Le labyrinthe de Pan, le classique fantastique de la semaine pour briller en société

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Le Labyrinthe de Pan de Guillermo del Toro est sorti en 2006 et a séduit les grands comme les petits. Kalindi met à l'honneur cette fable merveilleuse dans son « classique de la semaine pour briller en société ».

Le labyrinthe de Pan, le classique fantastique de la semaine pour briller en société

Bonjour à toi lectrice du dimanche,

Si tu as suivi la cérémonie des nominations aux Oscars 2018, tu sais peut-être que le film The Shape of Water est nommé dans 13 catégories dont :

  • Meilleur film
  • Meilleure actrice
  • Meilleur réalisateur
  • Meilleure photographie
  • Meilleur montage
  • Meilleure actrice dans un second rôle
  • Meilleur acteur dans un second rôle
  • Meilleur scénario original

Bref, tu l’auras compris, The Shape of Water domine largement les nominations. Il y a donc très peu de chances qu’il reparte bredouille.

Pourquoi je te parle de ce film tout à coup ?

Tout simplement parce qu’il a été réalisé par Guillermo Del Toro, un cinéaste que je voulais mettre à l’honneur depuis longtemps dans un papier.

Alors ce « classique de la semaine pour briller en société » est l’occasion rêvée de mettre en lumière l’un de ses bijoux…

Le labyrinthe de Pan, de quoi ça parle ?

Ofélia s’installe chez le nouveau mari de sa mère, dans une Espagne qui se remet douloureusement de la guerre.

La petite fille peine à s’adapter à cette nouvelle vie et à l’homme qui en fait dorénavant partie.

Elle découvre, non loin de la demeure familiale, un labyrinthe mystérieux. Le gardien des lieux lui révèle un bien étrange secret : elle est la princesse disparue d’un royaume enchanté…

Pour lever le voile sur le mystère qui entoure son identité, elle doit affronter trois épreuves très dangereuses auxquelles elle n’est pas du tout préparée…

Le labyrinthe de Pan, un projet de longue haleine

Ce bijou, GDT (j’ai la flemme d’écrire à chaque fois son nom en entier, et j’aime pas les « copier-coller » t’as vu) aura mis un temps considérable à oser le réaliser.

Vingt ans, pour être précise.

Car l’histoire imaginée à l’origine par le cinéaste était plutôt loin de celle qu’on connaît aujourd’hui.

C’est du moins ce que révèle GDT dans un dossier de presse, distribué aux journalistes présents au Festival de Cannes 2006, lors duquel Le Labyrinthe de Pan était présenté.

Le film devait se concentrer sur une mère enceinte qui rejoignait son nouveau mari dans une maison située en périphérie d’une ville espagnole.

La jeune femme y découvrait un labyrinthe mystérieux et y rencontrait un Satyre, gardien des lieux.

Elle faisait l’amour avec la créature, qui lui demandait de sacrifier son enfant pour que le labyrinthe refleurisse…

Ce scénario aurait pu faire l’objet du tout premier film du réalisateur. Mais faute de budget, il a du renoncer à ce projet, pour ne le ressortir et ne le modifier que des années plus tard.

Le Labyrinthe de Pan, des références picturales distillées partout

Contrairement à beaucoup de réalisateurs, GDT ne puise pas ses inspirations principales dans le cinéma.

Non. GDT s’inspire de la peinture.

L’artiste révèle alors :

« J’ai toujours été très influencé par le peintre espagnol Goya et plus particulièrement par sa série des peintures noires, qui sont pour moi les plus belles et les plus impressionnantes de sa carrière. Le tableau de Saturne dévorant son fils, par exemple, fut une de mes principales sources d’inspiration pour créer le Pale Man, un des protagonistes du Labyrinthe. »

Il ajoute par la suite :

« Mais pour ce qui est de l’ambiance générale, je me suis cette fois basé sur les travaux de l’illustrateur Arthur Rackham. J’ai essayé de renouer avec la perversité et le contenu très sexuel de son œuvre. On obtient alors quelque chose de très intense et de très viscéral, ce qui était parfait pour le Labyrinthe »

Des influences riches et passionnantes qui donnent de la profondeur au produit final.

