Le coup de foudre, j’y croyais pas, jusqu’à ce qu’il me foudroie

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Le coup de foudre, Clémence n’y croyait pas. Jusqu’à ce qu’un jour, un vertige enivrant bouleverse le cours de sa vie.

Le coup de foudre, j’y croyais pas, jusqu’à ce qu’il me foudroie

En partenariat avec l’UCPA (notre Manifeste)

J’ai jamais cru au coup de foudre, jusqu’à ce qu’il me frappe. J’avais l’idée que c’était comme l’ivresse : l’illusion du bien-être, dissipée rapidement, dans la douleur.

Tu vois le tableau : un moment, une rencontre, une bulle de bonheur si grande qu’elle te soulève de quelques centimètres.

Un soir, une heure, un jour, plusieurs, quelques semaines parfois, quelques mois si vous êtes deux dans la même bulle, mais j’en étais persuadée : cette bulle finirait par éclater.

Le coup de foudre, dans ma tête, c’était une intermittence. Et forcément, si j’en parle aujourd’hui, c’est que j’ai changé d’avis.

Le coup de foudre : un saut dans le vide, pour décoller

Je me souviens de notre coup de foudre. Comment l’oublier ? J’avais tort, tu sais : c’était pas « entrer dans une bulle », c’était sortir de la mienne, pour te rencontrer.

La foudre ne m’est pas tombée dessus pour m’aveugler : elle a carbonisé les frontières de ma zone de confort, ouvert une brèche juste devant mes pas, juste assez grande pour que je m’engouffre dans l’inconnu.

Le coup de foudre, pour moi, c’est un saut dans le vide. Tu te vois, au bord du précipice, mais une force inexplicable te gonfle d’une confiance irrationnelle : bien sûr que tu peux voler. C’est même là tout le principe.

L’amour donne des ailes, il paraît. Mais il faut bien s’élancer. Le coup de foudre a fait le bruit d’un pistolet, sur la ligne de départ.

Le coup de foudre : un vertige enivrant et addictif

La ligne de départ, c’était un sommet : Le Signal, ça s’appelle. Altitude : 2198 mètres.

Je suis avec tout un groupe de traileurs. La veille, nous avions couru notre première course de trail, pour la plupart d’entre nous.

15 kilomètres à La Clusaz, en 2h18 pour moi, et j’étais pas fraîche à l’arrivée. (Je te raconte tout ça par ici).

Ce dimanche, nos coachs, Lionel et Camille, nous emmènent faire une sortie pas trop exigeante, mais qui commençait tout de même par l’ascension du Signal, depuis l’arrivée du train à la Mer de Glace.

Un petit 400 mètres de dénivelés, que j’avais attaqué au trot, pour finir à quatre pattes, la langue pendante et le souffle affolé.

Oui, j’exagère un peu, mais je suis en train de te parler de mon premier vrai coup de foudre, évidemment que je fais ma drama queen.

Après une pause bien méritée, on se prépare à attaquer une partie de descente. Là, tu te dis : facile, ça descend !

Oui, mais non : imagine un sentier tortueux, à flanc de montagne, le vide à ta droite, et la pente devant toi.

Quand je me lance, c’est le torse en arrière, la tête en arrière, en arrière sur mes appuis, et les bras écartés comme si c’étaient des ailes que je pouvais déployer pour me ralentir.

Bref, je résiste à tout : la piste, la pente, mon propre poids, mes propres pas que je piétine devant moi.

Le coup de foudre, qui m’a fait prendre mon envol

C’est Camille qui ouvre la marche, et je le vois donner une allure que je ne saurais pas suivre. Dans dix secondes, il m’aura mis 50 mètres dans la vue, c’est sûr.

En une seconde, je prends la décision d’accélérer, parce que je veux le suivre, je veux voir ses appuis, les étudier, les imiter. Ce que je ne peux pas faire 100 mètres, et 5 personnes derrière lui.

Deuxième seconde, je prépare mon corps à exécuter la décision, et c’est là que le vertige me prend : épaules vers l’avant, buste vers l’avant, coudes fléchis et bras en balanciers, je m’engage dans la pente.

Je me sens au bord du précipice, et je sais ce qu’il me reste à faire : accélérer. Dans cette troisième seconde, je tergiverse pendant l’éternité de cet instant.

