Le bac technologique : présentation (et témoignage) d’une filière méconnue

Le bac technologique s'obtient en deux à trois ans après le collège. Il existe huit filières qui permettent de se spécialiser et de poursuivre ses études dans l'enseignement supérieur. Petite présentation.

Le bac technologique : présentation (et témoignage) d’une filière méconnue

Publié initialement le 27 août 2014

En France court une étrange rumeur : à part le bac S, point de salut. De plus, les bacs généraux sont réputés plus prestigieux que les deux autres types de baccalauréat existant en France : les bacs professionnels et les bacs technologiques.

Ces idées reçues sont infondées car ces deux types de baccalauréat sont loin d’être offerts aux candidat-e-s, et offrent de solides perspectives professionnelles !

Pour lutter contre ces préjugés, nous nous intéresserons dans cet article aux bacs technologiques, notamment grâce au témoignage de Chocapiix qui, après un bac technologique en Sciences et Techniques de l’Agronomie et du Vivant, est entrée… en école de mode !

Le bac technologique, qu’est-ce que c’est ?

  • À quel moment de sa scolarité peut-on faire un bac technologique ? 

Prenons un étudiant en classe de seconde. Il peut être en classe de seconde professionnelle, auquel cas il se destine à un bac professionnel.

Mais il peut également être en classe de seconde dite « générale et technologique ». À la fin de l’année, il pourra donc soit poursuivre vers un bac général (S, ES, L), soit vers un bac… technologique ! C’est dans le nom, c’est logique.

bac technologique

  • Pourquoi faire un bac technologique ? 

Contrairement au bac professionnel, le bac technologique invite à la poursuite d’études : BTS, DUT, licence professionnelle… On peut grimper les échelons jusqu’au master professionnel, voire jusqu’aux écoles d’ingénieurs pour les plus ambitieux. Ce n’est donc pas, comme certain-e-s le croient, une voie de garage pour les élèves de seconde à la moyenne un peu faible, mais bien une vraie opportunité d’orientation.

Si le bac technologique est propice à la poursuite d’études, c’est parce que son programme est, certes, constitué de matières technologiques qui varient en fonction de la spécialité, mais aussi de matière dites « de culture générale » : français, histoire-géographie, philosophie, langues vivantes…

Il existe des bacs technologiques pour tous les goûts puisque l’on compte 8 filières :

  • STI2D : sciences et technologies de l’industrie et du développement durable
  • STD2A : sciences et technologies du design et des arts appliqués
  • STL :  sciences et technologie de laboratoire
  • ST2S : sciences et technologie de la santé et du social
  • STMG : sciences et technologie du management et de la gestion
  • STAV : sciences et technologie de l’agronomie et du vivant
  • TMD : technique de la musique et de la danse (cette filière se prépare dès une classe de seconde spécifique)
  • Bac hôtellerie : qui prépare aux métiers de… eh bien de l’hôtellerie (cette filière se prépare dès une classe de seconde spécifique) !

Comme en filière générale, on passe en première des épreuves anticipées, comme le français, et en terminale le bac technologique. Si un candidat obtient entre 8 et 10 de moyenne à cet examen, il peut passer des oraux de rattrapage.

Une fois ce diplôme en poche, on peut accéder aux études supérieures !

Le bac technologique : les statistiques

Pendant l’année 2014, le taux des admis au bac techno a augmenté (+7,4%), contrairement au taux de la filière générale, selon Le Parisien. Au total, 90,7% des candidats au bac technologique ont décroché leur diplôme.

Selon un rapport de l’INSEE, les bacheliers technologiques qui ont poursuivi leurs études jusqu’à bac +2 ont un taux d’emploi après trois ans de vie active de 92,1%. Attention cependant : cette statistique descend à 76,8% pour les bacheliers n’ayant pas poursuivi leurs études.

Toujours selon ce même rapport, le salaire mensuel moyen des bacheliers technologiques à bac +2 est d’environ 1200€ à la sortie de leurs études.

De façon générale, ce rapport insiste sur l’importance des études post-bac pour l’insertion professionnelle des bacheliers techno ; malheureusement, le taux d’échec de ces mêmes bacheliers à bac+2 est de 55%… Il faut donc prendre le temps de déterminer à l’avance ses points faibles et ses points forts, pour bien choisir son orientation !

