Je suis bisexuelle — Témoignage

Pondu par Une madmoiZelle le 23 septembre 2013     

La bisexualité est parfois un peu oubliée, ignorée, considérée comme une zone de flou entre homosexualité et hétérosexualité. Mais c’est bien plus que ça, et cette madmoiZelle bi vous l’explique !

— Article publié le 26 juillet 2013

Je tiens tout d’abord à dire qu’en bonne narcissique que je suis, je ne parle que de mon expérience propre et ne généralise en aucun cas le ressenti du/de la bisexuel-le lambda (comment ça, ça n’existe pas?).

Je ne peux pas vous parler de la façon dont les autres vivent ce que certaines mauvaises langues appelleront le fait « d’avoir le cul entre deux chaises ».

Cela dit, comme beaucoup d’hétéros et d’homos me posent régulièrement la question, je me suis dit que ce serait ptêt’ pas une si mauvaise idée que ça que de parler de ce que peut signifier le fait d’être bisexuelle pour une jeune glandeuse de 22 ans.

Être bi, c’est quoi d’abord ?

Selon moi, ça signifie être potentiellement attiré-e par (tomber amoureu-x-se de, avoir envie de sauter sur, vouloir se marier avec…) chaque être humain de plus de 18 ans vivant sur la planète (non, je n’ai pas le sens de l’exagération, c’est faux !). En somme, c’est surtout ne pas avoir de barrière liée au sexe et/ou au genre.

Figurez-vous que ça peut surprendre ! On me dit souvent qu’être bi, c’est être bipolaire, c’est ne pas savoir ce qu’on veut, ne pas savoir choisir – comme quand tu hésitais entre faire bac L et bac S, quoi – et ce serait même à la limite du dédoublement de personnalité pour certains (rien que ça, ouais).

Je suis bisexuelle — Témoignage mulholland drive

Moi, j’ai toujours vu ça comme des milliers d’opportunités en plus : être bi, c’est justement avoir le choix non pas d’un sexe mais d’une personne, et ce choix est bien plus élargi pour moi que pour les hétéros et les homos. Encore une fois, cette remarque est purement subjective, je ne veux froisser personne dans l’assistance!

En général, c’est là qu’on te regarde avec de grands yeux en te disant « Haaaan mais en fait c’est génial d’être bi ! » et bizarrement, c’est la fille hétéro sur laquelle tu as craqué par erreur — ou pas, parce que t’es un peu con et que tu craques toujours sur des meufs hétéros — qui te dit ça. Si elle veut ouvrir son esprit, c’est quand elle veut !

Comment ça nous tombe dessus, ce truc ?

Précision importante : je me fiche éperdument de savoir si le fait d’être hétéro, bi, gay, trans, ou martien vient du père, de la mère ou du Saint Esprit. Je pense vraiment que ça nous tombe dessus, peut-être que c’est le destin, peut-être que c’est dans notre ADN, je ne peux savoir et le débat ne m’intéresse guère parce que personne n’est jamais d’accord et que de toutes façons, on ne saura jamais qui a raison ou tort.

Je ne vais donc pas entrer dans le récit — pourtant hautement passionnant — de ma vie mais je peux vous dire que je ne l’avais pas vue venir, celle-là ! Je pense être un cas particulier parce que j’ai été physiquement attirée par une jolie brune avant de tomber raide dingue d’une autre (brune aussi, quand je vous dis que ma vie est passionnante).

Je suis bisexuelle — Témoignage frida

Le cas, dit « classique », serait plutôt celui d’avoir des sentiments pour une personne du même sexe avant de se rendre compte que c’est bien plus que de l’amitié ou de l’admiration. Du moins, c’est ce que j’ai pu constater chez les autres et par « autres », j’entends surtout mon entourage à tendances déviantes (ceci est une blague) !

Bisexuelle, comme si ma vie n’était pas assez compliquée !

Lorsque j’ai compris que j’étais également attirée par les filles, plusieurs choses m’ont traversée.

