Bilan d’une semaine de célibat et d’abstinence pour une droguée à l’amour

Voilà sept jours que Queen Camille a décidé de se recentrer sur elle-même en choisissant le célibat. Un premier bilan, plein d'enthousiasme.

Bilan d’une semaine de célibat et d’abstinence pour une droguée à l’amour

Il y a quelques temps, j’ai pris une décision importante. Celle de m’accorder une période de célibat et d’abstinence pour remettre à zéro les compteurs de mon cœur… et de mon cul.

Après quinze ans à enchaîner les relations plus ou moins longues, je suis arrivée à la conclusion que j’étais une droguée de l’amour.

Le sevrage m’est donc apparu comme la seule solution pour me détacher de mes vieilles habitudes, prendre du recul et retrouver une sérénité longtemps sacrifiée sur l’autel de la dévotion passionnelle.

J’ai ainsi décrété que je prenais une pause de six mois minimum pour me couper totalement de ces intrigues amoureuses qui me PASSIONNENT et finissent par me manger la tête.

La date d’application du décret était fixée à lundi dernier. Sept jours se sont écoulés depuis. Une éternité.

Le mec qui était déjà là

Première difficulté : je ne pars pas de zéro.

Ce n’est pas comme si j’étais seule et qu’il me « suffisait » ne pas chercher l’amour. Je suis de toute façon dégoûtée des applis de rencontre, et bien trop lassée des stratagèmes sentimentaux pour me remettre à draguer dans la vraie vie.

Je suis très au clair sur le fait que je n’ai plus aucune énergie à mettre dans le dating, les plans cul ou même les regards en coin.


Quand je pense à pécho une nouvelle personne

Mais en bonne addict du love, j’ai quelqu’un « sous la main », enfin dans ma vie quoi.

Notre relation dure depuis janvier et j’aurais du mal à définir sa nature. Ni vraiment en couple mais pas juste sex friends… Une copine m’a dit qu’on était « en souple », j’aime bien le concept.

Personne n’a officiellement envie de s’engager, mais personne n’a vraiment pu s’empêcher de s’attacher non plus. Nous communiquons quotidiennement et la complicité et les habitudes sont désormais bien installées.

Mais pour tenir ma bonne résolution, il me faut me séparer de lui.

Rompre, c’est nul

C’est mon épreuve du feu, l’ultime cerceau à travers lequel je dois sauter pour me libérer. Sauf que je suis aussi coopérative qu’un chiot un peu con.

Je suis plutôt TRÈS attachée à lui, j’ai vite viré à l’obsession en le rencontrant et je n’ai eu de cesse de le fangirler depuis.

J’aimerais pouvoir lui dire : « Déso, mais je fais un break, on se checke en février ?», mais ça ne me semble pas très sympa.

Malheureusement, je ne peux pas non plus le faire disparaitre de ma vie et de mon esprit en appuyant sur un bouton. 

Si seulement je pouvais annuler notre match du bout de l’index, et le rendre au néant duquel il a surgi sur Tinder il y a quelques mois… Mais rien n’efface les souvenirs (larmes).

Non, il me faut assumer ma décision et la lui communiquer. Débordante de mauvaise volonté comme je le suis, je trouve ça NUL.

Afin de me préparer, j’écrit un article donnant des conseils pour rompre avec classe et distinction.

Je n’en ai suivi aucun.

  • J’avais écrit qu’il fallait être claire et ne laisser aucun faux espoir.

J’ai fait des allusions au fait que j’allais peut-être l’appeler un peu moins, tout en lui roulant des pelles.

  • Je préconisais d’être définitif puis de laisser la personne tranquille.

Mais je l’ai appelé lundi pour qu’il me rende mes clés, mardi pour lui offrir le cadeau d’anniversaire que j’avais acheté il y a des mois, et mercredi pour qu’il vienne m’aider sur ce truc dont on avait parlé il y a longtemps…


Moi qui essaie de rompre sans succès

On s’en tient à des bisous, des serrages dans les bras, et il ne reste pas dormir.

Il a capté la partie « chasteté » de mon délire, mais j’ai laissé des zones d’incertitude dans lesquelles il s’engouffre pour négocier.

« On peut juste dormir ensemble, sans sexe, si tu veux. »

Mais ce n’est pas ça le problème. Certes il prend toute la place dans le lit, mais il prend surtout de la place dans mon esprit. Toute la place. Assez de place pour qu’il me soit facile de ne pas penser à moi, alors que j’en ai tant besoin.

Lui aussi aime cette drogue, et il n’a jamais décidé de décrocher. Je vais devoir être brutale.

Pour repousser l’échéance, je me dis que mon célibat commencera vraiment samedi. Ce sera le 1er septembre, ça fait un chiffre rond, c’est cool.

En attendant, j’amorce des changements dans ma tête, je prends du recul. J’observe mes comportements d’addict au quotidien, et je suis effarée.

Célibataire aigrie en deux jours chrono

J’ai l’impression d’être une enfant punie.

Quelle idée d’entamer une grève de l’amour en pleine semaine de règles aussi ? En plus, c’est la rentrée. Et il pleut.

Sur le quai du métro, je me rends compte d’un truc déprimant.

J’ai pris l’habitude de repérer les beaux gosses par les fenêtres avant même que le train ne s’arrête pour choisir le meilleur wagon. « T’es grave, ma vieille… »

Installée inconfortablement sur un strapontin, je triture les fils de mes écouteurs en essayant de trouver autre chose à faire de mon trajet que mater un passager attrayant. 

