Comment faire (enfin) confiance à ton mec

Il paraît que pour qu'une relation fonctionne, il faut avoir confiance en l'autre. Oui mais voilà, c'est plus facile à dire qu'à faire... Kalindi te donne quelques astuces pour lâcher prise et enfin être heureuse.

Comment faire (enfin) confiance à ton mec

Le 12 avril 2019

Dans chaque article qui théorise sur le couple, un conseil revient quoi qu’il arrive : aie confiance en ton mec ou ta meuf.

Mais faire confiance à son conjoint, qu’est-ce que ça signifie ? À quel point peut-on faire confiance à autrui ?

Quels sont les risques d’une confiance attribuée trop tôt ? Existe-t-il de vrais risques d’ailleurs ?

Mon histoire, en quelques mots

En 2019, j’ai entamé ma cinquième année de couple avec mon partenaire actuel. Aujourd’hui, ma confiance en lui est aveugle sur tous les points.

Je n’ai plus peur qu’il me trompe, je n’ai plus peur qu’il me fasse du mal, je n’ai plus peur qu’il soit violent.

Avant d’être avec cet homme qui répond à tous mes besoins, j’ai eu deux relations longues et sérieuses.

La première a duré pas loin de 3 ans, avec un type que j’appellerai Louis.

J’ai rencontré Louis dans un train en partance pour la Bretagne.

Il avait quelque chose de différent, de presque bizarre, et c’est précisément ce qui m’a séduite et poussée à lui confier mon cœur, ma virginité et ma confiance.

Une confiance que je lui ai accordée à tort, puisqu’en 3 ans il m’aura tout fait, et surtout des mensonges.

Pendant des années, j’ai été victime d’une relation toxique hors de laquelle je n’arrivais plus à exister. Pendant des années, je n’ai plus été moi-même.

D’ailleurs, j’ai oublié une belle partie de cette relation, le cerveau est bien foutu…

Mais ça, ça fera l’objet d’autres articles et je l’espère un jour d’un bouquin !

Au sortir de cette relation dans laquelle j’étais victime la plupart du temps et bourreau parfois, quelque chose avait changé en moi.

Je n’étais plus la même fille que j’étais le jour où j’ai rencontré Louis, l’été de mes 17 ans.

Je n’étais plus une fille d’ailleurs, j’étais devenue une femme, et une femme qui ne se laisserait plus jamais diminuer par un homme.

Trouver un partenaire, c’est difficile ?

Oui mais alors, il fallait que j’en trouve un, d’homme à ma hauteur.

À entendre mes amis, c’était la croix et la bannière car « tous les mecs sont des cons ». Une théorie à laquelle j’ai cru un moment avant de rencontrer Chris, le meilleur des mecs, avec lequel je suis restée presque deux ans.

Sa gentillesse, sa dévotion et sa douceur m’ont séduite au départ, rebutée par la suite.

Décidément, si tous les hommes n’étaient pas des cons, j’étais en tout cas la reine des indécises !

Ensuite, je me suis mise avec mon mec actuel, et c’est lui qui a payé les pots cassés de ma première relation amoureuse.

Sa douceur et ses mots ne sont pas, au départ, parvenus à apaiser ma colère permanente. J’étais encore un peu la furie que Louis avait fait de moi.

J’avais peur que l’on m’insulte, que l’on m’étrangle, bref qu’on me fasse du mal psychologiquement et physiquement.

Quand j’ai compris que mon nouveau mec n’était ni violent ni méchant, ni même malade, je me suis un peu radoucie.

Mais ce qui a mis du temps à partir, c’était ma peur d’être trompée.

La peur d’être trompée, symptomatique d’un manque de confiance

Le sexe, d’après ce que j’avais appris avec Louis, c’était une chasse gardée, un rempart infranchissable pour qui ne faisait pas partie du couple.

Cette exclusivité au lit, je tenais à la conserver. Mon mec actuel l’a très bien compris et a accepté le marché.

Toutefois, la peur qu’il aille voir ailleurs, symptomatique en réalité de ma peur de l’abandon (due sûrement au métier de ma mère, longtemps hôtesse de l’air donc en déplacement), était tenace.

J’ai beaucoup taffé là-dessus pour ne pas me rendre malade, et pour accéder à la sérénité à laquelle j’avais droit.

Aujourd’hui, après presque cinq ans avec mon partenaire, je n’ai plus peur, et surtout j’ai confiance.

La confiance, qu’est-ce que c’est ?

Mais qu’est ce que c’est au juste, la confiance ?

La confiance, c’est la certitude que l’autre ne te veut du mal d’aucune manière. C’est confier un bout de ta sérénité à autrui.

C’est de placer un peu de toi entre les mains de ton partenaire.

C’est quand tu n’as plus peur d’avoir peur. C’est quand tu vis en paix avec toi-même, et avec lui ou elle.

C’est quand tu ne crains pas d’être bafouée, humiliée, trompée, harcelée, violentée etc.

Pour moi la confiance est un sentiment qui englobe tous ces paramètres.

Attention, cette définition est la mienne, et elle doit je pense alterner en fonction des personnalités. Elle n’est ni universelle ni immuable.

Elle m’appartient juste.

La définition précise du Larousse, la voici : « Sentiment de quelqu’un qui se fie entièrement à quelqu’un d’autre, à quelque chose ».

Alors tout ça c’est bien beau en théorie, mais le laisser-aller, à mon sens primordial pour avoir confiance en l’autre, ça ne s’acquiert pas du jour au lendemain !

Comment avoir confiance en ton partenaire ?

