Comment choisir son psy ?

Choisir un•e psy qui vous convienne n'est pas forcément évident, et surtout, n'arrive pas toujours du premier coup (spoiler alert : c'est pas grave). Justine vous donne tous ses conseils pour préparer au mieux cette future rencontre et trouver la personne la plus apte à vous aider !

Comment choisir son psy ?

C’est une question que vous avez probablement déjà entendue – peut-être même l’avez-vous déjà posée : comment choisir son psy ?

Comment trouver celui ou celle à qui vous pourrez parler de tout, confier vos émois, décrire votre première chaussette et raconter votre plus gros traumatisme – et surtout, celui ou celle qui vous aidera à surmonter vos difficultés ?

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Première étape : identifier le « bon » pour choisir son psy

À mon sens, si vous en avez la possibilité, la toute première étape, ce serait de faire le point sur vous, sur ce que vous attendez d’un•e psy, sur vos besoins et objectifs.

Savez-vous quel genre de thérapie pourrait vous convenir ? Avez-vous envie d’entamer un travail approfondi au long terme, ou avez-vous plutôt besoin d’une aide ponctuelle ?

Ces premières réponses peuvent vous aider à opter pour un « type » de thérapeute – déjà un premier élément pour orienter votre recherche !

D’abord, revenons ensemble sur les différents types de psys :

  • Les psychologues suivent une formation universitaire de cinq ans spécialisée en psychologie. Le titre est protégé – pour l’heure, si vous souhaitez exercer comme psychologue, il faut avoir suivi le cursus licence + master + stage. Un code de déontologie existe pour réguler et moduler les pratiques.

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  • Les psychiatres sont des médecins spécialistes – ils peuvent donc prescrire des médicaments et leurs consultations peuvent être prises en charge par la sécurité sociale. L’exercice est protégé et les psychiatres sont membres de l’Ordre des médecins.
  • Le titre et l’exercice de la psychanalyse ne sont pas contrôlés en France. Les psychiatres ou psychologues peuvent adopter une pratique « psychanalytique ». Théoriquement, un praticien uniquement psychanalyste (non psychiatre et non psychologue) devrait avoir été lui-même psychanalysé, avoir suivi une formation proposée par une association psychanalytique, et être supervisé par une autre analyse, mais il n’y aucune obligation légale à cela.

Ensuite, chaque praticien•ne aura sa méthode, son courant de pensée… Les premiers échanges avec votre futur•e thérapeute pourront vous permettre de démêler ceci et d’entrevoir le type de thérapie qui vous correspondra.

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Si vous êtes à l’aise, n’hésitez pas à interroger votre entourage – peut-être que votre pote ou votre tante connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un !

Attention : le psy formidable d’un•e ami•e ne sera peut-être pas formidable pour vous.

Mais attention : le psy formidable de l’ami•e d’un•e ami•e ne sera peut-être pas formidable pour vous (et cela ne veut ni dire qu’il n’est pas formidable, ni que vous êtes particulièrement difficile : c’est juste que cela peut ne pas fonctionner).

Si vous entretenez une relation de confiance avec lui/elle, votre médecin généraliste peut également être de bon conseil et vous recommander un•e thérapeute.

Enfin, soyez attentif•ve à la proximité géographique du cabinet !

C’est un critère très pratique, mais essentiel : s’il est situé trop loin de votre logement ou de votre lieu de travail, le trajet peut finir par vous rebuter (et, après une séance un peu difficile, il peut également devenir très inconfortable).

On récapitule ? Pour dégoter un•e chouette psy…

  • Je fais le point sur mes attentes, besoins et objectifs
  • J’interroge mon entourage (si j’en ai envie)
  • Je choisis le « type » de praticien•ne
  • Je fais attention à la proximité géographique du cabinet.

Deuxième étape pour choisir son psy : le premier contact

Le premier contact avec votre futur•e thérapeute se fera probablement par téléphone. Je sais que certain•es d’entre nous appréhendent ce moment et peuvent avoir des difficultés à passer un appel…

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Aussi, allons-y piano : avant de passer votre appel, mettez-vous dans de bonnes conditions et remémorez-vous les questions que vous avez envie de lui poser – noter par écrit les grandes lignes pourra vous aider à y voir plus clair si vous perdez vos moyens.

Le premier contact avec votre thérapeute se fera probablement par téléphone.

Il y a des chances pour que le/la psy soit en consultation et n’aie pas de standard téléphonique : si c’est le cas, n’hésitez pas à lui laisser vos coordonnées – il/elle pourra vous rappeler au moment opportun.

