Voici le témoignage fort instructif de Nagoya, qui, complexée par un dérèglement hormonal la privant de poitrine, a fini par passer sur la table d’opération pour en sortir avec des seins flambant neufs.
La décision de me faire opérer a été mûrement réfléchie depuis mon adolescence. Suite à quelques dérèglements hormonaux, ma transformation en « femme » n’a pas été vraiment normale. Pour tout dire, j’ai eu mes règles à 18 ans, puis j’ai attendu en vain qu’il se passe quelque chose de visible sur mon corps. Je n’avais pas de poitrine, je n’ai même jamais réussi à remplir un bonnet A. En comparaison, Jane Birkin paraît pulpeuse : j’étais plate !
Le déclic
Au niveau de mes relations amoureuses, le sujet était très délicat. Je n’acceptais pas cette (absence de) poitrine, j’étais extrêmement complexée. Je portais un soutien-gorge lors de mes rapports intimes et n’arrivais pas à l’enlever. Si certains garçons n’avaient aucun souci avec ça, ce n’était pas le cas de tous… J’ai essayé de me raisonner en me disant que c’était psychologique, mais je n’ai jamais vraiment été à l’aise avec les seins à l’air. Ma mère s’est faite opérer pour la même raison il y a quelques années ; se sentant bien mieux dans sa peau, elle m’a expliqué que c’était à moi de choisir. J’ai donc réfléchi : était-ce pour moi ou pour les garçons que j’allais franchir le pas ? Handicapée par ce blocage tenace, j’ai pris conscience que si je devais agir c’était pour moi, et moi seule.
J’ai pris rendez-vous avec le chirurgien esthétique qui avait opéré ma mère en étant toujours sceptique sur cette démarche. Je n’avais pas envie de ressembler à un cliché de femme refaite et superficielle, je ne voulais pas tomber dans les travers de la chirurgie esthétique. Mais le chirurgien m’a ré-expliqué que l’envie de changer devait venir de moi, et comme je ne me sentais toujours pas bien dans mon corps j’ai décidé de franchir le pas. Le chirurgien m’a fait tester des prothèses pour juger de celles qui conviendraient le mieux à mon anatomie, et j’ai réussi à dépasser la peur de l’opération.
L’opération
L’opération, effectuée sous anesthésie générale, dure environ 45min : on entre la journée à l’hôpital, on sort le lendemain. Je suis rentrée au bloc vers 11h et je suis ressortie à midi, réveillée à 13h environ, c’est très rapide. Je n’ai pas eu le temps de m’ennuyer dans ma chambre, trop occupée à comater ! La douleur pendant les premières 24 heures est supportable, j’avais juste l’impression d’avoir un poids sur la poitrine et j’étais serrée par des bandages. Mais passés les deux premiers jours, lorsque l’effet des médicaments s’estompe, ça devient quasiment insoutenable. Pendant une semaine, je ne pouvais même pas me lever de mon lit ; j’ai déambulé voûtée façon Mr Burns dans Les Simpsons pendant quinze jours, et même au bout d’un mois, j’avais encore mal, comme si un rouleau-compresseur était passé sur ma cage thoracique.

Il faut acheter un soutien-gorge spécial, qui coûte la modique somme de 60€, esthétiquement affreux mais indispensable (à porter pendant un mois). Ajoutons-y la bande élastique, appelée « contenseur », qui pressera les seins vers le bas (sexy, non ?) pendant deux mois, vendue 50€. Se faire refaire la poitrine n’est pas donné à tout le monde : en plus des 3000€ que coûte l’opération, il faut ajouter ce matériel (plus des crèmes) et les 300€ facturés pour l’anesthésie.
La libération
La douleur a beau être importante, la satisfaction psychologique l’est bien davantage. Je me suis réconciliée avec mon corps et j’ai enfin pu entrer dans une boutique de Lingerie pour acheter un soutien-gorge qui ne soit pas rembourré. J’aurais dû prévoir un budget sous-vêtements d’ailleurs, car je pouvais enfin arrêter de me priver ! Le regard des gens, particulièrement des mecs, a bien évidemment changé, mais le fait que je sois plus à l’aise dans mon corps et sans complexes joue beaucoup. Mes rapports intimes sont nettement plus intéressants, je me sens libre sans cette obsédante préoccupation !
Un an après mon opération, je me sens bien plus attirante. Je ne peux que conseiller cette étape à celles qui sont vraiment mal à l’aise avec leur corps, si elles peuvent se le permettre. Le résultat est super ; il n’y a qu’une une cicatrice sous les seins, qui sont très durs au début mais deviennent ensuite incroyablement fermes, et on récolte quelques vergetures au passage, mais ça vaut le coup ! Les critiques sur ce changement vu comme « superficiel » ne me touchent pas, car elles viennent en général de femmes ayant de la poitrine, libres de ce complexe qui m’a pourri la vie. Si vous voulez vous faire refaire la poitrine, n’hésitez pas, mais écoutez-vous, rien que vous, et votre corps ! Prudence, tout de même : choisissez soigneusement votre chirurgien, renseignez-vous sur les prothèses qu’on va vous poser et faites un suivi pour éviter tout souci postérieur à l’opération. Et surtout, n’oubliez pas de le faire pour vous, et pour personne d’autre !








Le 04 janvier 2013 à 20:13
Nous en avons discuté avec @nagoya hier soir.Ce n'est pas une question de rentrer dans une norme, de plaire à quelqu'un, ou de suivre les diktats d'une mode.
C'est un réel mal-être, un complexe qui te bouffe la vie.
La poitrine fait partie de la féminité et se retrouver avec un torse plat, c'est compliqué.
Je parle en connaissance de cause.
