Une jeune Irlandaise internée de force alors qu’elle voulait avorter

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En Irlande, une jeune fille a été internée alors qu'elle se présentait à l'hôpital pour avoir recours à un avortement.

Une jeune Irlandaise internée de force alors qu’elle voulait avorter

En Irlande, une adolescente a fait l’expérience douloureuse fin décembre d’être internée en hôpital psychiatrique, alors qu’elle souhaitait recourir à un avortement.

L’affaire a été rapportée par le Child Care Law Reporting Project, mis en place pour s’assurer du bon traitement des enfants au cours des procédures légales.

Le Mental Health Act, un frein à l’avortement ?

Fin 2016, alors qu’elle souhaitait avorter et pensait être reçue à l’hôpital dans cet objectif, une adolescente a été internée suite au diagnostic d’un psychiatre, rapporté par le Child Care Law Reporting Project, expliquant que :

« L’état psychologique de l’adolescente résultant de la grossesse pourrait la conduire à se faire du mal voire à se suicider, mais qu’un traitement pouvait permettre de réguler ces risques et que l’interruption de la grossesse ne résoudrait pas tous les problèmes de l’adolescente à ce stade. »

En effet, en Irlande, il existe une loi – le Mental Health Act – qui permet sous certaines conditions d’interner de force des individus atteints de troubles mentaux. Ce processus peut être mis en place si les conditions suivantes sont réunies :

« [Être atteint] d’une maladie mentale, démence sévère ou d’incapacités intellectuelles conséquentes avec un risque sérieux de représenter un danger pour soi ou pour les autres. »

Cela peut aussi être le cas si le jugement de l’individu est « si altéré que la condition de la personne pourrait encore se dégrader si un traitement, qui ne peut être administré qu’en hôpital, n’était pas suivi ».

Libérée grâce à des contre-expertises psychologiques

Pourtant, la jeune femme et sa mère pensaient qu’elle était transférée à Dublin dans le but de pouvoir recourir à une IVG.

Le Guardian Ad Litem (la personne responsable d’un•e mineur•e pris•e en charge par la justice) avait par la suite demandé d’autres expertises psychologiques à deux praticiens, qui avaient conclu que son état ne nécessitait pas un internement.

Elle n’était pas selon eux dans un état de détresse mentale suffisant pour être internée de force dans le cadre du Mental Health Act, un état qualifié également de « difficile à évaluer » étant donné les circonstances.

Suite à cela, l’adolescente avait été libérée, mais le rapport n’indique pas si elle a pu recourir à une IVG ou non.

L’Irlande : l’un des pays les plus restrictifs en matière d’avortement

Cette histoire est symptomatique du traitement réservé aux femmes qui souhaitent avorter en Irlande, où la législation est l’une des plus restrictives du monde.

En effet, la Constitution et en particulier son article 40.3.3 (introduit par le 8ème amendement) consacre « le droit à la vie des enfants à naître », considéré égal à celui de la mère.

Dans les faits, ça veut dire que l’avortement ne peut être légal que s’il y a un « risque sérieux et réel » pour la vie de la mère.

Autant dire que ça réduit les possibilités. D’ailleurs l’ONU a appelé l’Irlande à faire évoluer sa législation, qui violerait le Pacte International relatif aux droits civils et politiques en infligeant un traitement cruel, inhumain et dégradant aux femmes.

En 2016, Slate avait d’ailleurs publié un article sur le parcours du combattant de deux jeunes femmes irlandaises pour pouvoir avorter.

La lutte pour le droit à l’avortement au quotidien

En Irlande, la lutte pour obtenir le droit à l’avortement est donc quotidienne. Une organisation, The Coalition to Repeal the Eight Amendment, réunit les voix qui s’élèvent pour organiser un référendum sur la question.

Suite à cette affaire, une pétition a également été lancée pour appeler le gouvernement à faire en sorte que le Mental Health Act ne soit plus utilisé dans ce genre de circonstances.

Cette actualité nous rappelle aussi la difficulté d’accès à l’avortement sur toute l’île : l’Irlande du Nord (faisant partie du Royaume-Uni) a également une législation très restrictive en la matière.

En mars, les locaux de militantes avaient été perquisitionnés par la police à la recherche de pilules abortives lors de la journée internationales des droits des femmes.

Pour signer la pétition, c’est ici !

Merci à Shadowsofthenight d’avoir partagé la pétition !

À lire aussi : Les Irlandaises se mobilisent pour le droit à l’avortement


Esther

Esther est tombée dans la marmite de madmoiZelle quand elle était petite. Elle n’a pas grandi, mais elle a depuis développé de fortes convictions féministes. Padawan en relations internationales, son passe-temps favori consiste à scruter l'actualité, une tasse de thé rooibos à la main.

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Voici le dernier commentaire
  • Freehug
    Freehug, Le 24 juin 2017 à 18h38

    @LyraJLB : mouais...la logique se tient, mais j'y vois plus une volonté de la punir, comme quand ici ils te font une échographie interne en faisant bien exprès de te faire mal. J'ai vu une vidéo (probablement sur madz) de 9 femmes qui racontent leur avortement. Y en a une , je sais pas où elle est tombée, ils lui ont fait payer l'acte en liquide avant l'opération pour lui faire se "rendre compte de ce que ça coûte". En France. Et récemment, parce qu'à vue de nez elle avait la petite trentaine maximum (c'était à visage découvert). À la fin de la vidéo, elle explique qu'elle n'a pas pu se résoudre à retourner avorter la seconde fois et qu'elle a donc subi une grossesse non désirée.

    Et pour le coup, je connais pas l'Irlande mais en France l'hospitalisation sous contrainte de personnes autonomes (en termes de santé je veux dire), apparemment, c'est plus rare qu'on pense. Beaucoup des patients qui séjournent en HP sont là de leur plein gré. Là, la jeune fille est mineure donc sa famille aurait dû décider. Interner un enfant contre l'avis de la famille, euh Oo

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