Je suis en place, mais la peur me paralyse, autant que l’envie me pousse. Accélérer, en suis-je seulement capable ? Une seule façon de le savoir…

Le temps est écoulé : je pousse ma foulée, c’est maintenant, je me lance…

Et c’est tout comme si je m’étais envolée.

Je vole, ouais. Je suis légère, portée par mon élan, je rebondis sur des appuis audacieux, volés aux roches impertinentes qui jalonnent le sentier.

Devant moi, le vide, tout autour de moi, l’océan céleste et son écume éparse.

J’ai eu un coup de foudre pour le trail

Je respire sans doute trop fort, trop vite, mais je ne contrôle plus cette partie de mon corps. Je me sens libre, et de fait, je me suis libérée de la peur, l’appréhension qui me collait aux plumes comme du goudron.

J’ai eu un coup de foudre pour le trail, ce fameux dimanche 27 août, à l’heure où des amoureux paresseux se prélassent devant un brunch. Moi, j’attaquais la montagne du bout des semelles crantés.

Il paraît qu’une course de trail, ça se gagne en descente : courir dans les montées demande de la puissance, et ce critère est finalement moins discriminant entre les athlètes, à partir d’un certain niveau.

Courir en descente, en revanche, requiert puissance, précision, agilité, concentration, mais aussi confiance, courage, envie, passion.

Ce que j’avais vécu, ce jour-là, à ce moment-là, c’était bien un coup de foudre. Je crois qu’on aime vraiment quelqu’un quand on arrive à l’aimer pour ses défauts autant que pour ses qualités, sinon plus. Parce que d’autres l’aimeront aussi pour ce qu’il a de meilleur.

C’était flippant, c’était dur, ça m’a coupé les jambes et le souffle, mais c’était enivrant, époustouflant. C’est ce moment qui m’a fait comprendre : oui, je veux continuer, je veux aller plus loin.

Je veux découvrir la montagne comme ça : légère, agile, précise, rapide, puissante.

C’est pour ça que j’ai utilisé cette métaphore du couple pour te parler de ma relation avec le trail : elle a commencé par un coup de foudre, un vrai.

Rendez-vous la semaine prochaine pour l’histoire de ma lune de miel !

Dans les épisodes précédents :

Épilogue : lettre d’amour au trail

Le soir même, dans le train qui me ramenait à Paris, j’ai sorti mon ordinateur, et j’ai écrit presque d’une traite une lettre d’amour au trail.

Elle a été publiée sur la page Facebook UCPA Trail, et je la reproduis ci-dessous !

« Coup de foudre et coup de coeur pour le trail

Je suis amoureuse. Mes yeux pétillent, et mes lèvres dessinent un sourire malgré moi quand je pense à toi, c’est-à-dire tout le temps, depuis que j’ai eu ce coup de foudre pour toi.

J’en suis la première surprise, tu sais. J’avais de gros a priori sur toi. Il faut dire que tu as plutôt mauvaise réputation. Toi, le trail, j’entendais que tu ne respectais pas la montagne. Tu l’affrontes, insolent et hardi, la conquiert et la quitte en quelques heures, tel un amant pressé.

À mes yeux, tu étais un malotru, un Casanova. Arrogant et irrespectueux.

Comme je me trompais.

J’ai confondu ta vitesse avec la précipitation, j’ai confondu ton expertise avec un manque de préparation. J’ai confondu ta passion dévorante avec du mépris, comme si on pouvait confondre un coup de foudre avec un coup d’un soir !

J’ai confondu ton approche de la montagne avec un mauvais plan drague : j’attaque, j’en profite et je détale. Bref, j’étais ignorante, et surtout, pleine de préjugés sur toi. Et puis, des amis communs nous ont présentés.

Oh, j’étais toujours méfiante, au début. Casanova présente bien, pas de doute là-dessus. Il te promet légèreté, agilité, célérité… J’y voyais tout juste un bel habillage pour me vendre du sang, de la sueur et des larmes.

Mais moi, j’ai pas les armes pour rentrer dans ton jeu, pas le bon rythme pour suivre ta musique, pas les bons appuis pour rentrer dans ta danse. Qu’importe, tu m’as prise par la main, et je me suis laissée guider à travers ton univers.

Déjà, tu respectes. Tu respectes la montagne et ceux qui la pratiquent, en ne t’affranchissant ni des règles de priorité, ni du matériel obligatoire, ni de l’équipement recommandé dans le cadre de tes sorties.

Ce n’est pas parce que certaines de tes ouailles manquent parfois à leurs devoirs et à leurs responsabilités que tu es à blâmer.