L’une des premières choses que j’me souviens m’être dite était « Putain dans quel merdier tu t’es encore foutue ? Tu trouvais que ta vie n’était pas assez compliquée et t’as voulu en rajouter une couche ? ».

Bon… peut-être pas avec ces termes exacts, je l’admets, mais il faut bien avouer que même si j’ai la chance d’avoir une famille gay-friendly qui m’a élevée dans le respect de chacun, dans ce cas de figure, on sait d’avance qu’on part dans la vie avec des complications en plus !

Je tiens cependant à dire que c’est quelque chose que je ne pense absolument plus. J’avais 17 ans quand ça m’est tombé dessus sans crier gare et l’adolescence mélangée à tout le reste m’ont fait voir le côté négatif de la chose en premier lieu. Heureusement, j’ai rapidement vu tout ce que ça pouvait m’apporter. C’est peut-être même la meilleure chose qui me soit arrivée dans la vie !

Je suis bisexuelle — Témoignage basic instinct

Mais alors… je deviens homo ?

J’ai d’abord cru à une transition de l’hétérosexualité vers l’homosexualité.

J’ai grandi avec les amis gays de ma mère, mais voilà, ils étaient gays ! Tous ! Pas un bi à l’horizon ! Pour moi (comme encore pour beaucoup), il n’y avait pas d’entre-deux : soit tu étais hétéro, soit tu étais homo, point barre.

Du coup, quand je voyais que j’étais toujours attirée par les mecs malgré tout, j’ai vraiment cru que j’étais dans une sorte d’évolution, genre celle des Pokémon lorsqu’ils clignotent d’une forme à l’autre avant de devenir la nouvelle et d’abandonner pour toujours l’ancienne (noooon Salamèèèèche, reviiiiiens !). Eh bien non ! Je suis heureuse de vous annoncer que je clignote toujours, et ce même 5 ans après !

Je suis bisexuelle — Témoignage vicky cristina barcelona

Accepter et apprivoiser ma bisexualité

N’ayant aucun modèle réel à qui me référer, j’ai appris sur le tas ce qu’être bi pouvait vouloir dire. Je sortais d’une relation d’un an et demi avec un mec, que j’avais aimé et j’étais sur le point de tomber amoureuse d’une fille. La transition n’est pas si étrange que ça : je pense qu’il faut le vivre (ou être convaincu-e par l’expérience des autres) pour comprendre à quel point être avec l’un ou l’autre n’est pas si différent.

C’est moi qui n’agis pas exactement de la même manière si je suis face à un homme ou une femme mais ça pourrait ne pas être le cas. On s’adapte à la personne qu’on a en face je pense. Et c’est tout.

Alors oui, évidemment, l’un comme l’autre n’est pas exaaaactement « fait » de la même manière mais d’un : c’est tant mieux ! Et c’est aussi pour ça que la bisexualité existe, hein, on est un peu des explorateurs qui s’ignorent en fait. Encore une fois, on s’adapte ! On s’adapte au caractère comme au physique, comme tout un chacun le fait finalement.

Je suis bisexuelle — Témoignage bisexuel

« Et sinon, toi t’es du genre 50/50, 25/75, comment ça se passe ? »

La grande question qu’on me pose souvent est la suivante : « As-tu des préférences ? » : OUI ! J’en ai ! Voilà, c’est dit !

Mais — trois fois « mais » — elles sont variables. Parfois je vais principalement regarder des mecs, parfois ce sera plus des filles, un jour elles seront brunes et bien en chair et le lendemain rouquines et minces, un jour ils seront blonds et bodybuildés et le lendemain bruns et l’air intello…

Vous avez compris l’idée : ça dépend de mon humeur du moment ! Encore une fois, cela ne tient qu’à moi mais je pense qu’on est quelques-un-e-s à se retrouver dans ce schéma.

Je suis bisexuelle — Témoignage monster

« ÊTRE BI, ÇA N’EXISTE PAS ! »

Evidemment, je suis souvent confrontée à cette fameuse affirmation.

