Dracula, la nouvelle comédie musicale de Kamel Ouali

Annelise revient sur cette particularité qu'a la France de pondre des comédies musicales tous les 4 matins, avec la petite dernière en date : Dracula, de l'inégalable Kamel Ouali.

Dracula, la nouvelle comédie musicale de Kamel Ouali

Depuis les joies de la comédie musicale Notre Dame de Paris où Esmeralda est une chanteuse à voix et Quasimodo un mec au pseudo chelou, la France a développé une qualité étrange : celle de nous pondre moult comédies musicales à grands renforts de « spectaculaire ». Certes, il y a eu quelques années de creux : Cindy, la Cendrillon de l’an 2000 a finalement continué à nettoyer des planchers, Les enfants du Soleil sont tombés dans l’oubli (avoir choisi Didier Barbelivien pour faire la musique n’était peut-être pas judicieux) et de nombreux participants ont fait quelques couvertures de Starclub et puis sont partis. OUI MAIS, c’est reparti mon kiki. Le Roi Soleil, Cléopâtre, Mozart L’opéra Rock… il manquait quoi au palmarès de l’incongru musical ? Dracula bien sûr !

Mozart l’Opéra Rock montrait que les spectacles musicaux étaient mal barrés : des jeux de mots improbables (L’assasymphonie, la seule chanson où tu entends des rimes tordues comme « déconcertants concertos » et « symphonie siphonnée », c’est pas pour les dyslexiques), un sujet étrange (Mozart, rock star avant l’heure ? SVP, le chanteur allemand Falco l’avait déjà prouvé il y a quelques années avec Rock Me Amadeus), une chanteuse en manque de reconnaissance qui voulait explorer son côté strange (Melissa Mars : un single faussement underground, un duo avec Pascal Obispo puis une comédie musicale, la décrépitude ordinaire), et la nouvelle formule à succès des compositeurs de tous horizons. Qui l’eut cru ? Dove Attia empoche donc des droits d’auteurs tout comme par exemple l’ex chanteur de Kyo (le blondinet Benoit Poher, qui a signé ce chef d’œuvre Tatoue-moi dont j’ai toujours pas compris les paroles). Gros succès, ouvrant alors la voie de l’enfer : si l’on peut faire danser des femmes en crinoline en faisant croire qu’un chanteur italien s’appelle Mozart et attise la jalousie d’un Salieri schizophrène vouant ses nuits aux requiems, alors tout est possible.

Or, qu’est ce qui a fait la tendance ces dernières années ? Les vampires bien sûr ! Edward et Bella de Twilight, suivis par la serveuse Sookie de True Blood puis par les minets mignons (oh ! on dirait du Mozart) des Vampire Diaries, tout se rejoint pour nous faire comprendre que l’hémoglobine, en ce moment, c’est vendeur. Preuve en est, même les romans photos de Girls s’y mettent. Chanter son amour des cryptes et son rejet des gousses d’ail, en voilà un bon filon ! Les américains, toujours en avance au niveau marketing, ne s’y sont d’ailleurs pas trompés : depuis quelques années, la comédie musicale Bite ! (comprendre : mordre… et seulement ça hein) parle des aventures vampiresques d’un Comte et de donzelles à oilpé qui dansent de manière suggestive. A Las Vegas, le spectacle cartonne.

Le Moulin Rouge ne programmant aucun spectacle Bitesque (comme c’est dommage), c’est donc notre génie national Kamel Ouali qui s’y colle, avec Dracula, L’amour plus fort que la mort. Rien que le titre, on rigole doucement. On aurait pu avoir L’amour plus fort que tout, L’amour éternel par-delà la mort ou encore L’amour plus fort que les interdits, mais la mort a trouvé une place privilégiée : n’oublions pas, les vampires sont déjà morts (mais ils peuvent chanter et danser). On nous harcèle déjà avec un single alors que le spectacle ne sera sur scène que dans quelques mois. Oh tiens, plusieurs compositeurs se relaient pour faire les chansons. Ça ne vous rappelle rien ? Étrange, moi non plus.

dracula l'amour plus fort que la mort

C’est donc avec joie et amour plus fort que l’amour même qui transcenderait la mort que je vous présente 1,2,3 la première chanson de cette nouvelle comédie musicale à fort potentiel de succès, un titre écrit par Jennifer Ayache, madame Superbus herself, qui, il faut bien l’avouer, a peut-être le sens du rythme mais pas celui de la rime. Les jeux de mots couillus de L’assasymphonie sont dépassés, puisqu’on a le droit au duo « Lucifer/Laisser faire » que même Maurice Carême n’avait pas osé.

Chargement du lecteur...

Rendez vous le 30 septembre, devant le Palais des Sports de Paris, slip à clous et lunch box Twilight pour admirer cette merveille !

Cet article t'a plu ? Tu aimes madmoiZelle.com ?
Tu peux désormais nous soutenir financièrement en nous donnant des sous !
Big up
Viens apporter ta pierre aux 52 commentaires !

Voici le dernier commentaire en date :

  • Madame A
    Madame A, Le 25 mars 2011 à 15h31

    Marina_33;2004713
    Je trouvais que Mozart l'opéra rock était une insulte à la mémoire de Mozart (manifestement ni Olivier Dahan ni Dove Attia n'ont écouté du Mozart de leurs vies!) mais LA, je pense que Bram Stoker doit se retourner dans sa tombe s'il savait ce qu'on fait de son Dracula ! :goth:
    Je suis entièrement d'accord !:headbang:

    ce que je trouve désolant c'est qu'il y à des gens qui vont aller voir ça et encourager les comédies musicales, désolé du terme, complétement débile qui ne sont qu'une insulte au monde de la musique.

Lire l'intégralité des 52 commentaires

(attention, tu dois être connectée pour participer — tu peux nous rejoindre ici !)