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Fun House (The Stooges)

the stoogesOuais, je viens de passer 3 jours à Londres, et l’album dont j’ai envie de vous parler après être rentrée, et pour commencer 2009, c’est Fun House, le second album des Américains The Stooges, sorti en 1970. Pourquoi précisément celui-ci… Je ne sais pas trop, peut-être parce que j’ai envie que 2009 soit une putain d’année, donc je la commence avec un putain de disque, du punk avant l’heure, du hard-rock garage, énervé, violent, à écouter très très fort. Peut-être aussi parce que mes examens approchent et qu’il faut que je me vide la tête de temps à autre et qu’il n’y a rien de mieux qu’un cri d’Iguane pour me griller les neurones.

Cet album m’a toujours fascinée. Évidemment, tout a déjà été dit sur Iggy Pop, un doux dingue à la voix modelée pour le rock, dont la rage incandescente se fait sentir sur tout le disque, grâce à la patte du producteur Don Gallucci qui a voulu que Fun House se rapproche le plus possible des performances live du groupe, ce qui n’avait pas été le cas sur le premier disque éponyme, un peu plus “propre”, et donc un peu différent, mais tout aussi bon. Pour apprécier pleinement l’Iguane, il faut le voir sur scène. J’aimerais parler un peu plus de Dave Alexander, Ron Asheton et Scott Asheton, les 3 autres piliers du groupe, tous les 3 étant considérés comme des champions de leur instrument, après avoir été considérés comme des amateurs pendant des années.

Ce sont eux les responsables de ce son dément. Je possède une version originale du disque et une version rééditée, et la seconde met plus en valeur les individualités du groupe ; la basse de Dave Alexander est à la fois bluesy et psychédélique à souhait, la frappe du batteur Scott Asheton est tout simplement parfaite, et la paire forme une section rythmique à vous faire retourner les morts dans leurs tombes. Ils sont le coeur du groupe, un coeur qui bat à cent à l’heure pendant des heures, avec un professionnalisme et une confiance en eux façonnés grâce à la scène. Terriblement à l’aise dans leur délire, voilà d’une certaine manière ce qui pourrait caractériser les Stooges.

Les riffs de guitare de Ron Asheton complètent le tableau. Ce n’est pas un album de punk pur. Voilà pourquoi il est tellement accrocheur. Dès les premières secondes de “Down on the Street”, on entre dans le vif du sujet : batterie et basse puissantes, riff accrocheur, hurlement primaire de Iggy Pop, du très, très lourd. Le précédent album commençait avec “1969″, où Iggy disait en gros qu’il allait se faire chier comme avant. Dans “1970″, la situation semble s’être améliorée puisqu’il répète plusieurs fois “I feel alright”, et l’on comprend pourquoi en comprenant ce qu’il veut dire par “all night, till I blow away”. Au-delà des paroles, ce titre est à mi-chemin entre l’improvisation totale et free-jazz (impression renforcée par le saxophone de Steve MacKay, et confirmée quand on sait que les frères Asheton et Dave Alexander étaient fans de John Coltrane), on ne sait pas trop quand ça peut s’arrêter, comme en concert, quoi.

Intéressant de savoir que les Stooges, qui ont en 1970 entre 23 et 21 ans, sont en fait de grands perfectionnistes. Il existe des tonnes de versions de “Loose” (Rhino en a rassemblé 32 dans le package de 6 CDs consacrés au groupe), des dizaines de version de “1970″, “T.V. Eye”… Difficile de discerner du perfectionnisme dans ces coulées de lave rock’n’roll, inarrêtables, brûlantes, sur lesquelles danse ce grand maniaque d’Iggy Pop. Tout dans ce disque est décadent, heavy, fun (les paroles de “TV Eye”, c’est vraiment du grand n’importe quoi), presque pop parfois, la répétition des riffs de guitare crée une ambiance paranoïaque, une folle tension (comme sur l’effrayant “L.A. Blues”, 5 minutes de pure démence musicale).

Tout ce qui avait était décrit comme “puissant” avant la sortie de ce disque doit être reconsidéré. Et tout groupe de musique qui définit son son comme “puissant” doit se réécouter ce Fun House pour être bien conscient de la force sonique qu’il faut atteindre pour utiliser ce terme. Il y aurait une infinité d’expressions pour tenter de définir ce disque : une bombe atomique, un largage de napalm sur un lac de pétrole, un gigantesque chaos organisé, un ravage auditif de 35 minutes…

Je n’ai pas utilisé les termes “culte”, “classique”, “indispensable” et “qui influencera des milliers de groupes par la suite”, mais je pense que vous l’aviez compris dès l’introduction.

Plus d’Eddie sur son blog le Choix de Mlle Eddie.


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Les Commentaires

4
Avatar de kinderwhore
7 janvier 2009 à 20h01
kinderwhore
C'est du saxophone !

Oui, je m'en suis rendu compte après ^^. Enfin, les i nstruments à vent, c'est pas mon truc ... C'est dommage pour Asheton
0
Voir les 4 commentaires

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