Je t’arrête tout de suite Albert, tu vas ranger ta machine à étiqueter et à juger vite fait bien fait ! Ce n’est pas parce que Julien préfère les garçons aux filles qu’il en n’est pas moins bi.

À dire vrai, je n’aime pas mettre les gens dans des catégories. Je pense qu’être bi, c’est couvrir un peu toutes les diversités sexuelles. Ce n’est pas être du pur 50/50 (même si ça existe pour de vrai) et ce n’est pas forcément passer vraiment à l’acte.

Je pense que Morgane peut être bi si elle mouille sa culotte par inadvertance en pensant à sa pote Gorgette fantasme sur une fille. Nul besoin de passer à l’acte pour savoir qu’on peut être attiré par le même sexe.

Après, être bi, selon moi et plus exactement selon mon vécu, englobe le fait de pouvoir tomber amoureux de n’importe qui — pas forcément de n’importe quoi, on va s’arrêter à deux catégories si vous le voulez bien, ça fout déjà assez bien le bordel comme ça ! — et de pouvoir être attiré-e par n’importe qui.

Je suis bisexuelle — Témoignage bisexualite

Je trouve très con — et encore, je suis polie — que des gens, homos et hétéros confondus, tiennent à mettre des barrières partout : parce que j’ai été en couple avec une femme pendant 3 ans et demi, je suis devenue lesbienne, maintenant que je « sors » presque qu’avec des mecs, je suis « peut-être redev’nue hétéro finalement»… MAIS BIEN SÛR.

Vous l’avez compris, c’est quelque chose qui m’énerve. Et les « oui mais si tu restes avec ta copine pendant 20 ans, tu seras lesbienne » ont tendance à me donner des envies de meurtre plus qu’autre chose.

Je suis bisexuelle, c’est tout !

Cette « dualité », c’est un peu mon équilibre à moi — et non, ce n’est pas parce que je suis avec un mec pendant 10 ans que les filles vont me manquer, et inversement.

C’est comme si vous étiez attirée principalement par les beaux blacks et que vous tombiez éperdument amoureuse d’un petit asiatique. Rien ne vous empêche de fantasmer de temps à autres sur les blacks mais ce n’est pas pour autant que vous allez sauter sur eux dès la première occasion venue !

Être bi, c’est en quelque sorte la même chose. Évidemment j’ai caricaturé mais l’idée est là. Et je hais cordialement ceux qui me disent qu’être bi, c’est être inconstant-e. J’ai 22 ans, je suis restée pendant 3 ans et demi avec mon ex, je pense qu’il y a pire dans la vie comme inconstance (et non, je ne l’ai pas trompée) !

À mes yeux, être bi, c’est aimer l’être humain tout simplement. Peu importe comment, pourquoi, ou pendant combien de temps on préférera un sexe à l’autre. Ce n’est pas mieux que d’être d’un seul bord sexuel mais ça offre encore plus de surprises et d’aventures (à mon sens). Je sais bien que ça sonne un peu comme une chanson Disney mais je le pense vraiment et surtout, je le vis chaque jour de cette manière là.

Oh et pour finir sur une note moins gnangnan et plus réaliste : pouvoir baver sur Henry Cavill avec ses amies et sur Olivia Wilde avec ses amis, franchement, ça n’a pas de prix !

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Les 10 dernières réactions à cet article sur le forum