Pourquoi un bac technologique Le témoignage de Chocapiix

Chocapiix est une madmoiZelle qui a bien voulu répondre à notre appel à témoins, et présenter son parcours scolaire. Voici son récit.

  • Comment j’en suis arrivée là

« Arrivée au début de la troisième, il fallait déjà penser à nos vœux d’orientation. À ce moment de l’année, j’avais plutôt dans l’idée de devenir fleuriste, parce que les plantes, la nature, tout ça, j’aime bien. Deux choix de lycée se proposaient à moi :

  • Le lycée public où tous mes potes allaient, mais avec une réputation assez mauvaise et une liberté absolue.
  • Le lycée privé où une seule de mes amies allait. Mais il était très bien réputé, et c’est ce qui a plu à mes parents : à ce moment, je ne savais pas vraiment ce que je voulais.

Je suis donc allée dans ce lycée privé.

Commence alors l’année de seconde générale, soit un cauchemar sans nom pour moi. C’est cette année qui a été décisive dans mon choix d’orientation pour le bac. Dès le premier jour, j’ai subi des insultes, car voyez-vous, je ne suis pas très jolie à regarder, paraît-il. Autant dire que démarrer le premier jour comme ça, ça ne donne pas envie d’aller en cours, de se lever, d’étudier… Chaque matin était une épreuve, j’avais des maux de ventre horribles, des hauts-le-cœur aussi.

De plus, j’avais au cours de ma troisième effectué mon stage chez un fleuriste : ça avait été une vraie désillusion.

La concurrence y est tellement rude qu’à moins d’être une superbe boutique de grande renommée ou d’avoir pignon sur rue, il est difficile de vivre de sa passion. Plusieurs personnes m’ont « dégoûtée » de ce métier et je ne savais plus quoi faire.

paquerette fannée

J’étais bloquée dans un lycée que je détestais, sans idée d’avenir.

C’est dans ce contexte que sont arrivées les premières demandes d’orientation pour le bac.

Mes parents voulaient plutôt que j’aille en général. Moi, je voulais surtout quitter ma classe, voire le lycée tout entier ! Mes notes étaient en chute libre, et dans le lycée ou j’étais, 13 de moyenne, c’était, selon les profs, « très limite pour entrer en général ».

Et pour moi, redoubler était hors de question. (…)

On m’a alors parlé du bac technologique de mon lycée et j’ai accepté, surtout que grâce au jeu des options, j’allais pouvoir éviter les gens qui m’en avaient fait baver cette année -à.

Vu comme ça, mes choix pour ce bac ne se sont pas passés dans les meilleures conditions, mais je n’ai aucun regret : j’ai eu mon bac cette année, j’ai fréquenté une classe géniale, des profs intéressants, étudié des matières passionnantes… »

  • Le choix de l’option

« J’ai donc choisi d’aller en bac technologique STAV (Sciences et Techniques de l’Agronomie et du Vivant). On y trouve plusieurs options qui vont définir une partie des examens.

J’ai choisi l’option Biotechnologie/Transformation des produits alimentaires car j’étais attirée par les heures de laboratoire et de pratique.

Ces heures spécifiques arrivent surtout en terminale : on y fait diverses expériences, comme par exemple mettre un cheveu dans une boîte de Petri contenant ce que l’on appelle un milieu de culture. On laisse le tout à une certaine température pendant un certain temps, et on admire ensuite les beaux germes pathogènes qui se sont développés dessus.

Ce bac est « géré » par le Ministère de l’Agriculture, donc en général, il est recommandé pour ceux souhaitant intégrer une filière agricole, mais pas seulement !

Dans tous les cas il est important de bien se renseigner sur l’option que l’on va choisir car c’est elle qui va déterminer nos matières ! Dans le pire des cas, si l’option choisie ne convient pas, il est possible de la changer au début de l’année ; plus vite tu la changes, mieux c’est, car cela t’évite de te remettre à niveau dans les matières. »

  • Les matières

« Comme pour n’importe quel bac, il y a des difficultés : ce n’est pas parce que ce n’est pas un bac général qu’il n’est pas difficile !

Hélas, beaucoup de personnes continuent à le croire, et généralement, ça donne lieu à des ratages inévitables… Notre bac est difficile dans la mesure où nous avons beaucoup de matières, il faut savoir gérer tout ça.

