Mes fantasmes et moi : histoire d’un déblocage progressif

Les fantasmes, LadyDandy les collectionne. Mais loin des Jon Snow ou des Ryan Gosling, les siens sont à poils ou à l'encre, homosexuels ou simplement... décédés ! Et ça lui a pris du temps pour l'accepter.

Mes fantasmes et moi : histoire d’un déblocage progressif

Je n’ai pas eu une éducation puritaine, mais ma boîte à fantasmes est restée, pendant longtemps, fermement verrouillée — au point que ça en devenait ridicule. Petit retour sur l’histoire de mon déblocage.

Les dents de la mouille

— La rédac s’excuse pour ce jeu de mots foireux (mais drôle)

J’ai douze ans, je suis en fin de sixième et je méprise les filles de mon âge qui fantasment déjà sur des acteurs… Passe encore qu’on bave sur J.B. de la troisième 8 (et encore), mais un fichu acteur qu’on ne connaît même pas, c’est carrément idiot. On n’a aucune chance de le rencontrer et ce qu’on en voit dans les films est forcément faussé !

Par contre, ça ne me gêne absolument pas de fantasmer secrètement sur les situations hautement improbables des films. Je me rappelle avoir longtemps rêvé que mon meilleur ami masculin imaginaire m’offre une maison de poupée qu’il aurait fabriquée lui-même, comme dans 30 ans sinon rien. Nul doute que de fantasmer là-dessus est beaucoup plus constructif que d’imaginer ôter le slip de Leo Di Caprio (mauvaise foi, qui a dit mauvaise foi ?) !

Et puis… Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban sort au cinéma et lance le coup d’envoi de ma libido.

Et non, je ne fantasme pas sur Sirius/Gary Oldman (qui a déçu Cy, mais qui demeure quand même très croustillant). Ni sur Drago/Tom Felton qui a subitement embelli. Encore moins sur Harry/Daniel Radcliffe, le héros dont je n’ai à vrai dire jamais compris le sex-appeal.

Je fantasme sur Neville/Matthew Lewis. Son doubleur français est en train de muer, l’acteur a pris quarante bons centimètres et commence à ressembler à un échalas mal fichu… Et cette scène où le monstrueux livre des monstres lui saute dessus et que Neville titube dans le cadre, tout échevelé et transpirant, ça me titille. Et puis, il y a ses dents, ses incisives bizarres qui se chevauchent comme de joyeuses lapines gambadant dans les prés.

La passion dévorante attaquant mon coeur : une allégorie

Ça, c’est le vrai commencement de ma libido. Mais bien sûr, officiellement, je le trouve juste « attachant » et « je comprends pas qu’on fantasme sur des acteurs, c’est débile » ! Notons d’ailleurs que mon amour pour Neville ne s’est jamais éteint.

Jamais.

La passion post-mortem

Cette étape de mon parcours sera brève. À quinze ans, je suis la règle implicite du « ne fantasme que sur ce qui est relativement accessible », à savoir : quelqu’un de vivant, d’à peu près ton âge et de relativement célibataire (oui, je vérifiais ça aussi, j’étais une meuf flippante en herbe). Je fais alors brusquement face à mes contradictions en découvrant que le très sexy Marc Bolan, du groupe T-rex, qui hante mes nuits… est mort depuis quelques temps.

Ok, depuis quelques dizaines d’années. Ce qui le rendrait également inaccessible s’il était vivant, vu son âge canonique.

Faisant fi des convenances, je tombe passionnément amoureuse du Dandy in the Underworld !

La sexyness animée

J’ai toujours quinze ans, je me réfugie depuis quelques années sur le Web où je croise des gens bizarres qui fantasment sur… des personnages de dessins animés ! De Disney à Fruits Basket, ces internautes arborent les avatars des personnages que leurs alter-ego fictifs draguent (voire tringlent) à tout va dans d’étranges fanfictions érotiques.

Tout ceci me plonge dans la perplexité. Passe encore de fantasmer sur quelqu’un de vivant qui existe dans cet univers, mais un personnage dessiné, vraiment, c’est étrange.

Et puis, sur les conseils d’une amie je me mets à Naruto, et… mince, il est quand même trop beau Kiba Inuzuka !

Tellement beau que je le dessine en boucle sur mes cahiers. Tellement beau que j’ai un avatar et une bannière de lui sur les forums. Tellement beau que j’envisage (sans jamais l’écrire) une fanfiction dans laquelle je ferais sa connaissance.