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  1. Fever45Fever45

    Le 25 novembre 2013 à 18:26

    Je me suis trop reconnue dans ton article!!! moi aussi je suis une jeune bisexuelle de 22 ans et je me confronte souvent aux gens avec des idées bien arrêtés sur le sujet et des clichés du genre:" Elle ne sait pas ce qu'elle veut!" ou la phrase type:"T'as le cul entre deux chaises!"!!
       Quand j'aborde ce sujet avec des personnes, la 1ère question c'est:" T'es sur les mecs à combien de pourcent à peu près, 50%,60%? et les filles, 40% ou plus si on devait comparer?" J'ai envie de leur répondre: "Et toi tu aimes ta copine/ton copain à combien de pourcent? sur une échelle de 1 à 100? c'est couci-couça? selon ton humeur?" ou encore:" C'est surement une période de transition, ça te passera!" ou alors: "Tu te décideras plus tard…".
        Etre bisexuelle, ce n'est pas une contrainte, ou être une éternelle indécise, c'est juste avoir le choix d'aimer une personne, que cette personne soit une fille, un homme ou un hermaphrodite, ce n'est qu'un détail de la personne, comme d'avoir les cheveux blonds ou les yeux verts! Et à chaque fois que j'entends ce genre de phrase, j'ai aussi une envie de meurtre! J'ai l'impression que les gens essaie de me poser des barrières!!
       D'ailleurs je n'aime pas ce terme bisexuelle, parce que ce n'est pas qui je suis, je préfère dire que je suis sur les gens.
         Enfin, tout ça pour dire, que ça fait du bien de se reconnaître dans certaines choses que tu as écrites.
  2. MargooniettMargooniett

    Le 27 novembre 2013 à 22:23

    Je suis bi, et j'avoue ne pas comprendre les personnes qui n'aime qu'un sexe, je veux dire, imaginé, vous tombez amoureuse d'un homme, fusion passionnelle, toussa, et un matin il se reveille dans une version feminine. Vous le/la largué en lui disant : désolé, tu es tout ce que je désire, mais t'as rien entre les jambes donc bye bye ?
    Je comprendrais jamais.

    Je suis dans une classe avec une option arabe, et ma sexualité à fuité. Une algérienne à fait semblant de me dragué pendant le début de l'année. Ugh. Personne à qui des cas similaires sont arrivé ?

    Sinon souvent j'assume pas trop a cause de ces filles qui se disent bi psk ca fé 1 coté difrent mdr
  3. Eyopa-PendragonEyopa-Pendragon

    Le 30 janvier 2014 à 23:56

    Merci pour ce bel article !
    J'ai aimé plusieurs femmes dans ma vie, mais aussi plusieurs hommes.

    Comme toi, j'ai pensé devenir totalement gay, mais en fait non, j'aime les deux voila tout.
    Je ne me considère pas Bi, car je n'aime pas les étiquettes, je dis simplement au gens "je m'intéresse simplement à la personne dont je tombe amoureuse."

    Mes proches l'ont très bien compris, et actuellement je vis parfaitement ma sexualité, je suis heureuse de ne pas avoir de frontière, de pouvoir aimer autant une femme qu'un homme, parce que les deux genres sont magnifiques.

    Merci pour cet article plein de justesse !
  4. Blackyy13Blackyy13

    Le 31 janvier 2014 à 01:03

    Merci pour cette article, il est vraiment super !

    Je fais partie de celle qui se reconnaisse dans ce que tu as écris même si comme certain-e je n'aime pas employé le terme "bi". Pourquoi on est toujours obligé de classer les gens ?

    Pour ma part je l'ai toujours su, même petite, peut être parce que j'ai était dans une famille très ouverte d'esprit sur le sujet, pour tout d'ailleurs.

    Souvent quand on me demande si je suis hétéro/bi/homo je répond qu'on aime pas une personne pour son sexe mais pour ce qu'elle est et qu'il y a de très belle fille comme il y a de très beau mec aussi. Mais j'ai toujours assez bien vécu ma sexualité, sauf peut être collège parce que la plupart des gens ne comprenais pas comment je pouvait être "lesbienne" et "hétéro" en même temps.. (si, si j'ai déjà entendu ça)

    J'ai un copain depuis bientôt 2 ans, il sait tout ça et ça nous rapproche parce qu'on regarde l'un comme l'autre les filles, même si je ne me contente pas de regarder que les filles! ;)

    Tout ça pour dire qu'il faut pas se poser trop de question et de prendre les choses comme elles viennent, un jour on mouille la culotte pour une fille et le lendemain pour un mec, c'est comme ça et tant mieux l'horizon est plus vaste ! Et y a deux fois plus de personnes sur qui fantasmer ! ;)

    Julie
  5. Sad-O-MadSad-O-Mad

    Le 31 janvier 2014 à 19:31

    Ah, la bisexualité ! Qu’est-ce que j’ai pas vécu à cause/grâce à ça !

