Comment choisir ton sujet de mémoire ?

Choisir ton sujet de mémoire en master peut sembler angoissant. Voici les conseils de 4 enseignants à l'université pour t'aider à trouver un bon sujet de recherche !

Comment choisir ton sujet de mémoire ?

Que tu sois au lycée ou déjà en master, il est possible, si tu envisages de poursuivre tes études, que tu songes déjà à réaliser un mémoire universitaire.

Une des grandes questions que pose cet exercice est tout simplement le choix du sujet de recherche, un dilemme auquel j’ai moi-même été confrontée avant de mettre mes études en pause.

Alors j’ai décidé de profiter de mon travail chez madmoiZelle pour chercher des conseils de profs à l’université, et te les transmettre synthétisés, afin de t’aider au mieux et de répondre à quelques unes de tes interrogations.

4 profs t’aident à choisir ton sujet de mémoire

J’ai voulu construire cet article avec des conseils applicables à tous les établissements, et à tous les domaines de recherche.

Il m’est apparu assez vite que les indications pour le choix d’un sujet d’étude allaient invariablement changer selon de nombreux facteurs.

J’ai donc décidé de contacter des profs exerçant dans différents établissements, travaillant dans des thématiques variées, et ayant une approche personnelle de l’exercice qu’est le mémoire.

Quatre d’entre eux ont accepté de me répondre :

  • M. Thomas, qui enseigne au sein de l’unité de formation et de recherche Cinéma et Audiovisuel de l’Université Sorbonne Nouvelle, ainsi que son collègue, M. Gaudin
  • Mme Galéra et Mme Amo Sanchez, qui exercent toutes deux dans le département d’études hispaniques à l’Université d’Avignon.

Mais je ne te fais pas plus attendre, et j’entre dans le vif du sujet : leurs précieux conseils aux étudiants et étudiantes en quête d’un sujet de mémoire.

2 façons de choisir ton sujet de mémoire

M.Thomas a commencé par mettre en avant deux manières très différentes de procéder pour élaborer son thème de recherche, dépendant de la situation dans laquelle tu peux te trouver :

  • Soit tu étudies en région, dans un petit établissement, un département réduit qui t’offre la possibilité d’être proche du corps enseignant
  • Soit tu t’apprêtes à déposer un dossier papier auprès de profs que tu ne connais pas, par exemple pour un master sélectif.

Dans le premier cas, ton premier réflexe peut être de te tourner vers l’un ou l’une des enseignantes, que tu pourrais envisager comme directeur ou directrice de mémoire.

L’idéal est de lui demander un rendez-vous, ce qui t’autorise à avoir les idées un peu moins claires, pour les laisser émerger au cours de la discussion.

Ton ou ta future directrice est là pour t’aider à façonner ce sujet de mémoire, en s’appuyant sur tes intérêts et problématiques.

Vous serez une aussi bonne équipe que cette imprimante et cette ramette de papier.

Si tu t’apprêtes à déposer un dossier auprès de personnes que tu ne connais pas et qui ne te connaissent pas non plus, alors M. Thomas conseille d’élaborer au maximum le sujet sur lequel tu aimerais travailler.

Même si le tout sera ensuite remis à plat, une idée claire accompagnée d’un corpus réfléchi seront des atouts pour l’obtention d’une place en master.

Selon lui, ces deux manières de procéder sont bonnes : elles dépendent simplement du fonctionnement du département où tu étudieras !

Un bon sujet de mémoire, c’est un sujet qui t’intéresse

C’est l’un des points qui coule de source, et sur lequel mes 4 interlocuteurs et interlocutrices sont d’accord : un bon sujet de mémoire est un sujet qui t’intéresse, qui te passionne. 

Tu vas y travailler pendant deux ans, la plupart du temps en solo !

À lire aussi : La plateforme nationale « Trouver mon master » est en ligne !

Malgré ce que dira ton ou ta directrice de mémoire, c’est toi qui t’apprête à vivre avec ton sujet, et si tu te lances déjà à contre-cœur, ça s’annonce mal.

Le choix de ton directeur est bien sûr capital, mais il ne faut pas que tu hésites à en changer si tu t’aperçois qu’il cherche à t’imposer un thème qui ne te plaît pas.

