Aujourd’hui, Justine vous parle du bullying en ligne, ou cyberharcèlement, un sujet délicat et plus que jamais d’actualité.
Deux madmoiZelles ont souhaité que nous abordions un thème délicat, un peu plus profond que d’ordinaire, et que nous parlions ensemble du harcèlement et des jeunes touchés par ces pratiques, notamment « en ligne » : merci à Marquise de Sade et Pooka d’avoir proposé ce sujet.
Avant d’entrer dans le vif du sujet, quelques warning : ici, on traitera essentiellement du harcèlement entre jeunes et en ligne – bien que les pratiques d’intimidation ne soient ni spécifiques aux jeunes, ni au web. Le harcèlement pourra aussi être qualifié « d’intimidation » ou de « bullying ». Vous trouverez plusieurs références aux travaux de danah boyd*, dont les recherches sur la jeunesse et le numérique sont parmi les plus inspirantes et intéressantes que j’ai pu lire, et qui tient un blog, Zephoria. En fin d’article, vous trouverez également quelques ressources/contacts vers qui vous tourner en cas de besoin…
Le débat est malheureusement très actuel : le 10 octobre dernier, le suicide d’Amanda Todd, jeune Canadienne de 15 ans harcelée depuis des mois, a ému une grande partie de l’opinion publique. Quelques semaines plus tôt, elle avait raconté son histoire via une vidéo publiée sur YouTube, sans paroles, à l’aide de notes écrites à la main sur de petits papiers et en finissant par ces mots : « Je n’ai personne. J’ai besoin de quelqu’un. Mon nom est Amanda Todd. »
*danah boyd, sans majuscules ! La chercheuse tient à écrire son nom en minuscules : selon elle, puisque les majuscules aux noms propres servaient à les distinguer dans des écritures manuscrites, pour ne pas les « confondre », la pratique n’a plus d’utilité lorsque l’on écrit par ordinateur.
Un cyberharcèlement ?
Commençons par le commencement : le cyberharcèlement n’est qu’un mode de harcèlement. Si la forme de l’agression peut être différente, les effets et conséquences sont les mêmes. Comme dans la vie « IRL », ce que nous vivons « en ligne » est réel. Nos relations sont réelles, nos échanges sont réels… Nos agressions sont réelles – même si elles semblent abstraites.
Le cyberharcèlement se caractérise par la réception de messages provenant de différentes sources, différents médias (SMS, messageries Web, réseaux sociaux) et tournant autour de menaces, d’intimidations, d’insultes… Ceci étant souvent accompagné d’une exclusion « IRL » – autrement dit, lorsque l’on est harcelé « en ligne », il est probable que l’on soit également harcelé « hors ligne ». La différence, si le harcèlement existait bien avant l’avènement des réseaux sociaux numériques, c’est qu’Internet lui a donné une nouvelle dimension : plus d’outils, plus de prises de contact possibles, plus de rapidité…
Dans un article publié pour le New York Times en 2011 (Bullying as True Drama : Why Cyberbullying Rhetoric Misses the Mark), danah boyd et Alice Marwick rappellent les 3 axes de la définition de l’intimidation donnée par Olweus, en soulignant que le sujet mériterait amplement d’être approfondi et retravaillé :
- L’intimidation est un comportement agressif qui implique des actions négatives et non désirées
- L’intimidation implique un ensemble de comportements répétés dans le temps
- L’intimidation implique un déséquilibre de pouvoir ou de force.
Est-on plus cruels en ligne ? Selon A. Manevitz, psychiatre clinicien, le Web permettrait une « liberté de discours sans peur des conséquences » et désinhiberait les agresseurs potentiels. Pour le psychologue Simon Rego, la difficulté viendrait du « flou » : en ligne, les indices non verbaux, les contextes, les sons disparaissent… De fait, votre interlocuteur doit supposer ce que vous voulez dire, et vice-versa : tout est objet de suppositions, tout peut y être ambigu et donc potentiellement menaçant. Mais peut-être que là n’est pas la question – après tout, le harcèlement IRL, avec sons et indices verbaux, n’est pas moins menaçant.
