Le sexe n’est pas sacré pour moi, et c’est pas grave, promis

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Le sexe est souvent présenté comme précieux, intime, puissant, quasiment sacré. Pour Mymy, une relation sexuelle, ce n'est pourtant pas forcément si spécial...

Le sexe n’est pas sacré pour moi, et c’est pas grave, promis

La sexualité, même si on en parle beaucoup, ça reste un domaine à aborder avec précautions.

Pour beaucoup de gens, le sexe, ce n’est pas anodin. Avoir une relation avec quelqu’un, ou même avec plusieurs personnes, c’est super fort, lourd de sens.

Pour moi, une relation sexuelle n’est pas en soi plus intime qu’un repas partagé. Alors j’ai décidé de vous en parler !

« Pour moi, sucer c’est aussi facile que distribuer des flyers »

Cet article est né des réactions à une vidéo publiée sur madmoiZelle : un nouvel épisode de Sister Sister, des dialogues entre Marion Seclin et Lou, sa « petite sœur de cœur ».

Lou y explique que quand elle avait 11-12 ans, Marion lui a parlé de sexualité en termes clairs, précis. L’échange se poursuit, ça parle de plans cul, de fellation, d’amour, bref : de sexe, et de la vie aussi.

Beaucoup de personnes semblent avoir été quelque peu choquées devant cette vidéo.

En premier lieu, par le fait que Marion ait parlé de sexualité à Lou alors que celle-ci avait 11 ans — et ça mériterait tout un article, qu’on écrira probablement : faut-il parler de sexe aux enfants ? À quel âge ? Comment ?

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D’autres critiques portaient plus loin que ce point de détail. Marion dit, par exemple « Pour moi sucer, c’est aussi facile que distribuer des flyers ».

Selon certaines personnes, Marion a tort de voir la sexualité ainsi. Une fellation, comme tout acte sexuel, devrait être magique, intime, important, signifiant… sacré.

Mais moi, je me suis reconnue dans le discours de Marion et j’ai été contente de la voir être sincère et avoir le courage d’en parler. Alors je me suis dit que j’allais le faire aussi !

Le sexe, c’est comme un bon restau

L’analogie que j’utilise souvent, notamment quand je dois expliquer aux gens mon attrait pour la relation libre, c’est celle du restaurant.

Pour moi, la sexualité, c’est comme la nourriture. Ça peut être très bien, cool sans plus, ou décevant. Ça peut être surprenant, raté à cause d’un petit détail. Ça procure des sensations physiques, charnelles.

Et ce n’est pas plus sacré que la nourriture. Avoir une relation sexuelle avec quelqu’un, pour moi, c’est comme partager un dîner au restaurant avec cette personne.

Ça sera peut-être le meilleur dîner de ma vie : la nourriture sera incroyable, le vin parfait, l’ambiance tamisée, on parlera pendant des heures, on sentira une vraie connexion se nouer, je découvrirai un ingrédient qui va bouleverser ma vie…

Ça sera peut-être un dîner amical : une bonne pizza partagée avec affection, un moment savoureux qui met de bonne humeur, tient chaud au corps comme au cœur.

Ça sera peut-être une erreur : des pâtes trop cuites avec une sauce en boîte, un serveur désagréable, un truc qui me restera sur l’estomac et sera sans lendemain.

Là où cette analogie est utile dans le cadre des relations « non-monogames », c’est qu’elle me permet de présenter les choses ainsi :

« Pour moi, me dire que si je suis amoureuse de X je ne peux plus avoir de relations sexuelles qu’avec X, c’est comme me dire que je ne pourrai plus aller au restaurant qu’avec X, toute ma vie. »

Alors que je peux aller au restaurant avec W, Y et Z, même avec les 25 autres lettres si je veux, et que ça sera différent des dîners avec X  et que ça ne les empêchera pas, ne les remplacera pas. Ça sera juste autre chose !

Le restaurant sera toujours ouvert. La nourriture sera toujours amenée à notre table. Nous parlerons toujours autant. Et je n’aurai pas moins faim…

Je suis féministe, j’aime le cul, et j’aime en parler

Marion Seclin, encore elle, en avait déjà parlé dans son excellente vidéo T’es féministe mais… tu suces ? : oui, on peut être féministe et pratiquer plein d’actes sexuels différents.

