Je veux comprendre… la culture du viol

Pondu par Marie.Charlotte le 13 septembre 2012     

La culture du viol, un phénomène complexe qui tend à banaliser ce crime. Marie-Charlotte vous explique tout.

Nous vous avions parlé il y a quelques temps du slut-shaming ; continuons sur ce thème avec la culture du viol.

La culture du viol décrit un environnement social et médiatique dans lequel les violences sexuelles trouvent des justifications, des excuses, sont simplement banalisées, voire acceptées. C’est par exemple un environnement qui culpabilise les femmes quant à leurs tenues et leur apparence. Dire (ou penser) qu’une femme victime de viol qui se balade seule le soir en talons et en mini-jupe “l’a bien cherché”, c’est faire peser sur la victime la responsabilité du crime – car le viol est un crime, n’est-ce pas (ce petit rappel est important pour la suite).

Remarquez l’omniprésence, dans notre société, d’éléments appartenant à la culture du viol. Le slut-shaming donc, pratiqué par les hommes et les femmes, en est un composant. On trouve également énormément de références dans le porno, où la domination absolue du mâle est récurremment mise en scène. Nombre de films (cinéma, séries) mettant en scène un personnage principal féminin sont construits sur le schéma “Rape and Revenge” (viol et vengeance), comme dans Kill Bill 1 par exemple. L’histoire est identique : l’héroïne commence par être agressée/violée/torturée, dans un 2ème temps elle se reconstruit et prépare sa vengeance, puis se venge de son/ses tortionnaires dans un 3ème temps.

L’univers des jeux vidéos est également un vecteur de la culture du viol. C’est d’ailleurs par cet univers que nous arrive une violente polémique, au sujet du dernier volume de Tomb Raider. Dans ce nouvel opus, Lara Croft se retrouve en fort mauvaise compagnie. Si aucune scène de viol n’est infligée au spectateur, l’idée est (très) clairement sous-entendue (sans confusion possible). Un journaliste du magazine Joystick a publié une revue enthousiaste de ce scénario, et notamment “du fâcheux incident” dont Lara Croft se trouve victime. “Fâcheux incident”, l’expression est de moi. L’auteur de l’article a plutôt utilisé l’expression “calvaire charnel. Le mot “viol” est d’ailleurs évité, parce qu’il renvoie à un crime alors que “calvaire charnel” davantage à un  fantasme hyper-banalisé ; sur cafaitgenre, @Mar_Lard répond point par point à l’article de Joystick. C’est long mais tellement précis, bien visé, que je ne peux que vous encourager à le lire dans son intégralité. Elle revient notamment sur le “calvaire charnel” qu’elle qualifie très justement d’ “expression d’homme hétérosexuel qui fantasme sur une idée érotisée du viol”.

Sur Le Plus, Peggy Sastre exprime un avis divergent : si la violence réelle doit être condamnée, monter au créneau contre la fiction de Tomb Raider revient à gaspiller son énergie en se trompant de combat. De la même façon qu’on aime zigouiller des méchants dans le monde virtuel tout en ayant bien en tête la frontière du monde réel, on peut bien mettre en scène un viol. Ce n’est pas la réalité, le jeu vidéo remplit uniquement une fonction cathartique. Nous avons besoin d’un espace pour transgresser les interdits, le jeu vidéo est un cadre parfait pour cela.

Le problème avec ce point de vue est que contrairement au meurtre et aux mutilations physiques, le viol n’est pas universellement condamné dans nos sociétés. “L’interdit” n’est pas évident…Retour à notre point de départ : s’il est universellement admis que rien ne justifie de tuer son prochain, pas même l’amant de sa femme ni celui qui prend le dernier Vélib de la station juste devant vous (mais c’est pas l’envie qui me manque), il n’en va pas de même, loin de là, pour les violences sexuelles. Quand on sait que la plupart des viols sont commis par le mari sur sa femme ou par un proche (famille, ami), quand on sait que très peu de viols sont effectivement dénoncés et poursuivis, quand on sait combien la parole de la victime est fragile face aux accusations dont elle se retrouve à devoir se défendre, comment penser un instant que violer Lara Croft et la précipiter au fond d’un ravin ont la même signification symbolique ? La même répercussion dans l’inconscient du spectateur ?

