Les faux centres IVG aux États-Unis pris pour cible par John Oliver

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Le chroniqueur John Oliver dénonce les pratiques malhonnêtes de faux centres IVG qui tentent coûte que coûte de dissuader les femmes cherchant à avorter. Et c'est juste ahurissant.

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Tu as peut-être déjà aperçu le nom de John Oliver au détour d’un article sur madmoiZelle.com. Il possède sa propre émission sur HBO : Last Week Tonight with John Oliver. 

Cet animateur d’origine anglaise se penche sur des sujets de société qui touchent le plus souvent les États-Unis, avec un humour grinçant.

Et dans son émission du 8 avril dernier, John Oliver s’en prend cette fois aux CPC (Crisis Pregnancy Centers), des faux centres IVG destinés à induire en erreur les femmes souhaitant avorter ou obtenir une contraception.

Oui, ça semble totalement dingue, et pourtant c’est totalement véridique : aux États-Unis, ces structures se cachent derrière des logos et des noms qui laissent croire à des planning familiaux.

Mais c’est loin d’être le cas puisque les CPC sont dirigés par des associations ultra-conservatrices anti-choix et religieuses.

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Par divers moyens, ces centres attirent les femmes qui cherchent des informations sur la contraception ou sur l’avortement, pour ensuite les convaincre de n’avoir recours à ni l’un ni l’autre.

Sur madmoiZelle, Mymy avait partagé une enquête dédiée à ces faux centres IVG.

La désinformation, l’arme des faux centres IVG

D’abord, ces centres abordent souvent un nom qui sèment la confusion. Certes, il s’agit de Crisis Pregnancy Centers, mais certains établissements possèdent un intitulé avec le mot « choice », qui signifie choix.

Par exemple, dans le Mississippi, une de ces structures s’appelle le Center for Pregnancy Choices (en français : centre pour les choix de grossesse), une autre le Informed Choices Medical Clinic Center (Centre clinique et médical pour des choix informés).

Les personnes qui les consultent s’attendent donc à avoir le choix, normal, mais aussi à rencontrer des médecins et des professionnels de la santé.

C’est totalement faux.

Elles seront face à un discours anti-IVG et anti-contraception et ces centres feront tout ce qui est possible pour les persuader de ne pas avoir recours à des méthodes contraceptives ou à l’IVG…

De plus, le personnel n’est pas tout formé médicalement.

Quelle arnaque.

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De plus, ces établissements se sont délibérément installées à proximité de réels planning familiaux et de structures qui pratiquent des IVG. Le but : foutre le bazar sur Google Maps et profiter de la moindre petite confusion.

Une fois alpaguée (voire piégée) dans ces centres, la personne qui pense avoir mis les pieds dans un planning familial a droit à un tissu de mensonges sur l’IVG et la contraception.

Cela s’appelle : de la désinformation. 

John Oliver prend l’exemple d’une directrice de l’un de ces centres, Barbara Beavers : dans un extrait vidéo elle assure clairement que le préservatif ne protège pas des grossesses non désirées, et qu’il existe un risque de 20%.

CECI. N’EST. PAS. VRAI.

Pour rappel, le préservatif masculin s’il est correctement utilisé ne connaît que 2% d’échecs.

Effectivement, en pratique, le risque monte à 15% parce que ceux et celles qui l’utilisent manquent parfois d’information et d’éducation pour l’utiliser de manière optimale. C’est donc un souci de formation et de pédagogie, pas de moyen.

Le chroniqueur montre également des images sur lesquelles une employée d’un faux centre IVG explique que l’avortement peut être mortel et… qu’il est possible de retrouver des morceaux de fœtus dans le cœur et les poumons !?

MAIS QUOI ?!

Les faux centres IVG sont malhonnêtes et menteurs

Ces techniques sont extrêmement malhonnêtes. Et ça me fout en rogne qu’on puisse imposer ça à des femmes qui n’ont rien demandé à personne.

Vraiment, en découvrant la nature et les pratiques de ces CPC, je réprime une très très forte envie de m’arracher les cheveux et de balancer mon ordi à travers la pièce.

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Heureusement, l’humour et la dérision de John Oliver parviennent à me calmer un peu.

Je suis tellement reconnaissante qu’une personne aussi médiatique que lui puisse faire la lumière sur ces faux centres IVG.

C’est une autre façon d’éduquer et de s’informer et j’ose espère qu’avec ce ton loin d’être moralisateur, il saura toucher un grand nombre de gens.

Depuis peu, les faux centres IVG du comté de King dans l’État de Washington sont dans l’obligation de préciser qu’ils ne sont pas des centres médicaux, ni des cliniques et qu’ils ne peuvent pas pratiquer des IVG et ce dans 10 langues différentes.

C’est déjà un premier progrès.

En savoir plus

Tous nos articles sur la contraception et sur l’IVG.

Le guide complet de Martin Winckler sur la contraception.

Le site Choisir sa Contraception et celui du Planning Familial.

À lire aussi : Comment s’habiller pour aller avorter ?

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JulietteGee


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Commentaires
  • Mélishnek
    Mélishnek, Le 10 avril 2018 à 19h56

    Que ces centres existent c'est déja hallucinant, mais qu'il soient financé en partie par le gouvernement, alors qu'il retire les subvention de vrai centres médicaux partiquant l'avortement !.. ce monde m'épuise.

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