Ce premier contact ne sert pas uniquement à fixer un rendez-vous. Si vous le souhaitez, ce moment peut aussi être l’occasion de « tâter le terrain », d’échanger avec lui•elle sur vos besoins, sur vos objectifs…

Vous avez aussi la liberté de l’interroger : sur ses tarifs, bien sûr, mais aussi sur sa formation, sa spécialisation, sa méthode. Les réponses que vous obtiendrez pourront vous aider à y voir plus clair, et à savoir si cela peut « coller » entre vous.

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Si le/la praticien•ne refuse de répondre, soyez vigilant•e : en tant que futur•e patient•e, vous avez tout à fait le droit d’avoir ce type d’informations. Un refus n’augure rien de bon !

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En somme, lors du premier contact :

  • J’exprime mon besoin, mon problème
  • Je pose des questions pratiques (tarifs, durée des séances…)
  • J’ai également le droit d’interroger mon/ma futur•e psy sur sa formation et sa méthode.

Troisième étape : le premier rendez-vous pour bien choisir son psy

Le premier rendez-vous avec votre thérapeute vous permettra de faire connaissance l’un•e avec l’autre.

De son côté, le/la thérapeute va vous questionner sur ce qui vous amène – vos échanges lui permettront de se rendre compte de votre problème, de faire une première évaluation, et de vous proposer ses premières indications thérapeutiques.

De votre côté, si vous ne l’avez pas fait lors de votre premier appel, vous avez toujours la liberté de le/la questionner sur sa formation, sa spécialisation, sa méthode.

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Vous n’avez aucune obligation : si quelque chose vous gêne, n’hésitez pas à échanger avec votre thérapeute.

Enfin, ce premier rendez-vous permettra de définir un cadre, le rythme des séances, leur durée, leur coût. Vous n’avez aucune obligation : si le rythme ne vous convient pas, si la durée est trop longue, ou trop courte, n’hésitez pas à échanger sur ce qui vous gêne avec votre thérapeute.

Il/elle pourra ainsi vous expliquer un peu plus longuement les raisons de ses choix.

Vous pouvez également l’interroger sur ce qu’il•elle propose « en cas d’urgence », ou lors de ses absences – par exemple, peut-il/elle vous référer à un confrère•sœur si vous avez une urgence lors de ses congés ? Si vous le souhaitez, abordez également des questions très pratiques : pouvez-vous annuler des séances ? Les séances annulées sont-elles dues ?

Lors du premier rendez-vous :

  • Je parle de mon problème, de mes objectifs, de mes envies
  • Le•la thérapeute m’écoute et me propose une méthode, un cadre
  • Nous discutons ensembles des modalités « pratiques ».

Quatrième étape pour bien choisir son psy : que faire si ça coince ?

À la fin de la première consultation, il arrive qu’on le « sente » pas, qu’on soit mal à l’aise : c’est ok !

Ce sentiment étrange peut être lié à deux choses :

  • Parfois, il peut s’agir d’une résistance de votre part – aller consulter, exposer son intimité, c’est une démarche difficile et coûteuse psychologiquement
  • Mais souvent, cela peut signifier que le/la thérapeute ne vous correspond pas.

Peu importe votre raison, c’est vous qui choisissez : vous pouvez revenir pour « tester » une seconde séance et voir si le courant passe, ou vous pouvez choisir de consulter quelqu’un d’autre.

Ce qui est essentiel c’est d’avoir la sensation que votre psy est à votre écoute, sans jugement et bienveillant.

Je vous conseille simplement de prendre soin de vous : si le/la thérapeute vous a heurté•e, choqué•e, si la séance a été très désagréable, si votre psy sort de son cadre professionnel – vous n’êtes pas obligé•e d’insister et vous pouvez prendre vos jambes à vos cous !

Comme dans chaque corps de métier, il existe des psys plus ou moins bon•nes, plus ou moins bienveillant•es.

Ayez confiance en vous et fiez-vous à votre ressenti !

Ayez confiance en vous et fiez-vous à votre ressenti : si vous avez la sensation d’avoir un•e charlatan en face de vous, si il/elle tient des propos dangereux (homophobes, sexistes, condescendants), si il/elle ne respecte pas votre intégrité, interrompez la séance.

Ce qui est essentiel à une démarche thérapeutique, c’est d’avoir la sensation que votre psy est à votre écoute, sans jugement, avec bienveillance.