Kiba est mon déclic, et s’il est très rapidement remplacé dans mon coeur, il demeure le premier à avoir étendu mon horizon de fantasmes jusqu’au monde merveilleux des coups de crayon.

La fourrure caliente

Quinze ans est vraiment l’âge de mon explosion hormonale. Peu après ma phase Naruto, je me replonge avec nostalgie dans les dessins animés de mon enfance. Évidemment, les beaux gosses crayonnés se font rapidement une place dans mon coeur : Jim Hawkins, Thomas, Dimitri (et même Moustique que j’imagine plus âgé) hantent mes nuits et mes fantasmes.

Et là, je me remate un de mes Disney préférés (ce qui est toujours le cas aujourd’hui) : Basil, détective privé.

Passe encore qu’on fantasme sur les humains animés, mais franchement, les petits sursauts que provoque Basil le rongeur au fond de mon ventre sont TRÈS bizarres. Serait-ce là un genre de zoophilie ? Dois-je consulter ?

Ses « oui… oui » ne sont pas suggestifs pour un sou, mais malgré tout…

Heureusement, l’Internet me rassure une fois de plus. Je ne suis pas seule à apprécier les animaux anthropomorphisés et même si niveau réalisme (et pour parler crûment) Basil pourrait seulement me servir de capote dans la vraie vie, j’ai au moins le mérite de fantasmer sur un être bipède qui porte des vêtements.

Alors que Kovou, le lion beau gosse du Roi Lion 2, lui, il est à poil et il rugit ! En quoi c’est sexy de rugir ?

Les fricotages entre gus

Encore un blocage qui saute à quinze ans (quelle belle année, dites donc). Jusqu’à présent, j’avais vaguement croisé le yaoi dans des fanfics Harry Potter et je n’en voyais pas l’intérêt. D’autant plus que j’avais souvent du mal à trouver les Drarry et autres délires plausibles.

Mais un jour, je tombe sur Gankutsuou, un anime qui passait à la télé, à l’époque où France 4 diffusait des dessins animés japonais à des heures décentes (tu m’entends, France Télévisions ? C’est PAS BIEN de passer Monster à minuit). Il s’agit de l’adaptation d’un grand roman français, Le comte de Monte-Cristo, dans un univers futuriste.

Peu à peu, je me passionne pour cette série et notamment pour les relations ambiguës qu’elle met en scène, notamment entre Franz d’Epinay et Albert de Morcerf.

Et là, c’est l’illumination. Deux beaux mecs attachants et intéressants ensemble, le comble du fantasme, la glace deux boules (héhé) avec chantilly en prime, la moutarde sur le steak haché… Vous m’avez comprise : pour moi, le yaoi est l’apogée de l’érotisme.

Mes cahiers sont aussitôt barbouillés d’hideux hommages à ces amours de garçons se léchant mutuellement la figure.

J’assume tout dans cet article, même mes fanarts crados à l’anatomie vague.

Le psychopathe asexué

Au lycée, je rencontre d’autres fangirls de mon acabit et mon état va en s’aggravant. Mon harem de personnages fictifs, d’acteurs et autres gens morts s’agrandit, mais il y a un type de personnage pour lequel je n’éprouve rien : le « psychopathe ».

Je ne comprends absolument pas qu’on puisse se pâmer face à Raito Yagami ou Voldemort/Tom Jedusor. Et une copine, fan d’Itachi Uchiwa, n’arrange rien en s’excitant sur son « côté cruel ».

Je ne pige vraiment pas ce fantasme du méchant mais je crois y discerner (attention, cliché) l’idée de « je vais être celle qui pourra le réparer et le transformer ». Moi, à l’époque, j’ai déjà du mal à me réparer toute seule alors, même en fantasme, hors de question de prendre quiconque sous mon aile.

Mais une fois encore, mon coeur me trahit quand je m’éprends de Rorschach dans Watchmen (un des meilleurs comics du monde entier, soit dit en passant).

En même temps, regardez-moi cette pose lascive : impossible de résister.

Rorschach n’est pas vraiment méchant, mais tout de même psychotique, violent et glauque (et en plus il pue le chien). Cependant, il est indéniablement le personnage le plus charismatique des Watchmen…

Et je l’avoue : je veux être celle qui lui rendra la vie plus douce, qui saura l’accepter malgré son odeur faisandée.