    Tout comme toi ou presque, je suis une jeunette de 21 ans, bisexuelle depuis…Depuis toujours, en fait. Je n’ai pas attendu d’avoir 17 ans pour m’en rendre compte, ça m’est venu biiien plus tôt que ça !
    Je devais avoir 6/7 ans quand, déjà, je me disais que certaines de mes amies étaient très jolies et que j’aurai bien voulu sortir avec elles. Comme on sort ensemble quand on est gamins, évidemment. Puis un peu plus tard, j’ai entendu parler de l’homosexualité et, aussi con que ce soit…J’avais grave peur d’être lesbienne. Tout mon entourage était hétérosexuel, et il était hors de question que je trouve encore un moyen stupide d’être différente de tout le monde. Alors, hétérosexuelle it is, j’étais et je serai, que je pensais bêtement.

    Mais en grandissant, l’idée était toujours là : « Je suis peut-être lesbienne, mais j’aime aussi les mecs, bon sang ! On fait quoi dans ce genre de situations, hein ? On passe de l’un à l’autre, comme ça, comme on change de chemises ? Un jour je suis hétérosexuelle, un jour je suis lesbienne ou pire ! Le matin hétéro, l’aprem’ homo ? » Bon, je me posais pas souvent la question, mais quand j’y pensais, ça me foutait un peu les glandes.
    C’est vers 14 ans que j’ai découvert que la bisexualité existait. Enfin, découvert, non. Que j’ai « compris ! » que ça existait. J’en entendais souvent parler, mais je ne m’étais jamais identifiée à ce terme. Et puis, un jour où on délirait avec une bande d’amis, ceux-ci en sont venus à confier qu’ils n’étaient pas vraiment bi’, que c’était juste pour déconner. Quand c’est tombé sur moi, que tous les regards se sont tournés vers moi pour entendre le « Moi aussi je déconne », ça m’est apparu comme une évidence. « Nan mais moi en fait, je suis vraiment bisexuelle, les potes ». Et même si les yeux se sont un peu écarquillés…Il n’y a eu aucune, absolument aucune mauvaise réaction. Ça a été des sourires, des tapes dans le dos et la conversation a continué sur sa lancée.

    J’ai conscience que la bisexualité peut être mal vue, comme l’homosexualité. Et avoir cette forme de soutient de la part de mes amis m’a poussée à toujours, absolument toujours assumer ma bisexualité. Je ne m’en suis jamais cachée, et je n’ai jamais eu d’ennuis à ce propos. Ma famille s’en moque comme de l’an quarante, je n’ai perdu aucun ami et je suis même parvenue quelques fois à ouvrir les yeux d’anciens homophobes. « L’homosexualité, c’est une maladie. » « Ah ouais ? Et moi, j’suis à moitié malade, alors, ou en voie de guérison ? ». Ca les faisait sourire, mais surtout réfléchir.

    J’associe souvent ma bisexualité à l’homosexualité car, soyons d’accord : ça y touche un peu/beaucoup, surtout quand mon cœur chavire pour une autre demoiselle.
    Enfin, voilà voilà, c’était mon petit témoignage perso n’à moi aussi. Tout ça pour dire que la bisexualité, c’est comme toute autre forme d’amour : c’est bien, c’est beau, c’est aussi parfois foutrement relou.