C’est précisément parce que la culture du viol est omniprésente que ses expressions comme l’érotisation autour de la mise en scène de Tomb Raider sont inacceptables à mes yeux (1). Parce que le viol et les violences sexuelles ne sont pas encore universellement qualifiés comme ils devraient l’être : inacceptables, inexcusables, injustifiables. Or tant qu’on remettra en cause la parole de la victime (au nom de son statut social – coucou l’affaire DSK), tant qu’on culpabilisera les femmes dans leur comportement, leur manière de s’habiller, leur sexualité, nous serons dans un climat de “culture du viol” qui ne permettra pas de ranger le “calvaire charnel” de Lara Croft au même rang que les zombies qu’elle décapite ou les vies qu’elle laisse elle-même dans la bataille. Autant la frontière entre monde réel et monde virtuel est très claire quand on découpe un ennemi à la hache, autant la distinction est ambiguë dans les relations sexuelles : plaquer la fille contre un mur est viril, excitant, et d’ailleurs la fille ne se défend que pour la forme, au final elle aime ça (elle est aussi habillée super sexy, comme si la façon de s’habiller était une expression de consentement par défaut.)

Et les hommes ?

Les hommes sont également victimes de cette culture du viol ; pour tous les personnages féminins de film ou de série qui subissent des violences sexuelles, il y a un ou plusieurs hommes dépeints comme des animaux incapables de contrôler leurs pulsions. À chaque fois que le slut-shaming est utilisé contre les femmes, cela sous-entend que les hommes sont dépourvus de retenue et de civilité, qu’ils sont obligés par nature de sauter sur une meuf qui marche seule la nuit en mini-jupe et en talons. Sous-entendre qu’une femme a “envoyé des signaux contradictoires” pour justifier/excuser un viol, c’est insulter les hommes en insinuant que ce sont des êtres binaires, incapables de discernement. Franchement les meufs, soyez plus claires, ok ? Le mec, si tu veux pas coucher avec, tu lui envoies un courrier recommandé avec constat d’huissier, comme ça, il pige bien, pas de “confusion” possible. Parce que juste dire “non”, parfois, c’est trop ambigü pour leurs petits esprits étriqués…

Vous me direz – peut être ne l’avouerez-vous pas ! - le viol est aussi un fantasme féminin. Sans doute parce que la société culpabilise, après avoir longtemps condamné, le plaisir féminin. Le fantasme féminin du viol reposerait donc dans certains cas sur l’absence de responsabilité – “c’est pas ma faute”, l’usage de la force par le partenaire n’étant qu’un moyen de se défaire de la culpabilité morale. Vous pouvez à ce sujet voir ou revoir la vidéo de Laci Green sur les fantasmes féminins (le viol est numéro 4, à 2min10 environ) ou relire le papier de Maïa Mazaurette sur le fantasme du viol.

Pendant ce temps, l’article de @Mar_Lard a déclenché une avalanche de haters (welcome to…THE INTERNET). Joystick s’est expliqué de son article sur sa page Facebook, regrettant quelques mots de vocabulaire “mal choisis”, sans pour autant comprendre véritablement le grief fait au magazine : celui de promouvoir ouvertement la culture du viol auprès de son public cible, “des jeunes hommes hétérosexuels tourmentés par leurs hormones” (toujours @Mar_Lard) et de participer à la légitimation de cette culture.

Les dérapages incontrôlés des républicains aux US

Dans un autre monde, pas si loin de chez nous (aux États-Unis, ce pays développé s’il en est), la campagne électorale est l’occasion de dérapages pour le moins dérangeants. Ainsi, à propos du droit à l’avortement qui est loin d’être un acquis, le candidat au sénat Todd Akin a justifié son opposition à ce droit même en cas de viol, par l’argument suivant : “If it’s a legitimate rape, the female body has ways to try to shut that whole thing down” – soit en français : “Dans le cas d’un véritable viol / viol légitime, le corps féminin sait se défendre et il est pratiquement impossible qu’il y ait fécondation”.

