La dernière lettre de Troy Davis

Pondu par Emilie Laystary le 22 septembre 2011     

Troy Davis a été exécuté hier soir, 21 septembre 2011, dans l’État de Georgie aux États-Unis. Voici la dernière lettre qu’il avait rédigée en 2008.

Le monde entier s’est ému hier à l’approche de l’exécution de Troy Davis – les uns, en colère contre le système judiciaire américain, les autres, priant pour un retournement de situation de dernière minute. Malheureusement, Troy Davis, devenu symbole de la lutte contre la peine de mort, a bel et bien été exécuté. C’était cette nuit à 5h08, heure française.

La dernière lettre de Troy Davis Image 32

Quand on se connecte sur la page de Rue89 aujourd'hui…

Avant de recevoir l’injection qui lui a ôté la vie, Troy Davis a remis une lettre à cette avocat. Ce matin, la rédaction du Point a été la première à en traduire de gros passages :

[Edit 22/09, 12h07 : Cette lettre date de 2008. Troy Davis avait remis ce courrier à sa soeur Martina Correia, qui l'a transmis aux avocats, à la veille de son exécution qui avait été finalement repoussée. Merci à Cédric Garrofé de la rédaction de 20minutes de nous avoir signalé la rectification.]

« Je veux vous remercier tous pour vos efforts et votre dévouement en faveur des droits de l’homme et de la bonté humaine ; lors de ces dernières années, j’ai éprouvé tant d’émotions, de joie, de tristesse… sans jamais perdre la foi. C’est grâce à vous tous que je suis en vie aujourd’hui (…) Ma soeur Martina me dit (…) qu’elle n’arrêtera jamais de se battre pour me sauver la vie et prouver au monde que je suis innocent de ce crime terrible.

Je suis ému, quand je découvre des mails du monde entier, venant d’endroits que je n’imaginais même pas connaître un jour, de personnes parlant des langues et exprimant des cultures et des religions que je ne pouvais seulement espérer découvrir un jour (…) Ce n’est pas une affaire qui concerne la peine de mort, ce n’est pas une affaire qui concerne Troy Davis, c’est une affaire qui touche à la justice et à l’esprit humain (…)

Je ne peux pas répondre à toutes vos lettres, mais je les lis toutes. Je ne peux pas vous voir tous, mais j’imagine vos visages. Je ne peux pas vous entendre parler, mais vos lettres m’emmènent aux quatre coins du monde. Je ne peux pas vous toucher physiquement, mais je sens votre chaleur tous les jours que j’existe.

Donc merci, et souvenez-vous que je suis dans un endroit où l’exécution peut seulement détruire votre état physique, mais grâce à ma foi en Dieu, à ma famille et à vous tous, je suis spirituellement libre depuis longtemps, et peu importe ce qui arrivera dans les jours et les semaines à venir, ce mouvement pour abolir la peine de mort, pour rechercher la vraie justice, pour faire éclater un système qui ne réussit pas à protéger ses innocents, doit être accéléré.

Il y a tant d’autres Troy Davis. Ce combat pour abolir la peine de mort ne sera pas gagné ou perdu à travers moi, mais à travers notre force à avancer et à sauver chaque personne innocente emprisonnée à travers le monde. Nous devons démanteler ce système injuste, ville par ville, État par État, et pays par pays. J’ai hâte d’être avec vous, peu importe que ce soit physiquement ou spirituellement, et ce jour-là, j’annoncerai : ‘Je suis Troy Davis, et je suis libre !’ ‘Ne cessez jamais le combat pour la justice, et nous gagnerons !’ »

Des mots d’une incroyable maturité pour un homme qui savait sa vie très menacée. Nul doute que la figure de Troy Davis restera symbolique dans la lutte contre la peine de mort, même au delà de son exécution.

 

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Émilie Laystary est journaliste indépendante (VICE magazine, RTL.fr, les Inrocks, etc.) spécialisée en politique et société. Elle tient ici la rubrique "Le Petit Reportage" dans laquelle un fait d'actualité est décrypté chaque semaine. Retrouvez également ses billets d'humeur sur son blog, Pensées Plastiques.

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  1. Dies IraeDies Irae

    Le 23 septembre 2011 à 14:22

    Posted by Freehug
    Tout d'abord, pour éviter les malentendus, je suis dans l'absolu totalement contre la peine de mort dans tous les cas de figure.

    Cependant, pour revenir sur les personnes qui souhaitent la mort de leur agresseur, cela me semble humain. On parle de gens qui ont subi des tortures (notamment les filles violées), de parents dont l'enfant a été tué… On n'a pas le droit de les traiter de primates.