En bref, le Web et ses réseaux sociaux ne sont que de nouveaux moyens de communiquer, et le cyberharcèlement n’est qu’une autre forme de harcèlement – aussi sérieuse, aussi grave. Et, pour paraphraser danah boyd, les adolescents, quant à eux, se battent toujours avec les mêmes choses : ils essaient de trouver qui ils sont et comment ils peuvent exister dans le monde.
Réaliser que l’on est harcelé… ou que l’on harcèle
Dans l’article The Drama ! Teen Conflict, Gossip, and Bullying in Networked Publics, danah boyd et Alice Marwick reviennent par ailleurs sur une enquête de terrain effectuée auprès d’adolescents : selon les chercheuses, ceux-ci ne réalisent pas forcément qu’ils se trouvent face à du « harcèlement » et minimisent en le qualifiant d’ « histoires », de « drama » ; alors même qu’ils sont capables de blâmer l’idée du harcèlement. Pour le dire différemment, les adolescents peuvent dénoncer le harcèlement, l’intimidation… et minimiser le phénomène lorsqu’il est en face d’eux. Ce mécanisme de protection permet de mettre de la distance entre eux et une situation douloureuse (soit, s’ils en sont victimes, en montrant que ces « dramas », ces histoires ridicules ne les atteignent pas, soit, s’ils en sont instigateurs, en permettant de ne pas admettre qu’ils blessent quelqu’un).
Le « bullying » est donc difficile à identifier – à la fois pour les harcelés, les harceleurs, les spectateurs et l’entourage global. Parfois, les personnes harcelées ne peuvent pas émotionnellement s’identifier comme des victimes, et parfois, les personnes harceleuses ne peuvent pas se percevoir comme des oppresseurs – pour chacune des parties, le coût psychologique et social peut être très fort.
Pour accepter, et surtout transformer, la position de « victime », il faut un soutien psychologique fort qui permette d’aller vers une position « d’empowerment ».
Pour lutter, on fait quoi ?
Le truc, c’est que les morts adolescentes remuent souvent les adultes, elles désarment et bouleversent, et la première réponse peut être tentante : fermez l’Internet ! Ne mettez plus les gosses à l’école ! Arrêtez les méchants, pendez-les haut et court ! Mais avant de réagir sur l’émotion, de mettre au point des lois, des campagnes, de faire des déclarations, il faut se pencher sur les jeunes eux-mêmes et comprendre leurs langages, leurs usages… Afin de mettre en place des solutions efficientes – et surtout avant de s’emballer et de révéler les identités des supposés agresseurs (en livrant l’identité du supposé agresseur d’Amanda Todd à la vindicte populaire, est-ce qu’Anonymous n’appelle pas au lynchage ? Auquel cas, ne devient-on pas à notre tour les harceleurs ?).
Puisque ce qu’il se passe en ligne est intimement lié à ce qu’il se passe hors ligne, danah boyd explique que blâmer l’Internet et souhaiter verrouiller son accès ne réglerait en aucun cas le problème (« Nous pouvons faire taire leurs pleurs en ligne en verrouillant l’Internet, mais ça ne fait rien pour résoudre le cœur du problème ») – ne faut-il pas plutôt nous saisir autrement des nouvelles technologies ? Les investir afin d’offrir l’aide et le soutien dont certains adolescents ont besoin ?
À ce sujet, la chercheuse rappelle avec justesse les propos de Jamey Rodemeyer, un adolescent de 14 ans, harcelé pour son orientation sexuelle, qui s’est donné la mort en 2011 : « Je dis toujours combien je suis harcelé, mais personne n’écoute. Qu’est-ce que je dois faire pour que quelqu’un m’écoute ? ». Lorsque les jeunes demandent de l’aide et que personne n’est présent, en ligne ou hors ligne, pour écouter, que se passe-t-il ?