Pas question de se mettre en maillot de bain, en soutif devant quelqu'un, pas question de montrer sa (non)poitrine dans l'intimité. Même si la personne face à nous, nous dit qu'elle s'en fout et qu'elle aime notre corps tel qu'il est.
Le mal-être est tellement présent, ancré dans notre esprit, que rien ni personne ne pourra nous raisonner, nous faire nous sentir belle malgré ça.
Alors, on a recours à des artifices qui malheureusement ne changent pas la donnée du problème, et le seul moyen de se sentir enfin soi-même, heureuse, féminine, fière de notre corps, est d'avoir recours à une chirurgie qui coûte bien trop chère (puisque ce n'est plus une question d'esthétisme mais une question de souffrance morale).
Le 05 janvier 2013 à 13:06
La prise en charge a été arrêtée il y a quelques années, la réduction mammaire est prise en charge, pas l'augmentation … J'ai demandé, ma mère a été l'une des dernières à en profiter donc voilà, aujourd'hui si t'as rien du tout bah … t'as rien du tout …
Le 05 janvier 2013 à 13:37
Elisabeth Vogler j'étais PAREIL ! (je viens de voir que tu le vis bienLe 06 janvier 2013 à 03:54
Je comprend le complexe, moi j'ai eu l'inverse. J'ai eu mes règles assez tôt et ai hérité d'un bonnet E dès mes 15 ans… Ajoutez à ça que je ne dépasse pas 1m60… Je le vivais super mal, et j'ai passé mon adolescence à me sentir obèse a cause de cette poitrine trop opulente. Alors j'ai décidé de me faire opérer aussi. Tant pis pour l'idée reçue qu'on est des filles superficielles de pas s'accepter comme on est. La vérité, c’est que maintenant je suis bien mieux dans ma peau, et je vis mieux mes rapports aux autres. (la disparitions des vannes lourdingues des adolescents m'a fait un bien fou).Alors les filles, foutez-vous des "quand-dira-t-on", l'important, c’est d'être bien dans son soutif !
Le 06 janvier 2013 à 11:01
Il arrive la même chose à ma petite soeur, qui en moins d'un an est passée du bonnet C au 95F (pour 1m60) ! En plus elle est la seule fille de sa classe alors elle a du mal à l'accepter. Mais surtout elle souffre du dos et ne peut presque pas faire de sport… Heureusement elle va subir une réduction mammaire l'été prochain.
Est-ce qu'un madmoizelle a déjà eu une réduction mammaire aussi jeune ?
Le 06 janvier 2013 à 20:05
Ben, moi j'ai eu l'opération à 20 ans. Elle a quelle age ta petite soeur ?Le 03 mars 2013 à 11:10
Salut salut!Suite à ce topic je me permet de vous répondre car j'ai eu la chance, suite aux conseils de ma gynéco, de rencontrer une chirurgienne par rapport à mon problème et donc d'avoir un peu plus d'infos concernant ce sujet.
Mon problème est donc que j'ai les seins dits "tubéreux"; c'est à dire que la circonférence de la base est de même taille que le bout du sein (normalement, la taille est plus grande à la base qu'au bout), c'est une malformation qui survient lors de la puberté, et que les médecins eux-mêmes n'arrivent pas encore bien à expliquer.
Pour en revenir à l'opération, la mienne consisterait d'une, à "gonfler" le plus petit sein par une prothèse pour l'égaliser avec l'autre (si je me souviens bien, l'idéal serait une prothèse ronde et non pas en "poire") et opérer l'autre au niveau du mamelon pour le réduire, et donc avoir une forme de sein "normale".
C'est une malformation, c'est donc moins cher qu'une opération purement esthétique de la poitrine mais ça a quand même son coût; environ 1500€ (contre plus de 3000€ dans ce cabinet, il me semble, pour une augmentation mammaire simple), dont 255€ pris en charge par la sécurité sociale. Le reste peut être pris en charge par une mutuelle, c'est d'ailleurs pour ça que la chirurgienne m'a incitée à voir si la mienne le fait, ou sinon de chercher une autre mutuelle qui pourrait le prendre en charge, si bien sûr ça vaut le coût au niveau de la cotisation.
Bien évidemment ce n'est pas une méthode des plus naturelles, car moi aussi j'aurais préféré quelque chose sans prothèses (qu'il faut changer tout les douze ans, c'est un peu em**rdant
Voilà, en espérant avoir éclairé la lanterne de certaines qui aurait un problème similaire, même si cela reste un témoignage plus qu'un véritable avis (après tout, chaque problème est différent ^^)
Et j'oubliais, mais vu que mon problème relevait d'une malformation, j'ai payé moins cher et je n'ai eu qu'à avancer la consultation, j'ai été en partie remboursée par ma mutuelle et la sécu (ce qui est déjà bien).
Enfin voilà, n'hésitez pas à en parler avec votre gynéco, elle pourra peut-être déjà vous aider un peu
Le 05 mars 2013 à 13:51
J'ai plus ou moins lu toutes les réponses et il ne me semble pas que le sujet ai été abordé ;Que pensez vous de l'opération en Tunisie ou Maroc?
J'aimerais vraiment franchir le pas, mais c'est clairement trop cher en France pour moi.
Est ce que certaines d’entre vous l'on fait là bas? Ou on eu des retours ?
Le 05 mars 2013 à 23:51
Je me suis faite opérée en Tunisie, pas pour la poitrine par contre.Si tu as des questions n'hésites pas
Le 06 mars 2013 à 09:44
Moi je dis : bravo et courageuse.Rien que d'imaginer qu'on me découpe le sein… brrr j'en frissonne déjà.
Après, si cela permet d'être mieux dans sa peau parce qu'on vit un véritable complexe, tant mieux pour celles qui le font, je peux les comprendre aisément.