La peur d’être une connasse, cette peur qui empêche de s’imposer en société

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La peur d'être une connasse, ça ne vous dit rien ? Explications dans cet article qui pourrait bien réveiller de vieux souvenirs...

La peur d’être une connasse, cette peur qui empêche de s’imposer en société

J’ai un bon groupe d’amies meufs. Ce sont des personnes vraiment brillantes, qui ont globalement confiance en elles. Mais quand on parle de nos relations amicales, amoureuses ou professionnelles, une expression revient souvent :

« Je n’ai pas envie d’être cette fille, la connasse… J’ai peur de déranger. »

Cette personne, la connasse, c’est finalement un concept un peu flou que je définirais comme ci-suit.

  • Une meuf qui pense EXCLUSIVEMENT à elle, et pas aux autres, n’a pas l’empathie nécessaire, s’en fout de ses proches.
  • Une meuf qui s’impose « trop », s’en fiche de contredire, met les pieds dans le plat, dérange.
  • Une meuf qui fait globalement chier le monde.

Alors, pour ne pas être cette connasse, mes amies et moi même parfois, nous changeons nos habitudes. Le plus souvent sans même demander l’avis des personnes que nous pourrions embêter.

Nous sommes motivées par l’idée de préserver ceux et celles qu’on aime, alors on s’efface… Sauf qu’évidemment, ce n’est pas forcément un succès.

La peur d’être une connasse VS… Les relations amoureuses

Une amie m’a expliqué qu’elle se considère comme une jeune femme forte, indépendante, qui sait ce qu’elle veut dans sa vie… Et pourtant, elle raconte :

« Je ne peux pas m’empêcher de chercher à répondre aux attentes de l’autre, au lieu d’être moi-même.

Forcément, on part sur les pires bases : je me frustre, par peur de m’imposer, d’en demander trop, « d’écraser » l’autre, quelque part. Du coup mes relations amoureuses finissent toujours par se planter, et ce très rapidement… »

La ritournelle 

Une autre m’a avoué se sentir parfois mal d’être si indépendante dans son couple. Jusqu’à il y a peu, elle vivait une relation longue distance. Il y a deux mois, son copain est venu vivre chez elle et elle a commencé à cultiver une forme de culpabilité.

« En gros, je me suis dit que j’allais automatiquement être moins libre dans mes mouvements, que c’était égoïste de continuer ma vie à mille à l’heure alors que mon copain était là. À chaque fois que je lui dis que je ne sortais pas avec lui parce que j’ai autre chose de prévu, je culpabilise un peu plus.

Je me dis que c’est vexant pour lui… Et je me suis forcée plus d’une fois à changer de plans alors que je ne faisais que présumer de son malaise… En gros, j’ai parfois l’impression de faire un choix entre culpabiliser ou le suivre sans motivation. »

D’autres encore m’ont raconté la peur d’oser confronter leurs chéri•es à leurs doutes de tromperie : et si elles faisaient fausse route ? Et si elles s’imaginaient n’importe quoi ? Et qu’elles le/la mettaient mal à l’aise ? Évidemment, tout n’est pas si simple

La peur d’être une connasse, ça ne s’arrête pas aux relations amoureuses

Cette peur n’est pas présente uniquement dans les relations amoureuses : combien de fois dans le passé n’ai-je pas osé dire quelque chose à mes collègues par crainte de les embêter, de donner l’impression de les fliquer ? De même, en amitié, je repense à cette amie à laquelle je n’ai pas osé dire que son comportement m’embêtait.

Elle a bon dos, cette peur d’être une connasse quand on sait qu’elle enfonce dans des situations sans solution. Je connais cette sensation de penser que, de toute manière, il est vain de tenter une évolution. C’est frustrant et ça donne simplement envie de fuir.

Ou de s’allonger sur le sol. Sur le ventre. Et attendre la mort. 

Le plus bête au milieu de tout ça, c’est que j’ai plusieurs fois entendu autour de moi des gens dire, le sourire aux lèvres, qu’ils savaient que leurs actes dérangeaient, mais qu’ils n’en changeraient que si quelqu’un osait leur demander.

Entre ça et les comportements qu’on s’impose déjà tou•tes seul•es, on n’est pas sorti•es de l’auberge…

Comment se défaire de cette peur et enfin s’affirmer ?

Globalement, la peur du regard des autres se croise avec l’idée du comportement que l’on devrait adopter pour être une bonne personne. C’est ça, ne pas être une connasse.