Dans cette optique, danah boyd propose la mise en place d’éducateurs de rues digitales, d’éducateurs de rue « en ligne », qui pourront accompagner les jeunes dans leurs usages et pratiques numériques et travailler sur les relations, les échanges, les modes de communiquer.
Impliquer tous les acteurs et mener une réflexion sur la société
Le harcèlement ne s’arrête donc pas en se déconnectant, et il ne s’arrête pas non plus à la porte de l’école. Il a à voir avec nos vies quotidiennes, avec la société que nous créons, à laquelle nous contribuons, aux émissions que nous plébiscitons, aux clashs de téléréalité devant lesquelles nous frétillons, aux violences politiques qui ne nous choquent parfois plus. Il peut commencer de façon relativement anodine (« Ta robe est moche ») et suivre une escalade infernale.
Pour faire face et comprendre le phénomène du harcèlement entre jeunes, tout le monde doit s’impliquer et prendre les responsabilités de ses propres actions, valeurs et attitudes. Tous les acteurs doivent être pris en compte : les victimes, les auteurs, les spectateurs, les familles, les institutions. Tous doivent pouvoir reconnaître l’existence du harcèlement et mesurer ses effets afin de pouvoir au mieux le prévenir, au pire le gérer. Nos programmes de prévention doivent mesurer leur propre efficience. Et plutôt que d’insister sur des campagnes négatives à propos de l’intimidation et du bullying, selon D. Boyd, nous pourrions nous concentrer sur des concepts positifs : en encourageant les relations saines, la notion de « citoyenneté digitale », l’empathie, en aidant les jeunes à se sentir forts, confiants et capables, sans les pousser automatiquement à se voir comme des victimes ou des oppresseurs, en les amenant également à comprendre que les « dramas » auxquels ils ne prêtent parfois pas beaucoup d’attention peuvent avoir de sérieuses conséquences… En mettant en place des lieux pour les soutenir – en ligne et hors ligne, afin d’être présent lorsque les jeunes sont fragilisés et ont le sentiment d’être seuls.
Selon le psychiatre Xavier Pommereau :
« Ce qu’il faut comprendre, c’est que quand on est en difficulté identitaire pour quelque raison que ce soit, les tensions et tumultes de l’adolescence peuvent donner envie de faire cesser la souffrance. Il faut comprendre que la pensée suicidaire, ce n’est pas forcément mourir : c’est en finir avec la souffrance. Le geste suicidaire inclut deux parties : d’une part, « Tout s’arrête, j’en ai assez, c’est intolérable » et d’autre part, « Je veux que ça continue autrement, je veux exister autrement… ». Malheureusement, aux dépens de ceux qui restent. »
Vous savez quoi ? Il m’est même déjà arrivé de me retrouver face à quelqu’un qui tentait de m’intimider : en 6ème (autant dire, il y a un milliard d’années), une nana avait déboulé devant moi pour me dire « Hé, pourquoi tu regardes ma copine, toi ? Tu regardes pas ma copine, OK ?! ». En l’occurrence, je ne regardais pas sa copine et à l’époque, je m’étais dit que ce n’était pas bien grave (que la nana en question était sans doute un peu barrée) – probablement parce que j’avais la chance d’être bien entourée et d’avoir les pieds relativement à l’aise dans mes baskets. Mais en fait, peut-être bien que ça aurait pu être grave – après tout, je m’en souviens encore. Peut-être que ça aurait pu me foutre une claque et me ficher les jetons. Peut-être que c’était tout de même déjà un pas vers une violence ?