    Ah et tant que j'y suis : un jour, des sexologues étaient venues dans ma classe de 3ème pour nous expliquer deux ou trois trucs qu'on savait déjà tous. On pouvait aussi leur poser des questions anonymes, et j'en avais donc naturellement posée une sur la bisexualité.
    Ces deux mégères pas jouasses ont dit que c'était avoir le cul entre deux chaises.
    Etant dans une classe que je qualifiais moi-même d'immature, j'en ai eu le souffle coupé, et j'ai surtout eu très peur des réactions de mes camarades. Quelle belle claque je me suis reçue, ce jour-là, quand en choeur, ils ont dit que les sexologues racontaient des conneries.
    Ca m'a fait chaud au coeur, de constater que ma sexualité, aussi peu commune était-elle à l'époque, ait été si bien acceptée par l'ensemble de ma classe, et même par le corps professoral !

    Comme quoi, tout espoir en l'humanité n'est pas perdu :D

    (Han et pis, tant que j'y suis : champagne ! C'est mon premier message sur le forum.)
  6. YzorhaYzorha

    Le 31 janvier 2014 à 21:28

    Merci pour cet article !

    Faudrait que je pense à l'envoyer à mes amies lesbiennes qui ne cessent de me dire "alors, c'est quand que tu choisis ton camp ?" à chaque fois que je leur rend visite …

    Je suis donc moi-même bi (-sexuelle ou -romantique, choisissez ce qui vous plait ^^). Je suis autant attirée par les hommes que par les femmes, que ce soit sexuellement que amoureusement, bien que je ne sois sorti qu'avec une seule fille et que cette relation a duré plutôt courte … Je n'ai d'ailleurs jamais eu d'expérience sexuelle avec une fille, mais je sais que je suis bi, c'est indéniable, ça fait partie de moi, c’est moi. Si ça n'est jamais arrivé, c'est pas parce que je n'osais pas, que j'avais peur ou que je n'étais pas sûre de moi et de ce que j'étais, que c'était juste une passade … Non, ce n'est pas arrivé parce que je n'ne ai pas eu l'occasion, n'ayant eu que trop peu d'amies bi ou lesbiennes alors que je démarrais ma vie sexuelle, et que quand j'ai eu ce genre d'amies, elles habitaient trop loin ^^. Bref, erreur de timing on va dire.

    Là, je suis en couple depuis deux ans avec un homme, et vu comment les choses vont, c'est bien partit pour qu'il soit, comme on dit, l'homme de ma vie, le père de mes enfants, et mon futur "vieux mari" ^^. Etant quelqu'un de très fidèle, je ne vais pas voir ailleurs, ce qui ne m'empêche pas de faire fonctionner à donf ma machine à fantasme.

    J'ai par contre remarqué quelque chose : dans ma tête, je me vois plus facilement faire ma vie avec un homme qu'avec une femme. Je pense que c'est du au conditionnement inconscient qu'on reçoit quand on vit dans un milieux familial profondément hétéro et resserré autour du cocon familial type "papa+maman" … Non pas que je ne conçoive pas la vie de famille avec une femme hein. Simplement que du coup, si je suis attirée par une femme, je vais plutôt regarder son physique et prendre du bon temps, et si la personnalité et bien, on peut aller plus loin. Alors que quand je suis attirée par un mec, je vois presque de suite son potentiel en tant que "mon peut être futur monsieur" avant de rechercher ses qualité physiques … Faut croire que le message des contes de fées est bien passé chez moi XD.