Ah ben tiens, me voilà rassurée. Le sénateur ne détaille cependant pas les autres catégories de viol – on peut supposer que s’il existe des “véritables viols”, il doit y avoir des faux viols. Ça m’intéresse, tiens (attention sarcasme qui tache).

Volant à sa rescousse, l’ex-Gouverneur Huckabee est intervenu publiquement pour prendre quelques exemples d’enfants conçus lors d’un viol, qui sont ensuite devenus des adultes remarquables (Ethel Waters par exemple). COMME QUOI ! Me voilà doublement rassurée. Non seulement je ne risque pas vraiment de tomber enceinte si je suis victime d’un vrai viol, mais en plus, si cela m’arrive, mon enfant deviendra peut-être quelqu’un d’exceptionnel. Le seul problème restera alors le choix cornélien auquel j’aurais à faire face dans plus de 31 États des USA, à savoir : si je veux que mon violeur renonce à ses droits de visite - car le violeur, au même titre que n’importe quel père, a des droits sur l’enfant ! – je vais sans doute devoir négocier avec lui et abandonner les poursuites pénales. C’est le drame vécu par cette avocate, Shauna Prewitt. Mais quel beau pays.

Avec des adversaires pareils, le camp Obama n’a pas besoin de faire des efforts extraordinaires pour se défendre. Le Président est intervenu pour couper court à ces échanges surréalistes, pour déclarer “Un viol est un viol. [...] les idées exprimées sont offensantes pour les victimes. [...] Ce que cette polémique met en lumière est que nous ne devrions pas avoir un groupe de politiciens, majoritairement des hommes, qui prennent des décisions sur la santé des femmes à leur place”.

Vous excuserez cet écart partisan totalement éhonté, mais GO OBAMA !

Bien. Bien bien bien. Après ce fort peu réjouissant tour d’horizon de l’actualité misogyne, détendons avec un peu d’humour avant d’aller vaquer à nos occupations :

“Said no doctor ever” via Rock The Slut Vote on Facebook (Feminists United).

Des mentalités qui avancent… petit à petit

Finissons sur une note pleine d’espoir : aux États-Unis et en Angleterre, des associations militent pour faire évoluer les mentalités afin de faire enfin sortir la société de cette culture du viol. Trois sites parmi tant d’autres nous prouvent que des militant-e-s se battent Outre-Atlantique pour faire comprendre l’aberration qui existe dans le fait de faire culpabiliser les femmes de leur propre viol.

Ainsi, la campagne lancée fin 2010 par Sexual Assault Voices of Edmonton s’opposait aux messages de prévention qui conseillaient aux femmes de contrôler leur façon d’être au lieu de s’adresser aux hommes. La campagne de Sexual Assault s’adressait directement aux hommes avec des textes comme “Ce n’est pas parce qu’elle est saoule qu’elle a envie de baiser” ou encore “Ce n’est pas parce qu’elle ne dit pas non qu’elle dit oui”. Sur chaque visuel, on pouvait alors lire “Don’t be that guy” (“Ne sois pas ce type”). That guy… Celui qui viole, celui qui voit ce qu’il a envie de voir, entend, ce qu’il a envie d’entendre, mais surtout celui qui est tout à fait le fruit de cette fameuse culture du viol dont on vous parlait précédemment.

Men can stop rape (les hommes peuvent faire cesser le viol) est un site qui incite les hommes à expliquer à leurs congénères masculins que leur comportement envers les femmes est largement contestable. Le but : inciter des hommes à dire à leurs potes qu’ils ont déconné ou qu’ils sont en train de faire n’importe quoi. L’ouvrir pour faire changer les mentalités. Montrer que les femmes ne sont pas les seules à porter ce combat, ce rêve d’une société paisible dans laquelle les deux sexes auraient une relation toujours plus harmonieuse. Prouver que les hommes s’intéressent à tout ça, qu’il ne s’agit pas de les inviter à se battre à nos côtés.