Parfois, quand je regarde des trucs comme Glee, un peu dégoulinants de bons sentiments, il m’est déjà arrivé de me dire à moi-même que c’est quand même un peu ringard. Mais finalement, ce n’est pas un peu nul de trouver ça ringard ? Si ça peut contribuer à faire qu’une petite 6ème ne se retrouve pas face à une agression verbale au 1er trimestre, est-ce que c’est vraiment ringard ? Et si on pouvait commencer à tous bosser dans le même sens pour encourager les jeunes gens à entretenir des relations plus bienveillantes, en ligne, hors ligne ou ailleurs ?
Quelques ressources en situation de harcèlement
Gardez bien en tête que si le cyberharcèlement ne constitue pas une infraction réprimée en tant que telle par la loi française, le cyber-harceleur est susceptible de voir engager sa responsabilité sur le fondement du droit civil, du droit de la presse ou du code pénal – selon les termes de www.agircontreleharcelementalecole.gouv.fr.
Si vous en êtes victime :
- Alertez les adultes de votre entourage : parents, grands-parents, personnel éducatif… Vous n’êtes coupable de rien, n’hésitez pas à parler de votre situation pour trouver de l’aide.
- N’hésitez pas à joindre Net Ecoute au 0800 200 000 – où un écoutant spécialité pourra répondre à vos questions (leurs services proposent des moyens techniques et juridiques adaptés à la fois à la victime, à sa famille et au personnel de l’éducation nationale). Les appels sont gratuits, la ligne est ouverte du lundi au vendredi de 9h à 19h.
- Vous pouvez effectuer des démarches pour bloquer les profils ou comptes de vos agresseurs – à titre d’exemple, Facebook, afin de lutter contre ces pratiques, a mis au point une page dédiée à la sécurité.
- Ne répondez pas aux messages reçus – sauvegardez-les, ils constitueront des preuves.
- Pour plus d’informations et de conseils : http://www.agircontreleharcelementalecole.gouv.fr/que-faire-qui-contacter/
Si vous pensez être spectateur d’un harcèlement :
- Contactez et prévenez l’entourage de l’adolescent/l’enfant (école, famille, …)
Pour aller plus loin :
- Posts de blog de danah boyd :
- Rapport « Prévention du Harcèlement à l’Ecole » (2011), du sociologue Eric Debarbieux
- Une interview d’Eric Debarbieux








Le 23 octobre 2012 à 23:07
J'ai eu de la "chance" a l'époque de mon collège. Il y avait déjà internet, c'était la grande époque de Caramail, mais je n'y allais pas. Pas de Facebook et j'étais déjà profondément allergique aux skyblogs, résultat : pas de cyberbullying. Mais du bullying tout court, pendant des années, tout les jours d'école et sans vraiment oser dire que j'étais harcelée.C'était des insultes gratuites, du rejet, et du vol de stylo, trousse, sac et des moqueries, toujours sur mon physique. Une fois j'ai carrément été prise à part par tous les mecs de mon année, parce qu'une fille populaire avait prétendu que je l'avais insultée. Je me suis faite entouree d'une vingtaine de mecs, insultée à mon tour, puis menacée et j'ai fini par éclater en sanglot sous la pression tout ça pour me prendre des "oh pleure pas c'est toi la méchante, sale conne" etc. Je me suis dit "voilà, ma vie sociale est foutue, tout le monde me déteste, je n'aurais jamais d'amis puisque je suis si détestable ". Déjà que j'étais du genre pas douée socialement…
Souvent le problème c'est qu'on se dit, non pas "c'est une belle bande de connard, je m'en vais les dénoncer"', mais plutôt "j'ai fait quoi pour qu'on me haïsse?" et "si je les dénonce ils vont me taper". Donc finalement on ne dénonce rien, on souffre en silence en se demandant de qui cloche chez nous et on finit par assimiler leurs insultes et leurs reproches, aussi gratuits et infondés qu'ils soient.