    Impossible de statuer sur ce ressenti si on n'y est pas confronté directement.
    Il se trouve que c'est mon cas. Eh bien, mon seul soulagement, c'est de n'avoir jamais à choisir moi-même du sort de cette personne. Honnêtement, je ne sais pas ce que je ferais.

    Finalement, la justice peut se permettre d'être purement raisonnable parce que les gens qui y travaillent sont censés n'avoir aucune implication dans les affaires qu'ils traitent. Avec Troy Davis, je suis convaincue qu'on a un grave problème d'impartialité (pour X raisons). C'est cela qu'il faut combattre!


    J'avais commencé à répondre à ça mais j'avais du mal à expliquer correctement ma pensée… Je réessaie.


    Il y a une différence majeure entre souhaiter la mort d'une personne à cause du mal qu'elle nous a fait, et souhaiter que cette personne soit officiellement et froidement exécutée par la justice, donc la société dans son ensemble.
    Il est évidemment humain d'avoir des envies de meurtre et de vengeance lorsqu'on est confronté à l'horreur d'un crime, et si j'étais dans cette situation il est tout à fait possible que je me retrouve à penser ce genre de choses. Mais RIEN ne justifie que mon ressenti personnel sur le moment soit relayé par la loi, au contraire.
    Il est normal de souhaiter la mort de quelqu'un qui nous a fait du mal, il ne l'est pas de vouloir la peine de mort pour cette personne.
  2. Eternity-Eternity-

    Le 23 septembre 2011 à 14:42

    God bless America.

    Ma haine pour l'Amérique grandit de jour en jour. Qu'est ce que je déteste ce "pays".

    Je reviendrais lire vos posts plus tard, j'ai pas envie de chialer dans le métro..
  3. Le 23 septembre 2011 à 17:13

    Posted by <rosenrot>
    Détester l'Amérique ne signifie pas détester les Américains…
    Je déteste la France, cela ne signifie pas que je déteste le peuple français. Je pense qu'un gouvernement ou un système judiciaire n'est pas représentatif d'un peuple. Il est représentatif de celui des derniers siècles et malheureusement il n'évolue pas aussi vite que la pensée de la population actuelle.


    Mais ça veut dire quoi détester un pays ? D'ailleurs, il serait bon de détester les Etats-Unis d'Amérique et de ne pas mettre toute "l'Amérique" dans le même panier. Je comprend pas comment on peut détester un pays. A la limite, détester une façon de penser, un système, une culture mais un pays dans sa globalité ?! C'est ultra-réducteur.

    Pour ce qui est de la peine de mort, @Dies Irae a parfaitement résumé mes pensées.
  4. HollieHollie

    Le 23 septembre 2011 à 19:53

    On avait pas mal parlé de la peine de mort pendant un cours d'histoire en terminale, et j'étais assez d'accord avec ce qu'a dit mon prof :
    Telle personne est pour la peine de mort ? Ok, mais est-ce qu'elle est capable de tuer des gens ? Je suis persuadée que les 50 et quelques % de gens "pour" cités plus tôt répondraient "Ah oui mais non, les tuer d'accord, mais quelqu'un le fait à ma place"

    Encore une fois tout est une question de point de vue. Un homme dont l'enfant a été assassiné par quelqu'un cherchera à mon avis quasi irrémédiablement à rendre la monnaie de sa pièce au meurtrier, et donc à le tuer. C'est compréhensible. Mais en tant quejustice, comme l'ont dit certaines avant moi, on doit établir des lois qui n'impliquent pas de sentiments, pas de vengeance personnelle, aucune expérience de l'individu qui pourrait faire pencher la balance d'un côté comme de l'autre, il faudrait établir des lois de manière impartiale.

    J'ai envie de citer Rousseau, qui exprime assez bien ce que je n'arrive pas à faire sortir de ma pensée : "Pour découvrir les meilleures règles de société qui conviennent aux nations, il faudrait une intelligence supérieure, qui vît toutes les passions des hommes et qui n'en éprouvât aucune, qui n'eût aucun rapport avec notre nature et qui la connût à fond, dont le bonheur fût indépendant de nous et qui pourtant voulût bien s'occuper du nôtre"
  5. HollieHollie

    Le 23 septembre 2011 à 21:53

    Posted by Ramya
    J'ai des doutes sur cette affirmation.

    Si le meurtre est instrumentalisé au service de la Justice et de l'Etat, l'ordre de tuer vient alors d'une figure d'autorité incontestable.
    Refuser de tuer le condamné signifierait alors se rebeller contre cette figure d'autorité, que l'on nous demande de respecter depuis notre plus jeune âge, et contre notre pays.
    Et je ne pense pas que cela soit donné à tout le monde d'y résister.