Je veux comprendre... la culture du viol jerk

Au Royaume-Uni, This is not an invitation to rape me (Ceci n’est pas une invitation au viol) explique que ce n’est pas parce qu’une femme montre ses jambes, qu’on voit ses seins à travers son t-shirt ou qu’elle a bu qu’elle en appelle au viol. Enfin, la campagne s’attarde sur les date rape : le date rape, c’est quand il y a un rendez-vous “galant”, que les deux personnes concernées flirtent, s’embrassent, se caressent et que l’homme ne comprend pas le non de sa partenaire et la “force” (sans avoir, on l’imagine et c’est bien là le problème, l’impression de la forcer) à avoir des rapports. Dans ce cas de figure, bon nombre de personnes estimeraient que les victimes ont leur part de responsabilité – parfois les victimes elles-mêmes en sont convaincues et ne vont pas porter plainte. Pourtant, comme on nous le rappelle sur le site This is not an invitation to rape me, “un baiser n’est pas un contrat [...] et une femme a le droit de dire “non” n’importe quand, quel que soit ce qu’il s’est passé avant”.

==

(1) Mise à jour 13 septembre 2012 15h55 : La phrase originale était « C’est précisément parce que la culture du viol est omniprésente que ses expressions comme la mise en scène de Tomb Raider sont inacceptables » — certains ont vu dans le mot « inacceptable » sans aucune nuance un appel à la censure. Que nenni, on parle bien de l’interprétation du viol en tant que moment potentiellement érotique, qui finit par le rendre sexy – et donc légitime. Fallait que ça soit précisé, on n’est pas du genre à cautionner la censure.

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Marie.Charlotte a été jeune cadre dynamique pendant 3 ans avant de rejoindre la team MadmoiZelle. Elle aime les débats politiques et de société, les séries américaines et le sport (mais surtout à la télé). Elle est toujours à la recherche de jeunes professionnelles dans tous les secteurs, n'hésite pas à la contacter si tu souhaites témoigner !

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  1. Enyenna.Enyenna.

    Le 14 septembre 2012 à 17:33

    Posted by Shield
    J'avoue que ça me dépasse un peu en fait, ça dépend de la manifestation du viol et du meurtre. Quelqu'un qui a tué de sang froid pour de l'argent me semble plus pourri que quelqu'un qui n'a pas compris que si sa copine n'a pas dit "non", ça ne voulait pas dire qu'elle disait "oui". Dans les deux cas, on ne devrait pas juger par rapport à ce que ça peut nous faire éprouver (au "plus pourri") mais par rapport à une notion de justice, non?
    J'aime autant qu'il n'y ait ni violeur ni tueur dans mon entourage :shifty:


    Oui, bien sûr, mais je sais pas, d'une façon générale, le viol possède à mes yeux un degré d'horreur assez inégalable. (Quant au fait de ne pas comprendre que sa copine lui dit non, j'ai un peu de mal à voir comment ce genre de chose est possible. Faire semblant de ne pas comprendre sûrement, mais sinon…). Mais bien sûr chaque situation est différente, et je suis bien consciente que juger un cas général comme je le fais est un peu léger.

    Mais sur ton dernier point, je crois que nous sommes d'accord !
  2. Enyenna.Enyenna.

    Le 15 septembre 2012 à 09:16

    Posted by Shield
    Crois-moi, c'est possible, c'est bien un des problèmes à prendre en considération, c'est trop facile le manichéisme du "violeur = evil"; ça et le fait que justement en considérant le viol comme un acte "d'horreur inégalable" et non comme un crime, on participe à ce tabou et à cette hyper culpabilisation qui fait qu'on passe plus de temps à condamner les violeurs, à soupçonner les hommes, qu'à défendre les victimes et à faire comprendre simplement qu'un viol est un crime. Il n'y a pas à se sentir attaqué ou blâmé ou à vouloir protéger les coupables de viol d'un blâme : les violeurs en tant que criminels doivent être punis pour leur crime, ni plus ni moins.


