Pourquoi les filles sont plus fragiles que les garçons ?

Pondu par Justine_ le 6 janvier 2011  

Ben oui quoi, ne faites pas les innocentes, vous, il va bien falloir l’admettre : nous sommes des êtres futiles, écervelés, doux et fragiles, que les messieurs doivent protéger de tout danger potentiel (King Kong, Godzilla, les extraterrestres de Skyline, une souris…).

Nous ne méritons même pas d’aller taper le brunch à l’Elysée, mais rassurez-vous : c’est juste par hasard qu’aucune femme n’était présente, juste parce qu’au fond, aucune femme n’est impliquée dans les hautes sphères du numérique. Mais dites, ne serait-ce pas un peu étrange, cette absence de femmes chez les Chefs du numérique ? Passons.

Bien heureusement, nos camarades masculins ont aussi leur lot et doivent forcément être de grosses brutes en devenir, dont les petit cÅ“urs ne battent que pour le foot ou le rugby, et si des larmichettes leur échappent c’est forcément dû à une sexualité douteuse.

Et crois-moi, ce ne sont pas les masculinistes que nous présente Patric jean qui viendront me contredire.

L’homme est un être de compétition, un chevalier qui protège les membres de sa famille, le fier inventeur de toutes les prouesses technologiques et les femmes, bon… Contentons-nous du monde relationnel (i.e. souris et ne parle pas trop fort… le syndrome plante verte).

Fun fact : en 1976, Condry & Condry réunissent deux groupes d’adultes, auxquels ils diffusent la vidéo d’un bébé de neuf mois en train de jouer avec une boîte. Au bout de quelques instants, un jack-in-the-box surgit et l’enfant se met à pleurer. La vidéo diffusée aux deux groupes est strictement la même, simplement les chercheurs diront aux uns que le bébé est une fille et aux autres qu’il est un garçon. Eh bien voilà, mazel tov, devinez-quoi… A la question « pourquoi le bébé pleure-t-il ?», les individus persuadés qu’ils observent une fille attribuent les pleurs à de la peur, à de la crainte ; tandis que les individus qui croyaient qu’il s’agissait d’un garçon expliquent les pleurs par de la colère…

Les choses vont plus loin, et les adultes expriment des comportements différents face aux enfants : ils encourageront le garçon et le pousseront à être actif, tandis que leur comportement sera plus impersonnel et « nourricier » face aux filles.

Tu penses bien que pléthore d’études ont été réalisées à ce sujet, et pour celles qui comme moi ont des frangins, la plus agaçante concerne les réactions des parents aux transgressions de leurs enfants : les mères prendraient trois fois plus souvent le parti de leur garçon dans les conflits (Ross et al.) – n’hésitez donc pas à vous pré-venger de cette injustice, et cognez avant que votre reum’ débarque (quoi, vous ne vous êtes jamais battues avec votre frère ?).

Qu’est-ce que cela nous dit ? Qu’à chaque genre est assigné un rôle ?
 Qu’est-ce que cela nous dit ? Que l’on inculque aux enfants une notion de genre très rapidement, et qu’à chaque genre est assigné un rôle ? Que l’on nous soumet à ces rôles depuis notre tendre enfance ? Que les rayons jouets des grandes surfaces ne sont qu’un amas de stéréotypes de genre où les petits mecs joueront à la guerre et où les fifilles pourront imiter bobonne ?

Dans cette expérience, la différence attribuée se situe dans le regard de l’adulte, et non dans le comportement de l’enfant, reste à se demander quel pourrait être l’impact sur les perceptions de l’enfant, et le temps que ce dernier met pour intérioriser des caractéristiques qu’on lui impose.