Ça a disparu tout seul, quand j'ai fini par trouver des amis, malgré mon côté 'socialy awkward penguin', mais pendant longtemps, très longtemps, je suis restée terrifiée à l'idée qu'on me prenne pour une débile et ce qui est resté le plus longtemps c'est que j'étais moche, que j'avais un nez à faire peur et une tignasse immonde.
J'ai plus ou moins guéri, maintenent ca va j'arrive à me trouver canon, mais il me reste cette satanée obsession capillaire. Je déteste mes boucles, c'est un réel complexe, au point que je trouve toujours des technique pour éviter de côtoyer des gens après la piscine
Le 23 octobre 2012 à 23:36
Ha ben je viens de découvrir qu'il avait été adapté en film!
(Chatroom et à la base une pièce de théâtre d'Enda Walsh)
Le 24 octobre 2012 à 09:43
J'ai essayé d'en parler maladroitement sur mon blogLea Noway: Amanda Todd
Cet article est complet. Un regard d'adulte sur les adolescents c'est pas toujours évident, là ça tombe juste.
Le 24 octobre 2012 à 17:49
Parfois, je me dis que mon côté "insensible" et "dans mon monde" m'a quand même bien protégée, à l'époque où je subissais le harcèlement des gosses (primaire jusqu'à la fin du collège) parce que sinon j'aurais peut-être été détruite moralement, même si je m'en suis quand même pris plein dans la tête…J'ai regardé la vidéo de cette jeune fille, puis une autre très juste d'une jeune femme qui s'adressait aux harceleurs et ceux qui n'interviennent pas, ça m'a pris aux tripes.
@Annie D'Astrée, que les profs se mettent de votre côté, une pure horreur pour le jeune j'imagine. Il n'y a rien de tel pour se sentir totalement impuissant et comme une merde quand même les adultes pensent que tu ne vaux rien… heureusement pour moi aussi j'étais bonne élève les profs essayaient un peu de m'aider, même si c'était pas super efficace.
J'imagine même pas la douleur psychique qu'il a dû subir, pour aller jusqu'à des gestes de violence comme ça.
Le 25 octobre 2012 à 07:50
J'ai été victime de harcèlement pendant mes 3 premières années de collège, et OH MON DIEU quel soulagement d'avoir échappé au harcèlement numériqueFaut dire que j'ai eu de la chance : vie à l'étranger + époque 2000-2003 = paix totale en ligne ! (après, étant très méfiante, lorsque j'ai commencé à tenir un blog, je l'ai fait sur une plateforme permettant de gérer les niveau de confidentialité XD)
Mais si jamais je revoyais mes harceleurs aujourd'hui (tous enfants de chefs d'entreprise bien respectables), je me gênerais pas pour bien la coller la honte en public
Le 25 octobre 2012 à 08:14
Cette article remue beaucoup de choses personnelles. En stage l'an dernier, pour "exorciser" tout ça, j'ai travaillé sur le harcèlement scolaire avec une classe. Et je me suis rendue compte, avec les études et l'observation, qu'agresseur et victime avait des profils similaires mais pas la même manière de s'exprimer. Là où l'un, par timidité et peur des autres, fera son fanfaron pour avoir une cour, l'autre sera plus renfermé, un plus seul. Rien n'est excusable mais la vie personnelle des agresseurs font qu'ils ont ce "besoin" presque de se défouler, d'extraire cette violence de leur corps.Et pour stopper ce harcèlement scolaire, rien de mieux que de s'attaquer à la masse, aux spectateurs, c'est beaucoup plus efficace que sur l'agresseur ou la victime, action qui renforcerait leurs fragilités à tout les deux. Pas de spectateurs, pas de harcèlement. Mais il est très dur de faire stopper tout ça, beaucoup d'adultes se voilent la face en disant "oh ce n'est rien, un jeu entre gamins". Et je mettrais ma main à couper que dans leur enfance, c'étaient des spectateurs cautionnant ce type d'actes.