    Très honnêtement, je sais et je comprends ça, simplement je suis incapable de le ressentir.
  3. OctopouceOctopouce

    Le 15 septembre 2012 à 21:39

    (petite parenthèse, parce qu'on ne parle jamais d'eux, alors qu'ils sont nombreux (et surtout qu'ils ferment encore plus leur gueule que nous)
    Les Inrocks - Hommes victimes de viol: campagne choc pour les Six Nations

    "Et les faits parlent d’eux-même: alors qu’en Grande Bretagne, on dénombre cinq associations qui prennent spécifiquement en charge les hommes ayant été victimes d’abus sexuels, en France, il n’en existe aucune.")
  4. AlizukoAlizuko

    Le 16 septembre 2012 à 00:40

    Article très intéressant qui m'a fait repensé à un phénomène dont j'ai entendu parler. Un jour sur le net je suis tombé sur des vidéos très choquantes de scènes de viols en réunions se déroulant en Asie principalement dans les transports en communs. Alors je suis tombée dessus car je cherchais la signification d'un terme que j'avais lu quelque part: chikan. Chikan ça veut dire pervers (en gros) en Japonais mais un pervers bien précis celui qui vous touche, se frotte à vous notamment dans les endroits confinés (métro, bus, train etc). Et donc j'ai lu et appris qu'il y avait deux sortes de chikan: celui qui vous touche "seulement' et celui qui passe à l'acte (attouchement, pénétration etc).
    Et franchement je me disais que non quoi c'était pas possible qu'on laisse faire des choses pareilles j'étais vraiment choquée et je voulais pas le croire jusqu'au jour où je suis tombée sur des vidéos horribles VRAIMENT.
    Je vous raconte
    Spoiler!
    comment cela se passe "typiquement" une femme rentre dans le métro et là un groupe de mecs la repère. En général ils sont entre 5-8, ils comment à encercler leur victime ou à la coincer dans un coin du wagon. Puis un ou deux d'entre eux commencent "style de rien" à toucher la fille genre ils l’effleurent, puis ils deviennent insistant et ensuite ils lui sautent tous dessus. Ils lui arrachent ses vêtements soit avec les mains soit avec des ciseaux ainsi que les sous-vêtements et ensuite lui font subir à tour de rôles tous les sévices possibles. Et c'est là que vous vous rappelez que la scène d'horreur que je vous raconte se passe dans le métro on est d'accord? Métro plus ou moins bondés ça dépend de l'heure et là on serait en droit de se dire "mais les gens vont voir qu'il se passe quelque chose, ils vont se bouger etc" et bien NON, NON ET PUTAIN DE RE-NON!! Il y a bien des gens qui voient la scène, entendent le peu de cri que la pauvre vicitime essaye d'émettre pour dire "aidez-moi je vous en supplie", des gens REGARDENT mais ne BOUGENT PAS. En plus de la scène de viol je peux vous dire que c'est ça qui m'a le plus choquée que les gens voient et ne fassent rien, qu'il laissant faire parce que ça se fait pas de se mêler des affaire des autres etc . Ca me dégoûte alors qu'on ait peur de se prendre des coups etc ok je dirai mais vu que t'es dans un endroit fermé aka le métro tu peux tirer la sonnette d'alarme faire arrêter la rame et voilà juste ça au moins! Pour finir après avoir commis leur crime de barbares les mecs soit déchiquettent les vêtements (ou non) de la fille genre je découpe ta juste, ton chemisier etc pour qu'elle continue d'avoir le spectre de la honte jusqu'à chez elle et ils continuent de la suivre encore un peu histoire de lui faire comprendre "on s'est bien amusé avec toi, au plaisir de te revoir!". Ou alors ils partent tous et laisse la fille là nue aux yeux de tous sanglotante et dégoulinante de leurs semences.

    Alors ce que je vous ai décrit est arrivé dans le métro mais j'ai vu aussi la même scène se produire lors d'un jour de marché en plein milieu de la foule.

    Il faut savoir que les mecs qui font ses vidéos amateurs se regroupent en groupe et qu'ils estiment que les actes qu'ils commentent sont des achèvements. En effet au fils des mes investigations j'y ai compris que cela marchait au rang et au mérite comme dans un jeu vidéo pour malheureusement reprendre l'exemple. Selon le nombre de crimes qu'ils commettent ils montent en grade etc.