L’ultime tabou

On est en 2014, je pense mes hormones calmées. J’ai ma petite routine, ma boîte à fantasmes qui varient assez peu depuis la terminale : Tobias Menzies, Spike Spiegel, Longshot et son mulet galactique…

Mais je me mets à regarder un petit dessin animé Disney, Souvenirs de Gravity Falls. Les deux personnages principaux sont des jumeaux terriblement attachants et complémentaires et… et… peu à peu… je les « ship ».

« Shipper », ça veut dire mettre en couple dans mon esprit. Deux personnages Disney. Qui sont jumeaux. Qui sont des ENFANTS.

C’EST QUOI MON SOUCI ?

En même temps, ce dessin animé EST tordu.

Bon, respirons : l’Internet est tellement vaste, d’autres personnes ont forcément eu cette idée tordue avant moi, et leurs fanarts explicites vont forcément me dégoûter à vie du Pinecest (contraction de Pine, le nom des jumeaux, et d’incest).

Et là, je tombe le Tumblr le plus adorable du monde, DoublePines (à ne pas lire à la française), je réalise que le Pinecest est le « ship » le plus populaire de la série, et je me demande ce qui cloche dans notre monde.

Je comprends peu à peu que…

  • Normal que ce soit le « ship » le plus populaire : ce sont les deux personnages les plus développés.
  • Bon sang, c’est rien qu’un foutu fantasme ! Un FANTASME ! Il s’agit pas de me coucher moi-même avec mon frangin (frisson d’horreur), de forcer le créateur du show, qui s’est inspiré de sa propre relation avec sa soeur jumelle, à toucher à cette dernière, de pourchasser un acteur pour qu’il m’épouse, de m’occuper d’un vrai psychopathe qui pue le poisson mort, ou encore d’abuser d’une vraie souris en costume de détective. Il s’agit d’imaginer et de jouir de cette imagination !

Un fantasme, ça ne se contrôle pas vraiment, c’est comme les rêves érotiques avec Gérard Depardieu. Peut-être que ça en dit long sur nous, mais là encore, je pense que c’est du cas par cas et qu’on a mille raisons différentes de fantasmer sur la même chose.

De fait, je m’engage à arrêter de juger tous les gens qui m’entourent et dont les idéaux me déconcertent, voire me dégoûtent. Fantasmer, ce n’est pas un crime, et tant que ça n’implique pas de réelles souffrances humaines ou animales (via du porno illégal par exemple), ça ne fait… que du bien !

Et vous, vous avez des fantasmes-de-la-honte ? Des personnages ou mises en scène qui vous font frétiller le slip sans que vous ne sachiez pourquoi ? Dites-nous ça dans les commentaires !

Cet article t'a plu ? Tu aimes madmoiZelle.com ?
Tu peux désormais nous soutenir financièrement en nous donnant des sous !
Big up
Viens apporter ta pierre aux 47 commentaires !

Voici le dernier commentaire en date :

  • Aerlynn
    Aerlynn, Le 22 octobre 2014 à 18h43

    Fiou, si je devais faire la liste des amants de mon placard, la liste est longue.
    soit. En fait, la majorité sont soit des méchants, soit des cas particuliers.

    Dark Vador
    Sauron
    Le Balrog de Morgoth ( bah quoi... tout chaud, tout braise et un poil SM XD)
    Prince Nuada ( Hellboy)
    Severus Snape ( oui, qu'est ce que je l'aimais celui là... * se rappel des RP*)
    Prince Royal / Robin Hobb ( oui, j'aime les connards, vous pouvez le dire)
    Diablo ( X men)
    Ronan ( Guardian of Galaxy)
    Loki et Thor ( je les fous ensemble généralement) dans Thor.
    Poison Ivy ( bah oui, j'ai aussi beaucoup aimé de demoiselles)
    Tornade ( Xmen)
    Gaara
    Ashram ( lodoss)
    L'antagoniste dans Blue seed.
    Krauser et Marcus dans les Resident evil.
    Saix et Xemnas ( KH)
    L'empereur ( FF 2) et Kuja
    Davy jones ( Pirate des Caraïbes)
    Griffith ( Berserk)
    Pleins de Monsieurs dans Spartacus.. <3
    Ganondorf ( pas la version gros porc, hein. le peau ténébreux aux cheveux rouges ...=w=)


    et pleins d'autres....

Lire l'intégralité des 47 commentaires

(attention, tu dois être connectée pour participer — tu peux nous rejoindre ici !)