Les angoisses générées par les réseaux sociaux

Sophie-Pierre Pernaut a beau ne pas être une énervée, il n'empêche qu'il lui arrive de ressentir poindre l'angoisse quand elle traîne sur les réseaux sociaux. Comme il n'y a pas de meilleure thérapie que de parler de ses peurs et qu'elle n'est sûrement pas la seule, elle en profite pour les lister avec vous.

Les angoisses générées par les réseaux sociaux

Les réseaux sociaux, c’est plutôt pratique. Avec Facebook, on peut retrouver des amis d’antan perdus de vue et partager des photos. Avec Twitter, l’information nous arrive en moins de temps que ne met un suppositoire pour fondre. Pourtant, parfois, du choix de la photo de profil au mouvement de panique général et virtuel, ils se révèlent être des générateurs d’angoisses. Analysons donc ensemble le caractère anxiogène des social networks.

Quand les réseaux sociaux nous donnent l'impression d'être comme une coquille vide remisée dans le frigo.

Le choix de la photo de profil

La première étape, quand on arrive sur les réseaux sociaux, c’est de choisir sa photo de profil. Mais s’il suffisait de prendre une image au hasard dans sa galerie d’images, ça se saurait. Nous sommes nombreuses à prendre en compte plusieurs critères et à :

  • Sélectionner un cliché qui nous met quand même un peu en valeur,
  • Sélectionner un cliché où on n’est pas complètement torchées, rapport à nos futurs employeurs ou contacts professionnels,
  • Sélectionner un cliché sans un de nos ex en train de nous enlacer sous peine de passer pour « la-fille-qui-a-du-mal-à-tourner-la-page (ce qui est particulièrement pénible si c’est celle où on est le plus à notre avantage),
  • Sélectionner un cliché sans boobies apparents (ce qui est plus difficile qu’on ne le croit (à moins que je sois particulièrement maladroite)),
  • Pour peu que des membres de ta famille soient inscrits et ne savent pas que tu fumes, il faut en plus éviter toutes les photos où tu tiens une clope.

On s’inflige quand même pas mal de complications pour une image de 700Ko maximum. Mais ça s’explique plutôt bien, puisque l’on sait désormais que nous sommes davantage jugées sur nos photos que sur nos mots sur Facebook selon une étude relatée par le Dailymail (article en français sur Minutebuzz).

L’angoisse du taggage du lendemain de soirée

Hier, tu as bien festoyé ; en toute confiance, tu t’es lâchée, a un peu trop bu et ne te souviens pas particulièrement de ta fin de soirée. En fait, en émergeant à 16h du matin, tu ne te rappelles que de deux choses :

  • tu as passé un bon moment,
  • des photos ont été prises.

A cette pensée, tes glandes sudoripares commencent à danser la Macarena, et c’est en tremblant que tu te connectes sur Facebook pour voir si tu as encore le temps de sauver ton honneur.

En arrivant paniquée sur ta page d’accueil, tu remarques que tu as 189 notifications en attente parmi lesquelles tu peux trouver :

  • 81 taggages sur des photos. Sur les premières, tu resplendis, tu souris dans ta robe à pois, ton teint est frais, tes dents sont blanches. Sur les autres, tu tombes, tu ris la bouche pleine, tu te renverses du vin blanc et tu t’arraches les cuticules sur les orteils.
  • 1 message de ta meilleure amie sur ton mur à 5h30 du matin qui dit : « Mais bordel t’es où ? J’t’ai perdue pendant qu’on essayait de semer le gourou en slip, j’suis inquiète, réponds-moi vite ».
  • 107 commentaires ; 106, hilares, proviennent de tes amis que tu as encore réussi à surprendre. 1 est laissé par ta grand-mère. Il dit juste « … ».

Ca t’apprendra à dormir tard, tiens (Une phrase que je me suis bien souvent dit).

La peur du tweet/statut bourré

On a beau essayer de contrôler un minimum son image sur internet (où, rappelons-le, nous n’avons pas vraiment le droit à l’oubli), il arrive que nous oublions nos résolutions à cause d’un évènement indépendant de notre bonne volonté. L’un des facteurs les plus fréquents reste l’alcool (encore, oui).

Légèrement éméchée, nous laissons parfois un peu trop tomber les barrières de l’intimité. Je me souviens d’avoir un jour commenté le statut d’un presque inconnu en disant « Hihihii je commente ton statut en direct des toilettttes. »

Malheureusement, ça l’a pas beaucoup fait rigoler. Les gens n’aiment pas l’humour. Sachez-le.

La peur du tweet/statut somnambule

Vous avez déjà entendu quelqu’un parler dans son sommeil ? Ca n’a pas de sens et c’est rarement approprié à la situation. Si en plus, la personne est somnambule et commence à vous tenir un long discours décousu mais extrêmement révélateur sur sa personne, l’alarme « AWKWARD* » se déclenche dans ta tête.

