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Être addict aux séries, le mal du siècle

Être addict aux séries, cette drogue de notre temps… Récit d’un échec annoncé.

Article initialement publié le 30 mai 2012

Je me souviens plus vraiment quand ça a commencé, ni comment, mais c’est arrivé : je suis addict aux séries télé.

C’était quelque part en 2005, quand on m’a filé un DVD avec les 4 premiers épisodes de How I Met Your Mother gravés dessus, juste après leur diffusion aux zétazunis. (si j’avais su, j’en aurais fait un sous-verre tiens). Contrairement à l’addiction au baume à lèvres, c’est un problème partagé avec une grosse majorité d’entre vous, qu’on cultive et qu’on entretient en groupe – sur les forums, sur Facebook, sur Twitter, à la pause café, partout où on peut.

Être addict aux séries : les symptomes

Telles des Abed (de Community) en puissance, on fait 56 références par heures, on parle de personnages fictifs comme si c’était des potes, ou au moins des vrais gens, on compare sans arrêt les situations qu’on vit à celles qu’on a vues – bref, pas moyen de passer une journée sans parler séries. Encore aujourd’hui, tiens, au bureau on a passé une bonne heure à étudier une carte de l’univers de Game of Thrones en retraçant, entre autres, le parcours de Daenerys Targaryen, c’est vous dire. À la pause dej, on a disserté sur Dexter et sa perte de logique – lui qui partait au départ du principe « Je tue les méchants qui échappent au système« , il s’est bien foutu de notre gueule vu que maintenant il s’attaque à ceux qui n’ont pas encore eu l’occasion de se retrouver au tribunal, pire encore : il sabote les enquêtes pour s’assurer qu’ils n’y arrivent même pas. Sale hypocrite va.

Être addict aux séries : Action, émotion

Pour être honnête, ça a dû commencer quand il ne se passait pas grand-chose d’excitant dans ma vie, ça me permettait de vivre un peu par procuration. De ressentir des trucs, de flipper, de pleurer, de rire, les trois en même temps. Ouais c’est cliché, hein ?

Bon bref, quoi qu’il en soit, une fois mes problèmes existentiels résolus, ça a continué. Et ça s’est propagé assez rapidement. De « Je regarde Desperate Housewives et Les Experts à la télé » on est vite passés à « Je télécharge/streame comme un porc toute la nuit et je fais des marathons pour chaque série que je découvre« . Sur Internet, les news ciné et musique se sont retrouvées ensevelies sous les annonces de renouvellement, d’annulation, de nouvelles saisons et de nouveaux personnages. Et on n’en a jamais assez – il en faut toujours plus, plus de séries, plus de genres différents, plus d’histoires, de destins à suivre.

EXPLOSION D'HORMONES DEVANT GAME OF THRONES.

EXPLOSION D’HORMONES DEVANT GAME OF THRONES.

Aujourd’hui, parmi les séries en cours de diffusion, j’en suis 35 différentes. (psst, pour les suivre j’utilise ce calendrier, pour éviter le compteur culpabilisant de betaséries). Sans compter les anciennes que je re-regarde ou que je découvre en retard (de X-Files à Buffy, en passant par Fringe que je viens de commencer, par exemple). Sans compter les nouvelles qui arrivent chaque automne et chaque printemps. À chaque jour son rendez-vous : il y a les séries que je regarde quand je bouffe, celles qui sont réservées au soir, juste avant de dormir, celles du dimanche après-midi, celles que je mate en faisant autre chose à côté, bref, c’est tout une organisation. Je suis capable – et c’est arrivé – de refuser un dîner ou un verre en terrasse pour courir regarder le season finale d’une série. Genre pour Pretty Little Liars, le finale de la saison 2 était censé révéler l’identité de “A.”, la/le méchant(e) qui fout le bordel dans la vie de 4 adolescentes, et après avoir passé une journée à éviter les spoilers, j’ai couru comme une tarée pour me foutre devant mon écran… alors que Fab m’avait gentiment proposé de bouffer une pizza pour parler boulot. (Employée modèle, oui, je ne vous le fais pas dire).

