Ces bêtises de gosse que j’ai infligées à mes parents

À l’occasion de la Journée de la Jeunesse, plutôt que de repenser aux années acné, Sarah revient sur ses bêtises de gosses dont elle ou ses parents se souviennent encore. Et vous ?

Ces bêtises de gosse que j’ai infligées à mes parents

J’étais globalement une enfant facile à vivre. Oui madame. Si on regarde bien, à moins que ma mémoire sélective ait occulté ces menus détails, je n’ai jamais élevé de souris dans mon armoire ni joué à Tarzan avec les rideaux, et j’ai attendu l’âge adulte pour dessiner des bites sur les murs. Je soutiens même que je suis une victime de mon esprit d’aventure, voire du manque de sens de l’humour du reste du monde.

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Ma plus grande fierté, ceci dit, est ma médaille de la Mauvaise Foi, obtenue en 1993.

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J’ai raison et vous êtes tous méchants.

Mais soit. Puisqu’en cette belle Journée Internationale de la Jeunesse, nous sommes dans le thème confessions et couches culottes (et que c’est ça ou l’acné me chante « souviens-toi de moi »), je vous livre les plus belles frasques, ou expérimentations (selon comment on voit les choses), de mon enfance. Spéciale dédicace à papa et maman.

La technique de la serviette, ou « nique le train qui fait tchou-tchou »

Fut un temps où, avant d’abhorrer l’aubergine dans son ensemble, je n’aimais pas la soupe. Mais juste la soupe, en fait. Son essence, son aspect liquide, tout ce qui fait d’une soupe qu’elle est soupe, et quoi qu’on ait mis dedans. Par exemple vous auriez pu me dire « hé regarde on a fait une soupe au Nutella », et vous prendre exactement le même mépris abyssal réservé aux veloutés de légumes non identifiés.

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Parce que c’était précisément ça, le problème. Je n’avais aucun moyen de savoir ce qu’on avait pu mettre dans ce liquide pour lui donner cette couleur, et mes parents s’acharnaient à m’en faire manger. Bon, d’accord, je ne mangeais pas non plus les légumes entiers. Mais c’est pas une raison.

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Alors quand toutes les techniques les plus insidieuses à base de « regarde, le petit train qui fait tchou-tchou arrive, ouvre vite la bouche ! », ou « vrrroum le petit avion veut atterrir ! » ont fini par m’avoir à l’usure… Je me suis tournée vers une autre technique imparable : je prenais cette fichue cuillerée dans ma bouche, et tandis que l’adulte ravi retournait faire le plein, je faisais mine de m’essuyer et bavais le tout dans ma serviette.

Hélas, comme vingt ans plus tard, mes parents me parlent encore de ces serviettes qu’ils mettaient au linge sale tous les jours, je commence à douter de la subtilité de cette technique. (C’est donc ça que mon père m’engueulait en me montrant ma serviette ?) (Je pensais qu’il n’aimait pas débarrasser la table.)

L’affaire (nulle) du pain sans mie

Ne vous imaginez pas pour autant que je n’aimais pas manger. J’aimais jouir du luxe de pouvoir choisir mes menus, voilà tout. Et non, ce n’est pas une charge de travail supplémentaire, une belle baguette de pain pouvant suffire à faire mon bonheur avant le déjeuner.

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Hélas, pour une raison que je ne m’explique absolument pas, quand mes parents retrouvaient ensuite le pain entièrement creusé de sa mie, ils savaient que c’était moi.

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Roh mais quel est le problème à la fin ? Vous aimez aussi la croûte du pain, non ? Vous m’embêtez. Puisque c’est ça, je vais manger le chocolat des BN et laisser le biscuit. Oh, ou alors goûter tous les gâteaux de cette nouvelle boîte, et les remettre après.

Souviens-toi du taboulé de Soissons

Puisque j’en vois dans le fond qui ne pensent toujours pas que je suis la victime dans cette histoire, laissez-moi vous conter la fameuse anecdote familiale du taboulé de Soissons. Je ne vois pas pourquoi je m’en priverais. Tous les membres de ma famille, même ceux qui n’étaient pas là, la racontent régulièrement à qui passe par là en se foutant de ma trogne. C’est donc mon tour.

C’était un soir. Toute la famille revenait de je-ne-sais-où, et nous avions faim. (Et dans ma famille, on ne plaisante pas avec la bouffe, c’est important pour la suite de cette histoire.) Il n’y avait plus rien dans la réserve, plus rien dans le frigo, plus de pâtes, plus rien, un dimancheSAUF un énorme saladier de taboulé maison préparé au préalable par maman.

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Tout le monde s’est bien entendu empressé de sortir le taboulé, dresser la table et effectuer quelques pirouettes de joie au passage. Moi, évidemment, au milieu de tant d’allégresse, je me suis sentie le coeur en liesse… Et c’est emplie d’un sentiment de devoir filial que je m’empare du saladier plus gros que moi pour l’apporter à table.

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Je persiste à croire que tout se serait très bien passé si ce con de chien ne s’était pas allongé au milieu du passage. Tout à fait, c’était la faute du chien.

