« Être invisible comme une femme noire en France », à lire sur Slate

À l'occasion de la sortie de Bande de filles, Charlotte Pudlowski prête sa plume à plusieurs femmes noires, qui analysent le manque cruel de représentations et de modèles qui leurs correspondent.

Les affiches du dernier film de Céline Sciamma, Bande de filles, ne passent pas inaperçue. Il faut bien le reconnaître, et le regretter : on voit très peu d’actrices noires tenir la tête d’affiche dans le cinéma français.

À lire aussi : « Bande de filles », un film encensé pour de mauvaises raisons

Ce constat n’est pas nouveau, mais l’enthousiasme médiatique autour d’un film qui porte à l’écran un casting entièrement composé de personnes noires met en lumière le cruel manque de rôles et de représentations de modèles noir•e•s.

Et ce manque de représentation dépasse le cadre du cinéma ; il a des conséquences sur la confiance en elles et les ambitions personnelles des femmes noires :

« Les jeunes filles noires qui ne se voient pas dans les productions culturelles contemporaines n’ont pas de proposition française d’image de soi idéalisée. Cela revient à ne pas se sentir regardé », remarque Sarah Chiche, psychanalyste et psychologue clinicienne.

« Si l’on n’est pas représenté, on l’assimile au fait de ne pas être représentable, indigne d’être représenté. » […]

Ce manque de représentations n’empêche pas tout. […] Rokhaya Diallo souligne la complexité de la chose :

« Moi-même ça ne m’a pas affectée au point de détruire ma confiance en moi, mais j’ai eu une famille assez structurée, une maman très forte qui m’a servi de modèle donc j’avais de quoi nourrir mes projections. Je ne me suis personnellement jamais interdit quoi que ce soit, mais c’est grâce à mon environnement. Pour moi, l’absence générale de représentations me rendait très attentive dès qu’il y en avait une pour faire exception. Et ça rendait les représentations négatives encore plus évidentes. »

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Être invisible comme une femme noire en France

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Chaj
    Chaj, Le 25 octobre 2014 à 11h41

    Une série que j'avais adoré par rapport à ça c'était Malcolm. Les personnages noirs ne sont pas des caricatures ou communautaires. Ils ne sont pas castés pour être des "personnages noirs". Ce que je déteste d'habitude dans les séries américaines.
    Le tout est très bien symbolisé par l'épisode ou Al veut jouer au poker avec Abe Kenarban (le père de Stevie) et ses amis. (Saison 3 episode 8 ) Le groupe d'amis joueurs de poker est composés d'hommes noirs tous avec un job à son compte (docteur, avocat, dentiste etc.). Al vient jouer, se fait ridiculiser, et refuse de revenir jouer au poker. Al et Abe se disputent par rapport à Stevie, puis Al sort
    "En tous cas, moi j'ai le courage de m'excuser quand je me suis mal conduit"
    Abe : "Quoi ?! Et qu'est-ce que vous entendez par là ?"
    Al : "Oh vous savez très bien à quoi je fais allusion. A la façon dont vous et vos amis m'avez traité l'autre soir."
    Abe : "Quoi ?!"
    Al : Oh je vous en prie ! Oui évidemment que je suis différent de vous ! Et il a suffit que je passe votre porte pour m'en apercevoir ! Ces choses-là n'ont jamais d'importance pour moi, mais..."
    Abe *choqué* *en colère* : "J'ai peur de comprendre quelque chose que vous avez peur de dire !"
    Al : "Vous voulez que je sois plus explicite ?!"
    Abe : "J'allais vous le demander !"
    Al : "Très bien ! Vous et vos amis vous vous êtes ligués contre moi parce que je ne suis pas mon propre patron"

    Et à partir de ça le ton de la série était fixé. Ces personnages ne sont pas "noirs". Ce n'est pas leur caractéristique. C'est le père de Stevie, il a bon boulot, il est indépendant, très trouillard, il aime le poker etc. Mais il n'est pas caractérisé par sa couleur de peau. Et c'est ce qu'ils ont tout le temps fait dans la suite de la série. (ce que l'on ne retrouve pas à mon sens dans les séries types communautaires)

    J'aimerais voir ça dans les séries françaises et films français aujourd'hui. On le retrouve dans "Scènes de ménages". Par contre, représenter des femmes, noires, de manière non caricaturale et plus d'une en arrière plan pour faire "diversité à la télévision"... on attends toujours.

    Ce qui m'exaspère le plus, c'est quand on dit "mais le public n'achètera pas" "mais le public ne veut pas de ça". Enfin, c'est pas en le cachant sous les cartons au fond d'un bunker dans le fin fond de l'atlantique que le public va pouvoir montrer qu'il apprécie ce type de films.

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