(*Inapproprié, gênant ou maladroit)

Du coup, tous les soirs, j’ai une petite manie : sachant que je dors à côté de mon smartphone, je me déconnecte de mes comptes Twitter et Facebook pour éviter de raconter ma vie parallèle. Et tous les matins, c’est fébrile que je vérifie que je ne me suis pas connectée à l’insu de mon plein gré pour raconter mes pensées et mes envies les plus folles.

Je sais pas vous, mais personnellement, je ne pourrais pas supporter l’humiliation de laisser mon inconscient parler sur les réseaux. J’aurais trop peur de confondre rêve et réalité et de continuer une discussion qui aurait commencé de manière chimérique.

La peur de partager malgré soi la musique qu’on écoute

Depuis quelques mois, on voit fleurir sur Facebook les partages de playlist Spotify. Si elles sont généralement maîtrisées et voulues par les utilisateurs concernés, il arrive parfois que nous voyons passer ce que j’appellerai une étoile-auto-dénonciation-filante qui ne reste que quelques minutes en ligne. Que s’est-il passé pour que cette nouvelle actualité dans ta page d’accueil aie disparu aussi vite ?

Un bug informatique ? Non.

C’est simplement que ton contact a oublié de désactiver la fonction partageuse sur Spotify et n’a pas particulièrement souhaité apprendre au monde à ses 1786 « amis » qu’il se laisse parfois aller à écouter du Patrick Fiori.

Bon, je dis ça parce que j’ai déjà entendu des gens se plaindre de ce genre d’inconvénients, mais je n’ai pas ce problème. J’assume tout ce que j’écoute. D’ailleurs, je vois pas le problème de vous dire que j’ai présentement du Dr Alban dans les oreilles.

Les stalkers

J’ai lancé un appel à témoins sur Twitter de peur d’oublier quelques angoisses générées par les réseaux sociaux dans ce papier. @_LaMarquise a alors évoqué les stalkers (que j’avais oublié parce que je n’en ai jamais été victime (je vais finir par me vexer)).

Alors, petit rappel : les stalkers online, c’est comme les morpions, ça te colle au slip*. Ce petit nom désigne les individus qui épient le moindre de tes gestes, soit pour te troller, soit pour trouver de nouvelles raisons de t’admirer déraisonnablement. Les personnes victimes d’un ou plusieurs stalkers peuvent alors vivre dans l’angoisse perpétuelle que leurs propos soient raillés ou adulés.

(*Cette comparaison vous est proposée par Norbert).

Les mouvements de panique virtuels

Dans la nuit de dimanche à lundi, la communauté twitterienne s’est divisée en 4 parties :

  • Ceux qui font des blagues,
  • Ceux qui s’en foutent,
  • Ceux qui paniquent,
  • Ceux dont les tweets rationnels se fondaient dans le décor.

La cause ? Un soi-disant ovni dans le ciel français, comme une grosse étoile rouge légèrement scintillante. En fait d’objet volant non identifié, il s’agissait de Jupiter et Vénus qui sont jusqu’à la fin du mois alignées et particulièrement visibles.

N’empêche que sur les réseaux sociaux, l’effet de groupe est impressionnant : parfois, c’est simplement pour mettre en avant un film, une série (je pense notamment au tout début de Bref.), une bourde politique ou pour suivre en direct une émission de télé. Et parfois, un twitto/une twitta lance une rumeur sans vérifier quoique ce soit et l’information est reprise par tout le monde et amplifiée (mention spéciale à celui qui a oublié le principe de rotation de la Terre et s’est étonné de voir que « l’ovni » bougeait en descendant très lentement vers l’ouest). Si pour l’ovni de dimanche, les tweets vraiment flippés se sont retrouvés atténués par des blagues potaches, imaginez un peu si le sujet avait été plus tragique. Comme me l’a fait remarquer @HanyoYukirin sur Twitter dans une référence au 11 septembre 2001, par exemple :

Ça aurait été un bien beau bordel.

Et toi, quels sont les petits trucs qui t’angoissent sur les réseaux sociaux ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Lisianthus
    Lisianthus, Le 30 mars 2012 à 14h07

    C'est marrant, quand je lis ce genre d'article, je me rends compte que je fais absolument rien avec FB. Je m'en sers surtout pour garder contact avec des amis partis l'étranger (c'est un peu la fonction de base du site quand même) mais sinon, je ne partage absolument rien et ne publie pas de statuts (je n'ai pas l'impression d'avoir quelque chose de vraiment capital à dire au point d'aller le partager avec mes "amis" sur FB). D'ailleurs, il y a rarement des publications vraiment intéressantes, la plupart du temps c'est des photos de sorties entre amis, de soirées, de statuts à 90 grammes d'alcool dans le sang ou que sais-je d'autre. Mais de temps en temps on découvre des choses quand même (musique etc)
    Quant à ma photo de profil, elle n'a pas été changée depuis tellement longtemps que je m'attends à voir des toiles d'araignées en décorer les coins un jour :lol: Et Twitter, j'ai du y rester 2 jours à tout casser !

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