BOUM, vous l’aurez compris, JE TOMBE. J’emporte dans ma chute l’unique source de subsistance de la soirée dans mes petites mains, qui se brise entre celles-ci avant de répandre son contenu tant chéri au sol. Ma famille, épouvantée, se précipite vers moi et… Se met à pleurer le taboulé qui se perd peu à peu sur le tapis et dans la gueule du chien.

Moi ? MOI JE VAIS BIEN, MERCI. J’AI SAIGNÉ, OK ? J’AVAIS DU SANG ENTRE LES MAINS. DU SANG. SI ON APPUIE ON VOIT BIEN QU’IL Y A DU SANG.

Vingt ans plus tard, on me le reproche encore. Avec des trémolos dans la voix.

Ni vu ni connu j’t’embrouille

Heureusement, et sans vouloir me vanter, j’ai rapidement su manier la langue française avec la verve nécessaire pour survivre dans ce monde ingrat. J’avais le verbe facile et le mensonge élégant, et si, ce fameux soir, personne ne s’est ému sur mes blessures, je me suis largement rattrapée par la suite en me faisant porter pâle chaque fois que mon poil dans la main était assez long pour me servir de canne.

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Laisse-moi mourir.

(Bon, je soupçonne mon médecin de père d’en avoir laissé passer quelques-unes. Mais n’empêche.)

Avant même l’arrivée des menstrues, parade ultime contre les cours d’EPS (autant que ça serve à quelque chose), je simulais à la perfection le soupçon de gastro, ou le genou qui fait bobo. Notez que je savais boiter avec toute la commisération mêlée de courage qu’il fallait… Mais que je ne vomissais pas. Faut pas pousser.

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Du coup, il s’agissait plutôt de ce virus troublant qui semble frapper bien des enfants, et qui disparaît le week-end…

Une curiosité scientifique brimée

Ceci étant dit, lorsque je n’abusais pas de ma verve naturelle pour refiler la corvée de changer les couches de bébé soeur à grand frère, je tournais mon esprit vif vers des expérimentations purement scientifiques. Mais, comme c’est souvent le cas avec les génies, souvent incomprises.

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Ainsi, mes parents n’ont jamais eu l’air de saisir l’importance de mes recherches ardues, et réprimandaient mes lancers de Barbies par le balcon (je testais la gravité), ou mon CAP de coiffure improvisé sur les peluches de mon frère (c’est pas ma faute si les miennes n’avaient pas le poil assez long).

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J’aimais aussi emprunter divers outils, m’en servir une fois de façon approximative, puis les oublier quelque part dans le bordel sous mon lit. Oui maman, j’avoue tout, c’est bien moi qui avais les ciseaux, ce fameux jour d’été en 1997. J’avais la flemme de monter les chercher, et j’ai préféré dire que le chien les avait mangés.

Même chose avec les outils du jardin, tant que j’y suis. La petite pelle m’était très pratique pour préparer mes potions d’alchimie dans le jardin. Un peu de bave d’escargot (« mamaan l’escragot il est moort ! »), quelques brins d’ortie (« mamaaan je m’a fait mal à la maiin »), une pincée de terre, de l’eau de pluie, quelques fruits pourris ramassés au pied des arbres et hop ! Le tour est joué.

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Alors oui, mes potions ressemblaient à des soupes à la boue, mais au moins, moi, je ne forçais personne à en manger.

Et toi, quel est ton best-of de bêtises ? Vide ton sac, ou viens en rajouter sur le forum, on dira rien aux parents.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Nka
    Nka, Le 25 août 2015 à 16h13

    J'ai fait popo dans le bidet ! J'étais en maternelle, je ne m'en souviens pas vraiment. Mais on me l'a déjà rappelé.

    Énervée j'allais donner des coups de ciseaux dans les jupes de ma mère....ou je crachais dans la pâte à crêpe qui reposait. Quel immense plaisir de voir mon frère dire "c'est trop bon"

    Une fois, alors que ma mère était à une réunion parent prof au collège pour mon frère (j'étais en cm2) je suis sortie alors que je n'avais pas finit mes devoirs. Partie de cache-cache avec les voisins, la super cachette c'était de monter sur le toit des garages et s'allonger, pour y monter il fallait escalader grillage juste à côté, mon pied a glissé , j'ai glissé, à 5 mm près je m'arrachais l'articulation de l'annulaire gauche (et l'annulaire avec), j'avais un énorme bout de chair qui sortait, du sang de partout......bref j'avais tellement honte que j'ai dit être tombée sur un bout de verre et l'avoir enlevé toute seule (pas le droit de monter sur le toit des garages, j'avais peur d'être punie). Ce fut ZE galère ma soeur (10 ans de plus) venait de résilier son portable LA VEILLE, pas de téléphone fixe, ma mère au collège et mon père au bar en l'attendant. Pour moi c'est ma plus grosse bêtise parce que j'ai menti pendant des années et j'avais pas fait mes devoirs, c'était de la géométrie, impossible avec une seule main à 22h (parce que oui des heures aux urgences). Ah oui j'ai eu 3 ou 4 points mais le cm entre les doigts n'a pu être recousu. J'ai une jolie cicatrice en forme de V.

    Sinon au ce2 quand j'avais un 18 ou + j'avais le droit à un mister freeze à la boulangerie (20 cts d'euros à l'époque ou 1F) donc je le disais à ma mère et 2 semaines plus tard je lui montrais le papier = 2 mister freeze par 18/20. Petite win.

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