Le Labyrinthe de Pan dénonce le fascisme

Cette oeuvre ne se contente pas d’être une jolie fable.

Comme c’est le cas pour beaucoup de contes fantastiques, son récit possède plusieurs degrés d’interprétation. Plusieurs lectures. 

Au delà d’une simple histoire peuplée de créatures fantastiques, Le Labyrinthe de Pan est un essai contre le fascisme.

Le film se déroule en pleine période franquiste et aborde le totalitarisme, non de façon directe mais plutôt transversale.

Ce conte de fées à destination des adultes décortique des comportements monstrueux.

Et autant se le dire, les vrais monstres du film ne sont pas ceux qui sont pourvus de cornes, qui ont des yeux au milieu des mains ou qui croassent affreusement.

Le vrai monstre du film est le Capitaine Vidal, qui incarne à lui tout seul le parfait opposé de la petite Ofélia.

Il incarne la cruauté quand elle représente l’innocence.

Il est le fascisme, elle est la liberté, la démocratie.

Des thèmes très chers au coeur et à la caméra du réalisateur, qui les faisait déjà danser devant son objectif dans L’Échine du Diable, que je vous recommande chaudement, même s’il a désormais un peu vieilli.

Le Labyrinthe de pan a été éprouvant pour son réalisateur

Ce long-métrage est, comme je te le disais plus tôt, un projet de longue haleine. Après avoir mis du temps à mûrir dans la tête de son créateur, il a fini par voir le jour.

Mais ce film représentait tant aux yeux de GDT, que ce dernier refusait de laisser quoi que ce soit aux mains du hasard. Tout a été millimétré, lors du tournage qui a tourné 12 semaines.

Une durée conséquente pendant laquelle GDT a tout donné. Son implication a été telle que le cinéaste a perdu jusqu’à plusieurs kilos par semaine.

Un tournage vraiment éprouvant donc, mais qui a payé. Aujourd’hui, Le Labyrinthe de Pan est considéré comme la pièce maîtresse de l’artiste.

Impossible pour moi de penser à GDT sans l’imaginer s’endormir sur le ventre d’un faune ronronnant.

Après avoir créé plusieurs films que j’ai littéralement détesté comme Crimson Peak (je sais, tout le monde a encensé ce film. Moi non. Ne me juge pas.) et Pacific Rim (POURQUOI BORDEL ?), GDT revient cette année à ce qui fait la substantifique moelle de son cinéma : le fantastique délicat.

The Shape of Water, bientôt sur nos écrans

Son nouveau film, The Shape of Water, suivra les pérégrinations d’une modeste employée d’un laboratoire gouvernemental ultra secret.

Une jeune femme qui mène une existence solitaire, d’autant plus isolée qu’elle est muette. Sa vie bascule à jamais lorsqu’elle et sa collègue Zelda découvrent une expérience encore plus secrète que les autres…

Romance fantastique, The Shape of Water sortira au cinéma le 21 février 2018.

Sur ce, je te souhaite le meilleur des dimanches possibles. Un dimanche rempli de faunes, de grenouilles géantes et de périples fabuleux…

À lire aussi : Fantasia, le classique (nostalgique) de la semaine pour briller en société

Commentaires
  • Ezryth
    Ezryth, Le 29 janvier 2018 à 12h03

    Je l'avais vu quand j'étais gamine, il m'avait fait vraiment peur. Il était glauque, sanglant...P'is je l'ai revu en étant adulte, et je l'ai vu comme il est présenté. Alors par contre je le vois pas du tout comme étant "fabuleux" "mignon" ou "paillettement génial" (ouais, vous voyez ce que je veux dire ? C'est pas My Little Pony quoi)

    Avec mes yeux d'adultes je le vois comme étant toujours sanglant, glauque, triste, effrayant, avec une fin que je trouve horrible.

    Spoiler: Spoiler FIN DU FILM

    Mais il est superbe, à sa manière.

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