La cuisine fusion : expédition au pays de tous les possibles

La cuisine-fusion, vous connaissez ? Bienvenue dans le monde merveilleux du croissant-donut et du kebab au chocolat.

La cuisine fusion : expédition au pays de tous les possibles

Vu le buzz généré par les cronuts et autres alliances alimentaires, j’ai commencé à me pencher sur la question de la cuisine-fusion. Qu’est-ce qui fait qu’une fusion est réussie ou non ? Pourquoi la chantilly au ketchup ne monte pas ? Ma réflexion m’a menée beaucoup trop loin.

La cuisine-fusion repose sur un postulat simple : « le tout est plus que la somme des parties ». Ainsi parlait Aristote (qui ne devait pas faire bien souvent la popote). Autrement dit, si A est bon et que B est bon aussi, A+B sera délicieux. En plus on pourra  le vendre aux clients qui aiment A et aux clients qui aiment B et on deviendra riches et puissants (et gros).

Exemple de fusion réussie

Les hors-sujets

Mais avant d’en arriver aux folies des fusions culinaires à proprement parler, il me faut pointer du doigt ceux qui trichent. Ceux qui prétendent faire de la cuisine-fusion mais ne prennent aucun risque.

Le cas d’école que nous étudierons est celui du chocokebab.

Ça va, revenez, ne faites pas vos mijauré-e-s, on n’a même pas commencé. Vous avez déjà goûté au panini Nutella ? Bon ben c’est pareil avec un kebab.  Il n’y a même pas de viande. Je suis déçue car je m’attendais à un vrai kebab-salade-tomate-oignons-piment nappé de chocolat fondu (que je n’aurais pas mangé, mais au moins j’aurais salué l’audace).

Le chocokebab est donc une bête variante de crêpe au chocolat et à la chantilly qui ne fait qu’imiter l’apparence du kebab tout comme sa fabrication (le chocolat est réfrigéré sur broche avant d’être détaillé en copeaux). A aucun moment on ne mélange la saveur du kebab à celle du chocolat. Imposture.

Autrement dit chaque fois qu’il n’y a qu’un travail de dressage, je considère qu’il n’y a pas fusion. C’est peut-être bon, c’est peut-être ludique mais c’est hors-sujet.

Les créations fourrées

Une première possibilité en cuisine-fusion est de jouer sur l’effet de surprise. Le principe est simple :  on prend un truc bon et on planque un autre truc bon à l’intérieur.

À l’origine de cette technique on trouve des orgies carnivores du type « The Bacon Explosion » : des couches de viandes enveloppées dans du bacon tressé enveloppé dans de la chair à saucisse, à nouveau enveloppée dans du bacon. Les gens n’ont peur de rien et certainement pas de la crise de foie.

Certain-e-s se laisseraient bien tenter, d’autres sont peut-être déjà  complètement écoeuré-e-s. The Bacon Explosion reste pourtant une des créations fourrées les plus « sages » du Web. Après tout il ne s’agit que d’associer différentes viandes.

Certains artistes vont beaucoup plus loin. C’est le cas de Becky McKay, blogueuse intrépide , qui ose les alliances les plus improbables. Elle a ainsi créé les cupcakes fourrés à la pizza : un cupcake à la tomate au cœur de pizza pepperoni avec glaçage à la mozzarella et pour la touche déco, une rondelle de chorizo enrobée de chocolat. Et elle est très sérieuse.

Non, ça ne vous tente pas, vous faites vos difficiles ? Aucune importance, Becky vous propose aussi ses brownies fourrés aux hots-dogs

Personnellement, la technique du fourrage ne me convainc pas. J’ai envie de rappeler que l’effet de surprise ne fait pas tout le succès du recette. On peut être surpris et vomir après.

Les burger – [insérer n’importe quel autre  produit de type junk food]

Une autre technique consiste à fusionner un hamburger avec tout ce qui vous tombe sous la main. C’est même une habitude assez fréquente de Slater’s 50/50, une chaîne californienne qui sort un nouveau burger tous les mois.

