Le Texas vient de promulguer la loi anti-IVG la plus restrictive des États-Unis


Les IVG après six semaines de grossesse seront désormais interdites au Texas, mais les défenseurs du droit à l'avortement ont bien l'intention de se battre contre cette nouvelle loi !

Le Texas vient de promulguer la loi anti-IVG la plus restrictive des États-Unis

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Le gouverneur du Texas a promulgué un nouveau texte de loi ce mercredi 19 mai 2021, qui interdit d’avoir recours à l’IVG après six semaines de grossesse. Or, n’importe quelle personne ayant un cycle menstruel facétieux le sait, ce délai est trop court pour permettre à toutes celles qui le souhaitent de :

  1. Savoir qu’elles sont enceintes
  2. Trouver une solution pour avorter.

L’argument sur lequel se base la loi est que l’interruption volontaire de grossesse ne devrait pas être permise après qu’un battement de cœur de l’embryon puisse être détecté. Ni l’inceste ni le viol ne sont des motifs pour permettre aux Texanes d’avorter après ce délai de six semaines. Seule exception : une « urgence médicale ».

Pire encore, la loi prévoit que n’importe qui pourra poursuivre en justice les personnes ayant pratiqué une IVG après six semaines de grossesse ou ayant aidé une personne à y accéder.  Même pas besoin d’avoir un lien familial avec la personne ayant eu recours à une IVG pour attaquer en justice son médecin.

Le Texas n’est pas le seul État américain à avoir passé des lois pour restreindre l’IVG ces dernières années, mais c’est celui qui est allé le plus loin.

Les militants et militantes qui défendent le droit à l’IVG ont bien l’intention d’attaquer le nouveau texte de loi sur la base de son caractère anticonstitutionnel. Elisabeth Smith, responsable du conseil, des politiques publiques et du plaidoyer au sein du Centre pour les droits reproductifs, a notamment déclaré au journal Texas Tribune :

« Nous n’allons pas laisser passer cette interdiction de l’IVG après six semaines de grossesse sans nous battre. »

Un combat judiciaire de longue haleine pour protéger le droit à l’IVG

Ce combat judiciaire pourrait remonter jusqu’à la Cour Suprême des États-Unis, qui devra alors se prononcer à nouveau sur le sujet de l’IVG, au risque de remettre en cause l’arrêt Roe vs Wade qui protège le droit à l’avortement. C’est du moins bien l’intention des anti-IVG qui ont passé toutes ces nouvelles lois contraires à l’arrêt Roe vs Wade, en tablant sur le fait que la Cour Suprême était désormais à majorité conservatrice.

En attendant cette ultime bataille, les cliniques, plannings familiaux et autres structures venant en aide aux personnes souhaitant avorter risquent de devoir faire face à une cascade de procès de la part de citoyens anti-IVG, si elles continuent à pratiquer des avortements après six semaines de grossesse.

Et bien sûr, qui trinque au final ? Le droit des femmes à disposer de leur corps.

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Clémence Boyer

Clémence Boyer


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Commentaires

Miya.

@pock4t Oui, complètement ! J'ai à peu près la même variation que toi d'ailleurs. Mais du coup clairement cette loi pour des femmes qui ont des cycles irréguliers c'est vraiment l'angoisse...
 

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