Rascalize (The Rascals)


« Les membres des Rascals doivent se demander s’ils doivent bénir ou maudire l’engagement de leur leader aux côtés d’Alex Turner dans le projet Last Shadow Puppets. » Voilà comment débute la critique par le très lu magazine musical anglais NME concernant le premier album des Rascals, critique qui va ensuite s’amuser à “descendre” le […]

Rascalize (The Rascals)

« Les membres des Rascals doivent se demander s’ils doivent bénir ou maudire l’engagement de leur leader aux côtés d’Alex Turner dans le projet Last Shadow Puppets. » Voilà comment débute la critique par le très lu magazine musical anglais NME concernant le premier album des Rascals, critique qui va ensuite s’amuser à “descendre” le groupe à coup de comparaisons du plus mauvais goût. Certes, cet album n’est pas aussi ambitieux et impressionnant que The Age Of The Understatement mais il s’agit d’un excellent premier album.

Parfois, les critiques m’agacent. J’espère que je ne t’agace pas trop d’ailleurs. Mais cette critique du NME m’a mise hors de moi. Je ne vois pas, mais alors vraiment pas, l’intérêt de parler d’un premier album de cette manière, en oubliant complètement de distinguer le travail de Miles Kane, le leader des Rascals, et d’Alex Turner, celui des Arctic Monkeys, au sein des Last Shadow Puppets et celui des Rascals. Ce n’est pas le même groupe, pas les mêmes objectifs, pas la même musique.

Maintenant que la mise au point est faite, passons à Rascalize, le premier album du trio de la péninsule du Wirral en Angleterre, après avoir sorti un très remarqué EP l’année dernière. Oublie les comparaisons à la "c’est juste du Arctic Monkeys bas de gamme" ou "bah, c’est juste des faces B des Last Shadow Puppets", la musique des Rascals ne ressemble à aucune autre musique produite actuellement par les autres groupes de rock indie. Les influences sont à aller chercher du côté des Bunnymen et des groupes post-punk de la fin des années 1970. Rien de particulièrement innovant, mais quelque chose de particulièrement accrocheur et percutant. On sent un groupe confiant en ses – énormes – qualités, et pas du tout impressionné par la pression qui était sur eux après que leur nom ait été sous les projecteurs avant même qu’ils aient sorti leur album.

Leur sombre rock psychédélique est surprenamment mature, efficace et incisif. Avec des riffs aggressifs et des paroles qui le sont tout autant ("It’s a whorehouse in here", je n’ose même pas traduire), Miles Kane est, accompagné de Joe Edwards à la basse et Greg Mighall à la batterie, à la tête d’un power trio au potentiel gigantesque et à la personnalité déjà bien affirmée.
Certains points faibles apparaissent cependant fréquemment tout au long de l’album, la voix de Miles Kane faisant beaucoup trop penser à celle d’Alex Turner, ce qui gène forcément quant il s’agit de séparer l’un de l’autre de notre esprit. Certains titres sont également à la traîne par rapport à d’autres, particulièrement lorsque le groupe essaie de "faire compliqué", pour dire ça trivialement, et nous perdent en route (je pense à Stockings To Suit ou Does Your Husband Know That You’re On The Run, définitivement les deux moins bonnes chansons).
Mais lorsqu’ils se concentrent sur l’essentiel, un jeu serré et une harmonie parfaite, là les Rascals donnent réellement le meilleur d’eux-mêmes, comme sur Freakbeat Phantom, l’excellent Bond Girl ou ce qui est pour moi la meilleure chanson de l’album qu’elle clôture, I’ll Give You Sympathy.

Je ne te propose pas d’écouter celle-là (t’as qu’à aller acheter l’album !) mais I’d Be Lying To You, une des toutes meilleures de l’album :

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