Mauvais Garçons, de Christophe Dabitch et Benjamin Flao

Christophe Dabitch et Benjamin Flao sont les auteurs de La Ligne de Fuite. L’histoire d’un mec a qui on demande, au moment où Rimbaud a quitté la France et arrêté la poésie, de copier le poète pour qu’un petit journal se fasse mousser. Il le vit tellement mal qu’il part à le recherche du grand Rimbaud, […]

Mauvais Garçons, de Christophe Dabitch et Benjamin Flao

Christophe Dabitch et Benjamin Flao sont les auteurs de La Ligne de Fuite. L’histoire d’un mec a qui on demande, au moment où Rimbaud a quitté la France et arrêté la poésie, de copier le poète pour qu’un petit journal se fasse mousser. Il le vit tellement mal qu’il part à le recherche du grand Rimbaud, décidé à le faire revenir… Aujourd’hui ils reviennent avec Mauvais Garçons, une bande dessinée en deux tomes absolument sublime. Ça va parler d’amitié, de filles, et de flamenco.

« C’est bien. On va être tristes ensemble »

C’est l’histoire de Manuel, un andalou qui a longtemps vécu en France avant de revenir chez lui et de son pote Benito, un gitan. Ensemble, et avec Sarah, la Mama des chiens fous, ils font du flamenco. Mais attention, pas du flamenco rock, très à la mode. Du vrai flamenco, celui qui sort des entrailles même de l’Andalousie. Tous les deux ils sont inséparables, passent leurs journées à errer en ville, se posant dans des bistrots pleins de papys usés, et leurs nuits à chanter. Oui mais il y a la fille. Et ça fait perdre la tête, les filles.

« Le diable a le sens du rythme »

Pendant toute la lecture de ces deux tomes, et même un peu après, j’ai tremblé. Tremblé d’émotion devant cette histoire en même temps si banale et si sublime. Dans Mauvais Garçons il n’y a pas de suspens intenable, pas de rebondissements incroyables. C’est juste la vie. Ses bonheurs et ses drames, ses jours et ses nuits. Et puis l’amour. Et puis le flamenco. Benjamin Flao est indéniablement mon dessinateur préféré. J’ai envie de pleurer à chaque case, tellement c’est beau. Il a même su retranscrire la musique, le chant, l’âme du flamenco. Ce dessin magnifique, et les dialogues, parfaitement écrits, donnent l’impression d’y être. De se balader au milieu des champs d’oliviers, de prendre un verre en terrasse en observant les petits vieux regarder passer les filles, d’être prise aux tripes par la musique. Cette histoire d’amitié entre deux mecs pas très doués pour être heureux, et qui n’ont rien d’autre dans leur vie que la musique, est précieuse et violente. Le genre qui nous change un peu, sans même qu’on s’en rende compte, et qui nous fait voir le monde un peu différemment.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Duendecita
    Duendecita, Le 4 janvier 2011 à 13h03

    Tes chroniques me donnent souvent envie, mais la plupart du temps je m'arrête au prix... C'est idiot mais je n'ai pas vraiment les moyens de mettre entre 10 et 15 euros! Donc je pense que je vais essayer de lire celle-ci incognito en magasin... Ton avis m'a convaincue, et m'a beaucoup fait penser au concept de "duende", qui vient d'Andalousie aussi, je te conseille de lire l'article que je trouve intéressant:
    Duende - Wikipédia

    Merci en tout cas!

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