Evidemment, ce lundi matin à la première heure, la Providence avait placé en tête de la ligne 11 un ange descendu des cieux, en costard et lunettes sexy de l’enfer, comme je n’en vois JAMAIS.

Quand je marche dehors aussi, je me rends compte que mon radar est activé.

Je dois faire un effort conscient pour m’empêcher de lever les yeux de mon smartphone (une hérésie !) quand un BG croise mon champ de vision périphérique — et vous imaginez bien que je les repère de loin.

Au bout de deux jours, j’incarne déjà le parfait stéréotype de la meuf seule et aigrie. Je suis un nuage de mauvaise humeur qui répand la désolation partout où il passe.

Mes voisins du 2ème en ont fait les frais, eux qui ont cru pertinent d’organiser une soirée extrêmement bruyante un mardi soir.

Pour la première fois de ma vie, je suis allée taper à la porte pour me plaindre du raffut, en leur jetant toute ma frustration au visage. Oui, quand on s’adonne à de telles actions de vieux, on peut employer le mot « raffut ».


Mon niveau d’amabilité à ce moment-là

Qui suis-je ? Je ne me reconnais plus.

Je m’interdis de penser à celui qui occupait mon esprit jusqu’à maintenant. À la place, je fantasme sur un mec aussi parfait qu’imaginaire qui a le mérite de donner du grain à moudre à mon mental habitué à ce genre d’exercice.

Heureusement, je peux toujours vivre ma vie par procuration, en suivant comme des feuilletons les histoires de cœur de mes ami·es et collègues.

Perso, je n’ai plus aucun sujet de conversation.

Plus que 23 semaines de célibat…

Le jeudi est rude. Voilà toute une journée que je fais comme si mon ex n’existait pas, à défaut d’avoir eu le courage de le larguer.

Soyons honnêtes, la rechute me guette.

Je passe toute la soirée à essayer de finir d’écrire un article, sans succès. C’est aussi le soir qu’a choisi ma voisine pour exprimer bruyamment son plaisir, la fenêtre ouverte.

Le monde se foutrait-il de ma gueule ?

Entre rut et déprime, je cherche les meilleures excuses pour convertir le fait d’appeler mon régulier en bonne idée.

Ah ! Trop tard, ça sonne.

Une voix dans ma tête me traite d’irrécupérable junkie, une autre crie « YOLO ! ».

Quand il décroche, je lui sers un incompréhensible monologue dans la plus pure tradition de la dramaqueenerie menstruelle : « Viens me baiser ! Non, c’est mal ! ».

Il en déduit que j’ai besoin de sommeil et reste à bonne distance. La soirée s’achève sur PornMD et ma chasteté est sauve.

Je décide me mettre fin à mon calvaire le lendemain. « Je vais effacer ton numéro et je ne te rappellerai pas ». Il ne le prend pas très bien.

Le soir même, puisque c’est vendredi, je vais noyer mon désespoir comme il se doit dans des piscines de rosé. Ma collègue a invité le pote de son mec, un architecte célibataire d’1m85 aux yeux plus bleus qu’un ciel d’été.

En d’autres temps, il aurait été classé «  target » dans la minute. Pas ce soir.

Ce soir, je suis fatiguée et assez convaincue par mon autre collègue qui me glisse à l’oreille de m’imaginer dans un an, quand j’aurai arrêté de courir après la validation des hommes. 

Encore deux jours et ça fera toute une semaine. Il ne m’en reste que 23. Le week-end va être long.

À suivre…

À lire aussi : Accro à l’amour, j’ai choisi le célibat (et l’abstinence)

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Commentaires
  • QueenCamille
    QueenCamille, Le 7 septembre 2018 à 15h01

    Serenndipity
    Outre la perplexité que je peux avoir par rapport à ce défi (car quelque part je pense que le fait d'être accro ne pose problème que si cela met en danger la personne à court ou long terme, ici je pourrais l'imaginer si par exemple tu te retrouvais systématiquement dans des relations toxiques ou si cela t'empêchait de faire autre chose), j'ai un peu de mal avec cet article qui en gros laisse entendre que quand on est célibataire on est forcément frustrée (notamment le fait de passer pour la voisine chieuse, rapellant le cliché de la "mal baisée"). Je ne vois pas l'intérêt et je trouve ça limite blessant pour les célibataires non choisi.
    Tout le monde n' a pas le luxe de choisir d'être célibataire (y compris de rompre avec quelqu'un avec qui on a une belle relation semble-t-il pour se prouver je ne sais quoi), pour certain.e.s, oui on peut finir par en être aigri.e.s et détester tout le monde, fantasmer sur des gens imaginaires ou vivre sa vie par procuration (ce n'est pas un hasard si la protagoniste de la chanson du même nom de Goldman est célibataire). Il y a des phases difficiles et d'autres très belles aussi.
    Mais personnellement je suis pour vivre les choses telles qu'elles sont. Si tu aimes être avec quelqu'un et que tu as l'occasion de l'être pourquoi te priver? Malheureusement la vie nous donne souvent l'occasion d'expérimenter des choses qu'on ne souhaite pas.
    Cet article laisse surtout entendre qu'il s'agit d'un témoignage perso et non d'une encyclopédie du célibat XD

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