Pour avoir confiance en la personne qui partage ta vie, tu peux…

Déterminer quelles sont tes angoisses

De quoi as-tu peur exactement ?

Au sortir de ma relation avec Louis, j’ai consulté un psy… que je détestais et que j’ai arrêté de voir au bout de deux séances, mais qui m’a donné un conseil précieux : écrire.

Écrire ce qui va, ce qui ne va pas, et réaliser des exercices qui existent ou que tu inventes.

Dès lors, j’ai créé mon propre exercice.

Le voici (tu devrais l’essayer, il marche pas mal) :

  • Achète-toi un carnet plutôt moche que tu n’auras pas peur de torpiller
  • Sur une page, fais deux colonnes
  • Dans la première, inscris tes pires craintes concernant ta relation
  • Réfléchis à ce qui pourrait apaiser tes peurs
  • Note tes solutions dans la colonne droite
  • Transforme ces solutions en verbes : « me lâcher », « relativiser », etc.
  • Puis découpe ou arrache le morceau de feuille qui abrite la première colonne
  • Froisse-la, jette-la à la poubelle, brûle-la, mange-la, fais en ce que tu veux mais débarrasse t’en.
  • Renouvelle l’expérience autant de fois que nécessaire

Voilà, désormais dans ton cahier, il n’y a plus de problèmes, seulement des solutions.

Une fois que tu as identifié ce qui te faisait peur et que tu y as potentiellement trouvé des solutions, parles-en à ton partenaire !

Parle de tes angoisses à ton partenaire

Tu peux par exemple lui confier :

« J’ai peur que tu m’abandonnes et que tu me trompes, mais j’ai trouvé quelques points qui pourraient m’aider à aller mieux et à te faire davantage confiance.

Veux-tu m’aider à travailler dessus ? »

Lui aussi pourra te confier ses craintes, car il en a probablement autant que toi. Propose-lui, pourquoi pas, de t’aider à trouver la cause de vos angoisses.

Est-ce qu’elles proviennent de son comportement ? D’un traumatisme passé ? D’un divorce qui l’a marqué ?

Considère l’autre comme ton allié, non comme ton ennemi

Dans cette quête de sérénité, considère ta moitié comme ton meilleur atout.

C’est main dans la main que vous arriverez à bâtir quelque chose de calme et de sensé.

Alors n’aie pas peur de lui parler, de lui poser des questions, de travailler avec lui.

Il n’est pas ton ennemi, il est au contraire ton allié !

RELATIVISE

Je sais, je sais, c’est plus facile à dire qu’à faire… Mais je n’ai jamais dit qu’une relation amoureuse était facile à faire fonctionner sur le long, le moyen, et même le court terme.

Je t’assure que relativiser est foutrement salvateur.

Les relations amoureuses, ça se crée, ça se défait, ça recommence, ça retombe et ainsi de suite.

Tu n’as rien à perdre à faire confiance à quelqu’un. Au pire, c’est lui qui se comporte comme un con, qui trahit ta confiance, et ce sera SON problème !

Il n’aura pas rempli les termes du contrat que vous avez établi.

Quant à ta conscience, elle sera sauve. Alors souffle un grand coup !

À lire aussi : Comment je suis devenue rédactrice cinéma/séries chez madmoiZelle

Commentaires

jorda

@Kurmad Effectivement, mon passé a déterminé ma vision du monde, mais comme pour tout le monde, je dirais. Je comprends ce que tu dis, mais le problème dans la confiance, c'est que je pense pas qu'on puisse la commander. Du coup, j'ai du mal à comprendre les paroles de ton père, car de mon point de vue, on ne choisit pas d'avoir confiance. Si on se force mais qu'on a trop peur, ça pourra pas tenir.
Je comprends ton astuce, mais je sais pas si ça peut marcher pour tout le monde. Le niveau de peur des gens pourra être plus ou moins élevé (notamment en fonction de leur vécu). Ca ne peut pas complètement se contrôler au-delà d'une certaine limite.
Du coup, je trouve l'article intéressant dans la mesure où l'idée c'est justement de se baser sur les points de confiance qui marche (car même si on n'accorde pas sa confiance pour tout, on accorde quand-même un minimum sa confiance pour certaines choses), et de discuter des points qui posent problème pour travailler dessus ensemble.
"On fait ce qu'on peut avec ce qu'on a". Une femme (ou un homme) qui aura été abusée et/ou maltraitée, qui aura connu des expérience négatives très lourdes, aura beaucoup plus de mal à refaire confiance, parce que pour elle (ou lui), ça sera devenu une partie concrète de sa réalité.
Ce sont des personnes qui se méfieront non pas de la personne en face, mais de la possibilité qu'un tel événement se produise à nouveau (et ce peu importe la personne en face, c'est de la répétition de l'événement dont ils ont peur, pas de la personne en elle-même)... et donc ça nécessite un travail particulier (et de la chance pour trouver une personne qui accepte notre vécu).

Et en dernier point, bien évidemment que la confiance est importante. Pour autant, je pense qu'il est important de donner (et se donner) le droit au doute. Bien entendu, pas tous les jours, mais de manière épisodique et selon le contexte, je pense que c'est une réaction qui peut être naturelle et qu'il n'est pas nécessaire de s'offusquer si l'autre fait preuve de méfiance une fois. Je n'ai pour ma part aucun problème à prouver à nouveau le fait que je mérite qu'on me fasse confiance (tant que ça reste à titre épisodique évidemment), car j'ai intégré le doute comme faisant pleinement partie de la vie, et que ça pouvait être normal d'en avoir en certaines circonstances.
L'obligation de faire aveuglément confiance, ça, ça me fait vraiment peur, par contre...
 

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