A 4 ans déjà, nos chères têtes blondes ont parfaitement acquis des comportements genrés
Une expérience (Karbon, Fabes, Carlo, & Martin, 1992) s’est penchée sur les réactions de 40 filles et 40 garçons entre 4 et 5 ans face aux expressions faciales d’une fille (Susie) et d’un garçon (Judd), tous deux créés par des techniques de morphing. Sans surprise, pour une même expression, les filles voient chez Susie de la peur et les garçons voient chez Judd du dégoût. Majoritairement, les enfants ont tendance à considérer l’expression des femmes triste et celle des hommes en colère. Autrement dit, à 4 ans déjà, nos chères têtes blondes ont parfaitement acquis des comportements genrés et connaissent les attentes que l’on a envers une fille, et celles que l’on a envers un garçon
Vous allez me dire, on en a bien conscience de ce rapport inégalitaire-là, mais alors quelle réponse ? Et quand bien même nous en aurions conscience, est-ce que l’on parviendrait à échapper à ces mécanismes, qui sont tellement ancrés en nous ? Réussirions-nous à ne pas étiqueter ?

Nous stigmatisons les enfants selon un sexe, et le « genre » n’est somme toute qu’un construit social, qui aura une influence sur chaque aspect de nos vies, ou presque… Et tu peux aller regarder le manitou de la sociologie, qui l’explique mieux que moi :

Tout ça pour dire : si aujourd’hui je zone sur le web à la recherche du nouveau sac en cuir de poulpe qui fera vibrer mon âme, c’est de la faute à ma socialisation. Pas celle d’un mystérieux instinct panier-percé.

Ça vous a plu ? Faites tourner !

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Les 10 dernières réactions à cet article

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  1. Souffle Souffle

    Le 08/01/2011 à 13h34

    (Je réagis surtout par rapport à certaines réactions sur le forum, plus qu'à l'article.)

    Je suis pour la lutte contre les inégalités sociales entre hommes et femmes, mais sincèrement, lutter fondamentalement contre la division genrée des êtres humains je trouve ça assez tiré par les cheveux au final...
    Enfin je ne sais pas, mais je mène une vie relativement marquée par mon genre, et pas seulement par mon sexe : mon appart n'est pas celui d'un garçon, j'ai des babioles et des bougies partout, la décoration est largement connotée "femme". Dans la vie de tous les jours, je me plais à m'habiller "féminine", et je suis la première à être flattée du regard des hommes... qui ne me regarderaient pas comme telle si nous n'étions pas différents dans le genre.

    La différenciation genrée a ses inconvénients dans le monde du travail et suscite des inégalités sociales, mais elle est aussi profondément ancrée dans nos façons de vivre et de nous comporter, et n'est-ce pas de mauvaise foi que de considérer qu'il n'y a que des inconvénients à cela ? Prôner la société asexuée (enfin, plutôt "non genrée") c'est beau, mais dans les faits moi je trouverais ça presque triste...

    Sans tomber dans un extrême ou dans l'autre, travailler à réduire les inégalités hommes/femmes dans le monde social je suis tout à fait pour et je l'encourage.. mais assexuer la société, non vraiment, je ne vois pas l'intérêt...
  2. Lady Von Duck Lady Von Duck

    Le 08/01/2011 à 20h31

    Citation:
    Posté par _lilou_

    Mais il y a quand même une différence entre ne pas forcer son enfant fille à jouer à la poupée, son garçon à jouer à la guerre et aller jusqu'à cacher son sexe à l'entourage.
    Cacher le sexe à l'entourage n'est pas caché sa propre identité à l'enfant lui même. Il me semble que c'est plus perturbant pour l'entourage que pour l'enfant lui même d'ailleurs
    Elle n'est pas la seule à le faire ou à l'avoir fait donc il doit bien y avoir des exemples d'enfants plus vieux et pas moins épanouis que d'autres
    De plus y'avait l'avis d'un psy qui disait qu'il n'y avait pas de conséquences néfastes pour l'enfant.
    Ne pas élever son enfant de manière conventionnelle ne fera pas forcément de lui un adulte perturbé. Surtout pour une chose aussi minime
  3. Forgotten90 Forgotten90