Le 25 octobre 2012 à 09:32
Comme beaucoup d'autres, je me rends compte que je ne suis pas seule a avoir été victime de harcelement…Je me suis souvent remise en question a cause de comportement subit pendant une grande partie de ma scolarité…
Je suis ce qu'on pourrait appeler une "éponge". Pour plaire, j'vaias tendance à agir et penser comme les autres.
Déjà en primaire, on était un groupe de 4 "amies". Mais bien souvent, elles décidaient que je devais passer mes récré seule.. Pourquoi j'ai pas réagit, j'en sais rien, j'avais une bonne amie dans mon lotissement, alors ça me suffisait. Puis elle a déménagé et les années passant, je l'ai retrouvé au collège. Sauf que de meilleur amien elle était devenue une peste comme on en oit dans les films.. Blonde, sure d'elle, populaire, elle a fait de ma vie un enfer.. (enfermée dans les toilettes, on m'empechait d'aller a la cantine, je me souvient tres bien de ce jour, où toute la cour de récré s'est retrouvé contre moi..) Mais moi, je ne savais pas quoi penser. j'avais bien un copain qui me soutenait, mais ça paraissait normal a force..
Et puis, avec le lycée ça a dégénéré: mail et msn piraté et famille insulté, telephone portable qui sonnait à toutes les heures du jour et de la nuit, message msn insultant de quelqu'un qui se faisait appelé "fantomas".
Malheureusement, je n'ai jamais vraiment osé en parlé a l'époque, encore aujourd'hui c'est pas quelque chose dont je suis fiére et à cause de tout ca, j'ai enormement de mal a me faire des amis.. Aujourd'hui, 25 ans, 0 amis proches… J'ai bien des potes avec qui on passe des soirées tous les 2 mois mais c'est tout…
Normalement, je déménage d'ici quelques temps (je suis toujours dans ma ville où j'ai grandit) et j'espère prendre un nouveau départ…
Bref, ce post ne sert pas à grand chose a part exprimé ce queje ressent.
J'ai travaillée 2 ans en temps que surveillante dans le même collège où j'etais inscrite. Et malheureusement, les choses ne changent pas.. Je suis contente d'avoir malgré tout pu aider une ado en difficulté de par mon expérience, mais qu'en est-il des autres?
Il faut vraiment trouver une solution à ce fléau, mais comment faire?
bref voila, désolé pour le pavé ^^"
Le 26 octobre 2012 à 01:33
Aah, le harcélement…J'en ai longtemps été victime, au collège et au lycée, j'étais un vilain petit canard, on me crachait dessus, on me jetait des feuilles mortes, on me foutait des baffes, on m'insultait souvent sur mon physique, en primaire j'étais la chose d'un groupe de filles qui -pendant qu'on jouait- me claquaient toujours les rôles ingrats (un animal qui mourait comme ça après j'étais virée du jeu), pendant un camp de centre aéré, c'est même un moniteur qui s'est acharné sur moi (en me mettant mal à l'aise devant les autres, en se fichant de moi publiquement, lors d'un maquillage collectif, j'ai eu droit aux moustaches.. ) au collège pareil, une fille m'a prise pour une conne, en faisant courir des rumeurs sur moi, en me mentant, comme j'étais quelqu'un de prude et proche de ma mère, on me moquait là-dessus (en 5eme j'ai même un peu pensé au suicide)… Mais globalement, je gardais toujours le sourire, parce que je ne comprenais pas, parce que j'ai toujours au plus loin que je me souvienne, relativisé.
Puis en 4éme, je me suis retrouvée dans la classe hype, genre avec tous les gens populaires qui donc me critiquaient, j'ai même eu droit à un fermage de gueule public dans une réunion de classe, alors que j'essayais de faire valoir un avis… Et puis un jour, je sais pas, au fur et à mesure, pendant les séances de sport, au vestiaire, les nanas ont commencé à me parler, et à me connaître donc. Et finalement en sont venues à me dire 'Bah en fait on te connaissait pas, on a été bêtes'
Bah oui.