    Beaucoup de gens, qui n'étaient pas foncièrement mauvais, ont fait pourtant des choses horribles sous couvert que "c'était les ordres".
    Ajoutons à ceci la déculpabilisation générale qui découle du fait que les gens se persuaderont d'avoir agi pour le bien de leur pays puisque la Justice l'a ordonné.

    (Je ne sais pas si je suis bien claire…)


    C'est vrai, je l'avais pas vu sous cet angle. Ca me fait penser à je ne sais plus quelle émission de télé où ils donnaient l'ordre à quelqu'un d'électrocuter un homme, et beaucoup le faisaient.
    Je trouve ça vraiment désolant, et j'ose espérer qu'il y a quand même des gens qui sauraient dire non…
  6. Docteur JekyllDocteur Jekyll

    Le 23 septembre 2011 à 23:48

    Ca me dégoute au plus haut point du genre humain.
    Je n'arrive pas à placer les mots exacts sur ce que j'ai ressenti en lisant la lettre mais c'était très semblable à la nausée.
    (et moi, ça m'a beaucoup fait penser au texte d'Hugo et sa citation : "faites donc des exemples, le mardi gras vous rit au nez")
  7. NimeYNimeY

    Le 24 septembre 2011 à 01:23

    J'ai déjà exprimé mon ressenti dans l'autre sujet mais là je ne peux pas m'empêcher de réagir.

    Posted by Epidaure
    Autre chose: vous êtes un peu virulentes quand même… ce qui est normal vu qu'il s'agit d'un sujet sensible, mais une mad qui serait pour la peine de mort serait franchement découragée de poster (ben oui il est déjà écrit qu'elle est "attardée" :facepalm: . D'ailleurs, Obama est-il attardé?… tous les Américains non abolitionnistes sont-ils attardés?….). De plus, pas une fois il n'est évoqué que les Etats-Unis n'ont pas la même culture judiciaire, ni la même culture tout court.


    Au contraire, je ne trouve pas que les Mads aient été virulentes, mais alors vraiment pas. Alors qu'il y aurait de quoi, on parle quand même d'un homme qui a été exécuté froidement, qui clame son innocence depuis plus de 20 ans, qui a subi une vraie torture psychologique. Quant à Obama qui ne s'oppose pas à la peine de mort il faut aussi se rappeler sur presque les 3/4 des Américains sont pour donc il a peut-être pas envie de perdre un paquet de voix. Pareil au sujet des armes, de l'avortement, Israël, etc..il y a des lobbies contre lesquels il ne peut pas/n'ose pas faire grand chose.

    Pou revenir à l'affaire, je sais que ce que je vais dire va choquer mais j'y vais quand même : je suis 1000 fois pour les débats, et que chacun vienne exprimer ses opinions. Sauf qu'il y a des sujets qui sont vraiment très, très, très sensibles, pour ne pas dire indiscutables. Par exemple la vie humaine. Etre pour la peine de mort c'est APPROUVER UN MEURTRE. Est-ce qu'une Mad serait autorisée ici à faire l'apologie du racisme ou de l'homophobie par exemple ? Non. Pour moi faire l'apologie d'une pratique institutionnalisée, préméditée, légalisée du meurtre ce n'est pas mieux. Meurtrier, innocent, pédophile, terroriste, violeur, dictateur, ça ne change rien. On ne peut pas tuer, personne n'a ce droit, sous aucun prétexte, ça ne peut se discuter.


    Posted by Darky-Angel
    Bah ouais mais tu sais je connais qqn qui à été +/- victime d'un de crimes cités par la personne d'avant et le coupable (membre de sa famille) est libre aujourd'hui et bien que je en partage pas son opinion sur ce point, je comprend qu'elle puisse souhaiter qu'il soit exécuté.


    Non et mille fois NON. Ils ne doivent pas avoir leur mot à dire dans la décision. En fait Dies Irae a déjà parfaitement démonté cette argumentation point par point en p.1 alors j'ai pas grand chose à rajouter :
    Posted by Dies Irae
    La justice se doit d'être froide, impartiale, dénuée de sentiments et de ressentiments pour ne laisser la place qu'à la raison pure. LES QUESTIONS DE VENGEANCE N'ONT PAS A ENTRER EN LIGNE DE COMPTE.
    Que ce soit parce que tu es de la famille de la victime, un proche, ou que tu sois particulièrement touchée par la cause des victimes de viol ou que sais-je, JAMAIS ton ressenti personnel ne doit peser dans la balance d'une décision de justice.


    Comme disait Gandhi, "An eye for an eye leaves the world blind"..("Oeil pour oeil rend le monde aveugle").

