J’ai adoré mes 2 ans en résidence CROUS, voici pourquoi

Comment ça « la résidence universitaire, c'est l'enfer » ? Lucie a adoré son expérience au CROUS, et elle te raconte tout ici (car après tout, raconter sa vie, c'est sa passion).

résidence crous témoignage expérience@nicolehoneywill_sincerelymedia / Unsplash

Pendant mes deux premières années d’études post-bac, comme je ne voulais pas vivre toute seule en appartement ni en colocation, j’ai décidé de me tourner vers une résidence du CROUS.

J’appréhendais un peu parce qu’on entend tout et n’importe quoi sur les résidences universitaires (et rarement des choses positives), mais finalement j’ai vraiment kiffé cette expérience.

Je vais donc te raconter pourquoi !

La résidence universitaire, ça donne bof envie

Comme tu le sais peut-être, j’ai passé mes deux ans de prépa à Dijon (meilleure ville). Mon lycée était situé au centre-ville, ce qui fait que j’ai postulé pour une chambre universitaire dans la seule résidence du centre.

C’était une ancienne prison de 3 étages, avec de grands escaliers centraux en métal, et un hall immense qui résonnait jusqu’au dernier étage (le mien).

D’après ce que j’ai entendu dire des gens qui vivaient dans celles du campus, il s’agit de la résidence la mieux fichue en termes d’optimisation de l’espace dans les chambres.

La mienne faisait 12m² (une des plus grandes de la résidence) avec un petit lavabo, un bureau, un placard mural, une étagère, un meuble de chevet et un petit lit.

J’ai pu aussi amener un mini-frigo, et je vais pas te mentir, ça a été plutôt pratique.

Eh oui, car la cuisine était commune : 4 plaques électriques qui fonctionnaient une fois sur 12, un évier, un micro-ondes, une table assez grande pour accueillir 4-5 personnes, et des frigos à casiers assez grands pour contenir une bouteille de lait et quelques yaourts.

Les salles de bain aussi étaient communes. Et quand je dis salles de bain… c’est un bien grand mot.

Elles se limitaient à 4 ou 5 cabines de douches par étage, sans pommeau de douche, sans possibilité de changer la température (pas toujours très chaude) : comme à la piscine, quoi !

À côté se trouvaient quelques cabines WC avec un PQ tellement fin et rêche que se torcher avec de la pierre ponce aurait procuré une sensation similaire.

À mon étage, seule une cabine de toilettes permettait de conserver semblant d’intimité grâce à ses 4 murs en pied et à l’absence de toilettes adjacentes, contrairement à toutes les autres cabines.

Là comme ça, je me rends bien compte que cette expérience de résidence universitaire ne vend pas vraiment du rêve.

Moi non plus, en arrivant, j’étais pas franchement emballée, d’autant que je m’attendais à avoir des toilettes privées.

Mais bon, avec mes APL, je payais une centaine d’euros par mois seulement, et je n’avais même pas à faire le ménage en-dehors de ma chambre, donc le calcul était vite fait.

La résidence universitaire, une grosse colocation inattendue

Au début, j’avoue que je n’osais pas trop aller dans la cuisine pour manger. Je me faisais mes pâtes vite fait et je rentrais dans ma chambre pour les manger.

J’ai croisé quelques personnes de mon étage qui avaient l’air sympa et me disaient bonjour — apparemment tout le monde le faisait alors je me suis pliée à la règle.

En plus, beaucoup étaient plutôt bg…

La concierge m’a dit qu’elle avait regroupé tous les élèves de prépa au dernier étage pour qu’on soit « au calme pour travailler ».

À vrai dire, je crois que c’était plutôt une bonne idée parce qu’on avait tous un rythme similaire, et pas mal de choses en commun.

Pour autant, l’une des premières personnes avec qui j’ai sympathisé était à la fac, et plutôt peu encline à bosser dur. Mais elle était marrante et connaissait déjà quelques personnes qui étaient là l’année précédente.

Elle m’a donc présentée à ces dernières, et on a vite fini par former un petit groupe de 4 très sympa : elle et moi, et deux autres mecs.

Le soir, on mangeait ensemble. J’allais au lycée à pied avec l’un des deux gars. J’avais un peu un crush sur lui, il me faisait rire, comme à peu près toutes les personnes de cette résidence.

Un mec de ma classe était aussi à notre étage, un peu plus loin. Sans surprise, il a fini par se greffer au groupe.

La journée, j’avais hâte d’être à l’heure du dîner pour rigoler avec mes potes de résidence. Le soir, on allait dans la chambre des uns ou des autres, on matait des films ensemble, on bossait ensemble.