    Sachez qu'écrire tout cela me provoque encore des frissons d’effroi. Alors pour celles qui se poseront la question de pourquoi je me suis intéressée à ce sujet après avoir eu connaissance de la signification du terme, pourquoi j'ai regardé des vidéos, pourquoi durant de longues heures j'ai lu des témoignages que se soit de victimes ou alors de la police qui cherchait à prévenir et à punir ces monstres c'est tout simplement pour casser une image. Ce n'est donc pas rare de voir ce genre de panneaux (qui di de faire attention aux chikan) ou celui là
    Voici la vidéo diffusée à la tv pour prévenir et avertir gens de la situations. Tout n'est pas traduit mais l'essentiel est dit

    En effet depuis longtemps j'étais un fan de l'Asie (de part mon sang mais pas que) et notamment du Japon et lorsque j'ai appris ce qu'était le chikan et son procédé ça m'a cassé l'image de pays génial, d'eldorado, de presque perfection que représentait le Japon à mes yeux. Bon il faut savoir que cette image est totalement brisée à mes yeux à ce jour mais pour d'autres raisons personnelles qui n'ont pas de liens avec ce que je vous raconte depuis tantôt. Ca a pour moi briser le mythe que oui au Japon et en Asie on est ultra en sécurité la nuit etc. Ce qui est vrai je ne dis pas le contraire mais je pense que les actes que commettent les chikan n'arriveront jamais ou alors une chance sur dix à une étrangère (la je parle du viol et non pas des attouchements qui eux arrivent à toutes étrangères et filles du pays malheureusement) plus qu'à un autochtone malheureusement. Vous demanderez pourquoi et bien le chikan ne sait pas comment réagira une étrangère qui peut soit le baffer, le frapper enfin bref se défendre. Alors que la fille du pays il sait qu'elle ne dira rien, car en général elles ne disent rien ça se fait pas, c'est tout. Alors je me suis imaginée à la place de ces filles et j'ai eu peur, j'ai eu la rage, j'ai eu le dégoût mais surtout le désarroi.

    J'arrive pas à comprendre parce que je ne le veux pas, parce qu'il n'y a rien à comprendre dans ces actes juste à condamner.

    NE PAS CITER
  5. DreambreakerDreambreaker

    Le 16 septembre 2012 à 16:10

    @Alizuko : c'est effroyable ce que tu racontes, et étrangement, ça ne m'étonne pas tant que ça. Je veux dire, ces gens qui voient mais ne bougent pas, qui baissent éventuellement la tête, détournent le regard, mais ne viennent pas en aide à la victime. Je sais pas, est-ce qu'ils ont peur ? Est-ce qu'ils se disent, après tout je ne suis pas tout seul, il n'y a pas que moi qui ne réagit pas, alors ça n'est pas que ma faute ? Je n'arrive pas à comprendre, c'est le genre de choses qu'on nous explique en psychologie, mais ça ne justifie en rien l'horreur de l'acte de passivité.

    Je ne sais plus qui disait un peu plus haut que le viol semble plus horrible que le meurtre, plus tabou, notamment parce qu'on peut éventuellement trouver une justification au meurtre. Ca dépend de quel meurtre on parle. S'il s'agit d'une vengeance, par exemple, vengeance d'un père, d'un mari, d'une mère, d'une soeur, d'une amie, peut-être que ça peut éventuellement se comprendre, même si ça ne justifie pas, et si ça ne pardonne en rien l'acte en lui-même. La justice existe pour quelque chose, et nous ne sommes plus du tout en des temps reculés où effectivement tuer pouvait laver l'honneur, était même une source de fierté. On a évolué, et ça aussi, il faut que ça évolue. Il n'y a rien d'honorifique à tuer quelqu'un, de nos jours. Du moins pas à mes yeux.

    Ce qui explique peut-être l'aspect horrible et tabou du viol, c'est surtout que bien souvent, la victime n'en meurt pas. Et là, autant avec le meurtre, le calvaire s'arrête - du moins pour la victime - au bout d'un moment, pusiqu'elle meurt, autant pour la victime de viol… Il faut se reconstruire, psychologiquement, mais aussi physiquement, parce que ça fait des ravages, un viol, ça laisse pas le vagin comme neuf, loin de là. Il faut reprendre confiance, en soi, en les hommes, en les autres, ces témoins qui n'ont pas bronchés, en la société, en la justice, il faut se mettre dans la tête que c'est pas de notre faute, que ça n'arrivera plus, etc. Une victime de viol elle porte ça toute sa vie en elle.