    Enfin il ne faut pas mettre toutes les familles de victimes dans le même sac. Penser que le supposé coupable mériterait de subir toutes les tortures du monde et vouloir qu'il les subisse réellement dans le cadre de la loi est totalement différent. Il y a des associations de familles de victimes qui se mobilisent contre la peine de mort, comme cet homme, qui a traversé des épreuves innommables (sa fille et son grand-père se sont fait assassiner à quelques années d'intervalle).


    Certains ont trouvé intelligent -moi pas - de faire une comparaison avec Lawrence Brewer,car il a été exécuté le même jour, ça aurait été quelques jours avant ou après que personne n'aurait amené ça sur le tapis. Mais passons car sur le fond je suis d'accord, sa mort est également barbare, quand on est contre la peine de mort il n'y a pas deux poids deux mesures.
    Eh bien dans cette affaire, les parents de la victime, James Byrd, se sont opposés à l'exécution de Brewer, dont la culpabilité repose sur beaucoup plus de preuves que celle de Troy Davis, et qui a déclaré que si c'était à refaire, il le referai encore.


    Posted by <rosenrot>
    Parce que ça semble être la seule "raison" de la culpabilité de Troy Davis.


    La "seule" raison non, pas forcément, même si les médias le présentent ainsi. Ce serait trop simpliste, d'autant plus qu'il me semble que sur les jurés de cette affaire il y avait aussi des Noirs, et il y a aussi 2 Noirs sur les 5 membres du "Georgia Board of Pardons and Paroles" qui a refusé la clémence à Troy Davis. De plus, l'autre suspect majeur est lui aussi Noir.

    Il y a peut-être plein de facteurs, je n'ai pas de connaissances approfondies sur l'affaire pour juger, mais il y en a un qu'il ne faudrait pas oublier : la victime était un policier. Et, bien que je ne comprenne pas pourquoi, que ce soit en France ou aux USA, beaucoup de gens pensent que s'attaquer à un "représentant des forces de l'ordre" est plus grave. Ce qui est bien sûr complètement con, un humain ne vaut pas plus qu'un autre.

    En tout cas on peut se poser des questions sur les motivations du "Georgia Board..", quand on voit la disparité entre ces deux cas suivants en Georgie :
  8. Dies IraeDies Irae

    Le 24 septembre 2011 à 03:33

    Et aux personnes qui disent que quand on est victime c'est normal qu'on souhaite la mort de l'agresseur : oui, et c'est d'ailleurs pour ça que le système judiciaire existe. Parce que rendre justice soi-même, c'est malsain et très très dangereux.
  9. FreehugFreehug

    Le 25 septembre 2011 à 17:49

    Dies Irae: en effet, tu m'as parfaitement comprise au sujet du ressenti des victimes, c'est tout à fait ça. Sur ce point nous sommes on ne peut plus d'accord.

    Par contre, je pense qu'Epidaume a raison de faire une disctinction de sens entre "meurtre" et "exécution"; tu l'as dit toi-même, un meutre peut être causé pour plein de raisons, alors qu'une exécution, c'est institutionnel et, disons, réfléchi. L'un et l'autre étant des abominations au même titre selon moi, parce qu'une vie est une vie, point. L' "avantage" de la peine de mort c'est qu'une fois abolie, elle n'existe plus, et elle est donc beaucoup plus facile à éradiquer.

    En revanche, je ne suis pas d'accord quand tu dis que la perpétuité est un non-sens. Elle l'est telle qu'elle est pratiquée maintenant (dans des conditions carcérales abominables), mais certaines personnes ne peuvent tout simplement pas vivre livrées à elles-mêmes dans la société pour diverses raisons, et je ne trouve pas absurde de leur recréer un cadre de vie clos, sécurisé et sécurisant. (vous m'avez comprise, je parle de malades mentaux). Ou alors, il faudrait des soignants avec eux en permanence, ce qui est matériellement encore plus difficile à réaliser qu'un système carcéral "satisfaisant" avec des vraies possibilités de réinsertion pour ceux qui le peuvent.
  10. Hopscotch.Hopscotch.

    Le 02 octobre 2011 à 10:42

    Je suis tout à fait d'accord avec ce que Dies Irae a dit précedemment. J'aimerais ajouter qu'il existe des associations de victimes qui sont contre la peine de mort aux Etats unis (notamment l'associationMurder victim's families for human rights) et qui sont convaincues que la mort de l'être qui les a fait tant souffrir (en tuant un de leur enfant par exemple) n'est pas la solution de leur apaisement, le président de cette association, Bud Welch, dont la fille a été tuée dans un attentat à Oklahoma, est un fervent abolitioniste de la peine de mort depuis cet evenement.

    Pour plus d'information, vous pouvez vous rendre sur le blog que j'ai construit avec une amie :
    La peine de mort aux Etats-Unis

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