Et là, j’ai envie de vous dire : soyez une connasse.

Ce qui m’a le plus aidée dans la vie a été d’accepter que je ne pouvais pas plaire à tout le monde… Mais que je pouvais faire en sorte de me plaire à moi. Et ça passe avant tout par me sentir respectée et faire en sorte que les choses se passent bien si je pense à mon ressenti.

C’est pas être une connasse que de signaler mes besoins. Ou de dire à quelqu’un que la situation ne me convient pas. Encore moins de chercher à passer un bon moment sur Terre.

YOU GO GIRL ! 

La plupart des fois où j’ai questionné un proche sur un comportement qui m’avait heurtée ou qui m’agaçait, j’ai pu voir des changements ou avoir une explication… Et si ça n’a pas suffi, je me suis dit qu’au moins, j’avais tenté. Et ça c’est cool.

Il est presque impossible de s’exprimer en plaisant à tou•tes. Je le sais, j’écris sur Internet. Quoi que je dise, je reçois des commentaires. Bien entendu, j’essaie de faire en sorte de ne pas heurter à outrance, mais si je ne voulais choquer VRAIMENT personne, le plus simple serait simplement d’arrêter d’écrire.

Ce n’est pas mon but… Alors tant pis pour celles et ceux que je dérange, tant que je m’amuse ! 

Arrêter d’avoir peur d’être une connasse (pour sauver ses relations)

Bien entendu, tout se corse quand il est question de gens plus proches (au hasard… D’AMOUREUX/AMOUREUSE, Vous Même Vous Savez). Et à ça je n’ai qu’une seule chose à dire : changer un comportement de peur de vexer l’autre sans même lui en avoir parlé, c’est quelque part l’infantiliser. Et c’est nul. Point.

Nous n’avons pas tou•tes les mêmes sensibilités ou les mêmes limites. Prêter des intentions à quelqu’un n’est pas la même chose que de lui demander ce qu’il/elle en pense vraiment.

Mais il y a une solution : discuter. Même si ça peut amener à se confronter au refus, au moins vous serez fixé•e sur les véritables intentions de l’autre.

Bon alors tout n’est pas si simple même une fois la discussion établie. Une copine m’expliquait qu’en couple, elle n’osait toujours pas partir en vacances seule, alors que son amoureux l’encourage à le faire. Elle a trop peur qu’il le vive mal… Alors qu’il a dit qu’il était d’accord.

Finalement, les connasses ont peut-être tout compris

Plus j’y réfléchis, plus je me dis que le mot connasse désigne peut-être une femme qui a réussi. Quelqu’un qui sait s’imposer, qui fait fi du regard des autres et qui trace sa route.

Ce n’est pas forcément une méchante. Ce n’est pas forcément qu’elle ne pense pas aux autres. Il s’agit plutôt d’une personne qui pense AUSSI à elle.

Par ses choix, elle s’expose aux autres et donc aux critiques. C’est dur de savoir qu’on va peut être décevoir, déranger, et pourtant elle se lance.

Et j’aime bien ce genre de comportement. La semaine dernière, quand on m’a demandé ce que je voulais apporter à madmoiZelle cette année, j’ai répondu, sûre de moi :

« Une bonne dose d’impertinence ! »

Alors si je n’ai qu’un seul conseil à vous donner, c’est de devenir une connasse !

À lire aussi : Et si vous faisiez du tri dans vos amis ?

Commentaires
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  • Coco culottée
    Coco culottée, Le 9 octobre 2017 à 16h30

    Ho mon dieu ça fait du bien!!
    J'ai souvent peur d'être une connasse, et j'ai souvent des phases où je me demande si je suis légitime d'exprimer mes besoins comme je le fais? Et puis il y a des évènements qui poussent à être "la salope" (cf la vidéo de "et tout le monde s'en fout" 'salope c'est dans la tête')
    Je viens de prendre une grosse baffe dans la gueule en le fessant, mais j'ai pu confirmer ce que je pensais, aller au bout de mes idées et être moi même pour allez vers une situation qui me convenais mieux. J'ai confronté le mec que je vois en mode "rien à foutre si ça le fait chier que je lui demande ça". Chaque fois que je le confrontais je me sentais reprendre le pouvoir, et ça fait du bien de se dire, je me respecte, qui ne me respecte pas dégage de ma vie, peut importe l'étiquette qu'ils me mettent sur le dos.

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