Être addict aux séries : Live-tweets, spoilers et autres merveilles

Les réseaux sociaux ont rendu l’expérience encore plus délicieuse – bien que périlleuse, rapport aux spoilers. Exemple : lorsque j’ai hurlé ma douleur après le series finale de Desperate Housewives, j’ai pu la partager avec tous mes followers en deuil.

On tease aussi beaucoup, en lâchant des « OMG PUTAIN L’ÉPISODE 9 DE TRUE BLOOD MAMAN ! » sans donner de détails pour éviter l’incident diplomatique – et on reçoit en échange des « OUI PUTAIN T’AS VU ?! » et des « AAAAH DIS RIEN DIS RIEN DIS RIEEEEN !« .

On s’engueule si quelqu’un a le malheur de spoiler une série, on s’énerve et on tape dans les murs en pleurant de colère (au moins) – j’ai cru crever le jour où on m’a spoilé la fin de la saison 4 de Dexter VINGT MINUTES avant que je ne voie l’épisode. On prend ça tellement à coeur qu’on se sent un peu con quand on fait des crises d’hystérie au moindre prétexte, mais eh, c’est toujours mieux que de ne rien ressentir.

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Pour en savoir plus sur cette super série, Raising Hope, clique !

Et côté émotions, on peut dire que c’est varié. De la dépression profonde à l’inspiration soudaine, en passant par le fou rire qui fait mal au bide et la rage destructrice, le pouvoir des séries est sans limite.

Après y en a qui sont moins addict aux séries que d’autres hein, mais perso, je me case dans les cas les plus gravos de l’histoire des spectateurs. C’est peut-être pour ça que je me refuse à abandonner une série en cours de route : il suffit qu’elle ait réussi à m’arracher quelques émotions à un moment pour m’y attacher et lui être fidèle comme un labrador. Comme avec How I Met Your Mother qui n’a plus aucun intérêt depuis quelques saisons déjà : je me suis fait chier à suivre les conneries de Ted et ses potes pendant des années, pas question de lâcher l’affaire maintenant.

Je dois savoir qui finit avec qui, qui sera cette putain de mère qu’il aurait déjà dû trouver depuis mille ans – du coup je serre les dents et je ris aux seuls gags drôles de la série (quand des gens tombent ou se prennent des coups, wooo).

En bref : je suis addict aux séries

Sachant que je ne peux pas passer une journée sans regarder au minimum deux épisodes d’une série sous peine de ressentir une immense frustration et de passer des heures à regarder mon plafond en jouant avec mes pieds, je pense qu’on peut parler d’addiction.

Et comme mon plus gros trip dans la vie c’est de sur-analyser tout ce que je peux, j’ai assez de matos pour écrire un bouquin sur mon rapport aux séries et ce que j’ai pu constater chez mes congénères. Mais comme aucun éditeur ne s’est encore jeté à mes pieds, on va se contenter de quelques articles sur ce thème ici-même… Rendez-vous la semaine prochaine pour le premier épisode !

Les Commentaires
82

Avatar de Capie
8 février 2016 à 13h59
Capie
J'ai lu l'article on me disant qu'il allait me parler. Et j'ai pas tellement l'impression que ce soit une addiction, c'est juste un centre d’intérêt.
Il me semble que des lectures publiques étaient organiser pour des livres de Jane Austen et que les gens en parlait autour d'un thé ou dans les salles de balles. Est-ce qu'on parle d'addiction à la lecture ?
J'annulerai tout à fait une soirée pour finir un bon livre et il est évident que pour le tout dernier épisode de Supernatural, je serai devant un écran et pas ailleurs, et que ça va me briser le coeur.
Mais combien d'entre nous sont tombé(e) amoureu(x)se de Darcy ? Ou ont souffert avec Louis De Pointe du Lac ? La première fois que j'ai ouvert la nuit des temps, j'ai rien fait d'autres pendant deux jours.
Mon point est qu'addiction, ça sonne négatif et je ne pense pas qu'être curieux et s'attacher à des personnages fictifs soit de mauvaises choses.
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