    L'illustration de cet article vient du film Irreversible, qui est vraiment affreux. Je l'ai vu il y a quelques jours, sans aucun rapport avec cet article, et j'ai été choquée par la scène de viol, évidemment; Il n'y a aucune pudeur, pas de procédés qui pourrait rendre cette scène un peu sensuel, qui pourrait donne renvie aux spectateurs derrière leur télé, comme c'est fait parfois dans d'autres films/séries/bouquins qui rendent un acte horrible source de désir ou d'excitation. C'est banalisé. Dans la littérature féminine, aussi, combien de fois, dans ma recherche du bouquin qui me fera changer d'avis, je suis tombée sur des récits dans lesquels la femme se fait violer puis se remet en deux jours, couche avec un mec à peine rencontré la semaine suivante, etc. Il y a quelque chose de malsain, dans ce rapport au viol, comme si toutes les limites n'étaient pas connues, comme si, tiens, c'est de la fiction, alors on peut y aller. Oui, d'accord, mais sincèrement, les jeunes hommes qui voient des films avec que des viols, est-ce qu'au bout d'un moment, inconsciemment, ils finissent pas par trouver ça normal, ou beaucoup moins choquant que ça ne devrait l'être ?

    Je crois que le viol est un thème paradoxal, au final : un peu tabou d'un côté, on n'en parle pas, c'est honteux, c'est sale, ça tombe toujours sur les autres, ça ne risque jamais de nous arriver, hihi, et de l'autre, complètement banalisé, présent dans tellement d'arts et de médias qu'il est difficile de passer une journée sans entendre parler de viol au moins une fois.
  6. DreambreakerDreambreaker

    Le 16 septembre 2012 à 18:21

    Posted by Ramya
    Le problème du viol c'est qu'il est soit:
    - Présenté comme un acte dont aucune victime ne se remet(peur des hommes, de l'extérieur et de la sexualité) et que dans le cas contraire c'est qu'au fond il/elle était consentant-e.
    - Présenté comme quelque chose d'excitant, ce qui est un amalgame avec le sexe brutal ou un fantasme de domination mais qui est parfaitement maitrisé et consentant.
    - Dans le cas des Rape & Revenge Movies, présenté de façon à ce que la victime ait toujours la possibilité de se défendre (très souvent par la violence). Si elle ne le fait pas c'est qu'au fond elle l'a bien cherché e/ou qu'elle était consentante.
    Aucune de ces situation n'est réaliste/obligatoire et résultent d'une vision très masculine dont le viol est un concept un peu lointain (90% des victimes sont des femmes et 99% des agresseurs des hommes).
    Ce n'est pas gênant d'esthétiser le meurtre parce qu'il est unanimement condamné, à l'inverse du viol.
    Pour moi, les deux notions que tu as exprimé sont liées. Le viol n'est jamais représenté de manière réaliste, toujours esthétisé (les victimes ont une pauvre griffure vaguement sexy, jamais d'hématomes au visage par exemple) et, en plus, il est abondamment utilisé dans beaucoup de médias.


    Je suis tout à fait d'accord avec ce que tu dis. On part trop du principe que si une victime se remet d'un viol, c'est qu'au fond, elle n'a pas été traumatisée, et que, cochonne et perverse qu'elle est, elle a du bien kiffer ce qu'il lui est arrivé. C'est complètement idiot, comme réflexion, étant donné que tout le monde ne vit pas avec le même capital de "force psychologique", tout le monde n'appréhende pas les évènements de la même façon, etc. Après, tout dépend aussi de la définition du viol, hein, parce que des femmes qui se font violer par leur conjoint, ça existe aussi, mais on n'en parle beaucoup moins, parce qu'il y'a un peu trop cette idée de "devoir conjugal". Sauf qu'on est plus au Moyen Âge, et que le droit de cuissage, ça n'existe plus. En France en tout cas.