    Ceci étant dit, j'ai toujours été assez bien dans ma tête à ce sujet. Je crois même que c'est bien la seule chose qui, au cours de mon adolescence, ne m'a pas complexée. J'étais LA bi de la classe ou de mon groupe de potes, celle à qui on posait pleins de questions (jamais méchantes pour le coup) et au final j'en étais assez fière (du moins au début, après ça devient soûlant, quand les potes finissent par faire l'affreux amalgame "t'es bien donc t'aime les plan à trois et les partouzes" …). Par contre, c'est bien un truc dont je ne parle pas en famille. Ma famille sait que je défend ardemment la cause LGBT (mais cela dit, eux aussi, ils sont pour l'égalité des droits toussa toussa) mais je pense qu'à part certains de mes cousins et cousines (ceux qui voient mon facebook et mon blog notamment) et mon frère, ils ne sont pas au courant. Pas que je m'ne cache d'ailleurs. Juste que je suis dans une famille assez "prude" et qu'entre nous on ne parle pas de notre sexualité. Les blagues cochonnes, pas de problème, mais nos prouesses au lit restent cachées ^^ (pour vous dire, on parle même très peu du côté sentimental de nos relations … de vrais murs ^^). Du coup, je n'ai jamais eu l'occasion d'en parler et en fin de compte je n'en éprouve pas le besoin, je n'en vois même pas l'intérêt : ma vie sexuelle et amoureuse ne regarde que moi, au fond, et ils savent tous, de par mon caractère (de merde) que s'ils n'aiment pas la personne avec qui je suis, je n'en aurais rien à faire (certes, ça m'énervera, mais tant pis).

    Pour moi, dire "je suis bi" est aussi peu révélateur de ma personnalité que si je disais "j'aime le fromage de chèvre". C'est quelque chose que je suis, mais ce n'est pas tout ce que je suis. Si on mettait une étiquette sur toutes mes facettes, je pourrais ouvrir un magasin …


    Voilà pour ma petite contribution ^^
  7. Cora.DixonCora.Dixon

    Le 02 février 2014 à 12:53

    Posté par margooniett
    Sinon souvent j'assume pas trop a cause de ces filles qui se disent bi psk ca fé 1 coté difrent mdr


    Ah non, mais ça, je hais, mais vraiment.
    Genre " Être bi c'est trop la mode t'as vu ? Et moi en tant que gentil mouton je suis la mode ! Trop d4rk ! Kikou-lolilol ! "
    J'ai envie de les frapper ces gens-là, mais VRAIMENT.

    Sinon, je suis relativement d'accord avec la plupart des commentaires que j'ai lu. En effet, une personne "bisexuelle" (ouais, je n'aime pas trop mettre les gens dans des cases), tombe amoureuse d'une personne et non de son sexe, le reste elle s'en tape. Et je trouve ça vraiment cool.

    Bon après je dis ça, alors que moi je n'en serai jamais capable : No zizi.

    Mise à part ça, l'article est vraiment top, avec de l'humour comme je l'aime !
  8. MatouhMatouh

    Le 05 mars 2014 à 11:37

    YEAH!!

    Enfin un témoignage sur la bisexualité! C'est tout con mais je me sens moins seule, visiblement on a toutes le droit aux mêmes remarques!
    Le nombre de fois ou on me dit "c'est pas possible ça n'existe pas, t'es une refoulée"… J'ai même entendu ça à la radio (bon, c'était sur une c***erie genre "nrj/skyrock/fun radio à 21h30 ou les ados appellent pour expliquer qu'ils ont peur de faire du sesque avec leur copine" mais bon…)

    J'ai même eu le droit, après 2 ans avec mon mec, à une remarque très intelligente de sa part "non mais ça va mieux maintenant, tu l'es plus t'es avec moi!", dans le style "t'es guéri".
    Bah non je suis pas guéri. Surtout parce que j'ai jamais été malade. Et puis c'est pas parce que t'es en couple que tu deviens asexué (thanks god!).
    Enfin pour ceux qui m'ont sortis "tu es une hétéro refoulé" ==> AH BAH OUI, je me suis dit "haaaan c'est trop cool d'être homo, je veux pas être hétéro moi! J'ai envie de devoir vivre caché, ne pas être entièrement acceptée par la population au XXIe siècle,…". Merci les mecs, vous êtes des génies!

