Cinq raisons d’aller voir « Shutter Island »

Hier soir, je me suis harponnée le corps (je subissais une flemme désappointante) pour me traîner jusqu’au cinéma. Objectif : aller voir Shutter Island de Martin Scorcese, une séance que je repoussais depuis trop longtemps. J’avais cinq raisons de traîner la patte (ça tombe bien c’est mon titre), mais en sortant j’ai pu tout barrer, […]

Cinq raisons d’aller voir « Shutter Island »

Hier soir, je me suis harponnée le corps (je subissais une flemme désappointante) pour me traîner jusqu’au cinéma. Objectif : aller voir Shutter Island de Martin Scorcese, une séance que je repoussais depuis trop longtemps.

J’avais cinq raisons de traîner la patte (ça tombe bien c’est mon titre), mais en sortant j’ai pu tout barrer, parce que Shutter Island, c’est vachement bien. MUSIC MAESTRO, apportez-moi mon chapeau, début de la démo :

1/ Ça fait peur, j’veux pas y aller

Shutter Island ne fait pas PEUR comme pourrait fiche les chocottes un film où le protagoniste retrouve une main pourrie et avec des ongles jaunes sur son torse alors qu’il se réveille. Shutter Island fait flipper, vrai, MAIS par pour ces raisons là. Aussi, Scorcese sait faire un bon strip teaser : il enlève ce qu’il faut pour te garder attentif et quand il sent que t’en peux plus, il relâche la pression quelques minutes. Comme une vierge dans un rollercoaster, si si (je remercie Jésus pour cette dernière phrase qui vient de me tomber toute crue dans la tête).

2/ C’est oppressant, j’veux pas y aller

L’oppression vient du fait qu’on se sent piégé. Une île, contrôlée comme l’est l’ambassade Américaine à Paris avec EN PLUS des fous dangereux dedans, en effet ça donne moyen envie de prendre son maillot de bain. MAIS, si tu te sens oppressée, c’est que le film est bien troussé. Or, à moins d’habiter à Ouessant ou bien en Corse (2A repreZent), à priori, tu sors du cinéma, tu prends la rue des Arpageons, deuxième à droite et t’es chez toi. En somme pas de quoi stresser.

3/ C’est compliqué, j’veux pas y aller

C’est un fait, le scénario n’a pas dû être écrit un dimanche entre le fromage et la tarte sur un coin de table. Il faut repérer les détails du début qui serviront à la fin, ne pas fermer les yeux trop souvent et accepter de se faire blouser comme une bleusaille [No estoy spoilando, ne t’inquiète pas]. Mais quand tout devient limpide, tu t’en prends l’escabèche et ça fait plaisir.

4/ J’aime pas Di Caprio, j’veux pas y aller

Tu mens, et mentir c’est mal (on est d’accord que je dis ça en faisant comme si La Plage / The Beach n’avait jamais existé).

5/ J’aime pas Scorcese j’veux pas y aller

Dire « Je n’aime pas Scorcese », c’est comme dire « Je n’aime aucun des Apéricubes proposés dans une boîte d’Apéricubes Mix ». C’est difficile à croire. Parce qu’entre Taxi Driver, Les Affranchis, Casino (au saumon ! Mon préféré !), ou Les Infiltrés (…), et à moins que tu voues un culte à Victor Lannoux aka Louis La brocante, tu devrais pouvoir faire ton petit marché.

Partant du principe que j’aime pas les films qui font peur et encore moins ceux qui mettent en doute notre Raison ET que je dis pas non à un petit Louis la Brocante de temps en temps, je peux dire que Shutter Island avait du boulot pour me convaincre. Et pourtant, je suis convaincue. Alors un seul mot : go go go Shutter Island (par contre Nine, faut pas y aller).

Tu l’as vu ? Tu as aimé ? Tu veux le voir ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Cléo.
    Cléo., Le 25 mars 2010 à 13h58

    Ce film est hallucinant, génial, incroyable, DiCaprio est grandiose, le scénario est extrêmement travaillé, l'esthétique est très chouette également, un grand moment qui m'a donné le déclic pour découvrir les films de Scorsese que je jugeais "pas mon genre" (sérieux et action, bof, mais si c'est de ce genre, waw). J'ai adoré.

    SPOILER:
    Par contre, concernant la fin, Bleuenn et une Madz qui s'est ennuyée, vous insinuez qu'il est fou, or, je pense qu'il ne l'est pas, dans la mesure où, à la fin, il se suicide délibérément par lobotomie, pas parce qu'il a tué sa femme etc (toute l'histoire racontée par les médecins), mais parce que son passé est trop lourd à porter (s'il avait réellement tué sa femme qui aurait noyé ses enfants, d'où sort toute cette histoire d'incendie du coup ?) : les camps, la violence, la perte de sa femme et de sa fille et qu'il veut juste se libérer de tout ça.

    En effet, tout ce qu'il a découvert sur les expériences menées dans le phare etc, s'il avait été fou, ça aurait été faux, mais la fin révèle bien avec le pic en acier que porte un des infirmiers dans un linge blanc qu'on va lui faire subir le lavage de cerveau dont lui parlait la psychiatre dans la grotte.
    En fait, il a ptet tué sa femme et sa fille ou les a perdues dans un incendie, mais je pense vraiment qu'il n'est pas fou mais manipulé par les médecins, il y croit un temps puis à la fin montre à son "coéquipier" (payé pour l'espionner et le faire interner) qu'il sait tout.

    Je sais pas si vous avez remarqué le pansement qu'il a sur le front pendant tout le film, à la toute fin il ne l'a plus mais il a une marque rouge légère (à peine cicatrisée donc), ce qui prouve bien qu'il n'a pas pu rester autant de mois que le disent les médecins. Le sparadrap sur son front au début du film est nickel puis après qu'il pense avoir perdu/vu mourir son coéquipier, le sparadrap est décollé/abîmé puis à la toute fin il a une cicatrice fraîche... donc le temps qu'il est resté sur l'île se compte en jour et pas en mois, donc il a été manipulé, il n'est pas fou, il choisit de se faire lobotomiser pour arrêter de souffrir et de se considérer comme un "monstre"... et grâce au plan sur le pic à glace + le plan sur le phare, le spectateur sait que DiCaprio a bien découvert la vérité sur Shutter Island, les expériences y sont faites sur des cobayes considérés comme "fous" ... d'ailleurs, son co-équipier, l'appelle "Teddy ?!" en le voyant se lever et partir...

    Mais tout est fait pour nous faire douter, c'est extrêmement bien ficelé. Bravo, un grand film.

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