Pour ce mois d’août, ils ont dévoilé leur « burger-nacho ». Une fusion que mon cerveau valide à 100% : un steak recouvert de fromage fondu, de la laitue craquante, des tomates,  des oignons mais aussi les ingrédients traditionnels des « nachos » (pourquoi nacho ? burrito plutôt non ?) : haricots, crème, sauce salsa et guacamole.

Ce que je retiens c’est que cette tortilla doit faire beaucoup d’effort pour contenir tout ce beau monde. Je me dois de la soulager le plus rapidement possible

À l’occasion j’accepterai également de goûter le burger-ramen du chef Keizo Shimamoto.

source : brooklynflea.com via meltyfood 

Ça ne peut pas être mauvais, même reconstitué à la maison avec des nouilles instantanées : ce n’est rien d’autre qu’un steak haché – spaghetti un peu chimique. J’y mettrai toutefois un peu moins d’entrain car je doute qu’il soit très pratique à déguster. Or, quand je mange de la junk food, j’exige de pouvoir utiliser mes doigts.

Ce mini-BLT (Bacon Laitue Tomate) à la noix de Saint-Jacques pourrait aussi faire l’affaire.

thebitesizedblog.com

En revanche, hors de question pour moi d’essayer le burger-doughnut, une autre création de Slater’s 50/50 (ils ne peuvent pas avoir que des bonnes idées). Pour le petit-déjeuner ils ont donc osé le combo bacon, fromage et œuf au plat entre deux beignets. Non, merci, au revoir madame, je suis déjà loin.

source : toujours foodbeast.com

Les tacos hybrides

C’est exactement le même principe que les burgers. Les tacos étant très populaires aux États-Unis, nombreux sont ceux qui veulent les revisiter.  Le résultat peut être absolument décoiffant ou terrifiant. Mais plus souvent terrifiant en fait.

Pour prouver ce que j’avance, je vous laisse consulter la liste des 21 tacos dégénérés de Buzzfeed  (une référence de la culture gastronomique).

Le tacos-bacon : du potentiel

Le tacos-bacon-chocolat-cacahuète : pourquoi?

Les fusions chimiques

Pour mélanger les saveurs sans mélanger les aliments, on peut faire appel à la science. À grand renfort d’arômes de synthèse, l’être humain a ainsi inventé les chips à la bière ou à la margarita, les chips aux lentilles parfum Bruschetta  ou les Lay’s au citron pour les timides.

Je terminerai avec l’un des fleurons de l’industrie agro-alimentaire : les ChesseburgerOs de Campbell’s. L’alliance des spaghettis et du cheeseburger, le tout dans une boîte de conserve des plus appétissantes.

Épilogue : pour les besoins d’une étude très scientifique nous aurions besoin de savoir dans quel groupe tu te situerais après lecture de cet article.

  1. Je suis décédé-e derrière mon écran
  2. Je ressens le besoin de me préparer une bonne salade à la salade, sans sel, sans huile
  3. Je ne veux plus jamais manger de ma vie
  4. J’ai beaucoup trop faim
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Voici le dernier commentaire en date :

  • Dreambreaker
    Dreambreaker, Le 14 août 2013 à 17h42

    Je fais partie des teams 1, 2 et 3, sans aucun doute, alors qu'il y a quelques années, j'aurais dit "JE VEUX TOUT TOUT DE SUITE VITE", en trépignant et en entendant mon estomac gargouiller. Déjà que maintenant, j'ai du mal à avaler plus d'un hamburger, ou à manger gras plusieurs repas d'affilée sans avoir à un moment donné ma sacro-sainte salade de tomates/concombres/laitue, alors tout ça... Ca ressemble à l'enfer pour moi. Rien que de voir tous ces plats dégouliner de gras, BERK.
    C'est juste moi, ou on devient chiantes en vieillissant ?

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