    Et oui je regarde (je mate pour être exacte) les filles ET les garçons mais NON ça veut pas dire que je saute sur tout ce qui bouge/j'aime les fouets et le latex/je suis une grande indécise/etc…

    Alors par pitié on arrête de dire des conneries 2s…


    En tout cas un grand MERCI pour ce témoignage!:clap:
  9. MatouhMatouh

    Le 05 mars 2014 à 11:43

    Posté par blackyy13
    J'ai un copain depuis bientôt 2 ans, il sait tout ça et ça nous rapproche parce qu'on regarde l'un comme l'autre les filles, même si je ne me contente pas de regarder que les filles! ;)


    Perso pareil j'ai un copain mais ça nous a pas rapproché ça…
    Au début il faisait des remarques sur le physique des filles (à la tv par exemple) "elle est pas trop mal celle là" et je renchérissais style "ouais putain elle est bien foutu"…. Il n'a plus jamais faite de remarque!! =)
  10. ElysElys

    Le 01 avril 2014 à 04:33

    Quand j'étais gosse, avec ma cousine on jouait au papa et à la maman. J'ai toujours fait le papa, parce que j'avais les cheveux courts. Je la détestais. J'ai longtemps cru que c'était par jalousie ou un truc comme ça, mais en fait, je détestais qu'elle soit aussi belle, aussi canon, et de devoir subir ce petit jeu débile où elle me draguait littéralement sans se rendre compte de ce que ça me faisait.
    Eh ouais, elle me rendait folle et me frustrait tellement. Aujourd'hui je la déteste parce qu'elle considère l'homosexualité comme une maladie, ou un truc que les illuminati nous infligent pour réduire le taux de natalité afin de faire disparaître toute vie sur terre (wtf???).

    Des années plus tard, j'ai joué aux sims 1, j'ai créé un couple de lesbienne juste pour voir, je les ai fait s'embrasser et… raz de marée dans ma culotte (j'avais 16 ans les hormones, etc). Après ça, je regardais sur youtube plein de filles se rouler des pelles, j'étais pire qu'un petit puceau avec un catalogue La Redoute.

    Je ne suis jamais sortie avec une fille, je trouve les filles trop dramatiques et puis, je les vois toutes hétéros. Et si elles sont bi ou lesbiennes, je me dis clairement que je peux pas être leur genre, ou qu'elles se la racontent pour faire bander les mecs.

    C'est plus fort que moi. Je ne me vois pas vivre avec une fille, ne coucher qu'avec des filles toute ma vie, c'est pour ça que la conclusion est simple: je ne suis pas hétéro, mais je ne suis clairement pas homosexuelle.
    Donc, je pense que je peux dire que je suis bisexuelle.

    Aujourd'hui j'ai une vie sexuelle et amoureuse sérieuse avec un homme hétéro, ça fait longtemps qu'on est ensemble, on vit ensemble, c'est l'amour fou et au lit c'est whaouh. Des fois je lui fais des surprises, j'ai des amies qui sont open et qui aiment faire des trucs avec nous (ou plutôt avec moi, devant lui). Evidemment monsieur ça ne le dérange pas, hein :rolleyes:

    Mais moi ressentir de l'amour, du vrai, pour une fille? Ca reste à voir.
    Ma cousine, je la voulais juste dans mon lit (à 9 ans, whaouh, précoce). Mes amies? Elles restent des amies. Des fois je jalouse leur mec, j'aimerais qu'elles soient célibataires, désespérées, amoureuses de moi, sans que jamais je me doive de répondre à leurs attentes, juste pour les frustrer… hahha je suis horrible!
    Bon ok, de l'amour, oui sans doute!

    Mais rien ne vaut un bon gros coup de :zizi: pour moi.


    Une petite pensée pour la sosie de Zooey Deschanel que j'ai croisé une fois qui m'a rendu dingue. Je sais où je pourrais la revoir, mais je me l'interdis, j'ai trop peur de tomber amoureuse et que ça vire au drama. En plus, elle est bi, elle aussi.

    Et là encore, comment être sûre, que c'est pas du flan quand les gens disent qu'ils sont bi en soirée??? :dunno:

    C'est dur de passer à l'acte, de se dévoiler à quelqu'un quand on est autre chose que hetero :( raaaaaah je crois que je bade…. :crying: bonne nuit et merci pour l'article :culotte:

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