Nous avons toutes les matières du tronc commun jusqu’en terminale, à savoir : maths, physique-chimie, français, SES, anglais, LV2 (depuis la réforme de cette année elle est obligatoire, avant elle était optionnelle — une aubaine pour moi car ma LV2 était un handicap), philosophie (elle ne démarre qu’en terminale), biologie, histoire-géo et sport.

Soit déjà 10 matières, mais comme nous dirait la dame de SFR : « et c’est pas fini » !

Ajoutons-y les matières liées à notre option ; pour moi c’était donc : agronomie (l’étude des sol)s, la transformation des produits alimentaires, les heures de labo.

Il ne faut pas oublier qu’en bac techno, le contrôle continu compte pour 40% de la note du bac ! Dans notre bac, c’est une partie extrêmement importante ! Si on a la moyenne, elle peut rattraper pas mal d’examens ratés.

En première, nous devons en plus de tout ça effectuer un stage en rapport avec notre option ; pour moi c’était dans une usine agro-alimentaire. Suite à ce stage de 5 semaines nous devons faire un dossier d’un vingtaine de pages très complet avec une problématique. Un jury de deux professeurs de la filière note ce dossier, qu’on doit aussi présenter lors d’un oral.

Lors des épreuves du baccalauréat, nos matières du tronc commun sont allégées par rapport à un bac général ; par exemple, en maths on n’aura pas à justifier pendant des pages entières un malheureux calcul, on met le résultat, point barre ! »

  • La difficulté

« Comme tous les bacs, c’est dur. Déjà, le nombre de matières à gérer est énorme. Autant dire que les fiches, c’est dès le début, et l’organisation qui va avec aussi.

Ensuite, il faut réviser tout au long de l’année, et se souvenir de tout, car ce que l’on voit en première est repris en terminale. Et la quantité de devoirs est elle aussi faramineuse. »

  • Les débouchés

« La principale question qui revient, c’est : « Si on choisit ce bac, est ce qu’on devient forcément agriculteur ? ».

Rassurez-vous, bien sûr que non ! Ce bac ouvre tous les débouchés possibles et imaginables. (…)

Pour certains points, nous sommes même avantagés car nos matières sont adaptées ; par exemple, en terminale, nous étudions la biologie « humaine », soit les muscles, les os… Du coup, pour les études de type kiné ou ostéo, c’est un avantage.

Sinon, comme moi, tu peux faire quelque chose qui n’a rien à voir avec ton bac.

Je pars en école de mode et mon dossier n’a rien bloqué ! Ce qui est important, c’est de voir si ta future école ne demande pas un bac spécifique. Dans tous les cas, ce qui sera demandé lors de vos inscriptions dans certaines écoles supérieures, ce sont des appréciations.

Sinon, de façon plus classique, avec notre option, on a beaucoup de débouchés possibles, comme les métiers de laboratoire ou ceux de la répression des fraudes au niveau alimentaire… Mais si, vous savez, ceux qui vont faire des petites visites surprises dans les restaurants pour voir si des souris ne traînent pas dans les coins et si la nourriture servie est conforme aux normes d’hygiène ! »

Toi aussi, tu as fait un bac techno ? N’hésite pas à venir parler de tes options et de ton parcours dans les commentaires, pour le présenter aux madmoiZelles ! Si tu as déjà commencé ton insertion professionnelle, tu peux même venir proposer toi aussi ton témoignage.

À lire aussi : Comment préparer sa rentrée au lycée

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Flo-wine
    Flo-wine, Le 13 juin 2016 à 0h47

    Moi aussi bac ST2S! :hello:
    Mais pour moi c'était tout réfléchi car je voulais faire infirmière depuis le collège et je ne me voyais pas passer le lycée sans commencer à me spécialiser!
    Les matières générales sont très light par rapport aux matières technologiques... attention pour les coefficients au bac!;)
    En tout cas je n'ai pas regretté : les profs de ST2S avaient mis en place des heures supplémentaires de préparation au concours infirmier, j'ai été prise à l'école d'inf du premier coup et les cours de première année ont été particulièrement accessibles... :cretin:
    En particulier pour la biologie anat-physiologie et la santé publique, là où mes camarades issus d'autres filières étaient noyés sous les connaissances, pour moi ce n'était que des révisions. Je les plaignais surtout quand je voyais un chapitre qui faisait tout un trimestre au lycée bâclé en 2h d'amphi... :eek:
    Je ne peux que conseiller ce bac pour les futures infirmières!!! :top:

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