    On peut aimer le sexe brutal, la domination, la brutalité dans les rapports, mais il faut souligner que dans ce cas, les deux partenaires sont consentants. Et là se pose à mon avis une question à laquelle je n'avais pas pensé auparavant : est-ce qu'une femme qui a la réputation d'aimer ce genre de relations sexuelles mérite plus qu'une autre d'être violée, puisqu'elle risque d'aimer ça ? Non, non, et re-non, étant donné que si elle aime la domination, éventuellement la mise en scène du viol, c'est aussi parce que c'est avec un partenaire consentant en qui elle a confiance, dont elle sait que si elle dit "stop", il arrêtera et ne cherchera pas plus loin. Mais je vois d'ici les gens qui peuvent penser qu'on n'a que ce qu'on mérite. Bah non, désolée, ça ne marche pas comme ça.

    Tu parles de victimes qui n'ont jamais de griffures, qui s'en sortent toujours bien, qui sont jolies même après s'être faite défoncer (aucune raison de parler joliment d'un sujet qui ne l'est pas), mais tu devrais voir Irreversible. Le film est horrible, la scène de viol est affreuse, mais c'est selon moi une scène qui n'est absolument pas esthétisée, et qui ne peut pas être source de fantasme, il n'y a rien de beau, ni de sensuel dans cette scène, à aucun moment.
  7. GazooGazoo

    Le 14 octobre 2012 à 17:37

    Merci aux participant-e-s de la Marche du 6 octobre dernier.
    Voici, comme promis, notre pétition adressée au Président.
    N'hésitez pas à la signer et à la faire connaître autour de vous !


    Nous souhaitons rappeler au Gouvernement ses promesses pour lutter contre le sexisme et prendre de nouvelles mesures pour la prévention, l’éducation, l’accompagnement des victimes et le suivi des criminels sexuels.
    Nous en avons assez de vivre dans un système qui minimise l’agression sexuelle, la violence et le harcèlement, légitimant non seulement ces actes violents, mais blâmant aussi, parfois, leurs victimes. Nous condamnons cette société qui enseigne : « Ne soyez pas violé-e » plutôt que « Ne violez pas… » !
    Chaque année, on dénombre dans notre pays : 198 000 agressions sexuelles dont 75 000 viols, soit 206 personnes victimes de viol par JOUR !
    Il est urgent de rappeler que dans 80 % des cas, la victime connait son agresseur. Il fait partie de son cercle familial, professionnel, amical, relationnel…

    En France, seulement 10 % des victimes portent plainte et… 2 % des agresseurs sont effectivement condamnés !

    http://www.change.org/fr/p%C3%A9titions/m-le-pr%C3%A9sident-de-la-r%C3%A9publique-fran%C3%A7aise-eradiquez-le-viol-les-violences-sexuelles-et-sexistes
  8. mambomepleasemambomeplease

    Le 27 mars 2014 à 22:25

    A propos de consentement, Laci Green a récemment publié une vidéo top sur le sujet.
  9. Elea_FraiseElea_Fraise

    Le 28 mars 2014 à 17:59

    Il est vrai que la culture du viol est partout, j'avoue que "plus jeune" (donc plus con) j'avais tendance également à faire ce raccourci que si tu ne voulais pas te faire violer il ne fallait pas t'habiller "comme une pute", heureusement on grandit et on change, ce qui me fait tiquer dans cette article c'est ça "Le problème avec ce point de vue est que contrairement au meurtre et aux mutilations physiques, le viol n’est pas universellement condamné dans nos sociétés." et je me demande si Marie-Charlotte tu vis au pays des bisounours ? Sans méchanceté aucune, mais le meurtre n'est pas universellement condamné (on peut légitimement tuer sa femme dans beaucoup de pays pour suspicion de viol, ou tuer son mari pour les mêmes raisons, en ce moment en Centrafrique les antis-balaka tuent des musulmans en estimant que parce que certains musulmans ont tué des chrétiens c'était normal etc, et je parle pas du faits qu'ils les mangent en plus de ça) et les mutilations physiques non plus (le clitoris, et pour ne pas que ca reste uniquement féminin je crois que la circoncision est également considéré comme un traitement inhumain sur les enfants en Europe). Voilà c'était le petit point sans rapport, mais comme je suis d'accord avec le reste de ton point de vue ..!

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