C’est encore mieux si tu parviens à faire concorder ton sujet de mémoire avec ton projet à long terme.

Mme Galéra m’a expliqué que si ton objectif est de poursuivre dans la recherche, en thèse, il est encore PLUS important que ton sujet te passionne.

Mais même en dehors de ce cadre, cela vaut le coup que tu te poses pour réfléchir à ton projet professionnel, et au lien entre celui-ci et ton futur mémoire.

Cela se lie au premier conseil donné par Mme Amo Sanchez, pour laquelle prendre le temps de penser et de mûrir son sujet est primordial.

Si tu es en M1, et même si ta formation prévoit le début de la rédaction de ton mémoire pour le M2, tu peux déjà commencer à réfléchir à ce que tu aimerais faire.

Cela te fera aussi gagner en sérénité pour les mois et années à venir.

Pour trouver un sujet de mémoire, évite les thèmes trop larges

Tôt dans notre discussion, M. Thomas m’a indiqué que le grand écueil pour un sujet de mémoire était que celui-ci soit trop vaste.

Il m’a expliqué qu’il était fréquent que ce soit le cas, au départ, puisque les étudiants et étudiantes réalisent cet exercice le plus souvent pour la première fois.

D’ailleurs, il m’a rassurée : le directeur ou la directrice de mémoire est là pour restreindre le sujet, pour l’affiner.

Ce conseil a aussi été appuyé par M. Gaudin :

« Plus le sujet est pointu, mieux c’est.

Probablement anxieux et anxieuses à l’idée de « ne pas avoir assez à dire » dans leur mémoire, la plupart des étudiantes candidatent en Master avec des projets beaucoup trop larges en termes de corpus et de questionnements.

Une grande part du travail avec le directeur de recherche consistera alors, les premiers mois, à éliminer les ¾ dudit projet […].

N’ayez pas peur de ne pas avoir assez matière à écrire !

Si vous travaillez bien tout au long de vos recherches, en fouillant bien tous les enjeux de votre sujet et en mobilisant une bibliographie conséquente, vous aurez le souci inverse au moment de la rédaction…

Vous vous demanderez surtout comment réduire votre texte pour qu’il ne dépasse pas le nombre limite de pages fixé par votre formation ! »

Un cas pratique de Mme Galéra, dans le domaine des études hispaniques, donc :

« Travailler sur « Les Mapuches » est trop vaste. Travailler sur les Mapuches d’Argentine est déjà plus restreint. Mais ce ne sont que des thèmes.

S’interroger sur la manière dont les représentants des dernières communautés Mapuches s’intègrent dans la société urbaine argentine depuis les années 1990 (en justifiant le choix de la date) ressemble déjà à un sujet. »

De l’importance d’avoir une problématique pour ton mémoire

C’est là tout l’intérêt de problématiser ton sujet, comme rappelle M. Gaudin. Pour lui, le mémoire n’est pas une synthèse comme le serait un livre, mais un questionnement, une réflexion autour d’un problème.

Il insiste : « pour faire de la recherche, il faut apprendre à aimer les questions ».

Penser ton sujet de cette manière pourra t’aider à le restreindre.

Une fois que tu en auras les grands axes en tête, tu pourras scrupuleusement en définir les mots-clés, ce qui t’aidera à délimiter ton sujet et les axes théoriques qui le composeront.

M. Gaudin m’a expliqué qu’il était possible de prendre de l’avance sur cet exercice, généralement l’un des premiers que tu réaliseras au cours de ta recherche.

Ainsi, si tu candidates sur dossier, tu pourras d’ores et déjà fournir à ton ou ta future directrice de la matière et les grandes idées qui composeront ton travail.

Et si tu choisis d’étudier des œuvres, alors tu pourras définir ton corpus de manière relativement précise.

Vaut-il mieux choisir un sujet de mémoire déjà traité ou inédit ?

Si je choisis un sujet original, je risque d’avoir peu de matière sur laquelle me baser. À l’inverse, comment étudier un sujet déjà traité sans faire redite ?

Je me suis plusieurs fois posé cette question, et les personnes que j’ai interrogées y ont répondu.

Pour M. Gaudin, un bon sujet doit être original, et le sujet ne doit pas déjà avoir été traité.

