Le procès pour viol qui a scandalisé l’Espagne fait évoluer la loi

En Espagne, de nombreuses personnes et associations féministes se sont indignées du verdict rendu dans une affaire de viol. Suite à cela, le Gouvernement propose de faire évoluer la loi.

Le procès pour viol qui a scandalisé l’Espagne fait évoluer la loi

Mise à jour du 19 juillet 2018

Le verdict du procès pour viol pendant les fêtes de Pampelune, en Espagne, avait secoué le pays.

Cinq hommes d’un groupe appelé La Manada, « La Meute », avaient été accusés d’avoir violé une jeune femme de 18 ans en la filmant.

Ils avaient été condamnés à une peine qui avait suscité d’énormes réactions de la part du peuple espagnol (cf. article ci-dessous).

Une loi sur le consentement dans les textes espagnols

Suite aux manifestations et à la polémique, le gouvernement espagnol a proposé une réforme du Code Pénal et de la Loi d’Emprisonnement Criminel axée autour du consentement, comme le racontent Clarín Sociedad et El País.

La vice-Présidente du gouvernement et ministre de l’Égalité, Carmen Calvo, a affirmé mardi 10 juillet :

Si une femme ne dit pas « oui » expressément, tout le reste est un « non ».

Un groupe de juristes féministes devrait travailler sur le projet de réforme, cependant la vice-Présidente n’a pas annoncé ni quand, ni comment ces mesures doivent être prises.

Cette annonce pose beaucoup de questions sur la mise en place des mesures.

Par quels moyens s’assurer d’un consentement explicite des personnes prenant part à la relation sexuelle ?

Si la personne change d’avis après avoir donné son consentement, comment fonctionnera la loi ?

L’Espagne est-elle vraiment prête à intégrer de telles mesures dans sa législation ?

La réflexion est tout du moins lancée, ce qui me réjouit.

Le féminisme gagne les hautes sphères espagnoles, puisqu’il a également été proposé de modifier la Constitution afin qu’elle soit plus inclusive. Lors de célébrations officielles, la ministre Carmen Calvo a déjà utilisé des formules inclusives.

Qu’en penses-tu ? Crois-tu qu’il soit possible de légiférer en fonction de l’expression du consentement ? Comment cela pourrait-il se faire ? Es-tu pour une écriture inclusive dans les textes officiels ?

Viens en débattre dans les commentaires !

Le verdict d’un procès pour viol secoue l’Espagne

Article initialement publié le 27 avril 2018

« #NonCestNon, #NonCestNon, #NonCestNon, #NonCestNon, #NonCestNon, #NonCestNon, #NonCestNon, #NonCestNon.

Nous sommes avec vous. »

Ce sont des mots issus d’un tweet de la police espagnole, publié en soutien aux victimes de viol.

À lire aussi : Le mea culpa des forces de l’ordre concernant l’accueil des victimes de viol

#NoEsNo : un verdict inconcevable pour les féministes espagnoles

Depuis jeudi 26 avril, l’Espagne est en ébullition.

Le verdict d’un procès très médiatisé a été rendu : 5 hommes étaient accusés d’avoir violé en réunion une jeune femme de 18 ans, en la filmant.

Ils ont été condamnés à 9 ans de réclusion pour « abus de faiblesse » et « abus sexuel », alors que le parquet requérait 22 ans et dix mois, pour viol.

Comme le rapporte Le Monde, ils sont interdits d’approcher la victime à moins de 500 mètres ou d’essayer de la contacter et ils devront également lui verser une indemnité à hauteur de 50 000€ — là où le parquet avait demandé 100 000€.

Dès l’annonce du verdict, des manifestant·es ont commencé à protester contre cette qualification des faits devant le tribunal.

À lire aussi : J’ai porté plainte après un viol, et ça s’est bien passé

Un procès autour des violences sexuelles très médiatisé

Ces protestations interviennent au terme d’un procès très médiatisé. De nombreux éléments ont alimenté la polémique, comme entre autres :

  • Le fait qu’un détective privé soit engagé pour suivre la victime et prouver qu’elle n’était pas traumatisée
  • Des photos de la victime issues de son compte Facebook acceptées comme pièce à conviction
  • Les messages qu’avaient échangés les agresseurs en amont du viol, mentionnant des moyens de droguer d’éventuelles victimes, n’ont pas été reconnus comme preuve

L’affaire est résumée de manière très complète sur Le Monde.

Alors que les protestations s’amplifient en Espagne, l’avocat de la victime a indiqué qu’il allait faire appel de cette décision, tout comme le porte-parole du parquet de Navarre.

À lire aussi : L’incroyable histoire du tueur et violeur en série arrêté 42 ans après ses crimes

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Esther

Esther est tombée dans la marmite de madmoiZelle quand elle était petite. Elle n’a pas grandi, mais elle a depuis développé de fortes convictions féministes. Au croisement de la rubrique actu et de la rubrique témoignages, elle passe de temps en temps une tête à l’étranger pour tendre son micro aux madmoiZelles du monde entier !

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Commentaires
  • Couillllère!
    Couillllère!, Le 20 juillet 2018 à 0h34

    Si une femme ne dit pas « oui » expressément, tout le reste est un « non ».
    J'espère que ce choix de mot ne restera pas dans la loi.
    Pourquoi femme? le consentement concerne tout le monde. C'est nocif de laisser croire que les hommes n'ont pas le droit au choix.
    Et puis si leur partenaire demande leur permission, peut être qu'ils la demanderons aussi. = cercle vertueux ^^ héhé

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