Tout comme on peut être féministe et aimer cuisiner, se maquiller, mettre des talons hauts ou s’épiler la chatte, en fait.

Le féminisme, ça ne veut pas dire « J’arrête d’avoir des relations sexuelles alors que j’en ai envie », ça veut dire « Ne faites pas de moi un simple objet sexuel ».

Tant que vous reconnaissez que je suis une personne qui mérite le respect et qui est beaucoup plus qu’un cul, une paire de seins ou une bouche, ça me va. Peut-être même que je vous taillerai une pipe, tiens.

Mon corps, mon choix, ça marche pas que pour l’IVG. Ça marche pour tout !

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La sexualité désacralisée et moi

Avoir cette vision de la sexualité, ça veut dire que ça me dérange beaucoup moins de parler de ce sujet que la plupart des gens.

La preuve : je co-chapeaute, avec Anouk, la rubrique sexe de madmoiZelle et je n’ai aucun problème à dire publiquement que j’aime le hentai ou la levrette. Tout comme j’aime la sauce Sriracha et le magret de canard.

C’est juste un goût, une préférence personnelle. Ça ne dit rien sur moi. On s’en fout.

À mon sens, désacraliser le sexe ça permet de se libérer de tout un tas d’injonctions, de pressions liées à la « bonne » et à la « mauvaise » sexualité.

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Ça m’a permis de me focaliser plutôt sur la sexualité positive, celle qui se base sur une absence de pression, d’objectifs, et se concentre sur le plaisir et le consentement mutuel.

Je ne dis pas qu’il faut envoyer valser vos slips et parler de votre dernier orgasme à votre boulangère, hein : vous faites bien ce que vous voulez ! Et justement…

Laissons les gens voir la sexualité comme ils le veulent

Non, ce n’est pas « triste » que Marion « suce comme elle distribuerait des flyers ». C’est sa vision de la sexualité.

Et ce n’est pas non plus « triste » ou « coincé » de ne vouloir avoir des relations sexuelles qu’avec une personne qu’on aime, de ne pas vouloir en parler, de ne pas être attiré•e par telle ou telle pratique.

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Je sais qu’on parle beaucoup de sexe sur madmoiZelle, et dans la société en général, mais vous pouvez compter sur nous pour ne JAMAIS vous ordonner quoi que ce soit — à part de vous assurer que le consentement est présent.

Ce n’est pas parce que je parle de BDSM que je vous enjoins à essayer les coups de fouet, ce n’est pas parce qu’on parle sodomie qu’on vous ordonne de donner une chance à votre anus.

C’est juste pour dire : eh regardez ! Ça existe, voici comment ça marche, et si ça vous tente vous pouvez faire comme ceci et cela !

En général, il ne sert à rien d’essayer de forcer les gens à partager VOTRE vision de la sexualité, car c’est si personnel que ça appartient à chacun•e.

Laissons Marion sucer des bites comme elle distribuerait des flyers, laissez-moi avoir des orgasmes comme j’irais au restaurant, et je vous laisse vivre votre sexualité comme bon vous semble !

Bisous et petite fessée (si c’est votre truc). Sinon, bisou. Ou high-five. Bref. CE QUE VOUS VOULEZ.

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Mymy

Mymy, entre deux bouquins qu'elle chronique parfois en vidéos, est la rédac-chef adjointe/correctrice/community manager de madmoiZelle. Elle aime rester chez elle, les chatons mignons, la raclette du dimanche et les séries télé avec des retournements de situation dedans.

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Commentaires
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  • Choucki
    Choucki, Le 7 août 2017 à 22h19

    Ca fait du bien de lire cet article, surtout le" faites comme vous voulez" !
    Chacun a une vision différente des choses et c'est toujours agréable de lire à ce sujet.
    La société est peut-être sursexualisée, il n'empêche que ça reste compliqué parfois d'assumer ce qu'on fait même si on sait qu'on a rien à se reprocher !

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