    Le 09/01/2011 à 03h51

    Tellement vrai tous ça. Je ne ferai pas de long commentaire car il est trèèèèèèèèèèès tard et que la plupart des choses e a été déjà dite mais que pouvons nous faire? Qu'on me propose une solution et je fonce tête baissée mais je n'en vois pas. A la limite, il faudrait élevé nos enfants en leur inculquant la notion d'égalité mais il y aura toujours des idiots machistes pour les influencer...
    Et petites remarque: avez vous vu qu'aucun des hommes interrogé ne portaient d'alliance? A méditer.
  4. melowyn melowyn

    Le 09/01/2011 à 12h20

    Pourquoi une telle différenciation "nature/culture" ? (attention point d'attaque dans ma question mais une vraie interrogation)

    Je rejoins moultes madz : lutter contre les inégalités homme/femme oui, 100 % oui et je suis la première à m'indigner quand le fait d'être une femme pénalise quelqu'un (au même titre qu'être noir, musulman ou cochon d'inde)

    En revanche, une société asexué serait quand même vachement triste. Les différences homme/femme sont aussi une richesse, comme les différences culturelles.

    Donc pour résumer : être une femme, oui (il me semble d'ailleurs qu'il y a un topic sur le forum la dessus "qu'est ce que la féminité ? et ce n'est pas forcément douceur et talon haut) être un "sexe faible" non !
  5. Antigone. Antigone.

    Le 09/01/2011 à 12h23

    Citation:
    Posté par Lady Von Duck
    Cacher le sexe à l'entourage n'est pas caché sa propre identité à l'enfant lui même. Il me semble que c'est plus perturbant pour l'entourage que pour l'enfant lui même d'ailleurs
    Elle n'est pas la seule à le faire ou à l'avoir fait donc il doit bien y avoir des exemples d'enfants plus vieux et pas moins épanouis que d'autres
    De plus y'avait l'avis d'un psy qui disait qu'il n'y avait pas de conséquences néfastes pour l'enfant.
    Ne pas élever son enfant de manière conventionnelle ne fera pas forcément de lui un adulte perturbé. Surtout pour une chose aussi minime
    Qu'en sait-on, s'il y en a d'autres et s'ils sont mieux ou moins bien épanouis ? C'est un peu léger comme argument


    Et je n'ai jamais dit qu'élever son enfant de manière non conventionelle fera de lui un adulte perturbé ( je n'ai jamais joué à la poupés ou aux barbies, je grimpais aux arbres and co, on ne m'a pas forcée à entrer dans un rôle précis et au final, tout va bien, donc ça n'était pas le propos) mais j'ai vraiment du mal à comprendre qu'on trouve que cette expérience porte sur quelque chose de "minime".

    C'est très loin d'être anodin. Sincèrement, j'espère que cet enfant ne subira aucune conséquences, ça sera peut-être le cas. Mais en attendant, ça veut sans doute dire qu'elle ne le scolarisera pas avant 6 ans (ou alors que va-t-elle faire des autres enfants ? les surveiller pour que personne ne se mette tout nu, ne se tire sur la nouille et ne se tripote pour constater que tiens, ils ne sont pas pareils et qu'il y a bien une raison..), et bon, là, je n'ai pas assez de connaissances pour savoir s'il y a un impact ou non au niveau de la socialisation de l'enfant, même si spontanément, je penserais que oui.
    (c'est quand même à ces stades là qu'on s'identifie aux parents, qu'on commence à envisager autrui comme un être vivant et non comme un objet etc..)
  6. Lady Von Duck Lady Von Duck

    Le 09/01/2011 à 22h19

    J'ai dis il me semble parce que je n'ai pas l'article sous les yeux et elle suit l'exemple de parents américains dont (il me semble) les enfants sont déjà grands et qui donc ont dépassés le stade du "neutre". Mais je ne veux rien affirmé parce que je l'ai lu il y a au moins 3 semaines

    Notre désaccord se porte à mon avis à un autre niveau: je ne crois pas en l'œdipe.

