L’inertie des habitudes #62jours

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Les habitudes peuvent être une source de confort, de sécurité. Mais elles sont aussi, parfois, des boulets que l'on traîne... Sans s'en rendre compte.

L’inertie des habitudes #62jours
Clémence veut mettre à profit cet été pour développer 62 réflexions introspectives, dans le but de devenir sa meilleure alliée… et donc une meilleure version d’elle-même. Rendez-vous tous les jours sur #62jours pour devenir meilleure : un exercice de développement personnel en pratique.

Précédemment dans #62jours : Tout ce que je porte jusqu’à m’en casser le dos : l’effet de seuil

Je reviens de 15 jours de vacances très dépaysantes. D’abord, cinq jours de randonnées à la journée, et puis, en deuxième semaine, un trek de quatre nuits en refuge.

Ce qui implique de laisser derrière moi, le temps d’une semaine, tout le confort de mon quotidien, à commencer par ses habitudes.

Je ne me lève pas à la même heure, je ne me couche pas à la même heure, je dors dans un endroit différent tous les soirs, je ne mange pas ce dont j’ai l’habitude, pas aux mêmes heures… J’adore le dépaysement, même temporaire, pour cet effet qu’il produit : m’arracher à mes habitudes.

Je n’ai pas que des mauvaises habitudes, bien sûr, mais j’en ai beaucoup. C’est normal, elles s’installent partout, dans les creux de la journée.

L’inertie des habitudes, une force paralysante ?

En anglais, on dit « force of habit », pour décrire l’inertie des habitudes. C’est tellement vrai…

J’avais jamais remarqué à quelle vitesse les habitudes s’installent. Un jour nouveau, plus de structure, et il n’en faut qu’un deuxième au même endroit, dans les mêmes conditions, pour que déjà, des mécanismes apparaissent.

Les prémices des habitudes ne sont autres que des rudiments de confort : ce sont des graines plantées sur la terre brûlée, qui en germant, installeront un environnement de sécurité.

Plus le temps passe, et plus leurs racines sont profondes. Plus il devient difficile de s’en détacher.

Jusqu’à ce qu’un feu ravage tout, et que l’on se retrouve à nu.

Les habitudes, forces invisibles et parfois fourbes

Un jour, deux jours, six jours et ces manies du quotidien sont revenues, plus coriaces que la mauvaise graine. Elles pousseraient n’importe où, même à flanc de montagne, au troisième jour d’une randonnée itinérante.

On arrive, on s’installe, on mange, on dort, on range, on repart. Et entre temps, une myriade de gestes parasites, parfois inconscients, viennent pomper du temps et de l’énergie.

Je sais même pas pourquoi j’allume mon téléphone, j’ai pas de réseau ici ! Si, je sais pourquoi : parce que je l’allume tous les matins.

Force of habit. Parce que des habitudes naît la routine, et de la routine naît l’ennui. Sans que je ne m’en rende compte, mes habitudes parisiennes étaient devenues une camisole de force, qui m’immobilisait.

« Pas le temps » pour ci ou ça, vous comprenez, je dois d’abord faire toutes ces tâches dont certaines finissent davantage par relever du rituel que d’une quelconque recherche de productivité, et d’épanouissement.

L’inertie des habitudes m’enlise progressivement

Les habitudes m’étouffent bien plus qu’elles ne me soulagent.

Il m’aura fallu cinq jours en mer et pas moins de dix jours à des années lumières de ma zone de confort, il y a un an, pour me rendre compte qu’une importante partie de l’ennui qui m’étouffe inexorablement provient de mes propres habitudes.

De moi-même, donc. Parce que je ne pensais vraiment pas réussir à m’ennuyer au bout du monde. Mais les habitudes poussent toujours aussi vite, même sous les tropiques.

J’ai connu comme ça un vieux baroudeur, se targuant d’être un esprit libre et sans attaches.

Mais ce chef de croisière avait ses habitudes, une fois rentré au port : dîner dans un resto italien, supposément le meilleur de la ville. Et c’est marrant, parce qu’il avait sa pizza en tête depuis le début du voyage, il nous en avait parlé dès le premier jour.

Prendre l’habitude… de les perdre ?

C’est étrange, de voir un grand baroudeur aussi englué dans ses habitudes. T’as beau parcourir les sept mers, quand t’arrives au port, tu ne te poses pas de questions.

J’ai vécu une sensation similaire, perchée sur la montagne. À planifier les prochains jours, comme pour les faire rentrer dans le canevas de mes habitudes, au lieu de me laisser surprendre parce qu’ils ont à m’offrir.

Je vais mettre à profit les jours à venir pour faire le tri dans mes habitudes. Je vais faire l’inventaire de mes manies, de mes rituels, définir les bases de mon confort et les limites du luxe.

Et je serai attentive, à l’avenir, à ne pas laisser ces graines dégénérer en forêt vierge, etme faire clouer sur place par un lierre de petites contraintes fondues dans une sensation de confort familier.

Cet été, je laisse mon quotidien en jachère. Avec la ferme intention d’y faire pousser des merveilles…

À lire ensuite dans #62jours : Je ne suis pas parfaite, et ce n’est pas grave

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Clemence Bodoc

Clémence Bodoc a été jeune cadre dynamique dans une autre vie, avant de rejoindre la Team madmoiZelle. Elle s’intéresse à l’actualité et à l’écologie, aime la politique et les débats de société. Grande fan de sport (mais surtout à la télévision), et de cinéma (mais seulement en VO), son nom de scout est dinde gloussante azurée. Elle ne mord pas mais elle rit très fort.

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Commentaires
  • _s-krey_
    _s-krey_, Le 18 février 2018 à 5h41

    Réflexion sur la haine
    C'est marrant :hesite: pour moi la colère est un sentiment incontrôlable alors que la haine est plus latente .Elle permet une réflexion sur le pourquoi de son existence quand la colère n'est analysable qu'une fois libérée. Comme si la colère était de l’énergie en barre et la haine ton entrepôt de stockage.
    Mais enfin soit ça n'empêche rien à l'idée de la haine qui pourrit et qui détruit de l'intérieur.Il faut juste savoir la remettre en question et ne pas l'oublier risquant qu'elle s'insinue en nous.
    Quand je faisais du basket ou quand je m'investissais dans une nouvelle lubie:vieux:,je traduisais mes émotions en rage et ça me donnait l'adrénaline dont j'avais besoin. Je me rend compte que j'ai énormément plus de mal à me gérer maintenant que j'ai arrêtée le sport et que je ne me passionne pour rien. Je n'ai plus rien pour investir le trop-plein.

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