À ton contact, j’ai appris que courir en montagne, chose qui me paraissait parfaitement inaccessible, revenait toujours à mettre un pied devant l’autre. À une autre cadence, d’une autre façon, mais c’est pas plus compliqué, au fond.

Alors, je suis tombée amoureuse en caressant les flancs d’une montagne, du bout des semelles crantées. Tu fais battre mon coeur à une fréquence dangereusement élevée (mais j’vais bosser le cardio et ça ira mieux la prochaine fois!), tu m’as coupé le souffle plus d’une fois, et quand on se retrouve en tête à tête, il n’y a pas besoin de combler les silences.

Plus rien ne compte lorsque je déroule ma foulée, le regard affûté devant mes pas, à la recherche de mes prochains appuis. Je ne pense à rien, plus rien n’existe autour de toi…

…Jusqu’aux sommets et leurs panoramas, qui valent le septième ciel, celui que l’on atteint aussi couverts de sueur, et l’esprit apaisé. Et si ça tire autant dans les jambes en descente, c’est sans doute qu’elles protestent, qu’elles ne veulent pas que l’on se quitte si tôt, toi et moi.

C’est sûr. Sinon, pourquoi freiner des quatre fers, alors que la pente m’entraîne naturellement vers le bas ? Mon corps entier se raccroche à la piste pour rester avec toi, et geint comme l’amant qui rechigne à raccrocher : « non, d’abord toi ! »

Ça s’est passé comme ça, je crois. Depuis que j’ai foulé la montagne au pas de course, je me suis senti pousser des ailes (une heureuse coïncidence, car certaines ascensions m’ont, dans le même temps, coupé les jambes).

Je me suis prise à rire, alors qu’en d’autres situations, ce même état d’épuisement physique m’aurait donné envie de pleurer. L’ivresse que tu m’apportes ne connaît aucun équivalent, elle surpasse de loin ces pâles extases noyées dans le houblon. Alors, pour toi, je pose le coude : ce sont plutôt les genoux que je vais lever (#FlexionDeHanche #LesVraisSavent).

Je suis prête à bien des sacrifices pour faire perdurer notre idylle. Je meurs d’envie d’apprendre à te connaître et à te pratiquer davantage, même si tu m’intimides toujours. C’est un mélange de respect et d’admiration. Un coup de foudre, je te dis.

Je suis amoureuse. Et qu’importe la distance et le temps qui nous séparent de notre prochaine rencontre: il y a des passions que ni l’une ni l’autre ne peuvent éteindre. La nôtre est de celle-ci.

Il me tarde de te retrouver, pour de nouvelles sorties à couper le souffle. »

#TrailXpérience, qu’est-ce que c’est ?

Pendant un an, l’UCPA va former une joyeuse bande de coureurs du dimanche ou de sportifs ou sportives variées à la pratique du trail. Objectif ? S’aligner au départ du Marathon du Mont Blanc (42 ou 23 km, selon les niveaux).

madmoiZelle est partenaire média de l’opération, on amène 7 recrues dont Clémence, qui tient un journal de bord tout au long de l’année. Spicee réalise une websérie de toute cette belle aventure, qui sera diffusée sur Mont Blanc Médias. Plus d’infos ? C’est là !

Envie de… découvrir le trail ?

L’UCPA propose des séjours accessibles aux débutant·es : pas besoin d’avoir des mollets d’athlète olympique pour s’y essayer !

Motivation, envie d’apprendre et soif de découverte suffisent amplement ! Rendez-vous sur le catalogue des vacances UCPA, sur cette page dédiée aux séjours trail spécial débutant!

Et pour plonger dans l’univers de trail, par les mots de celles et ceux qui le pratiquent, rendez-vous sur le blog We Are UCPA !

Clemence Bodoc

Clémence Bodoc a été jeune cadre dynamique dans une autre vie, avant de rejoindre la Team madmoiZelle. Elle s’intéresse à l’actualité et à l’écologie, aime la politique et les débats de société. Grande fan de sport (mais surtout à la télévision), et de cinéma (mais seulement en VO), son nom de scout est dinde gloussante azurée. Elle ne mord pas mais elle rit très fort.

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Commentaires
  • Ylang-ylang
    Ylang-ylang, Le 18 avril 2018 à 21h18

    J’ai été tirée au sort !
    Je serai donc sur la ligne de départ le 20 octobre à 00h00 ! Youhou !!! :paillettes:

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