Ca restera toujours marqué dans mon esprit, parce que ça a quand même marqué un tournant dans l'histoire, maintenant j'étais la protégée, les filles me défendaient auprès des garçons qui auparavant m'avaient critiquée et frappée… C'est assez cocasse comme retournement de situation, et tellement bête de devoir en arriver là. Parce que tout simplement, ça répond à cette question du'Pourquoi ?'par un 'Parce que'tout net et sans arguments. C'est juste parce qu'on dirait qu'il faut quelqu'un pour se défouler.
Je recroise de temps à autres les mecs harceleurs du collège dans ma ville qui essaient de me déstabiliser en m’alpaguant bourrés, mais maintenant, j'ai un peu moins peur, mais maintenant, je sais ce que je vaux. N'empêche que ça fait mal. De me dire que jamais ils ont pu et voulu aller plus loin que l'image qu'ils avaient et ont de moi, de me dire que je suis toujours moquée. Et je trouve ça injuste.
Personne ne mérite d'être harcelé, et je pense qu'il faut trouver en soi (parce que oui, on ne parle jamais de ça aux parents, ou peu) le courage de se dire qu'on vaut mieux que ça. Bien sûr je ne le pensais pas quand j'étais sur le carreau, quand j'étais la dernière a être choisie en sport, quand je me faisais humilier sur des sujets que je ne connaissais pas… Mais la preuve, j'ai eu affaire à des gens pas trop cons qui ont réussi à voir plus loin que le bout de leur nez, et il suffit d'un(e) pour se sentir un peu plus que de la merde. Maintenant, quand je vois les déchets que ces gens sont devenus, et même si j'ai encore un peu envie de pleurer quand je me sens moquée, je me dis qu'entre être populaire et être ce que je suis, et fière de ce que je suis, je me choisis moi.
Et j'ajouterai que je suis bien 'contente' (c'est relatif), de ne pas avoir été harcelée au temps de l'internet (et encore, j'ai eu quelques skyblogs, j'ai eu quelques mauvais contacts MSN), avec cette nouvelle tendance arrive une cruauté pire que toute, et c'est plus que préoccupant… Encore plus de gens à s'acharner sur une pauvre personne innocente, encore moins de sanctions prises, encore moins d'écoute… C'est horrible.
(Désolée pour le pavé également, on dirait que cet article fait sortir beaucoup de choses…
Le 26 octobre 2012 à 02:10
Comme je te comprends ma @Bluebell.Ça ne m'a pas empêché de me "venger" plus tard. Quand la mère d'un de ceux qui m'avaient tellement fait de mal au collège est devenue femme de ménage chez nous, j'en ai profité pour régler mes comptes. J'ai expliqué à cette personne que son cher fiston était un véritable enfoiré de première, qu'il m'en avait fait baver et que je regrettais bien de ne jamais avoir su le remettre à sa place. La semaine d'après, j'ai croisé ce garçon dans mon village et il s'est excusé. La maman avait dû lui passer un sacré savon
Comme toi, ce qui m'a le plus marqué c'est le fait que personne n'ait cherché à savoir qui j'étais vraiment et pourquoi j'étais toujours fourrée dans mes bouquins.
Et moi aussi je suis "soulagée" de n'avoir pas connu ce harcèlement à l'époque d'Internet. Je crois que sinon, j'aurais sombré. J'étais très fragile psychologiquement et ces personnes se sont acharnées sur moi jusqu'à n'en plus pouvoir. Alors je n'ose imaginer si on transposait ça à l'ère actuelle
Le 27 octobre 2012 à 16:45
Merci d'avoir créer ce topic.C'est un sujet qui me tient très à coeur car moi même, j'ai souvent été victime de harcèlement sur internet mais les profs, ma famille, mes amis m'ont toujours soutenu. J'étais choquée par l'attitude des profs dans le cas d' @Annie D'Astrée .