Bien entendu, il est aujourd’hui difficile voire impossible de trouver un domaine de recherches complètement inexploré. C’est donc ton approche, ton analyse, tes conclusions qui devront sortir de l’ordinaire.

« Si le sujet que vous proposez est « évident » au point qu’il y a déjà des livres qui portent le même titre, s’il pourrait être en couverture d’un hebdo français à grand tirage, c’est probablement que ce n’est pas un bon sujet pour un mémoire de Master. »

Selon lui, « il n’existe pas de sujet trop original pour une recherche », et le fait de trouver peu de ressources à exploiter pour tes recherches est un bon signe, qui t’indiquera à quel point ton apport pourra être inédit !

Mme Galéra confirme : « un mémoire de recherche n’est pas un exposé consistant à compiler ce qui a déjà été dit ». Pour elle, l’originalité d’un sujet peut aussi se retrouver dans sa formulation et sa problématisation. Elle m’explique :

« Il faut que le sujet soit « paradoxal », […] étonnant, donc intéressant par les interrogations qu’il suscite. »

Tout cela t’amènera à te méfier des sujets « à la mode », qui risquent de te demander beaucoup de travail, notamment dans la vérification de tes sources… ainsi que des sujets qui te sont trop familiers et vers lesquels tu te tournerais par confort.

Faire de la recherche, c’est aussi et surtout l’occasion pour toi de découvrir de nouveaux objets d’études, avec un œil neuf : autant profiter au maximum de cet exercice !

Ne panique pas : ton sujet de mémoire va évoluer

Ces conseils ne sont bien entendu pas exhaustifs, et doivent être adaptés à chaque situation.

Tu peux aussi te baser sur une interrogation soulevée par certains de tes cours de licence, si tu ne trouves vraiment pas d’idée, ou te renseigner sur les axes de recherche du laboratoire qui existe au sein de ton établissement.

Il est important que tu vérifies que ton sujet sera à ta portée, y compris financièrement (s’il implique de voyager, par exemple, pourras-tu l’assumer ?).

De toutes manières, il faut que tu aies en tête que ton sujet va évoluer.

À l’aide de ton ou ta directrice de mémoire, tu vas le sculpter et le façonner. Son rôle est de te guider dans l’apprentissage de la méthodologie de la recherche universitaire.

N’oublie pas que tu es encore étudiante, que tu es là pour apprendre, et qu’il est normal que tu n’aies pas d’idée de sujet exact, précis et statique, figé.

C’est pour cela qu’il est aussi important de bien choisir l’enseignant ou l’enseignante qui t’accompagnera !

D’ailleurs, si tu as envie d’avoir quelques conseils sur comment t’y prendre pour bien le ou la choisir, dis-le moi dans les commentaires, et je te proposerai un article à ce sujet.

Pour conclure, j’ai envie de t’encourager à être curieux ou curieuse, et à suivre l’un des conseils qui ont mis d’accord mes 4 interlocuteurs et interlocutrices : lis, lis beaucoup, et reste ouverte d’esprit.

C’est de toutes manières la meilleure activité au monde. Au moins.

L’important n’est pas forcément d’avoir une idée de sujet en soi, mais d’aimer faire de la recherche. Si cela te plaît, et que tu es bien accompagnée, il n’y a aucune raison pour que cela se passe mal !

Allez, courage ! Et en attendant, viens me raconter ton expérience dans les commentaires. As-tu déjà écrit un mémoire ? Envisages-tu de le faire ? Est-ce que trouver un bon sujet de recherches te semble complexe ?

À lire aussi : Les bibliographies que donnent tes profs : comment les lire, t’en servir, les retenir ?

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Mathilde Trg


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Commentaires
  • MAAAL
    MAAAL, Le 5 novembre 2018 à 19h22

    @Mathilde Trg En fait c'est simplement que le début de l'article laissait penser que ces conseils allaient pouvoir s'appliquer à la plupart des cas, alors que c'est seulement la plupart des cas dans une branche donnée des sciences (ie plutôt la littérature, les langues et les sciences sociales que la physique, l'informatique, l'économie ou le droit).

    Et peut-être aussi qu'on s'est surtout arrêtée sur les mots en gras pour certaines, pas bien :lalala:

    Cependant, je ne doute pas que les conseils prodigués ici soient utiles pour beaucoup ! :)

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