C’était un peu comme une grosse coloc’ dans la grande maison qu’était notre résidence, laquelle nous permettait une indépendance relative.

Quand j’avais besoin d’être seule, je pouvais rester chez moi. Mais je savais qu’en cas d’envie de discuter, je n’avais qu’à sortir de ma chambre pour croiser quelqu’un !

La résidence universitaire : plus de bons souvenirs que de mauvais

Quand j’y repense, je crois que c’est ça qui m’a vraiment plu.

J’avais le choix de voir des gens, sans avoir à leur imposer mon mode de vie (ou à subir le leur) car ma chambre était ma chambre.

J’ai été assez indépendante pour apprendre à vivre seule, sans être vraiment seule pour autant.

J’ai appris à relativiser et à me réjouir des petites choses : la douche du 2ème plus chaude que celle du 3ème, les collections de magnets dans les paquets de cordons-bleus, les soirées les veilles de concours blanc

Surtout, j’ai rencontré dans cette résidence universitaire des gens incroyables.

À force d’aller au lycée avec mon crush et de lui raconter ma vie dans sa chambre le soir, j’ai fini par le pécho (grande victoire de ma vie).

5 ans après, je me réveille encore à côté de lui tous les matins.

La première meuf avec qui j’ai sympathisé est encore aujourd’hui une de mes amies les plus proches, de même que le mec de ma classe qui habitait aussi à notre étage.

Bien sûr, il y a eu des dramas. Bien sûr, il y a eu des moments où j’enviais mes potes qui vivaient en appartement bien tranquilles.

Bien sûr, devoir sortir en serviette et faire 50 mètres pour aller prendre sa douche, c’est relou au bout de 2 ans. Bien sûr, ne pas avoir de chauffage avant le mois de décembre, c’est long.

Bien sûr, habiter avec une centaine d’autres personnes est parfois pesant, d’autant plus lorsque l’une d’entre elles organise une soirée le jour où tu pensais enfin pouvoir te reposer.

Mais quand je mets tout ça dans la balance, je retiens vraiment beaucoup plus de bons souvenirs que de mauvais. J’en retiens des personnes formidables, et une qualité de vie pas si dégueulasse que ça.

Après, je reste persuadée que cette expérience n’aurait pas été la même si je n’avais pas autant côtoyé les autres résidents, ou si je ne m’étais pas bien entendue avec eux.

Mais si tu vis toi-même en résidence CROUS, que tu te sens un peu seule et que tu as l’impression que ta vie sera nulle tant que tu vivras dans cet endroit lugubre, mon conseil serait de sortir de ta chambre au maximum et d’essayer de parler avec les autres.

La taille de ton lit, l’état des douches, les traces de pneu au fond des WC et l’épaisseur du PQ ne sont pas des éléments sur lesquels tu as un quelconque pouvoir…

Créer des souvenirs positifs en rencontrant les personnes qui t’entourent pour tirer le meilleur de ton expérience, si.

Le contexte joue, certes, mais il ne fait pas tout, et il n’est jamais trop tard pour se faire des potes là où tu te trouves, alors lance-toi et prends ta vie de résidente du CROUS en main !

Et si tu as toi aussi vécu en résidence universitaire, partage ton expérience en commentaire !

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Lucie

Lucie

Lucie est la rédactrice beauté de madmoiZelle (quand elle n'est pas trop occupée à chanter des chansons des années 2000 ou à manger des crêpes).

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Commentaires

Jacqueline

Il y a tellement de différences entre les régions er même au sein du même crous, certes l'ambiance et sympa mais il faudrait pas se contenter de ça. À partir du moment où toutes les chambres ont eu leur propre salle de bain j'ai eu un logement correct pour vraiment très peu cher même si très étriqué mais quand je suis passée à une résidence co-gérée par le crous finalement c'est le crous qui gérait le mieux et ce qui était pris en charge par la société HLM était tout bonnement terrifiant. J'ai passé tout un hiver avec un fenêtre de chambre cassée, obligée de dormir dans le salon et j'ai contracté une dette chez EDF énorme. C'est pas normal en fait qu'il y ait ce genre de situation de cogestion ubuesque, le crous, l'état est capable de mieux.
Faudrait peut-être que l'état se pose vraiment la question du mal logement des étudiants.
Peut-être que c'est le soucis de l'article se dire "ok c'était pas fou mais on s'est bien amusé quand même" c'est gentil mais ça renforce l'idée que les étudiants doivent en baver, sont obligés d'être sous le seuil de pauvreté. Ok on a bien rigolé, super, maintenant on veut le chauffage.
 

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