En cas de besoin, vous avez plusieurs recours :

  • Alerter votre Agence régionale de santé — les Agences régionales de santé sont compétentes pour recevoir les plaintes liées à l’ensemble des professionnel•les membres du registre ADELI — un répertoire qui recense l’ensemble des professionnel•les de la santé : psychologues, psychiatres, psychothérapeutes, infirmier•es, kinés, etc. L’agence régionale dont vous dépendez pourra vous informer de vos droits et vous aider dans vos démarches.
  • Alerter le Conseil national de l’ordre des médecins, si vous avez consulté un•e psychiatre, qui peut recevoir votre plainte et sanctionner le médecin en question (la sanction peut aller jusqu’à une interdiction d’exercice s’il existe une infraction à la déontologie).
  • Alerter la Justice en cas d’infraction légale (violence physique, verbale ou sexuelle, escroquerie, usage de faux titres professionnels…).
  • Alerter la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES) si vous jugez que vous êtes face à une manipulation mentale ou à une dérive sectaire…

Question pratique : où consulter ?

Une thérapie peut devenir coûteuse — certaines mutuelles peuvent rembourser une partie des séances réalisées avec un•e psychologue, n’hésitez pas à vous renseigner.

En dehors du cadre privé, vous avez la possibilité de consulter des psychiatres ou psychologues au sein des Centres médico-psychologiques (CMP), des Bureaux d’aide psychologique universitaires (BAPU), ou des services psychiatriques des hôpitaux.

À lire aussi : Le #PsychotherapyDay lutte contre les idées reçues autour de la psychothérapie

Si vous êtes d’accord, je vous propose d’échanger sur tout cela dans les commentaires — l’article pourra être enrichi de vos conseils et expériences !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Lucibelle
    Lucibelle, Le 30 octobre 2016 à 20h28

    Bon pour commencer, il faut choisir quelqu'un qui a un diplôme certifié par l'Etat. Quelqu'un qui a donc eu une formation de minimum 5ans avec des spécialisations dans les cas qu'il traite, qui a fait des stages d'apprentissage de la pratique thérapeutique, et qui donc ne risque pas de t'abimer plus qu'autre chose.
    Et sans vouloir être méchante envers les thérapeutes en tous genres, ce n'est pas le cas des les psy-ce que tu veux-thérapeutes. Le titre de psychologue est un titre protégé justement pour éviter les dérives et s'assurer que ne peuvent être psychologues que ceux qui ont reçu et validé le master lié.
    Ensuite, il faut savoir ce qu'on veut, un clinicien qui pratiquera en général la discussion et parfois un peu la psychanalyse, c'est une personne que l'on va voir sur du moyen-long terme, pour régler un problème si possible définitivement. Les psychologues cognitivistes pratiquent généralement des thérapies dîtes "cognitivo-comportementales" qui sont rapides et efficace pour se débarrasser des symptômes d'un problème. Si vous avez un problème lié à votre passé qui vous empêche par exemple d'entrer dans les magasins, vous pouvez soit aller chez un clinicien et régler votre passé, soit aller chez un cognitiviste et apprendre à aller dans les magasins.
    Bien sur il y a aussi les neuropsychologues, mais normalement ils ne sont pas dans une pratique thérapeutique au sens où on l'entend généralement.

    Les psychiatres et les Cliniciens spécialisés dans la psychopathologie sont là pour les patients dont le traitement nécessite un suivi médical, le psychiatre suit le traitement médicamenteux, le psychologue le suivi psychique. C'est pour le traitement des dépressions, des angoisses post traumatiques, et des gens souffrants de pathologies (schizophrénie ; boulimie ; maniaco-dépressif..).

    Donc oui, il est très important de se renseigner sur la formation du psy pour le choisir en fonction du problème (de sa gravité) et de ce que l'on veut (le traiter ou apprendre à vivre avec).

    Bien sur, il faut prendre son temps pour choisir "le bon", celui avec lequel on s'entend bien, celui à qui on peut tout dire, celui dont le cabinet vous inspire confiance, celui qui vous écoute / vous parle en fonction de ce que vous aimez.. Tout est affaire de feeling. Ce que vous ressentez pour votre psy est essentiel, et pour lui aussi dans sa pratique.

    Après, les courants de pensées etc.. à moins de tomber sur un de la vieille école qui va vous affirmer des choses sur votre enfance ou caser des phallus partout, y'a peu de chance que vous le ressentiez. C'est une base théorique, un outils d'analyse, mais les psychologues apprennent aujourd'hui toutes les théories, et le fait qu'elles sont plus ou moins applicables selon les patients. Nombres de psychologues ne s'identifient pas à un courant particulier.
    Savoir dans quelle université il a fait ses études peut-être utile aussi, car toutes les universités ne forment pas leurs psychologues à la même base théorique. Aujourd'hui, dans les universités françaises pour la psychologie, on se réfère surtout à Paris Descartes et Lumière Lyon 2, ce sont les universités qui ont les meilleurs chercheurs, et donc les meilleurs profs.

    La formation + le feeling + la méthode.

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