    Et je pense qu'une femme seul peu élever très bien des enfants, qu'un homme seul aussi, qu'un couple gay de même ( de filles ou de garçon).
    Qu'il puisse vivre comme perturbant un état de fait me semble absurde
    Pour la scolarité, on n'envoie l'enfant que quand il est propre en maternelle. Personnellement je n'ai jamais été en crèche, ma mère n'a jamais réussit à me trouver de place. Si je me souviens l'enfant de cette dame doit avoir 3 ans donc le problème ne se pose pas ou alors tout juste. Elle parle de contacts avec d'autres enfants donc je pense qu'il doit être socialisé d'une manière ou d'une autre. Je ne dis pas que l'expérience jusqu'au-boutiste ne serait pas perturbante et je pense qu'il faut s'adapter selon l'évolution de l'enfant. Mais vraiment je ne vois rien perturbant ou de destructeur. Au final on a tous été élevés d'après des schémas et des contextes différents, ça fait de nous des adultes plus ou moins perturbés, jamais parfait, mais rarement névrosés jusqu'à l'os
  7. chibi_chica chibi_chica

    Le 10/01/2011 à 12h23

    Génial l'article !

    Ca me rappelle Zemmour et sont 'les femmes n'osent pas transgresser, les génies sont hommes, c'est comme ça, c'est tout!'
    Ils ont l'air du même genre d'ignorant que lui .

    Je pense que les femmes et les hommes sont à 100 % pareil dans la tête, tout ce qu'y diffère c'est le physique.
    Et c'est justement à cause de ce même physique, que, comme dis dans l'article, les adultes qui ont conscience de ce physique, pousseront plus les femmes à être sage, à la maison, calme (n'avez vous jamais entendu "ne dis pas de gros-mots, c'est moche dans la bouche d'une fille !!") et les garçon à faire des choses, à être actif, voir se dépasser...

    En tout cas petit message à toutes celles qui me lise : comme dis dans un des commentaires précédent, les femmes ne sont pas assez solidaire entre elles ! Donc quand vous avez la possibilité, soyez solidaire avec d'autres femmes !
    Personellement, je le suis mais à outrance souvant, pour compensées les nombreuses idiotes qui sont presque 'anti-femmes' x)
  8. Ycia Ycia

    Le 10/02/2012 à 15h25

    C'est marrant parce que c'est un peu un prolongement de mon cours de Questions actuelles en psychologie de hier matin.
    Mais vous savez, même si l'éducation et la culture ont un énorme rôle dans la vision du genre, les hormones et certaines différence jouent aussi.
    Même si vous présentez à une petite fille depuis sa naissance uniquement des jouets dits pour les garçons, à un moment ou à un autre, elle va être attirée par la poupée ou autre que vous lui présenterez. Et idem à l'inverse pour un garçon. C'est les hormones contre lesquelles on ne peut pas tellement lutter haha.Ca ne veut pas dire qu'il faut présenter aux petites filles uniquement du rose bonbons/petites fleurs/poupées.
    Puis (attention, je ne suis pas pro-matchistes etc) mais le cerveau de la femme et celui de l'homme sont différents. Par exemple (bon ça fait cliché, mais ça à été prouvé), les femmes ont le sens "multitâche" plus développé que les hommes, et ces derniers ont une "visualisation dans l'espace" plus développé que les femmes.
    Après certainement que la culture joue un rôle dans ce développement.

    C'est sûr que ça entraîne pas mal de questions sur la façon d'élever ses enfants sans leur imposer un genre.
  9. aizis aizis

    Le 23/03/2012 à 00h04

    Au final on nous fait croire qu'une fille est fragile, mais allez voir dans les hôpitaux, dès la naissance les garçons sont plus fragiles que les filles. Et ce n'est que le début! Les femmes vivent plus longtemps que les garçons, et en meilleure santé.
    On a moins de force physique, mais ça ne veut pas dire qu'on tient moins à la durée, bien au contraire!!!
    Et on prouve que notre cerveau équivaut celui d'un homme, il suffit de regarder la proportion montante de filles qui réussissent leurs études! (et sont payé moins cher ...la fragilité sans doute...)

    Peut être un jour l'égalité sera une évidence pour tout le monde...

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