Les homosexuels pourront ENFIN donner leur sang sans s’abstenir 12 mois

S'abstenir sexuellement pendant 12 mois, c'est la contrainte que devaient respecter les hommes gays pour donner leur sang. En février 2020, ce délai passe à 4 mois. Un petit pas vers une ouverture totale de leurs droits ?

Les homosexuels pourront ENFIN donner leur sang sans s’abstenir 12 mois

ENFIN. Enfin presque.

C’est par ces quelques mots que la nouvelle a été accueillie par de nombreux hommes gays ce matin.

La période d’abstinence passe de 12 à 4 mois pour les hommes gays

Le ministère des Solidarités et de la Santé a annoncé aujourd’hui que la période d’abstinence de douze mois nécessaire au don du sang pour les hommes gays en France sera réduite à 4 mois à partir du 1er février 2020.

Avant 2016 et depuis 1983, les hommes homosexuels étaient tout bonnement exclus de la collecte de sang.

La loi de 2016 qui a donné lieu a des échanges tendus dans les hautes sphères de l’État a ouvert le droit aux hommes gays de donner leur sang, à condition de témoigner de 12 mois d’abstention sexuelle.

Cette contrainte avait incité de nombreuses personnes à continuer à boycotter les collectes.

En juin dernier, des associations LGBT ont également porté plainte contre la France auprès de la Commission européenne pour discrimination.

Une discrimination ancrée en raison des préjugés autour du Sida

La raison de cette différence de traitement pour les hommes gays prend racine dans des croyances très fortes autour des risques de propagation du Sida.

Mais deux ans après cette ouverture des dons aux personnes homosexuelles, Santé Publique France a constaté que les risques de transmission du virus n’avaient pas augmenté.

Les résultats de l’étude de SPF menée sur plus de 110 000 donneurs a démontré que le risque de transmission du VIH par transfusion sanguine était resté stable (1 sur 5,2 millions), avant comme après l’ouverture du don de sang.

Vers une ouverture totale des droits en 2022 ?

L’annonce a été accueillie avec tiédeur par de nombreux hommes qui regrettent que leurs droits ne s’alignent toujours pas sur ceux des personnes hétérosexuelles qui peuvent aujourd’hui donner leur sang si elles ont été mono-partenaires pendant les 4 derniers mois.

Le ministère de la Santé assure qu’il s’agit d’une première étape avant un alignement des droits à l’horizon 2022, après qu’une évaluation des risques soit faite pour préserver la sécurité des receveurs.

Le mouvement est certes long et nous devons nous armer de patience mais au moins, il va dans le bon sens.

À lire aussi : Votre homophobie me rend « malade »

Marie

Marie

Quand Marie ne jongle pas entre les box madmoiZelle, elle t'invite à chanter (faux et fort) aux Grosse Teuf, à te marrer aux One mad show et à t'émerveiller aux CinémadZ. Fière Poufsouffle, elle est incollable sur les actus de Daniel Radcliffe grâce à sa Google Alert quotidienne (à 18h).

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Commentaires

Cococinulle

@Cococinulle

Je pense qu'il ne faut pas se voiler la face et admettre que, si, il y a une part de jugement dans ces mesures. Bien sûr que le VIH est plus présent chez les HSH, mais si on voulait vraiment être sérieux on demanderait cette mesure à TOUTE la population sexuellement active, parce que tous les français peuvent être porteur du VIH. Se focaliser comme ça uniquement sur les HSH au lieux de généraliser les mesures, c'est en parti à cause de préjugés sur les relations homosexuelles masculines.
Si le rejet était simplement basé sur de l'homophobie, les lesbiennes seraient aussi exclues du don, ce qui n'est pas le cas. Au contraire, les FSF ont moins de condition à remplir pour donner que les hétéros.

C'est une question de stat' et de probabilité.
L'EFS ne rejette pas que les dons des HSH, mais aussi des usagers de drogue par injection même s'ils sont sobres (alors même qu'il y a des usagers qui ont toujours su se protéger des risques en utilisant des seringues perso) par exemple, des personnes ayant subi une greffe ou ayant déjà été transfusé dans sa vie, des personnes ayant séjourné au Royaume-Uni entre 1980 et 1996, des personnes qui se seraient prostituées au cours des 12 mois précédents le don, des personnes tatouées au cours des 4 mois précédent le don...
EDIT (pour rajouter un lien) : Les contre-indications au don du sang

Idéalement, je suis d'accord, on ne devrait se concentrer que sur les pratiques à risque et ne pas exclure les gens qui n'en ont pas pris. Idéalement, on devrait faire du cas par cas.
Mais il y aurait toujours le biais "mensonge" de l'individu (parce qu'on n'est pas dans un monde idéal, et qu'il arrive que des gens ne disent pas la vérité sur le questionnaire et lors de l'entretien, en pensant que "ça va, je n'ai rien, c'est pas parce que j'ai couché une fois avec un.e partenaire sans capote que j'ai chopé un truc" ; "ça va, j'ai utilisé une fois la seringue d'un pote, ce serait vraiment pas de bol" - SPOILER ALERT : on ne peut pas savoir !)
En limitant l'accès au don à certaines catégories de la population, l'EFS cherche à limiter les risques. C'est injuste pour beaucoup parce qu'individuellement, ils ne sont pas "risqués", mais le but de l'EFS, c'est de protéger le malade qui recevra le sang au final.

Maintenant, là où je te rejoins, c'est qu'il y a discrimination dans le temps que ça a pris d'envisager de potentiellement ouvrir le don aux HSH, dans l'absence d'étude récente sur le sujet (ce qui est, si j'ai bien compris, ce qui est actuellement en cours et qui amène l'EFS à revoir sa position).
 
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