaux sont usés jusqu’à la corde, les potages aux poireaux nous sortent par les yeux et voilà, v’lan, comme chaque année […]

Le sourire : live experience

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais en ces temps joyeux de prémices printaniers, tout le monde sourit (et tant mieux). A croire que c’est communicatif : l’hiver a été rude, nos manteaux sont usés jusqu’à la corde, les potages aux poireaux nous sortent par les yeux et voilà, v’lan, comme chaque année le soleil débarque, les gens squattent les terrasses, les pantalons/jupes raccourcissent… Et nous sourions en chœur (en oubliant qu’incessamment sous peu, nous allons tous nous prendre le pollen et son rhume des foins au travers des naseaux).

Quoi qu’il en soit, le sourire sera donc notre sujet de la semaine !


Pour prendre part à cette live expérience, créé par Paul Ekman, professeur en psychologie, rendez-vous sur le site de la BBC.

Pour les non-english-ophones, pas de panique : il n’est pas nécessaire de parler anglais pour passer le test.

Les consignes sont les suivantes :

  • 20 séquences vidéos (de quelques secondes seulement) vous seront diffusées, montrant des visages souriants. Chaque séquence ne peut être visionnée qu’une seule fois.
  • La seule question à laquelle vous devrez répondre sera : est-ce un sourire sincère (genuine) ou un faux (fake) ?

Avant de commencer l’expérience, la page de la BBC vous demande :

  • D’évaluer votre « vision générale de la vie » (« overall outlook on life ») sur une échelle allant de « optimiste » à « pessimiste »
  • D’évaluer la confiance que vous avez en votre capacité de différencier les vrais des faux sourires (« confidence rating of your skill at discriminating between fake and real smiles ») sur une échelle allant de « basse » (« low ») à « forte » (« high »).

Here we go !

Et je peux vous dire qu’au vu de mes résultats, je vais encore me laisser arnaquer longtemps par le moindre joli coeur qui me montrera ses dents…

Alors… Qui a un potentiel à la Cal Lightman parmi nous ?

Pas de magie là-dedans : les chercheurs se sont aperçus que nous pouvions facilement reconnaître un visage peu sincère, pour peu de connaître une petite astuce nommée Facial Action Coding System (P. Ekman & W.V. Friesen). En connaissant les codes de nos mouvements de visage, quoi… Figure-toi que les vrais et faux sourires ne sollicitent pas les mêmes muscles, qui ne sont pas contrôlés par les mêmes parties du cerveau.

Les vrais sourires seraient automatiques, puisqu’inconscients. Ainsi, lorsque nous sommes contents, que nous ressentons du plaisir (par exemple lorsque c’est FRIDAY FRIDAY FRIDAY et que l’on va avoir du FUN FUN FUN FUN), les signaux vont passer par une zone de notre cerveau qui traite les émotions, et en plus du mouvement de la bouche, les muscles qui agissent sur nos joues vont également se contracter, ce qui provoquera des plis au niveau des yeux et des sourcils.

En revanche, les faux sourires seraient issus de la partie consciente de notre cerveau et ne seraient qu’une stimulation contrôlée des zygomatiques qui contractent les joues : les muscles se contenteraient de tirer les angles de la bouche vers l’extérieur.

Or donc, ce que finissent par nous dire les chercheurs, c’est que si nous sommes si mauvais pour détecter les faux sourires, c’est peut-être bien parce que ça nous arrange de ne pas savoir ce que l’autre ressent….

Pour aller plus loin, d’autres expériences amusantes :

– En 1988, Strack, Martin & Stepper ont découvert que le simple fait de visionner le film avec un crayon entre les dents (qui fait donc appel aux muscles du sourire) nous amène à juger un dessin animé plus drôle. Alors quoi, si l’on sourit d’abord et que l’on réfléchit ensuite, on serait plus heureux ? L’effet fut nommé l’hypothèse de rétroaction faciale, et vous pourrez trouver des réflexions sur le sujet sur ce lien et celui-ci aussi.

– En 1978, Tidd & Lockard se penchent sur l’impact du sourire sur nos interlocuteurs et démontrent qu’une serveuse qui sourit obtiendrait plus de pourboires, et d’autant plus si le client est un homme (tiens donc)(mais… quid des serveurs ?). L’expérience est relatée ici.

– Et un article de Libération sur l’impact du sourire (avec de la psycho sociale inside) ici.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Caliodë
    Caliodë, Le 28 janvier 2013 à 22h59

    justine_-2;3892449
    caliode;3798744
    Relire cet article après avoir suivi un cours de psycho sur Ekman me fait completement changer d'avis dessus.

    Justine_, Ekman dit que le FACS est très difficile à utiliser parce qu'il necessite un long apprentissage de tous les muscles du visage et de leurs conséquences sur les expressions faciales. Ce n'est clairement pas à la portée de tout le monde d'apprendre tout ça, et encore moins de deviner les émotions des gens comme dans Lie to Me. Je suis étonnée que tu dises que la raison pour laquelle on est mauvais c'est que on ne veut pas savoir ce que les gens pensent. Ca me parait beaucoup plus complexe que ça.
    Hello :)
    Je réponds avec un peu de décalage, mes excuses !
    Il est clair que le Facial Action Coding System est extrêmement complexe et qu'il faut bien du boulot pour parvenir à décoder les mouvements d'un visage. En revanche, le fait que "ça nous arrange de ne pas savoir ce que l'autre ressent" est bien l'une des explications données par les chercheurs (il y a en donc d'autres, bien sûr). Ce n'est pas forcément parce que l'on ne veut pas savoir ce que les gens pensent (ce qui suppose de "ne pas vouloir" de façon active, ou consciente), mais parce que les relations sociales nécessitent aussi la préservation d'une "paix sociale". En gros, je suis bien d'accord, le sujet est très complexe, et mon petit papier de vulgarisation n'en a pas du tout en abordé toutes les facettes, peut-être n'ai-je pas été assez claire là-dessus...
    Ah d'accord, merci pour ta réponse.
    Tu aurais les références d'articles/expériences sur ce besoin d'ignorer les pensées des autres pour préserver la paix sociale ? Ca m'interesserait.
    C'est sur que c'est qqch qui parait assez évident (Je ne serais pas en paix avec grand monde si tout un chacun pouvait déchiffrer parfaitement mes expressions faciales), mais je ne savais pas que des études avaient été faites dessus.

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