Brock Turner, le « violeur de Stanford », sort de prison… après 3 mois

Brock Turner a violé une jeune femme, et la lettre lue pendant son procès par sa victime a fait le tour du monde. Il va être libéré, au bout de trois mois seulement derrière les barreaux.

Brock Turner, le « violeur de Stanford », sort de prison… après 3 mois

Brock Turner va sortir de prison

Brock Turner a violé une étudiante de 23 ans. Il en avait 20 au moment des faits. Il a été condamné à six mois de prison. Pour que la peine n’ait pas « un impact sévère » sur son avenir.

Vous comprenez, Brock Turner est un brillant athlète. Il est excellent en natation.

Vous ne voyez pas le rapport ? Moi non plus.

Comme nous l’apprend le Washington Post, Brock Turner va être libéré pour bonne conduite ce vendredi, le 2 septembre 2016. C’est son droit. Ça ne fait pas de cette situation une situation juste. Il n’aura passé que 90 jours derrière les barreaux.

Des manifestations sont prévues le jour de sa libération.

Brock Turner, le pivot vers une justice plus équitable ?

La sentence très légère dont Brock Turner a fait l’objet continue de résonner dans l’actualité, notamment grâce au pouvoir viral de la lettre que sa victime lui a écrite, puis a lue pendant le procès (voir ci-dessous).

Une proposition de loi a par exemple été votée en Californie. Elle prévoit une peine-plancher pour les cas d’agression sexuelle.

Le juge Aaron Persky, qui a prononcé la sentence de Brock Turner et a été violemment critiqué pour sa décision, s’est retiré des affaires criminelles pour passer au civil. Plus de 80 000 personnes avaient signé une pétition demandant sa révocation.

S’il est quasi-insoutenable d’imaginer Brock Turner en liberté dès cette semaine, on peut du moins espérer que ce retentissement ait des effets durables sur une justice trop souvent incompétente face au viol et autres agressions sexuelles.

Le 8 juin 2016 — Une jeune femme de 23 ans. Une soirée étudiante à Stanford, aux États-Unis, en janvier 2015. Un peu trop d’alcool pour avoir les idées claires. Un jeune homme, Brock Turner, 20 ans. Un crime.

Brock Turner a violé une jeune femme en état d’ébriété, après une soirée, derrière une benne à ordures. Il a été repéré par deux passants à vélo et jugé en mars 2016. Peine maximale : 14 ans de prison pour agression sexuelle. Le juge l’a mis derrière les barreaux pour six mois… avec sursis.

Pourquoi ? Pour éviter d’avoir « un impact sévère » sur l’avenir de cet athlète brillant, promis aux Jeux Olympiques, section natation.

Six mois.

Avec sursis.

À lire aussi : Steubenville : de nouvelles mises en examen

La lettre d’une victime, la force des mots

La victime de Brock Turner a écrit une lettre, qu’elle lui a lue pendant le procès. Elle l’a également communiquée à BuzzFeed News, et son message a été traduit en intégralité sur BuzzFeed France.

Trigger warningce texte est long et très dur à lire. L’agression ainsi que tout le processus médico-légal par lequel la victime a dû passer sont clairement détaillés. J’ai personnellement dû m’y reprendre à deux fois pour le finir.

« Tu n’aurais jamais dû me faire ça. Deuxièmement, tu n’aurais jamais dû me forcer à me battre si longtemps pour te dire : tu n’aurais jamais dû me faire ça. Mais on en est là. Le mal est fait, personne ne peut le défaire. Et à présent, nous avons tous les deux le choix. Nous pouvons laisser ça nous détruire, je peux rester en colère, blessée et toi dans le déni, ou bien nous pouvons l’affronter en face, moi j’accepte la douleur, toi tu acceptes la punition, et on passe à autre chose. »

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Cliquez sur l’image ou ici pour lire toute la lettre.

Une victime qui parle pour mille silencieuses

Insoutenable récit, qu’il faut pourtant faire circuler. Insoutenable injustice que cette justice qui prend soin de ne pas « trop » gâcher l’avenir de celui qui a brisé une vie. Insoutenable pensée que celle-ci, qui a traversé mon esprit quand la lettre a commencé à circuler :

« Oh, encore ? »

Encore, oui. Encore une victime. Encore un coupable qui ne paiera pas cher. Encore les tripes nouées, encore la gorge serrée, encore les flashbacks sur les paupières fermées. Encore la rage au bide, encore le sentiment d’impuissance.

Jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus. Encore.

Pour aller plus loin…

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Lafeemandarine
    Lafeemandarine, Le 10 septembre 2016 à 14h05

    J'aimerais ajouter une info: selon une rumeur qui tourne sur twitter, le père de Brock Turner aurait fait du victim-blaming.

    Spoiler: trigger warning

    Or, c'est une fausse rumeur. Je ne veux pas excuser Turner père ou fils: ils ont tous deux eu un comportement totalement inacceptable. Seulement, je ne pense pas que ce soit une bonne idée de lancer ce genre de fausse rumeur. ça part peut-être d'une bonne intention mais ça entraîne le risque que Turner senior se pose en victime et se plaigne d'être faussement accusé. Un conseil: si vous tombez sur cette rumeur, ne la propagez pas et restez-en aux faits: le fils a commis un viol, le père lui cherche des excuses et ils ont tort tous les deux. Bonne journée.

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