Déboire, d’Augusten Burroughs

Pondu par Stellou le 4 janvier 2006  

Editions Passage du Marais

Déboire, dAugusten Burroughs 20060104deboireAugusten est un concepteur rédacteur de talent. Avec sa partenaire Greer, il fait le bonheur de l’agence dans laquelle il bosse. Autodidacte, entré dans l’univers de la pub à l’âge de 21 ans, Augusten vit à New York dans un appartement qui coûte la peau des fesses et moule les siennes dans des sous-vêtements de luxe. En fait, ça devrait rouler pour lui.

Si ce n’est que le jeune publicitaire a une fâcheuse tendance à lever le coude. L’alcool est son meilleur ami et lui tient compagnie à toute heure de la journée. A tel point qu’un jour, après avoir loupé une réunion de trop pour cause de gueule de bois, Augusten se voit obligé de choisir entre suivre une cure de désintoxication en clinique et faire ses cartons.

"Jeunesse, New York, Pub, Alcool, Fric". Prends ces mots-clés et tu as des chances d’obtenir l’un de ces romans qui dépeignent avec cynisme la vie des désabusés friqués. L’un de ces romans qui souvent, ont  l’odeur d’un bouquin de Bret Easton Ellis, sans en avoir la saveur. En m’attaquant à Déboire, j’avais un peu peur de me trouver face à l’un de ces spécimens littéraires. Heureusement, malgré des thèmes casse-gueule parce que propices aux clichés, Déboire ne donne pas l’impression de remâcher des vérités déjà dites ailleurs.

Grâce à un point de vue plutôt subtil, ni trop cynique ni trop mélo, Augusten Burroughs réussit à toucher sans écoeurer. La force de son roman, c’est d’utiliser le récit d’une dépendance à l’alcool pour soulever toute une foule de questions bien trop lourdes pour être abordées de front : traumatisme, peur de ressentir et peur de souffrir, angoisse de mort, quête de sens, autodestruction… Ces thèmes-là semblent danser la valse autour du couple que forment le héros et l’alcool.

L’un des atouts de l’auteur,  c’est aussi un style sobre (sans jeu de mots, huhu) mais parcouru d’images surprenantes.  Exemple : "Sous la douche, je pense à ma situation d’alcoolique qui n’a pas le droit de boire. Je trouve ça injuste. Aussi injuste que d’enfermer un chihuahua dans une cage à hamster" ou encore : "Wendy a la poignée de main molle. Elle glisse sa main dans la mienne comme si elle me tendait un bébé truite qu’elle venait d’attraper et dont elle ne saurait quoi faire". Des images comme celles-là, il y en a plein dans Déboire, roman qu’on aurait tendance à lire d’une traite tant le parcours du personnage est prenant, et qu’on devrait pourtant lire un stylo à la main, histoire de relever les petites perles semées ici et là, l’air de rien.

Ca vous a plu ? Faites tourner !

0 BIG UP

Tous les articles Revues de livres
Les autres papiers parlant de
Plus d'infos sur Stellou / Tous ses articles sur madmoiZelle.com

Mangue Amère, de Bulbul Sharma  

Mangue Amère, de Bulbul Sharma

Mangue Amère est un recueil de nouvelles qui raconte les femmes, qui raconte l’amour ou le...

Sauve-moi (Guillaume Musso)  

Sauve-moi (Guillaume Musso)

L’histoire de Sauve-moi se passe à New York, en plein Manhattan. D’un côté,...

L’Honorable Société, de DOA et Manotti  

L’Honorable Société, de DOA et Manotti

Inutile de cacher à quel point j’aime les livres de DOA (trois chroniques de ses romans...

Les 10 dernières réactions à cet article

Lire l'intégralité des 5 commentaires

  1. Le 04/01/2006 à 15h08

    Oh, merde, les citations me donnent envie de le lire. (j'imagine que l'animal n'est pas encore sorti en poche, hum ?)
  2. Le 04/01/2006 à 16h30

    oué comme euca, y'a pas en poche ?

    Nan parce que à force de t'en entendre parler - c'est français ça ? - ça donne envie.
  3. Le 04/02/2009 à 10h27

    Moi je l'ai en poche, je l'ai lu y'a un an et j'ai a-do-ré. Je ne lisais plus beaucoup avec les études, ce livre m'a donner envie de renouer avec la lecture. Dès que je l'ai fini il a fait le tour de tout mes amis! Et moi j'ai commencer "Courir avec des ciseaux" sont premier roman qui a d'ailleur été adapté au cinéma, qui, dans le même genre, raconte sont enfance, génial lui aussi.
    Je pense que je vais bientôt lire son dernier : "Pensée magique"
  4. Le 07/02/2009 à 01h17

    Je viens de l'acheter et c'est pas mal pour le moment. Mais quand j'ai lu la première page, je me suis tout de suite dit: "et merde, ça ressemble à du Beigbeder tout ça". Finalement c'est beaucoup moins lourd et moins gavant.
    Et en effet, certaines répliques sont énormes, dont une qui m'a fait rigolé hier soir pendant 5 bonnes minutes.
  5. Le 08/02/2009 à 17h41

    Comme Marj0 j'ai d'abord lu Courir avec des ciseaux et j'ai adoré !!
    Puis j'ai acheté Deboires (en poche et ça fait un moment) j'ai bien aimé mais moins que Courir avec des ciseaux.
    Enfin cet auteur a un style bien à lui, je conseille !

Lire l'intégralité des 5 commentaires